{"id":639889,"date":"2026-01-04T07:27:17","date_gmt":"2026-01-04T07:27:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/639889\/"},"modified":"2026-01-04T07:27:17","modified_gmt":"2026-01-04T07:27:17","slug":"un-film-puissant-et-poetique-de-la-realisatrice-allemande-mascha-schilinski-sur-la-condition-feminine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/639889\/","title":{"rendered":"un film puissant et po\u00e9tique de la r\u00e9alisatrice allemande Mascha Schilinski sur la condition f\u00e9minine"},"content":{"rendered":"<p>\n  Embrassant un si\u00e8cle d&rsquo;histoire, ce second film de la cin\u00e9aste de 41\u00a0ans offre un regard f\u00e9minin sur le f\u00e9minin, \u00e0 la fois intime et universel.\n<\/p>\n<p>Avec ce film tr\u00e8s singulier, Mascha Schilinski a d\u00e9croch\u00e9 le Prix sp\u00e9cial du jury, partag\u00e9 avec <a href=\"https:\/\/www.franceinfo.fr\/culture\/cinema\/sorties-de-films\/sirat-une-dinguerie-aux-accents-de-fin-du-monde-signee-oliver-laxe_7469065.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sirat d&rsquo;Oliver Saxe<\/a>, au Festival de Cannes\u00a02025. Les \u00c9chos du pass\u00e9 sort dans les salles mercredi\u00a07\u00a0janvier.<\/p>\n<p>Quelque part dans la campagne du nord de l&rsquo;Allemagne, une grande ferme voit grandir quatre filles, Alma, Erika, Angelika et Lenka. Quatre filles de quatre g\u00e9n\u00e9rations et \u00e9poques diff\u00e9rentes. Alma est une petite fille curieuse qui observe attentivement les adultes. Elle est celle avec qui tout commence.<\/p>\n<p>D\u00e9but du XXe\u00a0si\u00e8cle. Le temps d&rsquo;Alma est celui de l&rsquo;\u00e9clairage \u00e0 la bougie, des crucifix et des morts,<strong> <\/strong>qu&rsquo;on accompagne avec des rituels plus ou moins morbides. Alma porte le pr\u00e9nom d&rsquo;une de ses s\u0153urs a\u00een\u00e9es disparue pr\u00e9matur\u00e9ment, comme beaucoup d&rsquo;enfants de cette \u00e9poque. Elle observe les adultes, leur brutalit\u00e9, le silence qui entoure la violence, et la mani\u00e8re dont le corps des femmes est mis \u00e0 disposition ou vendu aux hommes.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres temps viendront, celui d&rsquo;Erika, presque identique \u00e0 celui d&rsquo;Alma, puis les ann\u00e9es\u00a01950, avec Angelika. Les d\u00e9cors changent, les shorts en jean remplacent les robes longues et corset\u00e9es, mais les hommes continuent \u00e0 s&rsquo;approprier le corps des femmes. L&rsquo;\u00e9poque de Lenka est celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, celle des t\u00e9l\u00e9phones portables, des claquettes et des femmes lib\u00e9r\u00e9es. Les parents de Lenka r\u00e9novent la ferme. Les temps ont chang\u00e9, mais la mort r\u00f4de toujours.<\/p>\n<p>Cette fresque historique, qui court sur un si\u00e8cle, est le second film de Mascha Schilinski, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00e0 la Berlinale en 2017 avec Die\u00a0Tochter (Dark Blue Girl). Dans ce premier film, qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 en France, la r\u00e9alisatrice racontait l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple s\u00e9par\u00e9 qui tentait de se rabibocher sous le regard hostile de leur fille de 7\u00a0ans.<\/p>\n<p>Avec ce second film, Mascha Schilinski continue \u00e0 explorer le th\u00e8me de la famille, cette fois \u00e0 travers les regards crois\u00e9s de quatre filles d&rsquo;\u00e2ges diff\u00e9rents (une fillette, une pr\u00e9-adolescente, une adolescente et une jeune femme).<\/p>\n<\/p>\n<p>Chacune d&rsquo;entre elles observe son temps, avec son propre regard. La narration entrelace les diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s et les destins de ces quatre filles qui, sans se croiser, se font \u00e9cho. Les murs de la maison et la campagne environnante semblent<strong> <\/strong>avoir absorb\u00e9 les histoires de celles et ceux qui s&rsquo;y sont succ\u00e9d\u00e9. Les \u00e2mes des d\u00e9funts, regard flou, planant au-dessus du monde des vivants.<\/p>\n<p>Cette variation temporelle \u00e0 plusieurs voix offre un regard f\u00e9minin sur le f\u00e9minin, \u00e0 la fois intime et universel, qui embrasse un si\u00e8cle d&rsquo;histoire. Le film est travers\u00e9 par des questions simples, port\u00e9es par de jeunes \u00eatres en devenir, qui observent un monde qu&rsquo;elles ressentent, qu&rsquo;elles per\u00e7oivent, qu&rsquo;elles subissent aussi, plus qu&rsquo;elles ne le comprennent. Le corps, d\u00e9sirant, souffrant, mutil\u00e9, agress\u00e9, et la mort sont au centre de ce film habit\u00e9 par les traumatismes de l&rsquo;histoire avec un grand\u00a0H.<\/p>\n<p>La mise en sc\u00e8ne \u00e9pouse ce point de vue \u00e0 la fois \u00ab\u00a0na\u00eff\u00a0\u00bb, puissant et sensoriel des quatre filles, avec une photographie tr\u00e8s picturale, des images textur\u00e9es, d\u00e9ploy\u00e9es dans une tonalit\u00e9 bichromique assortie aux couleurs de la maison (le rouge des briques et le bleu des volets). L&rsquo;observation \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e du monde par les personnages, est \u00e9galement indiqu\u00e9e \u00e0 la mise en sc\u00e8ne par des mouvements de cam\u00e9ra ou des amorces dans les plans. Sans rien \u00e9luder, la r\u00e9alisatrice compose une mise en sc\u00e8ne \u00e0 la fois crue et impressionniste, qui sert un propos sur le regard des enfants, tant\u00f4t trouble, tant\u00f4t hyper focalis\u00e9, sur le monde qui les entoure.<\/p>\n<p>La r\u00e9alisatrice nous fait glisser d&rsquo;une \u00e9poque \u00e0 l&rsquo;autre sans jamais nous perdre. Elle dessine des ponts entre les diff\u00e9rentes histoires avec des mouvements de cam\u00e9ra, la lumi\u00e8re, des \u00e9l\u00e9ments des d\u00e9cors, avec la nature, la rivi\u00e8re, ou encore avec des gros plans sonores, lames de fond compos\u00e9es de bruits et de percussions qui nous transportent d&rsquo;une temporalit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>R\u00e9flexion puissante sur l&rsquo;enfance, sur le f\u00e9minin, sur le corps, sur l&rsquo;histoire et sur la m\u00e9moire, ce film passionnant et engag\u00e9 r\u00e9v\u00e8le une voix singuli\u00e8re et prometteuse du cin\u00e9ma outre-Rhin.<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"cms-media-image lazyload\" alt=\"Affiche du film \" les=\"\" du=\"\" pass=\"\" de=\"\" la=\"\" r=\"\" allemande=\"\" mascha=\"\" schilinski=\"\" en=\"\" salles=\"\" le=\"\" distribution=\"\" width=\"720\" height=\"978.35294117647\" data- src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/ffiche-echos-du-passe-6957eff99528b865087606.jpeg\"\/><\/p>\n<p>      Affiche du film \u00ab\u00a0Les \u00c9chos du pass\u00e9\u00a0\u00bb de la r\u00e9alisatrice allemande Mascha Schilinski, en salles le 7\u00a0janvier\u00a02026. (DIAPHANA DISTRIBUTION)<\/p>\n<p><strong>Genre : <\/strong>Drame<br \/><strong>R\u00e9alisat<\/strong><strong>ion<\/strong><strong> :<\/strong> Mascha Schilinski<br \/><strong>A<\/strong><strong>vec<\/strong><strong> : <\/strong>Hanna Heckt, Lena Urzendowsky, Laeni Geiseler<br \/><strong>Pays :<\/strong> Allemagne<strong><br \/>Dur\u00e9e : <\/strong>2h39<strong><br \/>Sortie : <\/strong>7 janvier 2026<strong><br \/>Distributeur : <\/strong>Diaphana Distribution<br \/><strong>Synopsis<\/strong> : Quatre jeunes filles \u00e0 quatre \u00e9poques diff\u00e9rentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la m\u00eame ferme, au nord de l&rsquo;Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du si\u00e8cle, les \u00e9chos du pass\u00e9 r\u00e9sonnent entre ses murs. Malgr\u00e9 les ann\u00e9es qui les s\u00e9parent, leurs vies semblent se r\u00e9pondre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Embrassant un si\u00e8cle d&rsquo;histoire, ce second film de la cin\u00e9aste de 41\u00a0ans offre un regard f\u00e9minin sur le&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":639890,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-639889","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-films","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115835649580179472","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639889","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=639889"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/639889\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/639890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=639889"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=639889"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=639889"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}