{"id":629782,"date":"2025-12-30T11:50:09","date_gmt":"2025-12-30T11:50:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/629782\/"},"modified":"2025-12-30T11:50:09","modified_gmt":"2025-12-30T11:50:09","slug":"interview-rencontre-avec-theo-bonnefous-photographe-et-videaste-animalier-aveyronnais-il-ny-a-pas-besoin-de-partir-a-lautre-bout-du-monde-pour-semerveiller","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/629782\/","title":{"rendered":"INTERVIEW. Rencontre avec Th\u00e9o Bonnefous, photographe et vid\u00e9aste animalier aveyronnais : \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas besoin de partir \u00e0 l\u2019autre bout du monde pour s\u2019\u00e9merveiller\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                Photographe et vid\u00e9aste animalier aveyronnais, Th\u00e9o Bonnefous parcourt, depuis cinq ans, le sud du Massif central \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019une faune souvent invisible. Avec \u00ab\u00a0Les chemins du silence\u00a0\u00bb, son premier livre, il fige sur le papier ces instants de patience avec un regard engag\u00e9 sur l\u2019\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 dans nos campagnes.\n                            <\/p>\n<p><strong>Apr\u00e8s des ann\u00e9es \u00e0 partager vos rencontres sauvages sur les r\u00e9seaux sociaux, notamment en vid\u00e9o, pourquoi avoir ressenti le besoin de fixer ces instants sur le papier avec \u00ab\u00a0Les chemins du silence\u00a0\u00bb ?<\/strong><\/p>\n<p>Cela fait cinq ans que je r\u00e9alise de la photo animali\u00e8re mais surtout beaucoup de vid\u00e9os. 80 % de mes clich\u00e9s, ce sont des vid\u00e9os. Mais c\u2019\u00e9tait l\u2019occasion, justement, d\u2019exploiter mes photos autour d\u2019un projet concret et de mettre en avant le territoire. J\u2019essaie de montrer qu\u2019il n\u2019y a pas besoin de partir \u00e0 l\u2019autre bout du monde pour s\u2019\u00e9merveiller devant la nature. Si je peux utiliser mon travail pour essayer de sensibiliser le grand public et un maximum de gens l\u00e0-dessus, c\u2019est l\u2019occasion. Ce livre, c\u2019\u00e9tait un objectif depuis quelques ann\u00e9es et, quelque part, c\u2019est la concr\u00e9tisation de mon travail.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi est-il si important pour vous de mettre en avant des esp\u00e8ces locales, plut\u00f4t que celles \u00e0 l\u2019autre bout du monde ?<\/strong><\/p>\n<p>Justement parce que le grand public ne se rend pas forc\u00e9ment compte qu\u2019il y a des esp\u00e8ces qui sont incroyables juste devant chez nous. Il y a des esp\u00e8ces qui sont nocturnes comme la jeunette ou les loutres, qu\u2019on va tr\u00e8s peu croiser. D\u2019ailleurs, 99 % des gens n\u2019en croiseront jamais dans leur vie s\u2019ils ne vont pas les chercher. Pareil pour le faucon p\u00e8lerin, le hibou grand-duc, ce sont des esp\u00e8ces qui vivent proche de nos campagnes, mais que les gens ne connaissent pas forc\u00e9ment, donc j\u2019essaie de les mettre en avant comme je peux. J\u2019aimerais sensibiliser le grand public \u00e0 la conservation de ces esp\u00e8ces en ne leur montrant pas que le beau non plus.<\/p>\n<p><strong>Sur quels territoires avez-vous principalement travaill\u00e9 pour ce livre ?<\/strong><\/p>\n<p>Beaucoup sur l\u2019Aubrac, m\u00eame s\u2019il y a \u00e9galement des photos prises dans les gorges du Tarn, parce qu\u2019on a la chance d\u2019\u00eatre dans une r\u00e9gion qui est tr\u00e8s diversifi\u00e9e en termes de milieux naturels. Par exemple, les vautours, on les trouve dans les gorges du Tarn et de la Jonte, et sur l\u2019Aubrac, des b\u00e9cassines des marais. Ce sont des esp\u00e8ces qui sont totalement diff\u00e9rentes, et c\u2019est ce qui est super int\u00e9ressant chez nous.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous s\u00e9lectionn\u00e9 les images parmi des milliers d\u2019heures d\u2019aff\u00fbts ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas facile. J\u2019ai essay\u00e9 de trier. Le livre, il raconte une histoire, il raconte, enfin, une histoire. C\u2019est grandement dit, mais c\u2019est un petit peu l\u2019histoire du silence de l\u2019aff\u00fbt. Ce silence, c\u2019est \u00e9galement la perte de la biodiversit\u00e9, son \u00e9rosion et les campagnes qui deviennent silencieuses. Avec les oiseaux qui disparaissent, et plein d\u2019esp\u00e8ces que la plupart des gens ne connaissent pas, mais qui disparaissent de nos campagnes.<\/p>\n<p><strong>Comment d\u00e9cririez-vous votre \u00ab\u00a0patte\u00a0\u00bb artistique ?<\/strong><\/p>\n<p>Chacun a un regard photographique un peu diff\u00e9rent. Les images pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es, ce sont celles o\u00f9 il y a un paysage avec l\u2019animal qui est un petit peu cach\u00e9 dedans, comme \u00e7a, on voit l\u2019animal mais aussi son habitat. M\u00eame si ce n\u2019est pas ce qui pla\u00eet le plus. Ce que les gens aiment beaucoup, ce sont les portraits tr\u00e8s recadr\u00e9s. Mais une photo un petit peu lointaine o\u00f9 il y a un animal qui traverse la prairie, je trouve \u00e7a beaucoup plus po\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong>L\u2019aff\u00fbt peut durer des heures, parfois dans des conditions extr\u00eames. Quelle est la rencontre la plus marquante que vous avez r\u00e9alis\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce sont les rencontres avec les loups qui m\u2019ont le plus marqu\u00e9 mais il n\u2019y en a pas dans le livre parce que, pour l\u2019instant, je n\u2019ai jamais eu la chance d\u2019en rencontrer en Aveyron ou en Loz\u00e8re. Mais c\u2019est vraiment l\u2019animal qui me fait le plus vibrer. Quand je fais une photo de loup, j\u2019en tremble, je rate tout. Mais pour les images du livre, je ressens beaucoup d\u2019\u00e9motions avec les cerfs pendant le brame. Je passe \u00e0 chaque fois un mois, matin et soi, r avec eux de la mi-septembre \u00e0 mi-octobre. C\u2019est une esp\u00e8ce que j\u2019aime vraiment beaucoup et c\u2019est une p\u00e9riode immanquable.<\/p>\n<p><strong>Et celle qui a test\u00e9 vos limites ?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019esp\u00e8ce la plus compliqu\u00e9e \u00e0 photographier et \u00e0 filmer, c\u2019est le hibou grand duc. La seule photo qu\u2019il y a dans le livre, c\u2019est 30 ou 40 soir\u00e9es d\u2019aff\u00fbt pendant l\u2019hiver. Un mois complet pour une image. Quand j\u2019y pars, je suis s\u00fbr \u00e0 90 % que je ne vais rien voir mais j\u2019y vais et puis un soir \u00e7a fonctionne.<\/p>\n<p><strong>Quels sont vos engagements et quel regard portez-vous sur la situation de la biodiversit\u00e9 dans nos campagnes fran\u00e7aises aujourd\u2019hui ?<\/strong><\/p>\n<p>On me reproche souvent de ne pas \u00eatre assez engag\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux mais \u00ab\u00a0Les chemins de silence\u00a0\u00bb, c\u2019est un livre engag\u00e9. J\u2019y raconte vraiment ma vie, mon ressenti, mon rapport avec la nature. Avec l\u2019intensification de l\u2019agriculture en grande partie, il y a une perte de la biodiversit\u00e9 qui est cons\u00e9quente partout en France et en Europe. On ne s\u2019en rend pas compte mais il y a des endroits o\u00f9 c\u2019est tout plat, il n\u2019y a pas une haie, il n\u2019y a pas de vie. On a la chance d\u2019avoir en Aveyron des bocages qui permettent \u00e0 quelques esp\u00e8ces de subsister. Il y en a quand m\u00eame qui disparaissent comme la pie-gri\u00e8che grise sur le plateau de l\u2019Aubrac. C\u2019est une esp\u00e8ce end\u00e9mique des tourbi\u00e8res d\u2019altitude et il ne reste qu\u2019une dizaine de couples sur le plateau alors qu\u2019il y en avait beaucoup plus il y a 50 ans. Et \u00e7a, c\u2019est directement li\u00e9 au r\u00e9chauffement climatique, \u00e0 la disparition des insectes, \u00e0 pleins de facteurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Photographe et vid\u00e9aste animalier aveyronnais, Th\u00e9o Bonnefous parcourt, depuis cinq ans, le sud du Massif central \u00e0 l\u2019aff\u00fbt&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":629783,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1111,1867,1348,1384,1385,18483,1386,58,59,1011,27,26119,1857],"class_list":{"0":"post-629782","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-actu","9":"tag-animaux","10":"tag-arts","11":"tag-arts-and-design","12":"tag-arts-et-design","13":"tag-aveyron","14":"tag-design","15":"tag-divertissement","16":"tag-entertainment","17":"tag-fr","18":"tag-france","19":"tag-rodez","20":"tag-sociu00e9tu00e9"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115808372197341740","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/629782","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=629782"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/629782\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/629783"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=629782"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=629782"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=629782"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}