{"id":658056,"date":"2026-01-12T09:52:22","date_gmt":"2026-01-12T09:52:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/658056\/"},"modified":"2026-01-12T09:52:22","modified_gmt":"2026-01-12T09:52:22","slug":"critique-dun-good-guy-pearce-en-pleine-guerre-tribale-maorie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/658056\/","title":{"rendered":"critique d&rsquo;un \u00ab\u00a0good Guy\u00a0\u00bb Pearce en pleine guerre tribale maorie"},"content":{"rendered":"<p>        Dialectique du catholicisme et de la violence<\/p>\n<p>D\u00e8s l\u2019ouverture de <strong>The Convert\u00a0: Aux confins du monde<\/strong>, un carton pose en regard <strong>l\u2019introduction du christianisme en Nouvelle-Z\u00e9lande et celle des fusils<\/strong>. En dotant les guerres tribales de moyens d\u2019extermination sans pr\u00e9c\u00e9dent, les armes \u00e0 feu ont exhauss\u00e9 la double menace existentielle que repr\u00e9sentent, pour les Maoris, l\u2019immixtion europ\u00e9enne et les divisions. Le film rappelle par moment <strong>Apocalypto<\/strong>, par sa violence brute et sa mani\u00e8re de faire planer sur ces conflits le spectre de la colonisation.<\/p>\n<p>                    <img decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"wp-image-518375\" style=\"object-fit:cover;width:25px;height:25px\" src=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2023\/09\/arrow-right-circle.svg\"\/><\/p>\n<p>Adapt\u00e9e du roman <strong>Wulf <\/strong>de Hamish Clayton, l\u2019intrigue nous envoie en 1830, ann\u00e9e o\u00f9 se d\u00e9ploient<strong> les premi\u00e8res missions d\u2019\u00e9vang\u00e9lisation charg\u00e9es d\u2019\u00e9craser la spiritualit\u00e9 maorie<\/strong> sous la botte de rites pr\u00e9dig\u00e9r\u00e9s. Guy Pearce compose un ancien combattant repenti devenu pr\u00eacheur, tel un lointain anc\u00eatre du pasteur tourment\u00e9 de <strong>Sur le chemin de la r\u00e9demption<\/strong> de Paul Schrader<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2025\/12\/lame-du-guerrier.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/lame-du-guerrier-1260x656.jpg\" width=\"1260\" height=\"656\"  \/><\/p>\n<p><\/a>L\u2019\u00c2me du guerrier<\/p>\n<p>L\u2019acteur australien, r\u00e9cemment aur\u00e9ol\u00e9 pour<strong> The Brutalist<\/strong>, incarne avec une justesse remarquable la dualit\u00e9 au c\u0153ur du projet. Si sa trajectoire r\u00e9demptrice peut para\u00eetre classique,<strong> Tamahori relativise intelligemment la port\u00e9e de sa figure arch\u00e9typale de sauveur blanc<\/strong>\u00a0: certes, il interf\u00e8re avec des guerres qui ne sont pas les siennes, mais il nous appara\u00eet aussi r\u00e9guli\u00e8rement cantonn\u00e9 au rang d\u2019observateur impuissant.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, sa prot\u00e9g\u00e9e interpr\u00e9t\u00e9e par Tioreore Ngatai-Melbourne d\u00e9passe rapidement son r\u00f4le de victime pour endosser celui de protagoniste, d\u00e9ployant une virulence \u00e9lectrique. Elle n\u2019a en r\u00e9alit\u00e9 pas d\u2019autre choix pour survivre, comprenant \u00e0 ses d\u00e9pens que l\u2019introduction de la poudre implique <strong>une course \u00e0 l\u2019armement \u00e0 laquelle aucun peuple ne peut se soustraire <\/strong>sous peine d\u2019\u00eatre \u00e9ject\u00e9 de l\u2019Histoire par des voisins moins scrupuleux.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1180\" height=\"787\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/les-femmes-hors-de-lombre.jpg\"  \/><\/p>\n<p>Les Femmes (hors) de l\u2019ombrePlus passionnant que palpitant<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nario de Shane Danielson, cosign\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par Lee Tamahori, demeure assez limpide tout en s\u2019\u00e9pargnant la facilit\u00e9 d\u2019une opposition manich\u00e9enne entre Occidentaux et Maoris. Il pr\u00e9f\u00e8re<strong> traquer leurs convergences secr\u00e8tes et leur humanit\u00e9<\/strong>, notamment en faisant dialoguer leurs rites fun\u00e9raires. Deux jeunes femmes confront\u00e9es \u00e0 l\u2019assassinat de leur crush\/\u00e9poux exposent l\u2019universalit\u00e9 des douleurs face \u00e0 l\u2019arbitraire.<\/p>\n<p><strong>The Convert<\/strong> prend le temps de <strong>s\u2019immerger au sein de la communaut\u00e9<\/strong>, m\u00e9nageant un espace aux jeux et aux rires. Le rythme qui en d\u00e9coule tient davantage de la pose longue que de la mont\u00e9e en tension vertigineuse, d\u2019autant que Lee Tamahori s\u2019attarde volontiers sur la nature environnante, soutenu par la photographie \u00e0 tomber de Gin Loane (qui avait d\u00e9j\u00e0 collabor\u00e9 avec le r\u00e9alisateur pour <strong>Le Patriarche<\/strong>).<\/p>\n<p>Ses plans sur la for\u00eat froide mang\u00e9e par les brumes restituent<strong> une terre abord\u00e9e dans sa dimension pr\u00e9serv\u00e9e<\/strong> (plut\u00f4t que primitive), arpent\u00e9e depuis plus d\u2019un mill\u00e9naire sans \u00eatre alt\u00e9r\u00e9e.<strong> The Convert<\/strong> ne tombe toutefois pas dans l\u2019impasse de la carte postale en capturant \u00e9galement de la nature ses violences, le film s\u2019ouvrant sur un oiseau victime d\u2019un pr\u00e9dateur puis une mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2025\/12\/a-couteaux-tires-mais-pas-celui-de-netflix.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/a-couteaux-tires-mais-pas-celui-de-netflix-1260x840.jpg\" width=\"1260\" height=\"840\"  \/><\/p>\n<p><\/a>\u00c0 couteaux tir\u00e9s, mais pas celui de Netflix<\/p>\n<p>Des moments de tension ponctuent <strong>ce rythme relativement paisible<\/strong>, m\u00eame si les sc\u00e8nes plus muscl\u00e9es accusent quelques maladresses techniques. La construction de l\u2019espace se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s lacunaire pendant la phase d\u2019approche des bellig\u00e9rants, son champ-contrechamp pataud peinant \u00e0 entretenir l\u2019illusion.<\/p>\n<p>Sans \u00eatre r\u00e9dhibitoires (le brouillard de guerre de la bataille finale, pour commode qu\u2019il soit, reste<strong> signifiant et plut\u00f4t joli esth\u00e9tiquement<\/strong>), ces quelques scories \u00e9tonnent pour un r\u00e9alisateur qui a plac\u00e9 son aventure hollywoodienne sous le sceau de l\u2019action (<strong>\u00c0 couteaux tir\u00e9s<\/strong>, <strong>Le Masque de l\u2019araign\u00e9e<\/strong>,<strong> Meurs un autre jour<\/strong>\u2026).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2025\/12\/meurs-un-autre-jour.-ou-pas.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/meurs-un-autre-jour.-ou-pas-1260x709.jpg\" width=\"1260\" height=\"709\"  \/><\/p>\n<p><\/a>Meurs un autre jour\u2026 ou pasLes identit\u00e9s crois\u00e9es<\/p>\n<p>Revenu au pays apr\u00e8s une carri\u00e8re am\u00e9ricaine dans laquelle il aurait pu s\u2019\u00e9garer d\u00e9finitivement (<strong>Next<\/strong>, <strong>xXx 2<\/strong>\u2026), Lee Tamahori peut accorder aux Maoris, pour les histoires desquels il a toujours revendiqu\u00e9 sa fascination, un espace inestimable. Il cl\u00f4t ainsi une sorte de boucle ant\u00e9chronologique amorc\u00e9e par <strong>L\u2019\u00c2me des guerriers<\/strong>, son premier film en 1994, qu<strong>i auscultait la violence sous un angle soci\u00e9tal <\/strong>dans la n\u00e9o-z\u00e9landaise contemporaine.<\/p>\n<p>Une famille s\u2019y retrouvait consum\u00e9e par un feu venu de l\u2019int\u00e9rieur, aliment\u00e9 pour partie par son d\u00e9racinement et la perte de ses valeurs. <strong>The Convert en constitue une forme d\u2019origin story<\/strong>, revenant aux fr\u00e9missements de cette \u00ab\u00a0guerre des Mousquets\u00a0\u00bb qui a d\u00e9stabilis\u00e9 en profondeur les \u00e9quilibres tribaux, quand bien m\u00eame le film puisse para\u00eetre un brin simpliste dans sa mani\u00e8re de pr\u00e9senter le clan belliqueux et son chef \u00e9ructant interpr\u00e9t\u00e9 par Lawrence Makoare (l\u2019Uruk-hai qui cible et crible Boromir dans <strong>La Communaut\u00e9 de l\u2019anneau<\/strong>, c\u2019est lui).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.ecranlarge.com\/content\/uploads\/2025\/12\/le-masque-de-larriviste.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/le-masque-de-larriviste-1260x529.jpg\" width=\"1260\" height=\"529\"  \/><\/p>\n<p><\/a>Le Masque de l\u2019arriviste<\/p>\n<p>Si sa reconstitution historique peut para\u00eetre un brin proprette, <strong>Lee Tamahori s\u2019attache aux reliques, aux rites, aux chants et aux maquillages maoris<\/strong>, dont il explicite plusieurs fois la signification sous pr\u00e9texte d\u2019\u00e9difier le newbie Guy Pearce.<\/p>\n<p>Le dernier plan de <strong>The Convert<\/strong> est absolument parfait d\u2019un point de vue symbolique, ses deux drapeaux qui battent le vent <strong>associant les identit\u00e9s britannique et maorie<\/strong>. Le second, aux origines myst\u00e9rieuses, reprend le noir, le rouge et le blanc de l\u2019\u00e9tendard autochtone pour composer une forme de syncr\u00e9tisme tribal impr\u00e9gn\u00e9 de christianisme. En r\u00e9sonnant avec la trajectoire du h\u00e9ros tout en ouvrant sur l\u2019avenir, ce plan s\u2019apparente \u00e0 une subtile carte de visite laiss\u00e9e sur le comptoir par le r\u00e9alisateur avant de quitter notre sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>The Convert\u00a0: Aux confins du monde est disponible \u00e0 partir du 16 janvier en VOD, DVD et Blu-ray<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"891\" alt=\"The Convert\u00a0: Aux confins du monde\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/q3uziu4p.jpeg\"  \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dialectique du catholicisme et de la violence D\u00e8s l\u2019ouverture de The Convert\u00a0: Aux confins du monde, un carton&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":658057,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-658056","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-films","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115881518714839223","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/658056","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=658056"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/658056\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/658057"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=658056"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=658056"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=658056"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}