{"id":653030,"date":"2026-01-10T02:31:42","date_gmt":"2026-01-10T02:31:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/653030\/"},"modified":"2026-01-10T02:31:42","modified_gmt":"2026-01-10T02:31:42","slug":"il-est-temps-den-finir-avec-les-concours-darchitecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/653030\/","title":{"rendered":"Il est temps d\u2019en finir avec les concours d\u2019architecture !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/01-Interieur-du-Centre-Georges-Pompidou-en-1986-@Jean-Pol-Grandmont.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"767\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/01-Interieur-du-Centre-Georges-Pompidou-en-1986-@Jean-Pol-Grandmont.jpg\" alt=\"Concours\" class=\"wp-image-81710\"  \/><\/a>Int\u00e9rieur du Centre Georges Pompidou en 1986 @Jean-Pol Grandmont<\/p>\n<p><strong>L\u2019id\u00e9e que portaient les concours d\u2019architecture, tels qu\u2019ils \u00e9taient imagin\u00e9s dans l\u2019esprit de la loi de 77 sur l\u2019architecture est aujourd\u2019hui d\u00e9voy\u00e9e. Trop pouss\u00e9 hors de ses intentions d\u2019origine pour promettre l\u2019exception constructive, le concours d\u2019architecture est devenu au fil du temps une parodie. Tribune.<\/strong><\/p>\n<p>Lors du congr\u00e8s des maires de France de mi-novembre 2025, le Premier ministre proposa de relever le seuil au-del\u00e0 duquel le recours \u00e0 un concours d\u2019architecture deviendrait obligatoire, risquant ainsi de r\u00e9duire consid\u00e9rablement le nombre de consultations d\u2019architectes ouvertes en France.<\/p>\n<p>Cette proposition provoqua une lev\u00e9e de boucliers dans les rangs de l\u2019acad\u00e9mie d\u2019architecture, des syndicats et de l\u2019ordre des architectes*. Puis, comme souvent, parmi ceux qui trouvaient dans cette disposition une fa\u00e7on d\u2019empaqueter \u00e9l\u00e9gamment les faux-semblants. On pouvait lire, en r\u00e9action \u00e0 ce projet\u00a0: \u00ab\u00a0ce renoncement provoquerait la chute des politiques culturelles, urbaines et \u00e9cologiques ambitieuses de ce pays et que la suppression pure et simple des concours conduirait \u00e0 fragiliser la qualit\u00e9 de nos constructions, l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la transparence des choix\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avec un environnement r\u00e9glementaire rendu ob\u00e8se avec le temps et l\u2019\u00e9mergence montante des clauses de participation, aussi arbitraires qu\u2019imb\u00e9ciles, nous nous retrouvons d\u00e9sormais devant un processus d\u2019attribution de march\u00e9s d\u2019architecture et d\u2019ing\u00e9nierie totalement essor\u00e9, convenant mieux \u00e0 la renaissance de pratiques douteuses qu\u2019\u00e0 la production d\u2019une architecture de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Car comment comprendre qu\u2019autant d\u2019op\u00e9rations aussi m\u00e9diocres que mal construites en soient issues\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Historiquement\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Vers la fin des ann\u00e9es \u201870, \u00e0 la demande de Bernard Tricot, pr\u00e9sident de la MIQCP (mission interminist\u00e9rielle pour la qualit\u00e9 des constructions publiques), je r\u00e9digeai le premier r\u00e8glement de concours d\u2019architecture mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve dans une France en pleine recherche de modernit\u00e9. Ce travail, men\u00e9 sous la vigilance de l\u2019architecte Michel Macary, devait conduire \u00e0 la nomination du laur\u00e9at pour la construction du nouvel Institut fran\u00e7ais de Lisbonne. Un jury ayant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en toute ind\u00e9pendance, la proc\u00e9dure, pr\u00e9cise et encadr\u00e9e, s\u2019est sold\u00e9e par une r\u00e9ussite. La d\u00e9marche s\u2019inscrivait dans l\u2019esprit de la loi sur l\u2019architecture de janvier 1977, la d\u00e9signant comme \u00ab\u00a0une expression de la culture\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le r\u00e8glement du concours et ses attendus tenaient seulement en quatre pages A4 et suffisaient \u00e0 assurer que le choix se porterait sur un projet de qualit\u00e9. Les ing\u00e9nieurs et les entreprises \u00e9taient alors laiss\u00e9s hors du champ de la proc\u00e9dure. Les acteurs retenus pour concourir \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme simplement comp\u00e9tents. Et on ne s\u2019inqui\u00e9tait pas encore de leurs r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n<p>B\u00e2tis sur le m\u00eame mod\u00e8le, les concours d\u2019architecture qui s\u2019ensuivirent favoris\u00e8rent de nouvelles cr\u00e9ations et l\u2019\u00e9mergence de jeunes et de nouveaux talents. Les belles id\u00e9es \u00e9taient couronn\u00e9es de succ\u00e8s. Pour preuve, Beaubourg et la grande Arche de la D\u00e9fense, deux \u0153uvres issues d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 la commande, plus libre encore que le concours sur s\u00e9lection : le concours d\u2019id\u00e9es, ouvert \u00e0 tous les architectes.<\/p>\n<p><strong>Or\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Avec le temps, les forces obscures de la construction publique et priv\u00e9e sont r\u00e9apparues. Elles ont ensemenc\u00e9 les parcours des concours d\u2019architecture d\u2019obstacles et de r\u00e9sultats divers en infiltrant habilement les r\u00e8glements pour y glisser tout ce qui permettait d\u2019en d\u00e9voyer l\u2019esprit. Mais en prenant soin toutefois de conserver le sceau de la l\u00e9gitimit\u00e9. La suite, vous la connaissez\u00a0: regardez autour de vous et vous constaterez qu\u2019on vous refourgue ad nauseam la m\u00eame ville, le m\u00eame projet, la m\u00eame mis\u00e8re, disciplin\u00e9e, contr\u00f4l\u00e9e et dupliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019infini, au point qu\u2019indigence fasse r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Les concours ne sont plus aujourd\u2019hui que des simulacres de proc\u00e9dures initialement saines. La finance, le favoritisme, la paresse patent\u00e9e des obs\u00e9d\u00e9s de l\u2019\u00e9limination rapide ou automatique de candidats recevables, ont contribu\u00e9 \u00e0 produire derni\u00e8rement (et en grand nombre) des architectures grossi\u00e8res ou insignifiantes. Aussi, forts d\u2019un tel constat, pourquoi ne pas installer clairement, dans ce grand jeu de dupes, tous les commanditaires (qu\u2019ils soient publics ou priv\u00e9s) en leur accordant le droit de choisir \u00e0 visage d\u00e9couvert ceux qui, parmi les architectes, les ing\u00e9nieurs ou les constructeurs, leur semblent les meilleurs pour mener \u00e0 bien leur projet.<\/p>\n<p>Ce que firent les rois. Mais aussi, avec la mani\u00e8re, l\u2019industriel Henry Frug\u00e8s, \u00e0 Pessac,<\/p>\n<p>Nous nous apercevrions alors, et tr\u00e8s vite, avec le projet choisi, ce que valent l\u2019engagement du commanditaire, la teneur de ses connaissances ou l\u2019abysse de son ignorance, comme la complicit\u00e9 intellectuelle et l\u2019engagement de sa ma\u00eetrise d\u2019\u0153uvre. Autant de comp\u00e9tences rendues automatiquement claires et repr\u00e9sentatives d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9, rendant inop\u00e9rante toute tentation de se d\u00e9fausser sur le choix naturellement \u00ab\u00a0\u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019un jury.<\/p>\n<p><strong>Aussi\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Trop \u00e9loign\u00e9 de ses intentions et de son cadre d\u2019origine pour promettre ou garantir l\u2019exception constructive, le concours d\u2019architecture et d\u2019ing\u00e9nierie, sous toutes ses formes actuelles, est \u00e0 regarder comme une monumentale parodie \u00e0 laquelle, sans h\u00e9siter, il est temps, de mettre fin.<\/p>\n<p><strong>Francis Soler<br \/>Architecte<\/strong><\/p>\n<p>* Lire la tribune <a href=\"https:\/\/chroniques-architecture.com\/liberer-la-commande-publique-darchitecture\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lib\u00e9rer la commande publique sans d\u00e9grader la commande d\u2019architecture<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Int\u00e9rieur du Centre Georges Pompidou en 1986 @Jean-Pol Grandmont L\u2019id\u00e9e que portaient les concours d\u2019architecture, tels qu\u2019ils \u00e9taient&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":653031,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27,75629],"class_list":{"0":"post-653030","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-arts","9":"tag-arts-and-design","10":"tag-arts-et-design","11":"tag-design","12":"tag-divertissement","13":"tag-entertainment","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-francis-soler"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115868459566458435","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/653030","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=653030"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/653030\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/653031"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=653030"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=653030"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=653030"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}