{"id":692127,"date":"2026-01-27T07:10:12","date_gmt":"2026-01-27T07:10:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/692127\/"},"modified":"2026-01-27T07:10:12","modified_gmt":"2026-01-27T07:10:12","slug":"detenu-par-lice-pendant-un-mois-ce-francais-raconte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/692127\/","title":{"rendered":"d\u00e9tenu par l\u2019ICE pendant un mois, ce Fran\u00e7ais raconte"},"content":{"rendered":"<p>        <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/32c6e33_upload-1-2782qlycpad7-whatsapp-image-2026-01-26-at-3-35-53-pm.jpeg\"  width=\"728\" height=\"409\" alt=\"Julien Pereira, 26\u00a0ans, a \u00e9tudi\u00e9 et travaill\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pendant plus de sept ans, avant d\u2019\u00e9tre arr\u00eat\u00e9 par la police aux fronti\u00e8res et d\u2019\u00eatre d\u00e9tenu par ICE pendant un mois.&#10;\"\/>  <\/p>\n<p>Archives personnelles<\/p>\n<p>Julien Pereira, 26\u00a0ans, a \u00e9tudi\u00e9 et travaill\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pendant plus de sept ans, avant d\u2019\u00e9tre arr\u00eat\u00e9 par la police aux fronti\u00e8res et d\u2019\u00eatre d\u00e9tenu par ICE pendant un mois.\n<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Lorsque Julien Pereira arrive aux \u00c9tats-Unis \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17\u00a0ans, c\u2019est avec un r\u00eave en t\u00eate\u00a0: \u00e9tudier, jouer au tennis \u00e0 haut niveau et construire sa vie. Pendant plus de sept ans, il encha\u00eene les visas \u00e9tudiants, obtient un bachelor (\u00e9quivalent am\u00e9ricain de la licence), puis un MBA, avant d\u2019entrer dans le monde du travail dans le Connecticut. \u00ab\u00a0J\u2019avais fait les choses dans les r\u00e8gles. Je pensais \u00eatre prot\u00e9g\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00c0 l\u2019issue de son dernier visa, et alors qu\u2019il envisage de rentrer en France, le jeune homme se voit proposer un second emploi dans un club de tennis du Connecticut. Le poste est attractif, le salaire correct, et surtout, l\u2019employeur lui assure qu\u2019un visa de travail est en cours de pr\u00e9paration. Un avocat inscrit au barreau de New York est charg\u00e9 du dossier. Rassur\u00e9, Julien Pereira accepte l\u2019offre et commence \u00e0 travailler, convaincu que sa situation administrative est en train d\u2019\u00eatre r\u00e9gularis\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Sauf qu\u2019en mars\u00a02025, tout bascule. Inform\u00e9 brutalement par son employeur qu\u2019un probl\u00e8me administratif rendrait son visa invalide, son avocat encourage le tennisman \u00e0 quitter le territoire am\u00e9ricain imm\u00e9diatement. Faute de billet imm\u00e9diat pour la France, il se rend en voiture \u00e0 la fronti\u00e8re canadienne. Mais le Canada lui refuse l\u2019entr\u00e9e et le renvoie c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain o\u00f9 il est interpell\u00e9 par les agents de la Customs and Border Protection (CBP), la police aux fronti\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00ab\u00a0J\u2019ai tent\u00e9 d\u2019expliquer ma situation. Je leur ai dit que ma demande de visa \u00e9tait en cours. Ils ont regard\u00e9 leur base de donn\u00e9es et m\u2019ont dit\u00a0qu\u2019il n\u2019y avait aucun visa en cours de cr\u00e9ation ni de demande. Et que j\u2019\u00e9tais donc ill\u00e9gal\u00a0\u00bb, raconte-t-il au HuffPost. Rapidement, et avant que son t\u00e9l\u00e9phone et son ordinateur ne soient confisqu\u00e9s, il envoie un message \u00e0 son p\u00e8re lui demandant de pr\u00e9venir le consulat.<\/p>\n<p>                     \u00ab\u00a0On m\u2019a menott\u00e9 comme un criminel\u00a0\u00bb    <\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Apr\u00e8s deux jours et demi en r\u00e9tention \u00e0 la fronti\u00e8re, dans la petite ville de Champlain (\u00c9tat de New York), Julien Pereira est transf\u00e9r\u00e9 en bus p\u00e9nitentiaire vers un centre de d\u00e9tention f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 Batavia, pr\u00e8s de Buffalo. Menottes aux poignets, \u00e0 la taille et aux chevilles.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00ab\u00a0On m\u2019a menott\u00e9 comme un criminel. Je leur ai dit que je n\u2019avais aucun casier judiciaire. Ils m\u2019ont r\u00e9pondu que c\u2019\u00e9tait la proc\u00e9dure.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00c0 son arriv\u00e9e, il est plac\u00e9 dans un dortoir de 80 personnes, sans cellules individuelles. Les nouveaux arrivants sont accueillis par des hurlements. Les lumi\u00e8res restent allum\u00e9es en permanence. Il dort sur un matelas au sol. \u00ab\u00a0On n\u2019a plus de nom. On est un num\u00e9ro. Leur but, c\u2019est de vous casser moralement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Tous les d\u00e9tenus sont l\u00e0 pour des infractions li\u00e9es \u00e0 l\u2019immigration. Certains attendent depuis des ann\u00e9es. \u00ab\u00a0On essaie de garder espoir mais quand j\u2019ai parl\u00e9 avec des d\u00e9tenus l\u00e0 depuis cinq ans, \u00e7a m\u2019a mis un coup au moral\u00a0\u00bb, explique le Fran\u00e7ais. D\u2019autres, originaires d\u2019\u00c9rythr\u00e9e, de Russie ou d\u2019Am\u00e9rique latine, savent qu\u2019un retour dans leur pays pourrait leur co\u00fbter la vie.<\/p>\n<p>         <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/447bcea_upload-1-iskxzsg4c4o5-whatsapp-image-2026-01-26-at-3-29-21-pm.jpeg\"  width=\"728\" height=\"409\" alt=\"Un exemple de plateau repas servi dans la prison f\u00e9d\u00e9rale de Batavia (\u00c9tat de New York).\"\/>  <\/p>\n<p>Archives personnelles<\/p>\n<p>Un exemple de plateau repas servi dans la prison f\u00e9d\u00e9rale de Batavia (\u00c9tat de New York).<\/p>\n<p>     \u00ab\u00a0J\u2019ai perdu 7 kilos en un mois\u00a0\u00bb    <\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">La nourriture est insuffisante, parfois p\u00e9rim\u00e9e. \u00ab\u00a0Le lait sentait tellement mauvais. Mais on le consommait parce qu\u2019on avait faim\u00a0\u00bb, raconte Julien Pereira. En un mois, il perd sept kilos. Les appels t\u00e9l\u00e9phoniques sont rares, chers, et compliqu\u00e9s. Les gardiens interagissent peu.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Au bout de deux semaines, il est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 plus de 4\u00a0000 kilom\u00e8tres, dans un centre de d\u00e9tention priv\u00e9 en Californie, \u00e0 Otay Mesa, une \u00ab\u00a0gigantesque ville-prison\u00a0\u00bb pr\u00e8s de la fronti\u00e8re mexicaine. Sauf que les transferts annulent automatiquement les audiences judiciaires en cours, ce qui rallonge la d\u00e9tention.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00ab\u00a0Les prisons sont g\u00e9r\u00e9es par des entreprises priv\u00e9es qui font de l\u2019argent en vous gardant le plus longtemps possible\u00a0\u00bb, explique Julien Pereira. \u00ab\u00a0C\u2019est une v\u00e9ritable usine \u00e0 d\u00e9tenus. Une machine priv\u00e9e qui tourne \u00e0 plein r\u00e9gime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Puis vient enfin la seconde audience au terme de laquelle le juge propose de le remettre en libert\u00e9 sous caution en \u00e9change d\u2019un paiement de 5\u00a0000\u00a0dollars et du port d\u2019un bracelet \u00e9lectronique. Alors vers 3\u00a0heures du matin, Julien Pereira est lib\u00e9r\u00e9, \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine, sans argent, ni papiers. Avec un t\u00e9l\u00e9phone d\u00e9charg\u00e9.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00ab\u00a0On m\u2019a enlev\u00e9 les menottes et dit\u00a0: \u201cDe ce c\u00f4t\u00e9, c\u2019est le Mexique. De l\u2019autre, les \u00c9tats-Unis.\u201d Et c\u2019est tout.\u00a0\u00bb \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019il a interdiction de quitter le territoire en attendant l\u2019audience finale au tribunal, le choix est vite fait. C\u2019est finalement une association locale qui va l\u2019h\u00e9berger pour la nuit.<\/p>\n<p>                     \u00ab\u00a0\u00c7a peut arriver \u00e0 n\u2019importe qui\u00a0\u00bb    <\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Le Fran\u00e7ais finit par compara\u00eetre une derni\u00e8re fois devant un juge le 15\u00a0avril\u00a02025. Il obtient alors l\u2019autorisation de quitter les \u00c9tats-Unis, avec un d\u00e9lai d\u2019un mois pour r\u00e9gler sa vie\u00a0: rendre logement, fermer ses comptes bancaires, vendre sa voiture. Aujourd\u2019hui de retour en France, il dit avoir longtemps h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 t\u00e9moigner. Ce sont les r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements \u00e0 Minneapolis qui l\u2019ont d\u00e9cid\u00e9.<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">\u00ab\u00a0J\u2019entends beaucoup de Fran\u00e7ais dire\u00a0: \u201c\u00c7a n\u2019arrive qu\u2019aux autres.\u201d ou \u201cils ne sont qu\u2019apr\u00e8s les latinos\u201d C\u2019est faux\u00a0!\u00a0\u00bb Mais Julien Pereira est aussi conscient de sa chance. \u00ab\u00a0Des personnes avec qui j\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu sont arriv\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019un an, ont fait toute leur vie ici, ne parlent pas espagnol, pourtant on les renvoie au Mexique, un pays auquel ils ne connaissent rien. Moi j\u2019ai la chance de ne pas avoir peur de rentrer chez moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"asset asset-text\">Malgr\u00e9 tout, le Fran\u00e7ais de 26\u00a0ans refuse l\u2019amalgame. \u00ab\u00a0J\u2019adore les Am\u00e9ricains. Ce pays m\u2019a donn\u00e9 une chance. Mais le syst\u00e8me est devenu inhumain.\u00a0Et c\u2019est aujourd\u2019hui dirig\u00e9 par des incomp\u00e9tents.\u00a0\u00bb Aujourd\u2019hui interdit de territoire am\u00e9ricain, le jeune homme est commercial en r\u00e9gion parisienne. Le tennis, c\u2019est fini. L\u2019Am\u00e9rique aussi, \u00ab\u00a0pour le moment\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Archives personnelles Julien Pereira, 26\u00a0ans, a \u00e9tudi\u00e9 et travaill\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pendant plus de sept ans, avant d\u2019\u00e9tre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":692128,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,73,1011,27,1061,14,12,29351,25,240],"class_list":{"0":"post-692127","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-etats-unis","10":"tag-fr","11":"tag-france","12":"tag-immigration","13":"tag-international","14":"tag-news","15":"tag-prise-de-parole","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-temoignage"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115965816147602149","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/692127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=692127"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/692127\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/692128"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=692127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=692127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=692127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}