{"id":631034,"date":"2025-12-31T01:02:11","date_gmt":"2025-12-31T01:02:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631034\/"},"modified":"2025-12-31T01:02:11","modified_gmt":"2025-12-31T01:02:11","slug":"jusqua-30-ans-jetais-une-merde-et-petit-a-petit-avec-un-crayon-a-la-main-jai-reussi-a-sortir-la-tete-de-leau-les-confessions-posthumes-de-jean-capdevil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631034\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 30 ans, j\u2019\u00e9tais une merde et, petit \u00e0 petit, avec un crayon \u00e0 la main, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 sortir la t\u00eate de l\u2019eau\u00a0\u00bb\u00a0: les confessions posthumes de Jean Capdeville, peintre c\u00e9r\u00e9tan majeur"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                \u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 30 ans, j\u2019\u00e9tais une merde, en \u00e9tat d\u2019impuissance totale et, petit \u00e0 petit, avec un crayon \u00e0 la main, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 sortir la t\u00eate de l\u2019eau.\u00a0\u00bb\u00a0Ainsi parlait de lui Jean Capdeville. Le peintre c\u00e9r\u00e9tan, incontournable du XXe\u00a0si\u00e8cle et du tournant du XXIe\u00a0si\u00e8cle, se confie comme rarement dans des dialogues avec Michel Pinell, glan\u00e9s tout au long d\u2019une relation d\u2019amiti\u00e9 n\u00e9e en 1993, referm\u00e9e en juillet\u00a02011, trois jours avant le d\u00e9c\u00e8s de l\u2019artiste c\u00e9r\u00e9tan.\n                            <\/p>\n<p>Michel Pinell, banquier, amateur d\u2019art, ancien adjoint \u00e0 la culture \u00e0 la ville de Perpignan, sera un fid\u00e8le de Capdeville jusqu\u2019\u00e0 son dernier souffle. Ni biographie, ni catalogue, son livre, sobrement intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Dialogues avec Jean\u00a0\u00bb, pourrait \u00eatre une confession, \u00ab\u00a0encore que Jean gardait ses myst\u00e8res et ne d\u00e9voilait que ce qu\u2019il voulait laisser comme souvenir\u00a0\u00bb. Les enregistrements de leurs conversations, surtout t\u00e9l\u00e9phoniques, \u00ab\u00a0\u00e0 croire que son atelier \u00e9tait d\u00e9volu \u00e0 montrer, alors qu\u2019il r\u00e9servait\u00a0le dire au t\u00e9l\u00e9phone\u00a0\u00bb, restent un hommage. En V.O.<\/p>\n<p>Jean Capdeville y livre quelques cl\u00e9s, pas toutes. La mort de son p\u00e8re \u00e0 la guerre, en 1918, quelques mois apr\u00e8s sa naissance. \u00ab\u00a0Je ne l\u2019ai pas connu.\u00a0\u00bb\u00a0Sa m\u00e8re portera son deuil jusqu\u2019au bout. \u00ab\u00a0Ma m\u00e8re a toujours \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9e dans le noir.\u00a0\u00bb\u00a0Il adoptera cette couleur \u00e0 partir des ann\u00e9es 70 pour lui rendre hommage. \u00ab\u00a0C\u2019est le noir, la couleur, depuis plus de 30 ans, \u00e0 travers laquelle je me d\u00e9bats.\u00a0\u00bb\u00a0Pas de confusion, le noir mat \u00ab\u00a0pas le noir brillant\u00a0de Soulages\u00a0\u00bb. Sa m\u00e8re qu\u2019il calque m\u00eame sur certaines toiles. Ce noir qu\u2019il voulait \u00ab\u00a0all\u00e9ger\u00a0\u00bb, surlign\u00e9 de croix ou de mailles. \u00ab\u00a0Le rendre le plus vivant possible, c\u2019est mon affaire.\u00a0\u00bb<br \/>Il d\u00e9voile aussi des sites qui \u00e9taient son univers, \u00e0 l\u2019image du Mas Favol, son refuge estival, consacr\u00e9 d\u2019abord \u00e0 la couleur ou ses \u00ab\u00a0Mathilde\u00a0\u00bb, devenues \u00ab\u00a0Coucous\u00a0\u00bb.\u00a0\u00ab\u00a0Certains dansent comme des fous, avec leur boa autour du cou. Ils sont plus \u00e9l\u00e9gants que moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p>Je n\u2019ai jamais cherch\u00e9 \u00e0 exposer. \u00c7a ne m\u2019int\u00e9ressait pas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tout au long de ces dialogues, plut\u00f4t monologues d\u2019ailleurs, Jean Capdeville reste tout \u00e0 sa \u00ab\u00a0grande affaire\u00a0\u00bb, la peinture. Son unique luxe. \u00ab\u00a0J\u2019ai v\u00e9cu avec peu, j\u2019aurais tr\u00e8s bien pu vivre avec moins. Avec beaucoup moins. C\u2019est mon luxe \u00e7a.\u00a0\u00bb\u00a0\u00c0 l\u2019image de l\u2019ambiance monacale de son domicile de la rue Saint-Ferr\u00e9ol, lui qui peignait tous les matins. \u00c0 l\u2019image \u00e9galement de sa liaison\u00a0avec la c\u00e9l\u00e8bre galerie parisienne Maeght. Il y c\u00f4toie Braque, Chagall, Kandinsky ou Miro. Revendique\u00a0l\u2019influence de Pierre Tal Coat. Sans s\u2019y noyer.\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 assez g\u00e2t\u00e9 d\u2019entrer chez Maeght. Mais, je n\u2019ai jamais voulu rester \u00e0 Paris. Il fallait que je revienne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019oublie pas de saluer Pierre Brune, \u00ab\u00a0d\u00e9cisif\u00a0\u00bb dans son parcours\u00a0; ni Albert Camus, \u00ab\u00a0Camus, c\u2019est un mythe\u00a0\u00bb\u00a0; tout comme la philosophe Simone Weill. Et rappelle son allergie aux expositions, \u00ab\u00a0Je n\u2019ai jamais cherch\u00e9 \u00e0 exposer. \u00c7a ne m\u2019int\u00e9ressait pas\u00a0\u00bb\u2026 Ces dialogues deviennent silence, trois jours avant le d\u00e9c\u00e8s du peintre, en juillet\u00a02011.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est difficile de parler de lui car il n\u2019y\u00a0tenait pas\u00a0\u00bb, r\u00e9sume si bien Jos\u00e9phine Matamoros, conservatrice honoraire du Mus\u00e9e d\u2019art moderne de C\u00e9ret. \u00ab\u00a0Jean a v\u00e9cu comme il le souhaitait, c\u2019\u00e9tait un grand artiste. Son \u0153uvre est l\u00e0 pour le prouver.\u00a0\u00bb\u00a0Comme ces dialogues intimes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dialogues avec Jean\u00a0\u00bb, par Michel Pinell, chez Cajelice ou Torcatis \u00e0 Perpignan, au Cheval dans l\u2019Arbre \u00e0 C\u00e9ret.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 30 ans, j\u2019\u00e9tais une merde, en \u00e9tat d\u2019impuissance totale et, petit \u00e0 petit, avec un crayon \u00e0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":631035,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,872,1386,58,59,1011,27,73984,2551,3464,11548],"class_list":{"0":"post-631034","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-culture-et-loisirs","12":"tag-design","13":"tag-divertissement","14":"tag-entertainment","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-musu00e9e-dart-moderne-de-cu00e9ret","18":"tag-patrimoine","19":"tag-perpignan","20":"tag-pyrenees-orientales"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115811486407361294","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631034","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=631034"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631034\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/631035"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=631034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=631034"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=631034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}