{"id":667606,"date":"2026-01-16T11:50:28","date_gmt":"2026-01-16T11:50:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/667606\/"},"modified":"2026-01-16T11:50:28","modified_gmt":"2026-01-16T11:50:28","slug":"lopera-reste-populaire-et-on-fait-du-live-assure-la-mezzo-soprano-karine-deshayes-avant-son-concert-a-toulon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/667606\/","title":{"rendered":"\u00ab L\u2019op\u00e9ra reste populaire, et on fait du live ! \u00bb, assure la mezzo-soprano Karine Deshayes avant son concert \u00e0 Toulon"},"content":{"rendered":"<p class=\"fs-5 \">Deux partitions l\u00e9gendaires, qui hant\u00e8rent en leur temps leur compositeur. Hector Berlioz (1803-1869) mit vingt ans \u00e0 achever La Damnation de Faust, \u00ab l\u00e9gende dramatique \u00bb compos\u00e9e d\u2019apr\u00e8s la premi\u00e8re partie du Faust de Goethe, rejet\u00e9e \u00e0 Paris lors de son lancement \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique mais acclam\u00e9e en Europe. Avec Les Troyens, monument lyrique inachev\u00e9 de son vivant, le compositeur fran\u00e7ais synth\u00e9tise ses grandes influences \u2013 Virgile, Shakespeare, Gluck \u2013 pour donner naissance \u00e0 une \u0153uvre d\u00e9mesur\u00e9e, entre fracas \u00e9pique et exaltation lyrique.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Une \u0153uvre en cinq actes, qui dure plus de cinq heures dans sa version compl\u00e8te. L\u2019op\u00e9ra de Toulon livre de ces deux op\u00e9ras, quelques-unes des pages les plus marquantes en versions concerts, en confiant les r\u00f4les-titres de Marguerite et Didon \u00e0 Karine Deshayes.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Couronn\u00e9e trois fois aux Victoires de la musique comme Artiste Lyrique de l\u2019ann\u00e9e (en 2011, 2016 et 2020), invit\u00e9e des plus grands op\u00e9ras du monde, la c\u00e9l\u00e8bre mezzo \u00e0 la formidable aisance technique, \u00e0 l\u2019ample tessiture, avec des graves et des aigus qui lui permettent d\u2019aborder des r\u00f4les difficiles allant du mezzo au soprano dramatique, trouve avec ce r\u00e9pertoire un programme taill\u00e9 \u00e0 sa mesure.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Vous vous produisez sur les plus grandes sc\u00e8nes internationales. Pourquoi Toulon ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que je me produis \u00e0 Toulon, j\u2019y suis venue en 2014 pour La Belle H\u00e9l\u00e8ne d\u2019Offenbach, puis en octobre 2020 avec Viva l\u2019op\u00e9ra !, un concert lyrique qui rempla\u00e7ait Semiramide de Rossini, initialement pr\u00e9vu pour ouvrir la saison lyrique. J\u2019aime chanter dans de tr\u00e8s grandes salles, mais je reviens toujours avec plaisir vers les sc\u00e8nes plus petites qui m\u2019ont vu d\u00e9buter, Marseille, Toulouse, etc. Quand le directeur de l\u2019op\u00e9ra de Toulon m\u2019a propos\u00e9 ce programme autour de Berlioz, tout de suite \u00e7a m\u2019a passionn\u00e9e. Je n\u2019avais encore jamais jou\u00e9 la Didon des Troyens. Ce r\u00f4le, nous l\u2019avions \u00e9voqu\u00e9 quand j\u2019\u00e9tais jeune, il y a vingt-quatre ans, lors d\u2019une masterclass sur Berlioz avec R\u00e9gine Crespin, qui a contribu\u00e9 \u00e0 populariser Les Troyens dont elle chanta les deux r\u00f4les de Cassandre et Didon en une m\u00eame soir\u00e9e. Le but de cette masterclass \u00e9tait de monter l\u2019op\u00e9ra-comique B\u00e9atrice et B\u00e9n\u00e9dict, mais R\u00e9gine avait mentionn\u00e9 le r\u00f4le de Didon, elle disait qu\u2019un jour je le ferai parce qu\u2019elle l\u2019entendait dans ma voix. Ce r\u00eave, je l\u2019avais mis sous un petit mouchoir, et finalement les choses arrivent\u2026 Il faut \u00eatre patient.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Avec cette prise de r\u00f4le, vous compl\u00e9tez votre r\u00e9pertoire sur Berlioz. Comment appr\u00e9hendez-vous l\u2019\u0153uvre de ce compositeur ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Je suis heureuse de pouvoir toucher du doigt Berlioz avec ces deux fragments orchestraux : La Damnation de Faust que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ra de Nice en 2019, avec John Nelson \u00e0 la baguette, puis \u00e0 Paris en 2020 juste avant le Covid, et \u00e0 pr\u00e9sent Les Troyens. Ils compl\u00e8tent la cantate Cl\u00e9op\u00e2tre que j\u2019ai eu la chance d\u2019interpr\u00e9ter \u00e0 Helsinki, au mois de septembre. J\u2019adore l\u2019\u00e9criture lyrique de Berlioz, les lignes sont magnifiques, la personnalit\u00e9 des personnages \u2013 des femmes amoureuses, des femmes bless\u00e9es \u2013 \u00e9toff\u00e9e, il y a plein de sentiments \u00e0 montrer. Je trouve que la version concert marche bien pour cet op\u00e9ra qui s\u2019apparente plus \u00e0 un oratorio, avec des tableaux plus qu\u2019une histoire, o\u00f9 l\u2019orchestre est aussi un personnage, notamment dans l\u2019air de Marguerite \u00ab D\u2019amour l\u2019ardente flamme\u2026 \u00bb o\u00f9 elle dialogue avec le cor anglais. Avec Les Troyens, chanter en duo avec le t\u00e9nor Pavol Breslik cette \u00ab Nuit d\u2019ivresse et d\u2019extase infinie \u00bb qui est une page magnifique et archiconnue de l\u2019op\u00e9ra romantique, et aussi l\u2019air de Didon \u00ab Ah je vais mourir \u00bb, quand elle est abandonn\u00e9e par \u00c9n\u00e9e, c\u2019est un grand moment !<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Six ans apr\u00e8s votre interpr\u00e9tation de Marguerite, \u00e0 Nice, vous retrouvez ce r\u00f4le. Votre interpr\u00e9tation sera-t-elle diff\u00e9rente ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">Reprendre Marguerite six ans apr\u00e8s, forc\u00e9ment la voix \u00e9volue ! Apr\u00e8s avoir chant\u00e9 d\u2019autres r\u00f4les du r\u00e9pertoire lyrique comme Valentine dans Les Huguenots de Giacomo Meyerbeer, qui fut \u00e9crit pour la Falcon (la c\u00e9l\u00e8bre chanteuse lyrique, Corn\u00e9lie Falcone, qui donna sa voix de soprano dramatique \u00e0 une tessiture, N.D.L.R.), ou les \u0153uvres de Rossini qui m\u2019ont permis de rentrer dans les vocalit\u00e9s de la Colbran (cantatrice, muse, ma\u00eetresse et \u00e9pouse de Gioacchino Rossini), etc., ce sont autant de r\u00f4les qui me nourrissent et me permettent de rentrer dans l\u2019\u00e9criture de Berlioz ; son \u0153uvre pr\u00e9sente la m\u00eame tessiture, c\u2019est une vocalit\u00e9 dans laquelle on rentre, ou on ne rentre pas.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Chanter dans la langue fran\u00e7aise, cela change beaucoup ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">J\u2019ai beaucoup de plaisir \u00e0 chanter en fran\u00e7ais, \u00e7a donne beaucoup de couleur, le fran\u00e7ais ne peut pas \u00eatre lourd, il y a une clart\u00e9 dans la langue. Mais l\u2019italien est techniquement plus facile, ce ne sont que des voyelles claires et d\u00e9finies, il y en a six, \u00e0 la diff\u00e9rence de toutes ces nasales, les \u2018\u2018an\u2019\u2019 et les \u2018\u2018on\u2019\u2019, qui ne sont pas tr\u00e8s vocales. Pour chanter, il faut faire tr\u00e8s attention \u00e0 ne pas tout mettre dans le nez, il faut toujours chanter rond, penser \u00e0 la voyelle fondamentale. Quand on \u00e9coute les phrases, le fran\u00e7ais apporte \u00e9norm\u00e9ment de sensualit\u00e9, on a du texte mais toujours dans un legato.<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>L\u2019op\u00e9ra lyrique reste-t-il un genre populaire ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">\u00c0 chaque fois que je joue \u00e0 Toulouse ou Marseille, les salles sont pleines. Est-ce que le public novice a encore la curiosit\u00e9, ou pas, de d\u00e9couvrir ces \u0153uvres ? Quand je vois le prix des matchs de foot ou de tennis, je dis que l\u2019op\u00e9ra reste populaire, et on fait du live, il y a un orchestre, nous sommes nombreux sur sc\u00e8ne et dans la fosse ! Avec la baisse des budgets publics, nous vivons une p\u00e9riode de transition &#8211; quand j\u2019ai commenc\u00e9 il y a vingt-neuf ans, il y avait beaucoup plus d\u2019op\u00e9ras programm\u00e9s. Mais avec ces versions concerts, on peut venir \u00e0 l\u2019op\u00e9ra se changer les id\u00e9es, \u00e9couter de la musique en live et faire connaissance avec ces partitions l\u00e9gendaires de Berlioz sur des formats plus courts. C\u2019est une chance !<\/p>\n<p class=\"fs-5 \"><strong>Quels sont vos autres projets ?<\/strong><\/p>\n<p class=\"fs-5 \">La reprise de Don Giovanni de Mozart sur une mise en sc\u00e8ne d\u2019Agn\u00e8s Jaoui que j\u2019ai faite \u00e0 Toulouse en novembre que je refais \u00e0 Dijon et \u00e0 Montpellier. En juillet, je fais en version concert Les V\u00eapres siciliennes de Verdi (1813-1901) au Festival d\u2019Aix-en-Provence. Et je serai dans le Var, du 29 juillet au 7 ao\u00fbt pour un projet g\u00e9nial qui me tiens \u00e0 c\u0153ur : avec l\u2019Acad\u00e9mie musicale de Villecroze, je donnerai des courts de chants lors d\u2019une masterclass o\u00f9 les \u00e9l\u00e8ves s\u00e9lectionn\u00e9s sur dossier, ne payent rien, ni les cours, ni le couvert, ni le logement. Je serai accompagn\u00e9e de Jeff Cohen au piano, qui \u00e9tait l\u2019assistant de John Nelson \u00e0 Nice lorsque j\u2019ai fait ma premi\u00e8re Damnation. Cette masterclass, c\u2019est une autre facette du m\u00e9tier qui me passionne, la passation, la transmission<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Deux partitions l\u00e9gendaires, qui hant\u00e8rent en leur temps leur compositeur. Hector Berlioz (1803-1869) mit vingt ans \u00e0 achever&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":667607,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[1111,11,1777,674,1011,27,12,882,25,2310],"class_list":{"0":"post-667606","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-eu","11":"tag-europe","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-provence-alpes-cote-dazur","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-toulon"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115904631732115086","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=667606"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/667606\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/667607"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=667606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=667606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=667606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}