{"id":697769,"date":"2026-01-29T17:18:11","date_gmt":"2026-01-29T17:18:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/697769\/"},"modified":"2026-01-29T17:18:11","modified_gmt":"2026-01-29T17:18:11","slug":"la-science-demonte-ce-mythe-et-revele-ce-que-vous-pouvez-encore-changer-dans-vos-genes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/697769\/","title":{"rendered":"la science d\u00e9monte ce mythe et r\u00e9v\u00e8le ce que vous pouvez encore changer dans vos g\u00e8nes"},"content":{"rendered":"<p>On vous a peut\u2011\u00eatre d\u00e9j\u00e0 dit que tout se jouerait dans vos g\u00e8nes, que vos risques de maladie ou votre esp\u00e9rance de vie seraient d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 la naissance. Cette id\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9pandue laisse souvent un go\u00fbt d\u2019impuissance, comme si chaque r\u00e9sultat d\u2019examen n\u2019\u00e9tait que le reflet d\u2019un sc\u00e9nario immuable.<\/p>\n<p>Entre les tests ADN grand public et les annonces spectaculaires sur la modification du g\u00e9nome humain, la confusion est facile. Des \u00e9quipes de recherche travaillant pour l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, l\u2019Inserm ou le CNRS rappellent pourtant que la r\u00e9alit\u00e9 est plus nuanc\u00e9e, et que la biologie moderne distingue clairement ce qui rel\u00e8ve du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique de base et ce qui reste influen\u00e7able au fil de la vie.<\/p>\n<p>Patrimoine g\u00e9n\u00e9tique : ce qui est \u00e9crit dans vos g\u00e8nes\u2026 et ce qui ne l\u2019est pas<\/p>\n<p>Quand on parle de patrimoine g\u00e9n\u00e9tique, on d\u00e9signe d\u2019abord la s\u00e9quence de votre ADN, ce \u00ab texte \u00bb compos\u00e9 de milliards de lettres que vous recevez de vos parents. Ce g\u00e9nome fixe la couleur de vos yeux, une partie de votre taille, certaines pr\u00e9dispositions \u00e0 des maladies h\u00e9r\u00e9ditaires ou \u00e0 des traits de personnalit\u00e9. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une vie, cette s\u00e9quence reste globalement stable, hors mutations accidentelles ou provoqu\u00e9es par des agents mutag\u00e8nes comme les rayons ultraviolets ou certains canc\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<p>Modifier directement ce texte g\u00e9n\u00e9tique est aujourd\u2019hui possible dans quelques situations tr\u00e8s cibl\u00e9es. La th\u00e9rapie g\u00e9nique et des outils d\u2019\u00e9dition comme CRISPR\u2011Cas9 permettent par exemple de corriger certaines mutations responsables de maladies h\u00e9r\u00e9ditaires monog\u00e9niques. Ces approches restent r\u00e9alis\u00e9es dans des contextes m\u00e9dicaux pr\u00e9cis, avec des essais cliniques encadr\u00e9s et des d\u00e9bats \u00e9thiques port\u00e9s par des instances comme l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, autour de sp\u00e9cialistes tels qu\u2019Alain Fischer, Annarita Miccio, Jean\u2011Louis Mandel ou Herv\u00e9 Chneiweiss. Pour la grande majorit\u00e9 des gens, le g\u00e9nome de d\u00e9part ne sera donc pas retouch\u00e9 directement au cours de la vie.<\/p>\n<p>\u00c9pig\u00e9n\u00e9tique : comment votre mode de vie parle \u00e0 vos g\u00e8nes<\/p>\n<p>La marge de man\u0153uvre se situe surtout ailleurs, dans ce que les biologistes appellent l\u2019\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique. L\u00e0, il ne s\u2019agit plus de changer les lettres de l\u2019ADN, mais de moduler la fa\u00e7on dont les g\u00e8nes s\u2019expriment. Des \u00ab interrupteurs \u00bb chimiques pos\u00e9s sur l\u2019ADN ou les prot\u00e9ines qui l\u2019entourent vont activer certains g\u00e8nes et en mettre d\u2019autres en veille. Ces interrupteurs r\u00e9agissent en permanence \u00e0 ce que le corps per\u00e7oit : nutriments, hormones du stress, activit\u00e9 musculaire, pollution, rythmes veille\u2011sommeil.<\/p>\n<p>Des travaux de l\u2019Institut Pasteur sur des populations pygm\u00e9es et bantoues montrent par exemple que le passage d\u2019un habitat forestier \u00e0 un environnement urbain modifie l\u2019\u00e9pig\u00e9nome de g\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 l\u2019immunit\u00e9, sans toucher \u00e0 la s\u00e9quence g\u00e9n\u00e9tique de base. Une \u00e9quipe de l\u2019institut Salk a observ\u00e9, chez la souris, qu\u2019une alimentation limit\u00e9e dans le temps changeait l\u2019expression de g\u00e8nes dans plus de 22 tissus diff\u00e9rents du corps et du cerveau. En pratique, plusieurs grandes familles de facteurs se d\u00e9tachent :<\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019alimentation, avec la place laiss\u00e9e aux produits frais par rapport aux aliments ultra\u2011transform\u00e9s et la r\u00e9gularit\u00e9 des repas ;<\/li>\n<li>l\u2019activit\u00e9 physique, qui influence des g\u00e8nes associ\u00e9s au m\u00e9tabolisme, \u00e0 l\u2019inflammation et \u00e0 la sant\u00e9 musculaire ;<\/li>\n<li>le sommeil et la gestion du stress, via des hormones comme le cortisol qui laissent des traces \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques ;<\/li>\n<li>l\u2019exposition aux toxiques, du tabac \u00e0 l\u2019alcool en passant par certains pesticides et la pollution de l\u2019air ;<\/li>\n<li>la qualit\u00e9 du tissu social et affectif, qui joue sur la fa\u00e7on dont l\u2019organisme encaisse ou non les chocs de la vie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Peut-on agir sur son patrimoine g\u00e9n\u00e9tique pour soi et pour ses enfants ?<\/p>\n<p>Pour mesurer ce qui d\u00e9pend vraiment de chacun, des \u00e9quipes ont compar\u00e9 l\u2019effet des g\u00e8nes et celui du mode de vie sur la long\u00e9vit\u00e9. Une vaste \u00e9tude de cohorte portant sur environ 500 000 personnes, publi\u00e9e dans la revue Nature Medicine et relay\u00e9e par le site Pourquoidocteur, estime que la g\u00e9n\u00e9tique n\u2019expliquerait qu\u2019environ 2 % des diff\u00e9rences de long\u00e9vit\u00e9 observ\u00e9es, contre pr\u00e8s de 17 % pour l\u2019environnement et le mode de vie. D\u2019autres synth\u00e8ses, reprises par le laboratoire Biocenter, situent la part des g\u00e8nes autour de 10 \u00e0 15 % de l\u2019esp\u00e9rance de vie, le reste revenant surtout \u00e0 l\u2019alimentation, \u00e0 l\u2019activit\u00e9 physique et aux conditions de vie au sens large.<\/p>\n<p>La notion de pr\u00e9disposition prend alors tout son sens. Une personne porteuse d\u2019un terrain \u00e0 risque pour certaines formes de cancer ne d\u00e9veloppera pas forc\u00e9ment la maladie. Biocenter rapporte qu\u2019un mode de vie consid\u00e9r\u00e9 comme sain peut r\u00e9duire ce risque de l\u2019ordre de 24 \u00e0 35 % sur cinq ans, m\u00eame en pr\u00e9sence d\u2019un facteur g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9favorable. Des chercheurs comme la neurobiologiste Isabelle Mansuy d\u00e9crivent aussi comment des stress s\u00e9v\u00e8res ou une alimentation tr\u00e8s d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e peuvent laisser des marques \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques parfois d\u00e9tectables chez la descendance, ce qui sugg\u00e8re qu\u2019une partie des choix et des expositions d\u2019aujourd\u2019hui peut influencer non seulement la sant\u00e9 personnelle, mais aussi celle des g\u00e9n\u00e9rations suivantes, dans des limites encore en cours d\u2019exploration par la recherche.<\/p>\n<p>    En bref<\/p>\n<ul class=\"resume-article__list\">\n<li>\n                Alors que le g\u00e9nome humain reste largement stable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une vie, des institutions comme l\u2019Acad\u00e9mie des sciences distinguent patrimoine g\u00e9n\u00e9tique de base et expression modulable des g\u00e8nes.            <\/li>\n<li>\n                Les travaux sur l\u2019\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique montrent que l\u2019alimentation, l\u2019activit\u00e9 physique, le stress, l\u2019habitat ou les toxiques p\u00e8sent bien plus que les g\u00e8nes sur la long\u00e9vit\u00e9 et certains risques de maladies, avec des chiffres allant de 2 % \u00e0 17 % d\u2019effet pour le mode de vie.            <\/li>\n<li>\n                Entre th\u00e9rapies g\u00e9niques tr\u00e8s encadr\u00e9es, h\u00e9ritage \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique partiel et marge de man\u0153uvre offerte par vos choix quotidiens, l\u2019article trace la fronti\u00e8re entre ce que vous pouvez encore influencer et ce qui reste hors de port\u00e9e.            <\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"On vous a peut\u2011\u00eatre d\u00e9j\u00e0 dit que tout se jouerait dans vos g\u00e8nes, que vos risques de maladie&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":697770,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[5897,258,4523,1011,27,72,71,75319,4990],"class_list":{"0":"post-697769","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-sante","8":"tag-activite-physique","9":"tag-alimentation","10":"tag-conseils-pratiques","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-health","14":"tag-sante","15":"tag-sante-forme","16":"tag-stress"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/115979531332795869","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/697769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=697769"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/697769\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/697770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=697769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=697769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=697769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}