{"id":633389,"date":"2026-01-01T03:00:29","date_gmt":"2026-01-01T03:00:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/633389\/"},"modified":"2026-01-01T03:00:29","modified_gmt":"2026-01-01T03:00:29","slug":"a-paris-une-piece-ukrainienne-revisite-noel-a-lepreuve-de-la-guerre-et-de-la-foi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/633389\/","title":{"rendered":"\u00e0 Paris, une pi\u00e8ce ukrainienne revisite No\u00ebl \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la guerre et de la foi"},"content":{"rendered":"<p>\n    <strong>REPORTAGE<\/strong> &#8211; \u00c0 l\u2019occasion des rencontres europ\u00e9ennes de la communaut\u00e9 \u0153cum\u00e9nique de Taiz\u00e9, des \u00e9tudiants ukrainiens ont jou\u00e9 une pi\u00e8ce qui m\u00eale No\u00ebl \u00e0 la guerre en Ukraine. Le t\u00e9moignage d\u2019une foi inextinguible.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">\u00c0 la salle paroissiale Saint-Lambert de Vaugirard, aux murs de b\u00e9ton brut, une centaine de personnes contemplent dans un silence presque liturgique, la sc\u00e8ne baign\u00e9e par la lumi\u00e8re rouge\u00e2tre de l\u2019estrade. Les acteurs \u2014 des \u00e9tudiants ukrainiens \u2014, drap\u00e9s de blancs, se dressent devant la foule \u00e9mue. L\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, ils r\u00e9citent des po\u00e8mes qui lient No\u00ebl \u00e0 la\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/dossier\/guerre-en-ukraine-les-reportages-du-figaro\" data-fig-type=\"Topic\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">guerre en Ukraine<\/a>. Ils sont l\u2019\u0153uvre de soldats du front, d\u2019enfants, et d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 ukrainienne meurtrie. En ce mardi apr\u00e8s-midi, com\u00e9diens et spectateurs partagent bien plus qu\u2019un moment th\u00e9\u00e2tral\u00a0: une foi commune dans le Christ, qui les rassemble \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019occasion des\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/actualite-france\/dans-la-communaute-de-taize-depuis-80-ans-la-priere-pour-la-fragile-unite-des-chretiens-ne-faiblit-pas-20240810\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rencontres europ\u00e9ennes de Taiz\u00e9<\/a>, du 28 d\u00e9cembre au premier janvier.<\/p>\n<p>    \u00c0 la salle paroissiale Saint-Lambert de Vaugirard, aux murs de b\u00e9ton brut, une centaine de personnes contemplent dans un silence presque liturgique, la sc\u00e8ne baign\u00e9e par la lumi\u00e8re rouge\u00e2tre de l\u2019estrade.<br \/>\n                Paul de Breteuil<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Cette communaut\u00e9 \u0153cum\u00e9nique compte pr\u00e8s de quatre-vingts fr\u00e8res issus de diff\u00e9rentes confessions chr\u00e9tiennes. Cette ann\u00e9e, quinze mille jeunes, dont pr\u00e8s de mille Ukrainiens, ont r\u00e9pondu \u00e0 son appel. R\u00e9partis dans divers ateliers, certains ont investi la maison paroissiale Saint-Lambert de Vaugirard, devenue le temps d\u2019une repr\u00e9sentation l\u2019\u00e9crin d\u2019un No\u00ebl ukrainien, o\u00f9 la foi tente de triompher de la douleur.<\/p>\n<p>                                            <a class=\"fig-a11y-skip\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle\" data-module=\"a11y-skip\" data-context=\"was @visible\"><br \/>\n    Passer la publicit\u00e9<br \/>\n<\/a>            <\/p>\n<p>                                            \u00abIl faut que ces mots vivent \u00e0 travers vous\u00bb<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Devant l\u2019estrade improvis\u00e9e, un homme au sourire timide, engonc\u00e9 dans un coton blanc ouat\u00e9 \u00e0 capuche (sweat-shirt), prend la parole dans un anglais h\u00e9sitant. Sur son v\u00eatement figure le nom de l\u2019Universit\u00e9 catholique ukrainienne, situ\u00e9e \u00e0 Lviv, \u00e0 l\u2019Ouest du pays, non loin de la Pologne. Il s\u2019appelle Eug\u00e8ne Hydzyk. Professeur de th\u00e9\u00e2tre et metteur en sc\u00e8ne, il dirige la troupe. D\u2019une voix fluette mais pos\u00e9e, il introduit le spectacle\u00a0: \u00ab Certains po\u00e8tes dont vous allez entendre les textes sont morts pendant la guerre. D\u2019autres se battent encore sur le front. Il faut que ces mots vivent \u00e0 travers vous\u00a0\u00bb, exhorte-t-il.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Les sayn\u00e8tes s\u2019encha\u00eenent, toutes r\u00e9cit\u00e9es en ukrainien, parfois ponctu\u00e9es de chants qui, de l\u2019aveu de deux spectatrices allemandes, donnent des \u00ab frissons\u00a0\u00bb. Pour \u00e9viter toute incompr\u00e9hension, la troupe propose \u00e0 chacun un\u00a0<a href=\"https:\/\/qr.view.page\/uploads\/pdf\/4vEqCf_5b7d35ccbc4530aa.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"sponsored noopener\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\">document PDF<\/a>\u00a0int\u00e9gralement traduit en anglais. Le regard oscille de la traduction \u00e0 la sc\u00e8ne, ses huit actrices et son seul acteur. Quatre \u00e9tudiantes \u00e9mergent sur un sol jonch\u00e9 de plumes. Elles portent des tuniques blanches et des ailes d\u2019ange. Une autre est v\u00eatue d\u2019une robe de tulle digne de l\u2019op\u00e9ra. Un autre, un homme, cette fois, est habill\u00e9 en Joseph. D\u00e9tail mais non des moindres\u00a0: tous chaussent des rangers. La guerre n\u2019est jamais loin.<\/p>\n<p>                                            \u00abUn caillot de sang \u00e0 la place du c\u0153ur\u00bb<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Inspir\u00e9 de l\u2019artiste ukrainien Serhiy Savchenko, le spectacle reprend les codes du Vertep, le th\u00e9\u00e2tre traditionnel ukrainien consacr\u00e9 \u00e0 la Sainte Famille. Mais ici, la cr\u00e8che est transpos\u00e9e \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 apocalyptique. Eug\u00e8ne Hydzyk tisse un r\u00e9cit o\u00f9 se croisent figures bibliques \u2014 Marie, Joseph, les rois mages \u2014 et fant\u00f4mes du front. Intitul\u00e9 Petites sandales orthop\u00e9diques, le spectacle, cryptique, classe les po\u00e8mes comme des bo\u00eetes \u00e0 chaussures\u00a0: rangers pour les \u00e9crits des soldats, \u00absandales orthop\u00e9diques\u00bb pour ceux des enfants, \u00abtongues\u00bb pour les autres.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">La force de la pi\u00e8ce r\u00e9side dans ce dialogue permanent, parfois violent, avec le divin. Face \u00e0 l\u2019horreur des corps rapatri\u00e9s dans des sacs de \u00ab cinquante par cinquante centim\u00e8tres\u00a0\u00bb, la foi vacille, se brise \u00ab comme une clavicule\u00a0\u00bb, mais refuse de s\u2019\u00e9teindre. Une actrice interpelle Dieu\u00a0: \u00ab Comment vas-tu\u00a0?\u00a0\u00bb, \u00ab O\u00f9 es-tu\u00a0?\u00a0\u00bb. Dans ce chaos, la foi tient davantage du combat que d\u2019une certitude in\u00e9branlable. Le dialogue avec Dieu est \u00e2pre, parfois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Un guerrier, hagard, ass\u00e8ne\u00a0: \u00ab il n\u2019y a pas de Dieu mais un caillot de sang \u00e0 la place du c\u0153ur\u00a0\u00bb. Le doute s\u2019insinue jusqu\u2019au pr\u00eatre, dont le livre sacr\u00e9 est \u00ab vide\u00a0\u00bb. Le spectateur est saisi par le destin de Nastia, quinze ans, dont le p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par une mine. Au lieu de r\u00eaver de devenir avocate, elle \u00ab pr\u00e9f\u00e8re aujourd\u2019hui le m\u00e9tier de sniper\u00a0\u00bb. Pour elle, comme pour tant d\u2019autres, l\u2019\u00e2me n\u2019est plus qu\u2019un \u00ab gel noir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>                                            <a class=\"fig-a11y-skip\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle_mtf\" data-module=\"a11y-skip\" data-context=\"was @visible\"><br \/>\n    Passer la publicit\u00e9<br \/>\n<\/a>            <\/p>\n<p>                                            L\u2019espoir luit<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Pour ces Ukrainiens \u2014 dont l\u2019un a d\u00fb fuir\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/international\/dur-de-retourner-au-combat-ensuite-en-ukraine-femmes-et-soldats-se-retrouvent-le-temps-d-une-permission-a-kramatorsk-20250310\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Kramatorsk\u00a0<\/a>\u2014 le r\u00e9cit de la Nativit\u00e9 demeure un phare dans la nuit. \u00ab Le Christ est n\u00e9 dans un pays occup\u00e9\u00a0\u00bb, confie en ukrainien le metteur en sc\u00e8ne au Figaro, heureusement traduit par une com\u00e9dienne de la troupe. H\u00e9rode le Grand, gouverneur de la Jud\u00e9e o\u00f9 naquit J\u00e9sus, n\u2019\u00e9tait-il pas l\u2019oblig\u00e9 de Rome\u00a0? \u00ab Pour moi, nous vivons toujours dans le temps biblique\u00a0\u00bb, abonde-t-il.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Et pourtant, l\u2019espoir surgit l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend plus. Comme ce canari qu\u2019un po\u00e8te entend chanter \u00e0 travers les fen\u00eatres bris\u00e9es d\u2019une maison \u00e9ventr\u00e9e \u00e0 Irpin. Comme cette fleur qui, sur sc\u00e8ne, \u00e9cl\u00f4t \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une botte de combat. C\u2019est l\u00e0 la signature de cette jeunesse venue de Lviv\u00a0: la conviction profonde que, \u00ab \u00e0 travers l\u2019\u00e9paisse fum\u00e9e, chaque fois, quelque chose de petit et de vert surgit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>    Saint-Lambert de Vaugirard<br \/>\n                Paul de Breteuil<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"REPORTAGE &#8211; \u00c0 l\u2019occasion des rencontres europ\u00e9ennes de la communaut\u00e9 \u0153cum\u00e9nique de Taiz\u00e9, des \u00e9tudiants ukrainiens ont jou\u00e9&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":633390,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[1111,1928,11,1927,9485,1777,674,1011,27,131,12,1926,626,1925,25],"class_list":{"0":"post-633389","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actu","9":"tag-actu-paris","10":"tag-actualites","11":"tag-actualites-paris","12":"tag-chretiens","13":"tag-eu","14":"tag-europe","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-guerre-en-ukraine","18":"tag-news","19":"tag-news-paris","20":"tag-paris","21":"tag-paris-news","22":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115817612789905221","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/633389","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=633389"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/633389\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/633390"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=633389"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=633389"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=633389"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}