{"id":631802,"date":"2025-12-31T09:34:11","date_gmt":"2025-12-31T09:34:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631802\/"},"modified":"2025-12-31T09:34:11","modified_gmt":"2025-12-31T09:34:11","slug":"on-sait-enfin-pourquoi-le-covid-long-frappe-trois-fois-plus-les-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/631802\/","title":{"rendered":"on sait (enfin) pourquoi le COVID long frappe trois fois plus les femmes"},"content":{"rendered":"<p class=\"whitespace-normal break-words\"><strong>Depuis la pand\u00e9mie, un myst\u00e8re m\u00e9dical troublant se dessinait dans les cabinets et les h\u00f4pitaux du monde entier. Alors que le virus aigu semblait \u00e9pargner relativement les femmes jeunes, son ombre persistante, le COVID long, les frappait avec une f\u00e9rocit\u00e9 disproportionn\u00e9e. Trois fois plus de risques que les hommes. Des millions de vies suspendues entre fatigue \u00e9crasante, brouillard mental et douleurs chroniques. Aujourd\u2019hui, une \u00e9tude publi\u00e9e dans <a href=\"https:\/\/www.cell.com\/cell-reports-medicine\/fulltext\/S2666-3791(25)00522-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cell Reports Medicine<\/a> l\u00e8ve enfin le voile sur les m\u00e9canismes biologiques qui expliquent cette injustice immunitaire.<\/strong><\/p>\n<p>Un fl\u00e9au invisible qui touche des millions de personnes<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Le COVID long, ou syndrome post-COVID-19, d\u00e9signe ces sympt\u00f4mes neurologiques, respiratoires ou gastro-intestinaux qui persistent trois mois ou plus apr\u00e8s l\u2019infection aigu\u00eb. Au Canada seulement, 3,5 millions de personnes d\u00e9claraient en souffrir en juin 2023. Parmi elles, une majorit\u00e9 \u00e9crasante de femmes.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Le paradoxe est troublant : la plupart de ces patientes n\u2019ont d\u00e9velopp\u00e9 qu\u2019une forme b\u00e9nigne de la maladie initiale, trop l\u00e9g\u00e8re pour n\u00e9cessiter une hospitalisation. Rien dans leur parcours m\u00e9dical ne laissait pr\u00e9sager cette descente vers l\u2019\u00e9puisement chronique. Et pourtant, un an plus tard, elles continuent de lutter contre un ennemi invisible qui a colonis\u00e9 leur quotidien.<\/p>\n<p>L\u2019intestin, premier coupable identifi\u00e9<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">L\u2019\u00e9quipe du professeur Shokrollah Elahi, sp\u00e9cialiste en immunologie, a analys\u00e9 le sang et les profils g\u00e9n\u00e9tiques de 78 patients atteints de COVID long, compar\u00e9s \u00e0 62 personnes ayant gu\u00e9ri normalement. Ce qu\u2019ils ont d\u00e9couvert chez les femmes d\u00e9fie les attentes.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Premier indice : une hyperperm\u00e9abilit\u00e9 intestinale massive. Les analyses sanguines r\u00e9v\u00e8lent des taux anormalement \u00e9lev\u00e9s de prot\u00e9ine de liaison aux acides gras intestinaux, de lipopolysaccharide et de prot\u00e9ine CD14 soluble. Ces marqueurs signent une inflammation intestinale qui ne reste pas confin\u00e9e. Elle migre, s\u2019infiltre dans le syst\u00e8me circulatoire et d\u00e9clenche une r\u00e9action inflammatoire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Cette d\u00e9couverte sugg\u00e8re que l\u2019intestin f\u00e9minin serait particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable lors de l\u2019infection initiale par le <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/des-scientifiques-detectent-un-nouveau-virus-de-chauve-souris-et-il-ressemble-de-facon-alarmante-a-celui-du-covid-19\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">SARS-CoV-2<\/a>. Le virus y trouverait un terrain propice, cr\u00e9ant des dommages qui persistent bien apr\u00e8s sa disparition apparente. C\u2019est comme si la bataille initiale avait laiss\u00e9 les d\u00e9fenses intestinales d\u00e9finitivement affaiblies.<\/p>\n<p>Quand le sang lui-m\u00eame devient d\u00e9faillant<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Deuxi\u00e8me r\u00e9v\u00e9lation majeure : les femmes atteintes de COVID long d\u00e9veloppent fr\u00e9quemment une an\u00e9mie ou, \u00e0 tout le moins, une production r\u00e9duite de globules rouges. Cette d\u00e9couverte, confirm\u00e9e par une \u00e9tude internationale portant sur plus de 500 patients et publi\u00e9e dans le Journal of Clinical Investigation, explique en partie la fatigue \u00e9crasante rapport\u00e9e par les patientes.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">L\u2019inflammation chronique ne se contente pas de circuler dans le sang : elle perturbe sa fabrication m\u00eame. Les usines cellulaires charg\u00e9es de produire ces transporteurs d\u2019oxyg\u00e8ne essentiels tournent au ralenti, privant progressivement l\u2019organisme de son carburant vital.<\/p>\n<p>Le bouleversement hormonal qui change tout<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Mais c\u2019est peut-\u00eatre la troisi\u00e8me d\u00e9couverte qui \u00e9claire le mieux cette disparit\u00e9 entre hommes et femmes. Les chercheurs ont identifi\u00e9 des perturbations hormonales profondes chez tous les patients, mais avec des cons\u00e9quences radicalement diff\u00e9rentes selon le sexe.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Chez les femmes atteintes de COVID long, les taux de testost\u00e9rone chutent significativement. Or cette hormone, m\u00eame pr\u00e9sente en faibles quantit\u00e9s chez les femmes, joue un r\u00f4le crucial dans la r\u00e9gulation de l\u2019inflammation. Sa diminution ouvre la porte \u00e0 des r\u00e9actions inflammatoires incontr\u00f4l\u00e9es et persistantes.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Les sympt\u00f4mes associ\u00e9s \u00e0 cette baisse hormonale dressent un portrait clinique familier pour les victimes du COVID long : troubles de la concentration, d\u00e9pression, douleurs diffuses et fatigue paralysante. Tout se tient.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Chez les hommes, les chercheurs observent plut\u00f4t une diminution des \u0153strog\u00e8nes, et les deux sexes pr\u00e9sentent des taux r\u00e9duits de cortisol. Mais c\u2019est bien la chute de testost\u00e9rone chez les femmes qui semble \u00eatre le facteur aggravant principal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-319282\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/women-are-three-times.jpg\" alt=\"COVID long\" width=\"1280\" height=\"1280\"  data-\/>Cr\u00e9dit : Cell Reports Medicine (2025).R\u00e9sum\u00e9 graphique.Des similitudes troublantes avec la fatigue chronique<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Ces observations rappellent \u00e9trangement celles observ\u00e9es dans l\u2019enc\u00e9phalomy\u00e9lite myalgique, anciennement appel\u00e9e syndrome de fatigue chronique, qui touche \u00e9galement les femmes de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e. Les parall\u00e8les ne sont pas parfaits \u2013 l\u2019an\u00e9mie, par exemple, ne caract\u00e9rise pas la fatigue chronique classique \u2013 mais suffisamment troublants pour sugg\u00e9rer des m\u00e9canismes partag\u00e9s.<\/p>\n<p>Vers des traitements personnalis\u00e9s<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Fort de ces d\u00e9couvertes, le professeur Elahi envisage une approche th\u00e9rapeutique radicalement nouvelle : des traitements individualis\u00e9s bas\u00e9s sur le profil biologique de chaque patient. Traitement de l\u2019an\u00e9mie pour certains, anti-inflammatoires cibl\u00e9s pour d\u2019autres, voire suppl\u00e9mentation hormonale pour ceux pr\u00e9sentant des d\u00e9s\u00e9quilibres marqu\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">Les prochaines \u00e9tapes incluent des tests sur des mod\u00e8les animaux et, si le financement le permet, des essais cliniques chez l\u2019humain. Pour les millions de personnes prisonni\u00e8res du COVID long, ces pistes th\u00e9rapeutiques repr\u00e9sentent la premi\u00e8re lueur d\u2019espoir tangible depuis le d\u00e9but de leur calvaire.<\/p>\n<p class=\"whitespace-normal break-words\">L\u2019\u00e9nigme n\u2019est pas enti\u00e8rement r\u00e9solue, mais les pi\u00e8ces du puzzle commencent enfin \u00e0 s\u2019assembler.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis la pand\u00e9mie, un myst\u00e8re m\u00e9dical troublant se dessinait dans les cabinets et les h\u00f4pitaux du monde entier.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":631803,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1011,27,72,71],"class_list":{"0":"post-631802","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-fr","9":"tag-france","10":"tag-health","11":"tag-sante"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115813499786682132","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631802","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=631802"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/631802\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/631803"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=631802"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=631802"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=631802"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}