{"id":631106,"date":"2025-12-31T01:54:19","date_gmt":"2025-12-31T01:54:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631106\/"},"modified":"2025-12-31T01:54:19","modified_gmt":"2025-12-31T01:54:19","slug":"chronique-patrick-besson-la-russie-de-zoe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631106\/","title":{"rendered":"CHRONIQUE. Patrick Besson &#8211; \u00ab La Russie de Zo\u00e9 \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"c-paragraph paywall\">Pour la troisi\u00e8me fois de ma vie, j\u2019ouvre La Joie-Souffrance, <a href=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/catalogue\/la-joie-souffrance-1\/9782070376667\" target=\"_self\" rel=\"noopener\" title=\"https:\/\/www.gallimard.fr\/catalogue\/la-joie-souffrance-1\/9782070376667\">le gros (763 p.) chef-d\u2019\u0153uvre de Zo\u00e9 Oldenbourg<\/a> (1916-2002) paru chez Gallimard en 1980. Je retrouve, aux m\u00eames places dans leur jardin de Meudon, la famille Thal : enfants, parents et grands-parents. L\u2019action \u2013 ce qui est un grand mot car les Thal n\u2019agissent gu\u00e8re \u2013 commence au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, dans tous ces merveilleux quartiers de Paris o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu plusieurs vies : le quinzi\u00e8me r\u00eaveur, le quatorzi\u00e8me langoureux et le sixi\u00e8me dansant. Qualifier Vladimir Thal de h\u00e9ros ? C\u2019est un po\u00e8te qui fait des traductions, ce qui arrive souvent aux po\u00e8tes, m\u00eame quand ils ne sont pas en exil. Alexandre Pouchkine s\u2019est \u00e9chin\u00e9 \u00e0 leur donner un statut et un salaire. Dans son Autobiographie, critique, correspondance (Andr\u00e9 Bonne, 1958), il n\u2019est question que d\u2019argent. Cette politique n\u2019a r\u00e9ussi qu\u2019\u00e0 une seule personne : lui.<\/p>\n<p>Portrait de Russes en exil<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Vladimir Thal a \u00e9pous\u00e9 une femme parfaite, Myrrha. Le m\u00eame pr\u00e9nom que ma m\u00e8re, mais pas la m\u00eame orthographe. R\u00e9sultat : divorce difficile. M\u00eame quand il la quitte, elle s\u2019occupe encore de sa sant\u00e9 et de ses finances, lesquelles sont en mauvais \u00e9tat pendant tout le roman. Ce bizarre sens du sacrifice qu\u2019on trouve chez certaines personnes, souvent du sexe f\u00e9minin. Le livre raconte, dans une explosion de notations vertigineuses, la vie amoureuse de Vladimir Thal, mais il ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. C\u2019est toute la communaut\u00e9 russe en exil dans l\u2019entre-deux-guerres dont Zo\u00e9 brosse le portrait. Anciens militaires, nouveaux \u00e9crivains. Fausses princesses, vraies femmes de m\u00e9nage. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque o\u00f9 on pouvait vivre \u00e0 Paris en ne parlant que le russe.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-chromatic=\"ignore\" alt=\"\u00ab Place de l'Op\u00e9ra avec le Caf\u00e9 de la Paix la nuit, Paris \u00bb (1930), huile sur carton de Konstantin Alekseevich Korovin (1861-1939).\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/5RTOLQYIDROI7PH2M77DQYHB5Y.jpg\"  loading=\"lazy\"\/>\u00ab Place de l&rsquo;Op\u00e9ra avec le Caf\u00e9 de la Paix la nuit, Paris \u00bb (1930), huile sur carton de Konstantin Alekseevich Korovin (1861-1939). \u00a9 (Bridgeman Images) <\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019intellectuels et d\u2019artistes fran\u00e7ais succomba au charme de cette population slave politique et lettr\u00e9e. Les d\u00e9bats \u00e9taient vifs entre Russes blancs et Fran\u00e7ais de gauche, mais ceux-l\u00e0 finissaient par se r\u00e9concilier autour d\u2019une bouteille de vodka. Oldenbourg se laisse envo\u00fbter, et nous avec elle, par cette harmonie pleine de bosses. Longues sc\u00e8nes de bal \u00e0 la Tolsto\u00ef, interminables conversations \u00e0 la Dosto\u00efevski. Amours contrari\u00e9es, vou\u00e9es au jeu d\u2019\u00e9checs. Le tout dans un haut sens moral. C\u2019est la Russie de Zo\u00e9, qu\u2019elle a elle-m\u00eame connue, ainsi qu\u2019elle l\u2019a racont\u00e9e \u00e0 Sophie Massalovitch, dans un livre que j\u2019ai <a href=\"https:\/\/www.editionsdurocher.fr\/product\/86227\/zoe-oldenbourg\/\" target=\"_self\" rel=\"noopener\" title=\"https:\/\/www.editionsdurocher.fr\/product\/86227\/zoe-oldenbourg\/\">\u00e9dit\u00e9 au Rocher dans les ann\u00e9es 1990.<\/a><\/p>\n<p>Russie tendre et r\u00e9pulsive<\/p>\n<p class=\"c-paragraph\">Cette Russie objet de tendresse comme de r\u00e9pulsion, selon les ann\u00e9es. Ivan \u00e9tait terrible et Pierre pas si grand que \u00e7a. Alexandre penchait la t\u00eate. L\u00e9nine perdait ses cheveux roux et Staline avait privatis\u00e9 une route pour partir tout seul en week-end. La Russie a perdu presque toutes ses guerres, alors pourquoi a-t-elle ce territoire gigantesque ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour la troisi\u00e8me fois de ma vie, j\u2019ouvre La Joie-Souffrance, le gros (763 p.) chef-d\u2019\u0153uvre de Zo\u00e9 Oldenbourg&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":631107,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[11,1887,12,626,1885,1886,132],"class_list":{"0":"post-631106","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-russie","8":"tag-actualites","9":"tag-federation-de-russie","10":"tag-news","11":"tag-paris","12":"tag-russia","13":"tag-russian-federation","14":"tag-russie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115811691143348462","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631106","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=631106"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631106\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/631107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=631106"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=631106"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=631106"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}