{"id":646843,"date":"2026-01-07T10:22:20","date_gmt":"2026-01-07T10:22:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/646843\/"},"modified":"2026-01-07T10:22:20","modified_gmt":"2026-01-07T10:22:20","slug":"bicentenaire-dun-journal-qui-revendique-sa-liberte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/646843\/","title":{"rendered":"Bicentenaire d\u2019un journal qui revendique sa libert\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Depuis deux si\u00e8cles, \u00ab Le Figaro \u00bb s\u2019affirme l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend pas toujours : libre dans le ton, parfois \u00e0 contre-courant, voire\u00a0en avance sur son \u00e9poque. \u00c0 l\u2019occasion de l\u2019exposition qui lui est consacr\u00e9e au Grand Palais du 14 au 16 janvier 2026, ce film d\u00e9voile une aventure bien diff\u00e9rente de l\u2019image sage et conservatrice que l\u2019on en a parfois. \u00c0 d\u00e9couvrir lundi 12 janvier \u00e0 22.55 sur France 2 et sur france.tv.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p>Sans la libert\u00e9 de bl\u00e2mer, il n\u2019est pas d\u2019\u00e9loge flatteur.<\/p>\n<p>Figaro, dans Le Mariage de Figaro, de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est le plus ancien quotidien fran\u00e7ais toujours publi\u00e9. Pour f\u00eater son bicentenaire, Le Figaro\u00a0ouvre ses archives in\u00e9dites, parfois inattendues et souvent savoureuses. Dans ce film o\u00f9 interviennent celles et ceux qui l&rsquo;ont dirig\u00e9, y ont \u00e9crit et y travaillent encore, se dessine l&rsquo;histoire d&rsquo;un journal qui a su \u00e9voluer au fil des \u00e9poques tout en restant fid\u00e8le \u00e0 ses valeurs.<\/p>\n<p>Le 15 janvier 1826 para\u00eet pour la premi\u00e8re fois une feuille satirique, imagin\u00e9e par deux vaudevillistes, Maurice Alhoy et \u00c9tienne Arago, dans une France, sous le r\u00e8gne de Charles X, o\u00f9 la presse est \u00e9troitement surveill\u00e9e. Pour continuer \u00e0 para\u00eetre, le journal choisit l\u2019ironie. \u00ab Il fonctionne uniquement par allusions, explique\u00a0l&rsquo;historienne des m\u00e9dias Claire Blandin. C\u2019est vraiment un journal qui est dans l\u2019invective, la moquerie.\u00a0\u00bb Ses armes sont \u00ab litt\u00e9raires, rh\u00e9toriques \u00bb et son\u00a0nom est\u00a0\u00ab un hommage aux pi\u00e8ces de Beaumarchais : dans Le Mariage de Figaro, le valet Figaro fait un plaidoyer pour la libert\u00e9 de la presse \u00bb. Dans Le Figaro, la libert\u00e9 s\u2019\u00e9crit entre les lignes.<\/p>\n<p>Au milieu du XIX\u1d49 si\u00e8cle, Le Figaro invente une presse nouvelle, sous l\u2019impulsion d\u2019Hippolyte de Villemessant.\u00a0\u00ab Il va \u00eatre le fondateur du Figaro tel qu\u2019on le conna\u00eet aujourd\u2019hui, raconte Alexis Br\u00e9zet, le directeur des r\u00e9dactions, puisqu\u2019il va transformer cette petite feuille hebdomadaire et litt\u00e9raire en journal quotidien. \u00bb\u00a0Celui-ci va conna\u00eetre alors un essor consid\u00e9rable. Pour Franz-Olivier Giesbert, le journaliste et patron de presse est\u00a0\u00ab une sorte d\u2019anc\u00eatre de Robert Hersant : ils se ressemblaient beaucoup \u00bb. Son obsession : travailler avec \u00ab les meilleurs \u00bb, \u00e9crivains, po\u00e8tes&#8230;\u00a0\u00ab C\u2019est un prospecteur de talents de g\u00e9nie, rappelle la journaliste\u00a0Eug\u00e9nie Basti\u00e9\u00a0: il va attirer tous les plus grands talents de l\u2019\u00e9poque : Alphonse Daudet, Baudelaire, Jules Vall\u00e8s&#8230; \u00bb<br \/>Ce dernier \u2013\u00a0\u00ab \u00e9crivain anarchiste, socialiste, pas du tout le style du lecteur bourgeois ou de l\u2019aristocrate qui lit Le Figaro de la Belle \u00c9poque \u00bb, pr\u00e9cise \u00c9tienne de Montety, l&rsquo;actuel directeur du Figaro litt\u00e9raire \u2013 d\u00e9fendra le journal face aux Communards en leur d\u00e9clarant :\u00a0\u00ab Laissez au Figaro la libert\u00e9 que Villemessant m\u2019a laiss\u00e9e ! \u00bb. Un homme \u00ab\u00a0qui voulait un journal qui ressemble \u00e0 la vie et qui n\u2019avait pas d\u2019\u0153ill\u00e8res \u00bb. Et qui va innover : \u00ab Il va tout inventer dans l\u2019histoire de la presse, Villemessant, souligne Alexis Br\u00e9zet, les interviews, les reportages, la r\u00e9clame\u2026 \u00bb Et aussi les suppl\u00e9ments th\u00e9matiques, le carnet du jour et les petites annonces.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"200 ans du Figaro : \u00ab Sans la libert\u00e9 de bl\u00e2mer... \u00bb\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/200 ans Le Figaro.png\"\/><\/p>\n<p>Etienne de Montety, directeur du Figaro litt\u00e9raire<\/p>\n<p>\u00a9 SEP<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;automne 1897, Le Figaro lance une campagne de presse en faveur de Dreyfus, arr\u00eat\u00e9 et condamn\u00e9 pour tra\u00eetrise, et fait appel \u00e0 Zola. C&rsquo;est\u00a0\u00ab le seul journal important de l\u2019\u00e9poque \u00e0 d\u00e9fendre Dreyfus \u00bb, rappelle\u00a0St\u00e9phane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire du Figaro. Mais l&rsquo;affaire divise l&rsquo;opinion, et s&rsquo;ensuit une vague de d\u00e9sabonnements. Villemessant fait marche arri\u00e8re dans un \u00e9dito embarrass\u00e9, et Zola publie finalement son \u00ab J&rsquo;accuse \u00bb, lettre destin\u00e9e \u00e0 F\u00e9lix Faure, dans le journal L&rsquo;Aurore.\u00a0\u00ab Ce qui est un peu injuste, c\u2019est qu\u2019on a oubli\u00e9 toute la campagne de presse du Figaro qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le \u201cJ\u2019accuse\u201d et qui l\u2019a rendue possible \u00bb.\u00a0<br \/>\u00c0 la veille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, c&rsquo;est une campagne tr\u00e8s virulente contre Joseph Caillaud \u2013 ex-ministre des Finances et pr\u00e9sident du Parti radical, qui veut \u00e9tablir l\u2019imp\u00f4t sur le revenu \u2013 auquel s&rsquo;attaque Gaston Calmettes, le nouveau directeur du Figaro. Celui \u00e0 qui \u00ab Proust doit ses d\u00e9buts \u00bb publie la correspondance priv\u00e9e de la premi\u00e8re femme de Caillaud. La seconde, Henriette, craignant pour elle-m\u00eame, se rend le 16 mars 1914 \u00e0 la r\u00e9daction du Figaro, demande \u00e0 voir Calmettes et vide le chargeur de son revolver sur lui. Il aura droit \u00e0 des fun\u00e9railles presque nationales. Son assassinat entra\u00eene un cataclysme politique, et au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, le proc\u00e8s de la meurtri\u00e8re est au centre de toutes les discussions.\u00a0\u00ab On s\u2019int\u00e9resse beaucoup plus au proc\u00e8s de Madame Caillaud \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019\u00e0 l\u2019assassinat d\u2019un certain archiduc en Autriche-Hongrie \u00e0 Sarajevo fin juin 1914. \u00bb De mani\u00e8re tr\u00e8s surprenante, la femme du ministre est acquitt\u00e9e.<\/p>\n<p>Les deux guerres mondiales vont inscrire le journal dans le \u00ab grand reportage \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb, tr\u00e8s litt\u00e9raire, personnel, par opposition au \u00ab reportage \u00e0 l\u2019anglo-saxonne \u00bb, tr\u00e8s factuel. Au total, leurs r\u00e9cits de guerre vaudront \u00e0 des journalistes du Figaro dix-sept prix Albert-Londres.<br \/>Pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Figaro subit la censure, se replie en zone libre, puis cesse de para\u00eetre sous Vichy. Un choix radical : s\u2019arr\u00eater plut\u00f4t que se soumettre. Le journal repara\u00eet \u00e0 la Lib\u00e9ration, retrouvant sa place dans le d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s-guerre, Le Figaro renforce son influence intellectuelle avec Le Figaro litt\u00e9raire, devenu un lieu de d\u00e9bats, de pol\u00e9miques et de combats d\u2019id\u00e9es. Puis viennent de nouvelles mutations. Rachet\u00e9 par Robert Hersant, d\u00e9velopp\u00e9 ensuite sous l\u2019impulsion de la famille Dassault, le journal multiplie les suppl\u00e9ments, investit le num\u00e9rique et \u00e9largit ses formats. Il est m\u00eame le premier journal \u00e0 lancer sa propre cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision, prolongeant l\u2019information bien au-del\u00e0 du papier.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, des \u00e9crivains et penseurs contemporains comme Michel Houellebecq, Fr\u00e9d\u00e9ric Beigbeder, Alain Finkielkraut ou Marcel Gauchet interviennent dans ses pages.\u00a0<br \/>Les supports changent, le go\u00fbt du d\u00e9bat demeure toujours \u2014 fid\u00e8le \u00e0 l\u2019esprit de Beaumarchais.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Le Figaro \u00bb incarne la culture fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Franz-Olivier Giesbert, directeur des r\u00e9dactions du \u00ab Figaro \u00bb (1988-2000)<\/p><\/blockquote>\n<p>Avec la participation de<br \/><strong>Frantz-Olivier Giesbert, Alexis Brezet, Guillaume Roquette, Eug\u00e9nie Basti\u00e9, Guillaume Perrault, Marc Feuill\u00e9, Anne-Sophie Von Claer, Claire Blandin, Anne Fulda, Jean-Marie Rouart, \u00c9tienne de Montety<br \/>\u00a0<\/strong><br \/>Une histoire qui sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec l\u2019exposition <a href=\"https:\/\/www.grandpalais.fr\/fr\/programme\/200-ans-du-figaro\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00ab Le Figaro, 200 ans de libert\u00e9 \u00bb<\/a>, au Grand Palais du 14 au 16 janvier 2026.<\/p>\n<p>200 ans du Figaro : \u00ab Sans la libert\u00e9 de bl\u00e2mer&#8230; \u00bb<img decoding=\"async\" alt=\"\u00ab Le Figaro, 200 ans de libert\u00e9 \u00bb, au Grand Palais du 14 au 16 janvier 2026.\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Sans titre_3.jpg\"\/><\/p>\n<p>Le Figaro f\u00eate ses 200 ans<\/p>\n<p>\u00a9 Le Figaro<\/p>\n<p>Documentaire (52 min \u2013 in\u00e9dit \u2013 2026) \u2013 Un film de <strong>Laurent Menec \u2013<\/strong> Production <strong>Soci\u00e9t\u00e9 Europ\u00e9enne de Production<\/strong>, avec la participation de <strong>France T\u00e9l\u00e9visions<\/strong>, en partenariat avec <strong>Le\u00a0Figaro<\/strong><\/p>\n<p>200 ans du Figaro : \u00ab Sans la libert\u00e9 de bl\u00e2mer&#8230; \u00bb est diffus\u00e9\u00a0lundi 12 janvier \u00e0 22.55 sur France 2<br \/>\u00c0 (re-)voir sur <a href=\"https:\/\/www.france.tv\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">france.tv<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Depuis deux si\u00e8cles, \u00ab Le Figaro \u00bb s\u2019affirme l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend pas toujours : libre dans&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":646844,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,1011,27,12,25],"class_list":{"0":"post-646843","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-fr","10":"tag-france","11":"tag-news","12":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115853324730101218","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/646843","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=646843"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/646843\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/646844"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=646843"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=646843"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=646843"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}