{"id":63638,"date":"2025-04-30T05:56:08","date_gmt":"2025-04-30T05:56:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/63638\/"},"modified":"2025-04-30T05:56:08","modified_gmt":"2025-04-30T05:56:08","slug":"une-plongee-historique-dans-la-grande-famille-des-dockers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/63638\/","title":{"rendered":"Une plong\u00e9e historique dans la grande famille des dockers"},"content":{"rendered":"\n<p>La salle\u00a08 du cin\u00e9ma Path\u00e9 de La Joliette \u00e9tait presque pleine pour l\u2019avant-premi\u00e8re du film Dockers, une famille sur le port. Plusieurs rang\u00e9es de si\u00e8ges sont occup\u00e9es par les travailleurs du port et leurs familles, venues en nombre pour la premi\u00e8re diffusion du documentaire de Thierry Aguila Callejon, ce jeudi 24\u00a0avril.<\/p>\n<p>Il y a des \u00ab\u00a0anciens\u00a0\u00bb, marqu\u00e9s par de nombreuses et dures ann\u00e9es \u00e0 charrier des marchandises, \u00e0 se battre avec fiert\u00e9 pour leurs conditions de travail, mais aussi des jeunes, anim\u00e9s par l\u2019envie de reprendre le flambeau et de rendre au port ses lettres de noblesse.<\/p>\n<p> Un \u00ab\u00a0chien des quais\u00a0\u00bb\n              <\/p>\n<p>Et tous attendent le film avec impatience. \u00ab\u00a0Comme beaucoup de Marseillais, on a de la famille qui est docker, c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019on est venu\u00a0\u00bb, glissent Erika et Christian, la cinquantaine alors que la projection va d\u00e9buter. Comprenez par-l\u00e0 que le documentaire s\u2019adresse, en premier lieu, \u00e0 la \u00ab\u00a0grande famille des dockers\u00a0\u00bb mais propose aussi un regard in\u00e9dit sur tout un pan de l\u2019histoire de la cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Il d\u00e9bute d\u2019ailleurs avec le r\u00e9cit de l\u2019arriv\u00e9e de la famille de Thierry Aguila Callejon \u00e0 Marseille. Comme nombre de futurs marseillais, ils arrivent sans lien avec la France, des immigr\u00e9s espagnols venant car \u00ab\u00a0il y a du travail sur le port\u00a0\u00bb. Le patriarche devient alors un \u00ab\u00a0chien des quais\u00a0\u00bb, un travailleur qui se rend quotidiennement au port, esp\u00e9rant \u00eatre embauch\u00e9 \u00e0 la journ\u00e9e et pouvoir charger et d\u00e9charger les marchandises arrivant notamment des colonies fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Bien avant la Seconde guerre mondiale, la r\u00e9alit\u00e9 des conditions de travail de l\u2019\u00e9poqui font froid dans le dos\u00a0: un salaire de mis\u00e8re, des morts sous les sacs&#8230; C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une saga familiale o\u00f9 s\u2019entrem\u00ealent les \u00e9v\u00e9nements politiques marquant la France et Marseille, l\u2019\u00e9volution du port au fil du temps, les avanc\u00e9es sociales arrach\u00e9es par la force des convictions&#8230;<\/p>\n<p> Primes de rats et interdits de bus\n              <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne parle pas de classe ouvri\u00e8re mais d\u2019une famille d\u2019ouvriers, de monde ouvrier. On fait la dynastie des grands, des princes, moi je raconte une dynastie des dockers. Ils ont travers\u00e9 les guerres, ils ont travers\u00e9 l\u2019histoire\u00a0\u00bb, r\u00e9sume Thierry Aguila Callejon. On traverse donc l\u2019histoire du grand port marseillais au fil des anecdotes des travailleurs ou via les r\u00e9cits familiaux. La salle rit aux \u00e9clats quand les dockers \u00e9voquent les fois o\u00f9 ils mettaient des rats dans les cales afin de toucher la \u00ab\u00a0prime de rat\u00a0\u00bb. Le public est \u00e9mu quand ils racontent ne pas pouvoir monter dans les bus car jug\u00e9s trop \u00ab\u00a0sales\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Forc\u00e9ment, \u00e0 la fin de la s\u00e9ance, les spectateurs sont conquis. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait magnifique, \u00e7a donne une vraie fiert\u00e9 d\u2019\u00eatre docker. Je me suis vu dans ma famille, avec mon grand-p\u00e8re, mes oncles&#8230;\u00a0\u00bb, confie Ludovic Lomini, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT des dockers de Marseille, lui-m\u00eame de la 3e\u00a0g\u00e9n\u00e9ration travaillant sur le port. Il insiste\u00a0: \u00ab\u00a0On a une belle profession qui est mise en valeur. L\u2019histoire du rat, on la conna\u00eet tous. \u00c7a animait souvent les dimanches midi.\u00a0\u00bb Le r\u00e9alisateur abonde\u00a0: \u00ab\u00a0Pareil, j\u2019ai grandi avec et je l\u2019ai entendu des dizaines de fois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Notons aussi les images d\u2019archives du fameux film Le rendez-vous des quais du r\u00e9alisateur marseillais Paul Carpita qui viennent embellir le r\u00e9cit. Et les r\u00e9f\u00e9rences aux liens entre Parti communiste fran\u00e7ais et dockers, le r\u00f4le de la puissante CGT du port, de l\u2019\u00e2me pacifiste et internationaliste de ces travailleurs. \u00ab\u00a0Je ne connais pas beaucoup de professions qui font 180\u00a0jours de gr\u00e8ve dans une ann\u00e9e pour d\u00e9fendre son statut. M\u00eame si le port a failli mourir, il continue de vivre\u00a0: on \u00e9tait 250\u00a0dockers en 2011, on est 600\u00a0aujourd\u2019hui\u00a0\u00bb, conclut Ludovic Lomini.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La salle\u00a08 du cin\u00e9ma Path\u00e9 de La Joliette \u00e9tait presque pleine pour l\u2019avant-premi\u00e8re du film Dockers, une famille&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":63639,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,885,1777,674,1011,27,884,12,882,25],"class_list":{"0":"post-63638","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-bouches-du-rhone","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-marseille","16":"tag-news","17":"tag-provence-alpes-cote-dazur","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114425376593543194","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63638","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63638"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63638\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/63639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63638"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63638"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63638"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}