{"id":691948,"date":"2026-01-27T05:16:12","date_gmt":"2026-01-27T05:16:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/691948\/"},"modified":"2026-01-27T05:16:12","modified_gmt":"2026-01-27T05:16:12","slug":"entretien-grotte-de-gargas-pourquoi-les-celebres-mains-datant-de-27-000-ans-risquent-de-seffacer-dici-un-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/691948\/","title":{"rendered":"ENTRETIEN. Grotte de Gargas\u00a0: pourquoi les c\u00e9l\u00e8bres \u00ab\u00a0mains\u00a0\u00bb, datant de 27\u00a0000 ans, risquent de s\u2019effacer d\u2019ici un si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p>\n                                                                    l&rsquo;essentiel<br \/>\n                                                                Sp\u00e9cialiste de climatologie des milieux souterrains, Bruno Lartiges coordonne \u00e0 Toulouse un projet de recherche sur l\u2019impact du r\u00e9chauffement climatique sur les grottes orn\u00e9es. Il interviendra dans une conf\u00e9rence du CNRS le 27\u00a0janvier aux Halles de la Cartoucherie.\n                            <\/p>\n<p><strong>Bruno Lartiges, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Toulouse, laboratoire G\u00e9osciences Environnement Toulouse (GET)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur quelles grottes travaillez-vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre du projet Decaclim, port\u00e9 par le laboratoire G\u00e9osciences Environnement Toulouse, nous essayons de comprendre les effets du r\u00e9chauffement climatique sur les grottes orn\u00e9es. Nous \u00e9tudions trois sites, la grotte aux Points d\u2019Aigu\u00e8ze, dans le Gard, celle de Villars, dans le P\u00e9rigord et la grotte de Gargas, dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019avez-vous pu observer sur ses parois orn\u00e9es de 230 mains n\u00e9gatives, dat\u00e9es de 27\u00a0000 ans\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Gargas pr\u00e9sente, sur la grande paroi des mains, un concr\u00e9tionnement saisonnier qu\u2019on appelle la tache blanche et qui se d\u00e9veloppe plus ou moins suivant les ann\u00e9es. La tache appara\u00eet entre janvier et avril puis dispara\u00eet quand la paroi se r\u00e9humidifie. Si elle se maintenait, on ne verrait plus les mains derri\u00e8re. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est observ\u00e9 depuis une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es. En 2024, il ne s\u2019est pas produit et a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s l\u00e9ger en 2025. \u00c0 Gargas, avant 2012, les temp\u00e9ratures \u00e9taient relativement stables mais elles sont mont\u00e9es beaucoup plus fortement ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et augmentent de l\u2019ordre de 0,5\u00a0\u00b0C en dix ans. Le r\u00e9chauffement est plus fort dans les parties superficielles, plus proches de la surface, que dans les parties profondes. Ce contraste thermique dans la grotte entra\u00eene des \u00a0\u00bb\u00a0courants d\u2019air \u00a0\u00bb\u00a0qui peuvent ass\u00e9cher la paroi et blanchir les peintures, comme \u00e0 Gargas ou au contraire l\u2019humidifier fortement. De minces films d\u2019eau recouvrent alors les peintures, au risque, s\u2019ils ruissellent, d\u2019endommager les pigments. Nous avons cr\u00e9\u00e9 toute une instrumentation pour mesurer ces courants d\u2019air tr\u00e8s faibles mais aussi l\u2019\u00e9paisseur des films d\u2019eau et leur \u00e9volution.<\/p>\n<p><strong>La pr\u00e9servation de ces \u0153uvres pr\u00e9historiques rel\u00e8ve d\u2019un \u00e9quilibre bien fragile\u2026<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ass\u00e8chement du karst et des grottes globalement, favorise \u00e9galement une augmentation de la concentration en CO2 dans l\u2019air ce qui peut entra\u00eener un risque de corrosion de la paroi orn\u00e9e. Une a\u00e9rologie qui change encourage aussi la diss\u00e9mination des spores de champignons et des bact\u00e9ries. Ils prolif\u00e8rent, se d\u00e9posent sur les parois et alt\u00e8rent les pigments. Il y a eu beaucoup d\u2019\u00e9v\u00e9nements de ce type \u00e0 Lascaux. On parle l\u00e0 d\u2019effets du r\u00e9chauffement climatique continus mais il y a aussi les risques li\u00e9s aux \u00e9v\u00e9nements extr\u00eames comme les crues et les inondations, difficiles \u00e0 anticiper.<\/p>\n<p><strong>L\u2019ouverture des sites au public repr\u00e9sente-t-elle une menace suppl\u00e9mentaire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Lors de l\u2019am\u00e9nagement de certaines grottes pour le tourisme, on a fait des erreurs qui ont eu des effets sur les peintures. Le bison du Pech Merle a disparu parce qu\u2019un acc\u00e8s avait \u00e9t\u00e9 ouvert dans la galerie peinte, y compris l\u2019hiver, ce qui a pu provoquer des ruissellements \u00e0 diff\u00e9rents endroits. Aujourd\u2019hui, les sites accessibles au public sont tr\u00e8s surveill\u00e9s, les visites sont calibr\u00e9es pour ne pas ab\u00eemer et avoir des effets r\u00e9versibles. L\u2019affluence au Pech Merle, avec 80\u00a0000 personnes chaque ann\u00e9e, entra\u00eene un r\u00e9chauffement de la grotte en \u00e9t\u00e9 mais cela baisse ensuite.<\/p>\n<p><strong>Des grottes sont-elles condamn\u00e9es \u00e0 dispara\u00eetre\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Les grottes de la r\u00e9gion ont v\u00e9cu une glaciation il y a 20\u00a0000 ans et un r\u00e9chauffement jusqu\u2019\u00e0 notre p\u00e9riode contemporaine, marqu\u00e9e par un climat tr\u00e8s stable mais elles n\u2019ont pas connu une telle hausse des temp\u00e9ratures et du CO2. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une vie humaine, elles ne dispara\u00eetront pas, mais si cela continue pendant un si\u00e8cle, on pourrait avoir des effets qui ne seront pas r\u00e9versibles. Lascaux est tr\u00e8s surveill\u00e9e car il s\u2019agit d\u2019une grotte superficielle, tr\u00e8s sensible. Le cas de Cosquer est particulier, avec la mont\u00e9e des eaux, son avenir est assez compromis. Gargas, pour le moment, \u00e7a a l\u2019air d\u2019aller. Ce n\u2019est pas la grotte la plus en danger bien qu\u2019elle soit sensible aux inondations.<\/p>\n<p><strong>Quelles actions ou solutions pr\u00e9ventives peut-on envisager\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans les sites class\u00e9s monuments historiques, on ne peut rien toucher donc les actions \u00e0 mener ne seront pas simples. Le projet Declaclim va s\u2019arr\u00eater fin 2026. Dans le prochain, nous proposerons des actions pour capter le CO2 ou compenser le d\u00e9ficit hydrique mais dans un premier temps sur des grottes \u00e0 concr\u00e9tions, pas dans des grottes orn\u00e9es. On ne peut pas jouer aux apprentis sorciers. Concernant la mont\u00e9e des temp\u00e9ratures en revanche, on ne peut rien faire.<\/p>\n<p>Pratique\u00a0: Les \u00c9chapp\u00e9es inattendues du CNRS, cycle de six micro-conf\u00e9rences propos\u00e9es aux Halles de la Cartoucherie, commenceront le 27\u00a0janvier \u00e0 19\u00a0h avec un premier rendez-vous autour des grottes orn\u00e9es. \u00c0 suivre le 10\u00a0f\u00e9vrier, les liens entre intelligence artificielle et intelligence naturelle. La derni\u00e8re date de la saison aura lieu le 23\u00a0juin autour de la m\u00e9t\u00e9o.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"l&rsquo;essentiel Sp\u00e9cialiste de climatologie des milieux souterrains, Bruno Lartiges coordonne \u00e0 Toulouse un projet de recherche sur l\u2019impact&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":691949,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2816],"tags":[1111,11,1129,436,1777,674,1011,27,329,78816,2722,12,2680,25,2312],"class_list":{"0":"post-691948","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulouse","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-climat","11":"tag-environnement","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-france-monde","17":"tag-gargas","18":"tag-haute-garonne","19":"tag-news","20":"tag-occitanie","21":"tag-republique-francaise","22":"tag-toulouse"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115965367720558485","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691948","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=691948"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691948\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/691949"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=691948"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=691948"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=691948"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}