{"id":650968,"date":"2026-01-09T05:10:23","date_gmt":"2026-01-09T05:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/650968\/"},"modified":"2026-01-09T05:10:23","modified_gmt":"2026-01-09T05:10:23","slug":"exposition-beautes-et-mysteres-du-sommeil-a-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/650968\/","title":{"rendered":"[Exposition]\u00a0Beaut\u00e9s et myst\u00e8res du sommeil \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"<p>\t\t\t\t Paisible ou perturb\u00e9, \u00e9rotique ou peupl\u00e9 de r\u00eaves, le sommeil a toujours inspir\u00e9 les artistes et notamment les peintres, comme le montre une exposition au mus\u00e9e Marmottan-Monet, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00abla premi\u00e8re (exposition) du genre en France explorant cet \u00e9tat myst\u00e9rieux qui occupe, dit-on, un tiers de notre vie\u00bb, explique Laura Bossi, neurologue et historienne des sciences, commissaire de l\u2019\u00e9v\u00e9nement avec Sylvie Carlier, directrice des collections du mus\u00e9e Marmottan-Monet, situ\u00e9 dans le 16e arrondissement de la capitale fran\u00e7aise. De Rembrandt \u00e0 Picasso en passant par D\u00fcrer, Monet, Munch, Vuillard ou la Bible, l\u2019exposition \u00abL\u2019empire du sommeil\u00bb rassemble quelque 130 peintures, gravures, sculptures, photographies, \u0153uvres graphiques, objets et documents scientifiques issus d\u2019environ 70 collections priv\u00e9es ou grandes institutions fran\u00e7aises et internationales (mus\u00e9e d\u2019Orsay, mus\u00e9e du Louvre, Palazzo Pitti-Galleria d\u2019Arte Moderna de Florence, mus\u00e9e Reina Sof\u00eda de Madrid\u2026).<\/p>\n<p>Le parcours s\u2019ouvre sur cinq chefs-d\u2019\u0153uvre expos\u00e9s dans une rotonde tendue de lourds rideaux bleus, \u00e9voquant \u00abpresque tous les \u00e2ges de la vie endormis\u00bb, souligne Sylvie Carlier, du jeune fils de Claude Monet au repos des Troyens de l\u2019\u00c9n\u00e9ide vu par Pierre Puvis-de-Chavannes. Compos\u00e9e de huit sections th\u00e9matiques, l\u2019exposition explore les visages du sommeil et ses troubles dans la culture occidentale. La majorit\u00e9 des \u0153uvres expos\u00e9es sont dat\u00e9es du XIXe et du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>\u00abLe mod\u00e8le endormi est le mod\u00e8le id\u00e9al pour le peintre, car il ne bouge pas\u00bb, souligne Laura Bossi. \u00abSieste, repos forc\u00e9 apr\u00e8s une fausse couche, sommeil profond du vendeur de violettes \u00e9puis\u00e9 dans la rue : nombre d\u2019entre eux ont peint leurs proches ou moins proches, enfants, conjoints, amis, amant(e)s ou anonymes, endormis.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Mythologie et \u00e9rotisme<\/strong><\/p>\n<p>Le sommeil est \u00e9voqu\u00e9 depuis des mill\u00e9naires, dans la Bible notamment, lors de la cr\u00e9ation d\u2019\u00c8ve, alors qu\u2019Adam est endormi, et dans les mythes antiques revisit\u00e9s \u00e0 la Renaissance. Dans la mythologie grecque, la Nuit (Nyx) engendre Hypnos (le sommeil) et Thanatos (la mort), comme le repr\u00e9sente un \u00e9tonnant tableau symboliste d\u2019Evelyn de Morgan o\u00f9 les deux jumeaux volent dans le ciel en distribuant des pavots rouges. \u00abHypnos, Thanatos, \u00c9ros, dans toutes ces figures mythiques se d\u00e9couvre une beaut\u00e9 du sommeil mais aussi une ambigu\u00eft\u00e9. Au-del\u00e0 de l\u2019apparence r\u00e9elle de l\u2019homme endormi, il y a, invisible, le r\u00eave\u2026\u00bb, \u00e9crit \u00c9rik Desmazi\u00e8res, directeur du mus\u00e9e Marmottan-Monet, dans le dossier de presse de l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Plus tard, de Rembrandt jusqu\u2019\u00e0 Picasso, place au sommeil \u00e9rotique et \u00e0 la sensualit\u00e9 des corps nus. C\u2019est Psych\u00e9 d\u00e9voilant \u00c9ros endormi ou S\u00e9l\u00e9n\u00e9, la Lune, amoureuse d\u2019Endymion. Les V\u00e9nus et les nymphes de la peinture n\u00e9oclassique deviennent des demoiselles endormies ou des amies surprises dans le sommeil apr\u00e8s l\u2019amour.<\/p>\n<p><strong>De l\u2019opium et au lit<\/strong><\/p>\n<p>Une autre section d\u00e9di\u00e9e au \u00absommeil troubl\u00e9\u00bb parle de l\u2019onirisme, de la psychanalyse, du somnambulisme, de l\u2019insomnie et du sommeil induit par l\u2019hypnose ou l\u2019absorption de psychotropes. Ainsi, d\u00e8s la fin du XVIIIe si\u00e8cle, Goya dans Le Sommeil ou le Suisse Johann Heinrich F\u00fcssli \u00abinterrogent la face obscure des Lumi\u00e8res pour tenter de donner forme et cr\u00e9dit aux figures \u00e9vanescentes des cauchemars\u00bb. Un si\u00e8cle plus tard, les symbolistes peindront volontiers les fumeries d\u2019opium : au XIXe si\u00e8cle, c\u2019est la principale drogue consomm\u00e9e dans le but de trouver le sommeil, mais elle est aussi exp\u00e9riment\u00e9e par les artistes pour leurs r\u00eaveries. Le peintre italien Gaetano Previati repr\u00e9sente l\u2019ambiance \u00abmaudite\u00bb d\u2019une fumerie, tandis que le pavot, la plante \u00e0 la base de l\u2019opium, est souvent peint par les symbolistes, qui en font le symbole du sommeil et de l\u2019oubli, et par extension, de la mort. Ici, le sommeil, \u00abemp\u00each\u00e9 de tous les c\u00f4t\u00e9s, devient objet de d\u00e9sir\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019exposition s\u2019ach\u00e8ve sur un espace d\u00e9di\u00e9 au lit et \u00e0 la chambre avec plusieurs p\u00e9pites repr\u00e9sentant des couchettes vides (Eug\u00e8ne Delacroix, Avigdor Arikha), un chef d\u2019\u0153uvre du peintre espagnol Joaquin Sorolla y Bastida, repr\u00e9sentant une m\u00e8re et son nouveau-n\u00e9 endormis dans une mer de draps blancs, et un autre de Balthus \u00e9voquant une jeune femme sur le point de se coucher, intitul\u00e9 La Phal\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Jusqu\u2019au 1er mars.<\/strong><br \/><strong>Mus\u00e9e Marmottan-Monet \u2013 Paris.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Paisible ou perturb\u00e9, \u00e9rotique ou peupl\u00e9 de r\u00eaves, le sommeil a toujours inspir\u00e9 les artistes et notamment les&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":650969,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27],"class_list":{"0":"post-650968","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115863422402066980","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/650968","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=650968"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/650968\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/650969"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=650968"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=650968"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=650968"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}