{"id":641658,"date":"2026-01-05T03:31:16","date_gmt":"2026-01-05T03:31:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/641658\/"},"modified":"2026-01-05T03:31:16","modified_gmt":"2026-01-05T03:31:16","slug":"exportations-marocaines-vers-lue-le-mecanisme-dajustement-carbone-aux-frontieres-catalyseur-dun-tournant-ecologique-et-economique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/641658\/","title":{"rendered":"Exportations marocaines vers l\u2019UE: le m\u00e9canisme d\u2019ajustement carbone aux fronti\u00e8res, catalyseur d\u2019un tournant \u00e9cologique et \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Le 1er janvier 2026 marque un tournant pour le commerce international avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur du M\u00e9canisme d\u2019ajustement carbone aux fronti\u00e8res (MACF) de l\u2019Union europ\u00e9enne, mieux connu sous le sigle CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism). \u00abCe dispositif, qui cible six secteurs (acier, aluminium, ciment, engrais azot\u00e9s, hydrog\u00e8ne et \u00e9lectricit\u00e9), impose aux entreprises exportatrices vers l\u2019Europe de d\u00e9clarer et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de compenser les \u00e9missions de CO\u2082 li\u00e9es \u00e0 leurs produits\u00bb, explique le quotidien L\u2019\u00c9conomiste dans son \u00e9dition du lundi 5 janvier. L\u2019objectif officiel de l\u2019UE est de garantir l\u2019\u00e9quit\u00e9 concurrentielle pour ses industries et d\u2019inciter les partenaires commerciaux \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer leur transition \u00e9cologique.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Concr\u00e8tement, toute entreprise qui n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9carboner sa production devra s\u2019acquitter d\u2019une taxe carbone calcul\u00e9e en fonction du contenu carbone de ses produits, oscillant entre 60 et 100 euros par tonne de CO\u2082. Ainsi, un exportateur chinois d\u2019acier ou turc de ciment devra documenter pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019empreinte carbone de son processus industriel. Si les \u00e9missions d\u00e9passent les standards europ\u00e9ens, il sera contraint d\u2019acheter un certificat d\u2019\u00e9mission au prix du march\u00e9 europ\u00e9en. \u00abSi un march\u00e9 carbone existe dans le pays d\u2019origine, mais avec un tarif inf\u00e9rieur \u00e0 celui de l\u2019Europe, comme c\u2019est actuellement le cas en Chine ou dans certains \u00c9tats am\u00e9ricains, l\u2019entreprise paiera la diff\u00e9rence\u00bb, souligne L\u2019\u00c9conomiste. Selon Bruxelles, le MACF \u00abmet sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 le fait de produire de l\u2019acier au sein de l\u2019UE ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00bb. L\u2019Union salue l\u2019effet \u00abcontagieux\u00bb de la mesure, esp\u00e9rant que ses partenaires, y compris certaines entreprises marocaines, renforceront leurs politiques climatiques pour continuer \u00e0 acc\u00e9der au march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Financi\u00e8rement, l\u2019UE table sur des recettes d\u2019environ trois milliards d\u2019euros d\u2019ici 2030, chiffre qui pourrait augmenter avec l\u2019\u00e9largissement progressif de la taxe \u00e0 d\u2019autres produits. Au Maroc, une \u00e9tude de BMCE Kapital Global Research (BKGR), reprise par le quotidien, estime que plus de 10% des exportations pourraient \u00eatre touch\u00e9es d\u00e8s cette ann\u00e9e, soit un manque \u00e0 gagner potentiel de six milliards de dirhams sur la base des recettes de 2024. Cependant, la situation reste nuanc\u00e9e selon les secteurs. Les cimentiers, producteurs d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, fabricants d\u2019aluminium et sid\u00e9rurgistes semblent relativement peu expos\u00e9s. Sonasid, par exemple, produit d\u00e9j\u00e0 de l\u2019acier \u00abvert\u00bb, mais seulement 1% de cette production est destin\u00e9 \u00e0 l\u2019UE, tandis que la majeure partie reste sur le march\u00e9 int\u00e9rieur ou est export\u00e9e vers le Canada, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Arabie saoudite.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Dans l\u2019hydrog\u00e8ne, la production commerciale ne d\u00e9butera pas avant 2027 avec OCP, qui pr\u00e9voit de produire de l\u2019ammoniac vert, suivi par TotalEnergies \u00e0 Guelmim. Gr\u00e2ce aux \u00e9nergies renouvelables et \u00e0 l\u2019eau de mer dessal\u00e9e, cette production sera compatible avec les standards europ\u00e9ens. \u00abLe principal point d\u2019attention demeure les engrais azot\u00e9s, longtemps consid\u00e9r\u00e9s comme le secteur marocain le plus vuln\u00e9rable \u00e0 la taxe carbone.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">Pour comprendre l\u2019enjeu, il faut rappeler le fonctionnement du march\u00e9 carbone, qui fixe un plafond d\u2019\u00e9missions et permet l\u2019\u00e9change de quotas pour inciter \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre\u00bb, indique L\u2019\u00c9conomiste. La taxe carbone, quant \u00e0 elle, impose directement un co\u00fbt aux \u00e9missions. Dans les deux cas, l\u2019objectif est identique: internaliser le co\u00fbt climatique pour orienter les pratiques industrielles vers la durabilit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">\u00c0 plus long terme, l\u2019impact pourrait \u00eatre plus significatif. D\u00e8s 2027-2028, les secteurs du textile et de l\u2019agroalimentaire devront s\u2019y conformer. Ces fili\u00e8res, fortement exportatrices vers l\u2019UE, ne sont pas encore sur la trajectoire de d\u00e9carbonation souhait\u00e9e. Les industriels du Nord du Royaume ont pris de l\u2019avance gr\u00e2ce \u00e0 la pression de leurs clients europ\u00e9ens, tandis que l\u2019amont agricole, notamment la r\u00e9duction des intrants chimiques, reste un d\u00e9fi pour les agro-industries. Les services et les infrastructures logistiques seront \u00e9galement concern\u00e9s, et Tanger Med devra aligner ses op\u00e9rations sur ces nouvelles normes pour conserver sa place de hub de transbordement, fort de 8,6 millions de conteneurs en 2023.<\/p>\n<p class=\"default__StyledText-sc-10mj2vp-0 CxBBS body-paragraph\">L\u2019entr\u00e9e en vigueur du CBAM constitue ainsi un signal clair. La comp\u00e9titivit\u00e9 sur le march\u00e9 europ\u00e9en passera d\u00e9sormais par la capacit\u00e9 des entreprises \u00e0 conjuguer performance \u00e9conomique et respect climatique. Pour le Maroc et ses partenaires internationaux, il ne s\u2019agit plus seulement de produire et d\u2019exporter, mais de le faire dans un cadre carbone responsable, sous peine de voir s\u2019accro\u00eetre les co\u00fbts et de r\u00e9duire l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019un des march\u00e9s les plus exigeants du monde.<\/p>\n<p>Par La R\u00e9daction <\/p>\n<p>Le 04\/01\/2026 \u00e0 21h24<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le 1er janvier 2026 marque un tournant pour le commerce international avec l\u2019entr\u00e9e en vigueur du M\u00e9canisme d\u2019ajustement&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":641659,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1586],"tags":[11,33,1777,674,1779,526,1011,27,693,2223,12,25,55444,1778,364],"class_list":{"0":"post-641658","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-europe","8":"tag-actualites","9":"tag-economie","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-european-union","13":"tag-fiscalite","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-industrie","17":"tag-maroc","18":"tag-news","19":"tag-republique-francaise","20":"tag-taxe-carbone","21":"tag-ue","22":"tag-union-europeenne"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115840383898296731","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/641658","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=641658"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/641658\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/641659"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=641658"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=641658"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=641658"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}