{"id":648963,"date":"2026-01-08T08:31:12","date_gmt":"2026-01-08T08:31:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/648963\/"},"modified":"2026-01-08T08:31:12","modified_gmt":"2026-01-08T08:31:12","slug":"marseille-a-deux-pas-de-lopera-une-nouvelle-scene-culinaire-le-restaurant-coreen-ma-ma-co","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/648963\/","title":{"rendered":"Marseille. \u00c0 deux pas de l\u2019Op\u00e9ra, une nouvelle sc\u00e8ne\u2026 culinaire : le restaurant cor\u00e9en Ma.ma.co"},"content":{"rendered":"<p>Le restaurant cor\u00e9en \u00ab Ma.ma.co \u00bb (Marseille madame Cor\u00e9e) vient de s\u2019installer au pied de l\u2019op\u00e9ra. Un retour aux sources pour les co-fondatrices. L\u2019une \u00e9tait chanteuse lyrique, l\u2019autre violoniste. Leur force, des recettes maison, celle de la maman tr\u00e8s typiques et naturelles.<br \/>\n<img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-111853\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG-20251226-WA0002-768x1024.jpg\" alt=\"Destimed IMG 20251226 WA0002\" width=\"768\" height=\"1024\"  \/>Port\u00e9 par Lee Saerom et Lim Woo-Yeon, le restaurant cor\u00e9en \u00abMa.ma.co \u00bb (Marseille madame Cor\u00e9e) vient de s\u2019installer au pied de l\u2019op\u00e9ra \u00a9 Jo\u00ebl Barcy<br \/>\n\u00ab Vous n\u2019avez jamais go\u00fbt\u00e9 ailleurs ces sauces\u00a0 \u00bb<\/p>\n<p>Lim Woo-Yeon la co-fondatrice du restaurant est en train de pr\u00e9parer les sauces en cette fin de matin\u00e9e. Des recettes maison, inspir\u00e9es de sa m\u00e8re, o\u00f9 tout se veut naturel. \u00ab Vous n\u2019avez jamais go\u00fbt\u00e9 ailleurs ces sauces, insiste-t-elle. C\u2019est une recette de maison. La base des sauces, poudre de piment, p\u00e2te de piment, sauce soja, du sucre et de l\u2019ail et apr\u00e8s quelques \u00e9pices. \u00bb Mais pas question d\u2019obtenir les dosages et la recette compl\u00e8te qui fait la diff\u00e9rence .<br \/>Pour faire face au travail aux fourneaux, les deux femmes ont embauch\u00e9 un cuisinier, Tristan, passionn\u00e9 par la cuisine asiatique. Il s\u2019est fondu dans le moule cor\u00e9en et int\u00e8gre les ingr\u00e9dients essentiels : \u00ab Huile de s\u00e9same, c\u2019est indispensable\u2026 Notre produit star c\u2019est le poulet frit. Sa sp\u00e9cificit\u00e9 c\u2019est les sauces qu\u2019on va mettre avec. On a une sauce ail-soja et une autre sauce qui a la m\u00eame base mais contient de la p\u00e2te de piment. Ce sont ces enrobages qui vont faire la particularit\u00e9 du poulet frit cor\u00e9en. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Des vraies recettes cor\u00e9ennes \u00bb<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-111855\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG-20251226-WA0011-1024x768.jpg\" alt=\"Destimed IMG 20251226 WA0011\" width=\"1024\" height=\"768\"  \/>\u00a9 Jo\u00ebl Barcy<\/p>\n<p>La terrasse se remplit progressivement malgr\u00e9 une m\u00e9t\u00e9o un peu frisquette. Certains clients d\u00e9couvrent le restaurant, d\u2019autres l\u2019ont suivi dans son d\u00e9m\u00e9nagement de la rue de Rome (6e) \u00e0 la rue Corneille (1er). Bibimbap, Bulgogi, Japchai ou Dakgalbi, ils appr\u00e9cient de retrouver de la nourriture Cor\u00e9enne \u00e0 Marseille. \u00ab On vient r\u00e9guli\u00e8rement, on aime beaucoup l\u2019adresse, \u00a0pr\u00e9cise Chlo\u00e9. On est all\u00e9s deux fois en Cor\u00e9e et cela nous ram\u00e8ne \u00e0 ce qu\u2019on mangeait l\u00e0-bas. \u00bb \u00ab C\u2019est le restaurant qui est le plus proche des vraies recettes cor\u00e9ennes, estime Camille, ce sont des vraies cor\u00e9ennes, contrairement \u00e0 d\u2019autres restaurants qui n\u2019utilisent<br \/>pas les bons ingr\u00e9dients et cela ne donne pas le m\u00eame r\u00e9sultat \u00e0 la fin. \u00bb Nicolas d\u00e9couvre le restaurant mais il conna\u00eet la nourriture cor\u00e9enne. Il appr\u00e9cie \u00ab le c\u00f4t\u00e9 piment\u00e9, les saveurs et c\u2019est relativement sain\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<\/p>\n<p>Anticipation<\/p>\n<p>Mais pour avoir un condens\u00e9 de saveurs, pas question de se lever le matin et de partir en cuisine constate Lim Woo-Yeon\u00a0 \u00ab Ce n\u2019est pas comme une salade, on met la sauce, on m\u00e9lange et c\u2019est fait, on mange. Nous, il faut anticiper, faire mariner les viandes, le boeuf, le poulet, le porc longtemps \u00e0 l\u2019avance et apr\u00e8s on pr\u00e9pare pour le jour\u00bb. Et qui sait, si vous poussez la porte peut-\u00eatre entendrez-vous Woo-Yeon fredonner quelques airs d\u2019op\u00e9ra dans les cuisines.<\/p>\n<p><strong>Reportage Jo\u00ebl BARCY<\/strong><\/p>\n<p>Le restaurant \u00abMa.ma.co \u00bb \u2013 14 rue Corneille- 13001 Marseille \u2013 Tous les jours sauf mercredi et dimanche (midi et soir) \u2013 t\u00e9l: 04 58 28 15 71 \u2013 07 76 19 67 52<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Portraits<br \/>\n<strong>De l\u2019op\u00e9ra au bibimbap : \u00e0 Marseille, deux musiciennes cor\u00e9ennes ont transform\u00e9 une amiti\u00e9 en aventure culinaire<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-111854\" src=\"data:image\/svg+xml,%3Csvg%20xmlns=\" http:=\"\" alt=\"Destimed IMG 20251226 WA0006\" width=\"1024\" height=\"768\" data-lazy- data-lazy- data-lazy-src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/IMG-20251226-WA0006-1024x768.jpg\"\/>Lee Saerom et Lim Woo-Yeon une amiti\u00e9 transform\u00e9e en aventure culinaire \u00a9 Jo\u00ebl Barcy<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Dans une cuisine marseillaise, on entend parfois plus qu\u2019un simple cliquetis de casseroles : des souvenirs, des accents, des \u00e9clats de rire\u2026 et, en filigrane, une vie enti\u00e8re de musique. Leur histoire commence \u00e0 S\u00e9oul, se poursuit sur les sc\u00e8nes lyriques du Sud, s\u2019ancre dans une \u00e9glise cor\u00e9enne d\u2019Aix-en-Provence, puis prend un virage inattendu : celui de la restauration.<\/p>\n<p>Lim Woo-Yeon\u00a0 et Lee Saerom sont deux femmes, venues de Cor\u00e9e, deux parcours artistiques exigeants, deux familles de musiciens\u2026 et une m\u00eame envie, apr\u00e8s des ann\u00e9es \u00e0 jouer, chanter, enseigner, de \u00ab faire quelque chose d\u2019actif \u00bb ensemble. Aujourd\u2019hui, leur cuisine raconte leur pays autant qu\u2019elle raconte Marseille : une cuisine de marinades, de fermentation, de patience, et de sauces faites maison -avec, au c\u0153ur, la fid\u00e9lit\u00e9 aux recettes de leurs m\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Une soprano de S\u00e9oul, une vie sur les sc\u00e8nes du Sud<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 S\u00e9oul, Lim Woo-Yeon arrive en France gr\u00e2ce \u00e0 une bourse, apr\u00e8s des \u00e9tudes de chant lyrique. Destination : Marseille, directement. \u00ab Au d\u00e9but, je voulais d\u00e9velopper ma carri\u00e8re en France, en Europe \u00bb, explique-t-elle. Le Sud devient son port d\u2019attache, le point d\u2019\u00e9quilibre entre ambition artistique et vie de famille.<\/p>\n<p>Pendant pr\u00e8s de dix ans, elle travaille comme soliste, encha\u00eene auditions et concerts, et se construit un r\u00e9pertoire de pr\u00e9dilection tourn\u00e9 vers le XIX\u1d49 et le XX\u1d49 si\u00e8cle : Puccini, Verdi\u2026 l\u2019op\u00e9ra, \u00ab vraiment, op\u00e9ra \u00bb. Elle chante, elle travaille \u00ab\u00e9norm\u00e9ment\u00bb comme tous les artistes \u2014 et avance dans une vie d\u00e9sormais partag\u00e9e entre la sc\u00e8ne et le quotidien : un mari musicien, une fille qui a grandi (elle a 18 ans aujourd\u2019hui), et cette id\u00e9e que la musique est, chez eux, une langue familiale.<\/p>\n<p>Son mari, YeoMyoung Lim\u00a0dirige des ch\u0153urs dans la r\u00e9gion et s\u2019illustre notamment avec\u00a0 Ensemble Cr\u00e9ation, dans un univers plus contemporain, parfois baroque. Deux sensibilit\u00e9s diff\u00e9rentes sous un m\u00eame toit : la sienne, lyrique et op\u00e9ratique ; la sienne \u00e0 lui, tourn\u00e9e vers la cr\u00e9ation, la direction, les r\u00e9pertoires d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Une violoniste, professeure et musicoth\u00e9rapeute : \u00ab on \u00e9tait loin de la famille \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Lee Saerom arrive aussi \u00e0 Marseille parce que son mari chercheur a \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 au CNRS \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Elle, violoniste, a enseign\u00e9 en Cor\u00e9e. En France, elle s\u2019oriente vers l\u2019enseignement, mais aussi vers la musicoth\u00e9rapie -une fa\u00e7on de relier la musique au soin, \u00e0 l\u2019\u00e9coute, \u00e0 l\u2019humain. Comme souvent lorsqu\u2019on s\u2019installe loin de chez soi, il y a une question silencieuse : avec qui partager sa langue, ses r\u00e9f\u00e9rences, ses petites habitudes qui paraissent insignifiantes\u2026 jusqu\u2019au jour o\u00f9 elles manquent. C\u2019est dans une \u00e9glise cor\u00e9enne d\u2019Aix-en-Provence qu\u2019elles se rencontrent. Et tr\u00e8s vite, leur relation d\u00e9passe le simple \u00ab on se conna\u00eet \u00bb. La conversation devient facile, naturelle. Une complicit\u00e9 si \u00e9vidente que, disent-elles en souriant, beaucoup les prennent pour des s\u0153urs.<\/p>\n<p><strong>Le Covid comme acc\u00e9l\u00e9rateur de lien : visios, entraide, et \u00abon partage tout\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Leur amiti\u00e9 se consolide \u00e0 un moment o\u00f9, pr\u00e9cis\u00e9ment, le monde se referme. Pendant la p\u00e9riode du Covid, elles se voient moins, mais se parlent plus : visios, nouvelles quotidiennes, moments de d\u00e9couragement et petites joies partag\u00e9es. Elles se font vacciner ensemble. Elles traversent l\u2019isolement comme on traverse une mer agit\u00e9e \u00e0 deux : en se tenant \u00e0 port\u00e9e de voix.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait un moment assez difficile\u2026 on ne pouvait pas voir les gens, on \u00e9tait isol\u00e9s. En plus, on \u00e9tait un peu loin de la famille \u00bb, confient-elles. Dans ces p\u00e9riodes-l\u00e0, une pr\u00e9sence proche -quelqu\u2019un qui comprend la m\u00eame culture et parle la m\u00eame langue- devient un refuge. Et quand, en plus, on partage la m\u00eame discipline, la musique, il y a une \u00e9vidence : on se comprend sans sur-traduire. Elles commencent m\u00eame \u00e0 faire de la musique ensemble : un petit concert de No\u00ebl en visio, quelques enregistrements, le plaisir de jouer malgr\u00e9 tout.<\/p>\n<p><strong>Quand la sant\u00e9 et le temps poussent \u00e0 r\u00e9inventer sa trajectoire<\/strong><\/p>\n<p>Pour la soprano, une \u00e9preuve change l\u2019orientation : un cancer de la thyro\u00efde. Elle insiste : chanter n\u2019est plus un probl\u00e8me aujourd\u2019hui -mais reprendre \u00able travail \u00bb de chanteuse professionnelle, avec ce qu\u2019il exige de pr\u00e9paration et de comp\u00e9tition, ce n\u2019est plus ce qu\u2019elle veut. Elle le dit avec lucidit\u00e9, sans dramatiser : \u00ab Derri\u00e8re deux ou trois minutes devant quelqu\u2019un, il y a des heures et des heures de travail. Et puis, dans l\u2019op\u00e9ra, certaines voix -notamment les sopranos- subissent aussi la pression du timing, de l\u2019\u00e2ge, des attentes.\u00bb Elle choisit donc une autre fa\u00e7on de rester active, une autre fa\u00e7on d\u2019exister, sans renier ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que l\u2019amiti\u00e9 devient pivot : \u00ab Si j\u2019\u00e9tais toute seule, je ne pouvais pas d\u00e9marrer. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 elle que j\u2019ai d\u00e9marr\u00e9 cette activit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p><strong>D\u2019abord le traiteur, puis la vente en ligne : le week-end, \u00abentre amis\u00bb, avec un plat signature<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019aventure culinaire d\u00e9marre doucement. Pas comme un grand projet, plut\u00f4t comme une exp\u00e9rience : un ou deux jours par semaine, pour essayer, pour tester, pour voir si la cuisine de l\u00e0-bas peut trouver sa place ici. Elles commencent par un plat embl\u00e9matique, le poulet frit, tr\u00e8s associ\u00e9 \u00e0 la Cor\u00e9e populaire -celui qu\u2019on croise souvent dans les films et s\u00e9ries, racontent-elles et le vendent d\u2019abord via Internet le week-end. Une cuisine de \u00ab sp\u00e9cialit\u00e9\u00bb, faite pour \u00eatre partag\u00e9e, pas industrialis\u00e9e. Au bout d\u2019un an et demi, la demande grandit, leur confiance aussi : \u00ab Notre capacit\u00e9 s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e\u2026 \u00e7a nous permet d\u2019avoir le courage \u00bb. Elles cherchent alors un lieu, un format restaurant, quelque chose de g\u00e9rable \u00e0 deux, sans se br\u00fbler.<\/p>\n<p><strong>Un restaurant \u00e0 taille humaine : \u00ab peu, mais vraiment bien\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Leur mot d\u2019ordre devient une ligne de conduite : ne pas d\u00e9passer leur capacit\u00e9. Parce que la cuisine, expliquent-elles, engage tout : les clients, bien s\u00fbr, mais aussi elles-m\u00eames, leurs familles, leur \u00e9quilibre. \u00ab La nourriture, c\u2019est important\u2026 et on a une vie avec la famille, les enfants. Donc on ne peut pas faire n\u2019importe comment. Peu, mais vraiment bien\u2026 la qualit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Cette exigence se traduit concr\u00e8tement : elles font leurs sauces elles-m\u00eames, malgr\u00e9 la tentation de simplifier. Elles assument la charge de travail, parce que ces sauces ne sont pas seulement une \u00ab recette \u00bb: ce sont des transmissions. \u00ab C\u2019est la cuisine de nos m\u00e8res\u2026 de sa famille, de ma famille, donc on m\u00e9lange. \u00bb M\u00eame rigueur c\u00f4t\u00e9 produits : elles racontent avoir cherch\u00e9 longtemps leurs fournisseurs, test\u00e9, compar\u00e9, refus\u00e9 ce qui ne leur convenait pas. La qualit\u00e9, chez elles, n\u2019est pas un slogan : \u00ab C\u2019est une obsession quotidienne, v\u00e9rifi\u00e9e \u00e0 chaque r\u00e9cup\u00e9ration des ingr\u00e9dients\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Ce que la cuisine cor\u00e9enne raconte : le temps, la marinade, la fermentation<\/strong><\/p>\n<p>Quand on leur demande ce qui distingue la cuisine cor\u00e9enne, elles ne r\u00e9pondent pas par une formule. Elles parlent de m\u00e9thode. De pr\u00e9paration. De temps. Elles \u00e9voquent les marinades, \u00abla viande marin\u00e9e\u00bb, la sauce qui p\u00e9n\u00e8tre, la douceur-salinit\u00e9, le piquant ma\u00eetris\u00e9. Elles parlent du kimchi : du chou pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 l\u2019avance, de la sauce, des jours n\u00e9cessaires, de la fermentation qui transforme le go\u00fbt. \u00ab On pr\u00e9pare deux, trois jours \u00e0 l\u2019avance\u2026 \u00e7a prend du temps. \u00bb Elles savent aussi ce qui peut surprendre un palais fran\u00e7ais : l\u2019acidit\u00e9 vivante, le ferment\u00e9, le piment. Mais leur cuisine, disent ceux qui go\u00fbtent, reste \u00e9quilibr\u00e9e : \u00abpas trop fort\u00bb, un piquant qui laisse la place au reste.<\/p>\n<p><strong>Entre deux pays : \u00abquand je suis ici, la Cor\u00e9e me manque\u2026 et l\u00e0-bas, Marseille me manque\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Install\u00e9e depuis plus de vingt ans en France, la soprano dit une v\u00e9rit\u00e9 que beaucoup de personnes exil\u00e9es connaissent : on finit par appartenir \u00e0 deux endroits, sans appartenir totalement \u00e0 aucun. Elle a 45 ans, elle a v\u00e9cu plus longtemps \u00e0 Marseille qu\u2019\u00e0 S\u00e9oul adulte. R\u00e9sultat : un manque double, r\u00e9versible, permanent. \u00c0 cela s\u2019ajoute la distance familiale : une m\u00e8re malade, l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab\u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00bb, les appels, l\u2019inqui\u00e9tude, le sentiment d\u2019impuissance. La vie se construit ici, mais le c\u0153ur, parfois, reste suspendu ailleurs. Et pourtant, elles le disent clairement : elles sont bien en France. Elles aiment leur quotidien, leur activit\u00e9, leur dynamique. Elles se projettent, prudemment : peut-\u00eatre un peu plus grand un jour, \u00ab dans leur capacit\u00e9 \u00bb. Le traiteur continue, parfois en buffet, parfois avec des desserts. Et autour d\u2019elles, m\u00eame les maris se sont rapproch\u00e9s : une petite communaut\u00e9 musicale et amicale qui s\u2019\u00e9largit.<\/p>\n<p>Deux femmes actives, une m\u00eame \u00e9nergie : faire, transmettre, relier<\/p>\n<p>Ce reportage aurait pu \u00eatre l\u2019histoire classique d\u2019une reconversion. Mais chez elles, rien n\u2019est classique au sens banal : la musique n\u2019a pas disparu, elle s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e. Elle est dans la discipline, dans l\u2019oreille, dans le sens du rythme -et peut-\u00eatre dans cette fa\u00e7on de cuisiner comme on r\u00e9p\u00e8te : avec constance, exigence, humilit\u00e9. Ce qu\u2019elles servent, ce n\u2019est pas seulement un plat. C\u2019est un bout de Cor\u00e9e pos\u00e9 sur une table marseillaise, rendu accessible sans \u00eatre trahi. C\u2019est une amiti\u00e9 qui a tenu pendant l\u2019isolement, puis s\u2019est transform\u00e9e en projet concret. C\u2019est une preuve simple, mais puissante : parfois, on ne change pas de vie, on change de sc\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Patricia CAIRE<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le restaurant cor\u00e9en \u00ab Ma.ma.co \u00bb (Marseille madame Cor\u00e9e) vient de s\u2019installer au pied de l\u2019op\u00e9ra. Un retour&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":648964,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2814],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,884,12,882,25],"class_list":{"0":"post-648963","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-marseille","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-marseille","15":"tag-news","16":"tag-provence-alpes-cote-dazur","17":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115858550671593136","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/648963","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=648963"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/648963\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/648964"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=648963"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=648963"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=648963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}