{"id":655115,"date":"2026-01-11T00:57:11","date_gmt":"2026-01-11T00:57:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/655115\/"},"modified":"2026-01-11T00:57:11","modified_gmt":"2026-01-11T00:57:11","slug":"retrospective-escher-a-la-monnaie-de-paris-quand-les-mathematiques-se-font-art-reportage-culture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/655115\/","title":{"rendered":"R\u00e9trospective Escher \u00e0 la Monnaie de Paris: quand les math\u00e9matiques se font art &#8211; Reportage culture"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                C\u2019est une premi\u00e8re en France : longtemps n\u00e9glig\u00e9 par les historiens de l\u2019art, le peintre Maurits Cornelis Escher b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une grande r\u00e9trospective \u00e0 la Monnaie de Paris jusqu\u2019au 1er mars 2026. Celui qu\u2019on surnomme le \u00ab\u00a0math\u00e9magicien\u00a0\u00bb ne fascine pas que les scientifiques : ses trompe-l\u2019\u0153il et ses espaces impossibles ont marqu\u00e9 la culture hippie. Nicolas Pichon-Loevenbruck a visit\u00e9 l\u2019exposition en compagnie de Jean-Hubert Martin, son commissaire.                    <\/p>\n<p>Montent-ils\u2026 ou descendent-ils ?\u00a0Sur cette gravure, les personnages semblent prisonniers d\u2019escaliers infinis. Avec cette illusion vertigineuse,\u00a0Maurits Cornelis Escher, un artiste inclassable\u00a0n\u00e9 en 1898 aux <strong><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/pays-bas\/\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"noopener\">Pays-Bas<\/a>\u00a0<\/strong>et<strong>\u00a0<\/strong>longtemps rest\u00e9 en marge, devient une ic\u00f4ne des ann\u00e9es 1970, s\u00e9duisant jusqu\u2019aux plus grandes stars. \u00ab\u00a0Mick Jagger voulait avoir une couverture de lui et il s\u2019est adress\u00e9 \u00e0 lui en lui envoyant une lettre. Escher a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s choqu\u00e9 par cette mani\u00e8re de s\u2019adresser \u00e0 lui, et donc il a refus\u00e9 de la faire\u00a0\u00bb, raconte \u00e0 ce propos\u00a0Jean-Hubert Martin, le commissaire de l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Ce qui fascinait Mick Jagger et fascine encore les visiteurs, c\u2019est le g\u00e9nie d\u2019Escher pour le trompe-l\u2019\u0153il : des escaliers qui descendent quand on les monte, une cascade qui se d\u00e9verse sur elle-m\u00eame, des mains qui se dessinent seules&#8230; \u00ab Cette main se dessine elle-m\u00eame, se renvoie \u00e0 elle-m\u00eame. Et pour bien nous montrer qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 totalement d\u2019illusion, ces deux mains qui sortent de la feuille sont sur une feuille qui est, elle-m\u00eame, punais\u00e9e sur un support\u00a0\u00bb, poursuit Jean-Hubert Martin.<\/p>\n<p> \u00ab Les math\u00e9maticiens et les savants ont \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9s par les gravures d\u2019Escher\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Ces illusions n\u2019ont rien de magique. Elles sont le fruit d\u2019un travail minutieux, nourri par les math\u00e9matiques. Gr\u00e2ce \u00e0 son fr\u00e8re physicien, Escher lit les travaux les plus avanc\u00e9s de son temps sur la perspective qu\u2019il transforme en moteur cr\u00e9atif. Et, en retour, son art fascine les savants de son \u00e9poque.\u00a0\u00ab\u00a0Les math\u00e9maticiens et les savants ont \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9s par les gravures d\u2019Escher justement parce qu\u2019elles repr\u00e9sentaient des figures g\u00e9om\u00e9triques dont ils pouvaient donner la formule mais qu\u2019ils ne savaient pas repr\u00e9senter\u00a0\u00bb, reprend\u00a0Jean-Hubert Martin.<\/p>\n<p>Mais chez Escher, pas d\u2019aridit\u00e9 math\u00e9matique. Ses \u0153uvres sont, avant tout, des jeux pour le spectateur, comme M\u00e9tamorphose,\u00a0l\u2019un de ses chefs-d&rsquo;\u0153uvre.\u00a0Sur cette gravure longue de quatre m\u00e8tres, Escher joue avec notre regard : un \u00e9chiquier se transforme en salamandre, puis en une multitude d&rsquo;hexagones, puis en une ruche d\u2019o\u00f9 s\u2019\u00e9chappe une nu\u00e9e d\u2019abeilles qui, \u00e0 leur tour, deviennent des cubes. \u00ab\u00a0Et ces cubes donnent naissance \u00e0 une ville qui elle-m\u00eame se termine par un \u00e9chiquier : tout cela est un grand jeu pour lui. \u00bb<\/p>\n<p> Faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019infini <\/p>\n<p>Comme pour nous inviter \u00e0 entrer dans le jeu d\u2019Escher, les commissaires de l&rsquo;exposition ont imagin\u00e9 des espaces immersifs o\u00f9 l\u2019on se prom\u00e8ne au c\u0153ur des g\u00e9ographies paradoxales du peintre n\u00e9erlandais. \u00ab\u00a0On entre dans une sorte de palais des glaces. Sur un certain nombre de surfaces sont repr\u00e9sent\u00e9es des gravures d\u2019Escher, mais qui sont ici anim\u00e9es pour donner le sentiment de l\u2019infini en r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, explique Jean-Hubert Martin. Faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019infini : c\u2019est ce que les hippies ont cherch\u00e9 dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Escher, qu\u2019ils ont propuls\u00e9e sous les projecteurs &#8211; une influence toujours bien vivante chez les artistes, musiciens et designers d\u2019aujourd\u2019hui auxquels l&rsquo;exposition consacre sa derni\u00e8re salle.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est une premi\u00e8re en France : longtemps n\u00e9glig\u00e9 par les historiens de l\u2019art, le peintre Maurits Cornelis Escher&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":655116,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[11,1348,251,1777,674,1011,27,12,626,934,3292,25],"class_list":{"0":"post-655115","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualites","9":"tag-arts","10":"tag-culture","11":"tag-eu","12":"tag-europe","13":"tag-fr","14":"tag-france","15":"tag-news","16":"tag-paris","17":"tag-pays-bas","18":"tag-reportage-culture","19":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115873752234151955","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/655115","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=655115"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/655115\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/655116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=655115"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=655115"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=655115"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}