{"id":709509,"date":"2026-02-03T21:27:10","date_gmt":"2026-02-03T21:27:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/709509\/"},"modified":"2026-02-03T21:27:10","modified_gmt":"2026-02-03T21:27:10","slug":"nos-nouveaux-robots-espions-plongent-la-ou-la-lumiere-nexiste-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/709509\/","title":{"rendered":"nos nouveaux robots espions plongent l\u00e0 o\u00f9 la lumi\u00e8re n&rsquo;existe pas"},"content":{"rendered":"<p data-path-to-node=\"10\"><b data-path-to-node=\"10\" data-index-in-node=\"0\">C\u2019est une fronti\u00e8re que peu de technologies humaines parviennent \u00e0 franchir sans \u00eatre broy\u00e9es. \u00c0 6 000 m\u00e8tres de profondeur, la pression est colossale, l\u2019obscurit\u00e9 est totale et le froid est intense. Pourtant, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0, dans cet enfer liquide, que se joue une partie de l\u2019avenir de notre climat. Lundi dernier, l\u2019Institut fran\u00e7ais de recherche pour l\u2019exploitation de la mer (Ifremer) a annonc\u00e9 une nouvelle historique : la France est officiellement devenue la troisi\u00e8me nation au monde, apr\u00e8s les \u00c9tats-Unis et la Chine, capable de d\u00e9ployer des instruments autonomes \u00e0 de telles profondeurs.<\/b><\/p>\n<p>Une prouesse technologique tricolore<\/p>\n<p data-path-to-node=\"12\">Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, l\u2019exploration autonome des grands fonds \u00e9tait une chasse gard\u00e9e. Concevoir une machine capable de r\u00e9sister \u00e0 600 bars de pression (soit 600 kg par centim\u00e8tre carr\u00e9) tout en prot\u00e9geant une \u00e9lectronique de pointe rel\u00e8ve du tour de force. L\u2019Ifremer vient de relever ce d\u00e9fi en d\u00e9ployant ses deux premiers flotteurs \u00ab\u00a0Deep Arvor\u00a0\u00bb. Ces longs tubes jaunes, surmont\u00e9s d\u2019une antenne, ne sont pas de simples bou\u00e9es. Ce sont des laboratoires miniatures \u00e0 <b data-path-to-node=\"12\" data-index-in-node=\"461\">80 000 euros pi\u00e8ce<\/b>, con\u00e7us pour survivre dans les zones les plus inhospitali\u00e8res de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p data-path-to-node=\"13\">Leur mission ? Devenir les sentinelles du fond des mers. \u00c9quip\u00e9s de capteurs de haute pr\u00e9cision, ils mesurent la salinit\u00e9, la temp\u00e9rature, le taux d\u2019oxyg\u00e8ne et la pression. Virginie Thierry, oc\u00e9anographe physicienne \u00e0 l\u2019Ifremer, r\u00e9sume l\u2019enjeu : \u00ab Nous allons pouvoir traquer le r\u00e9chauffement climatique jusque dans les abysses oc\u00e9aniques \u00bb.<\/p>\n<p>Pourquoi aller si profond ?<\/p>\n<p data-path-to-node=\"15\">Pendant longtemps, les oc\u00e9anographes se sont concentr\u00e9s sur les 2 000 premiers m\u00e8tres de la colonne d\u2019eau. Mais le d\u00e9r\u00e8glement climatique change la donne. Les oc\u00e9ans absorbent plus de 90 % de l\u2019exc\u00e8s de chaleur g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par nos \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. Cette chaleur ne reste pas en surface ; elle diffuse lentement vers le bas. Ignorer ce qui se passe au-del\u00e0 de 2 000 m\u00e8tres, c\u2019est \u00eatre aveugle sur une partie immense de l\u2019\u00e9quation thermique mondiale. Pour comprendre l\u2019inertie du changement climatique et la mont\u00e9e des eaux, nous devons savoir comment les abysses se r\u00e9chauffent.<\/p>\n<p data-path-to-node=\"16\">Ces nouveaux robots fonctionnent selon un cycle immuable et fascinant : ils sont programm\u00e9s pour descendre dans les t\u00e9n\u00e8bres, d\u00e9river au gr\u00e9 des courants profonds, puis remonter lentement vers la surface tous les <b data-path-to-node=\"16\" data-index-in-node=\"213\">dix jours<\/b>. Lors de cette ascension, ils effectuent leurs relev\u00e9s physico-chimiques, cr\u00e9ant une coupe verticale de l\u2019oc\u00e9an. Une fois \u00e0 l\u2019air libre, ils transmettent leurs pr\u00e9cieuses donn\u00e9es par satellite avant de replonger pour un nouveau cycle.<\/p>\n<p data-path-to-node=\"16\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-315826\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/iStock-1187126979-scaled.jpg\" alt=\"oc\u00e9an mer\" width=\"2048\" height=\"1367\"  \/>Cr\u00e9dit : PetruStan \/ iStock<\/p>\n<p>La France, deuxi\u00e8me puissance du r\u00e9seau Argo<\/p>\n<p data-path-to-node=\"18\">Ce d\u00e9ploiement s\u2019inscrit dans le cadre du programme mondial <b data-path-to-node=\"18\" data-index-in-node=\"60\">Argo<\/b>. Lanc\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, ce r\u00e9seau est constitu\u00e9 de 4 000 flotteurs qui quadrillent les mers du globe, agissant comme le syst\u00e8me nerveux de l\u2019oc\u00e9anographie moderne. Si les \u00c9tats-Unis dominent largement ce r\u00e9seau avec plus de 2 300 robots, la France s\u2019impose comme le <b data-path-to-node=\"18\" data-index-in-node=\"340\">deuxi\u00e8me contributeur mondial<\/b>. Avec 306 robots actifs fin 2025, l\u2019hexagone joue un r\u00f4le pivot.<\/p>\n<p data-path-to-node=\"19\">L\u2019ambition ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. D\u2019ici \u00e0 2028, la flotte fran\u00e7aise va s\u2019enrichir de 30 nouveaux mod\u00e8les \u00ab\u00a0grands fonds\u00a0\u00bb. Ils seront principalement d\u00e9ploy\u00e9s dans l\u2019Atlantique Nord, une zone cl\u00e9 pour la r\u00e9gulation du climat mondial (c\u2019est l\u00e0 que se forment les courants profonds qui font circuler la chaleur autour de la Terre).<\/p>\n<p data-path-to-node=\"20\">Ces donn\u00e9es sont de l\u2019or pur pour la science : elles alimentent d\u00e9j\u00e0 plus de 6 000 publications et 500 th\u00e8ses. Avec l\u2019arriv\u00e9e de ces nouveaux espions des abysses, nous allons enfin \u00e9clairer les zones d\u2019ombre de nos mod\u00e8les climatiques, prouvant une fois de plus que pour comprendre le ciel, il faut parfois regarder tout au fond de l\u2019eau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C\u2019est une fronti\u00e8re que peu de technologies humaines parviennent \u00e0 franchir sans \u00eatre broy\u00e9es. \u00c0 6 000 m\u00e8tres&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":709510,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,1011,27,12,56,25],"class_list":{"0":"post-709509","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-fr","10":"tag-france","11":"tag-news","12":"tag-push","13":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116008822177939826","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/709509","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=709509"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/709509\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/709510"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=709509"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=709509"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=709509"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}