{"id":726907,"date":"2026-02-11T11:45:19","date_gmt":"2026-02-11T11:45:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/726907\/"},"modified":"2026-02-11T11:45:19","modified_gmt":"2026-02-11T11:45:19","slug":"municipales-2026-marseille-et-toulon-face-a-la-poussee-du-rn","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/726907\/","title":{"rendered":"Municipales 2026. Marseille et Toulon face \u00e0 la pouss\u00e9e du RN"},"content":{"rendered":"<p>Cet article s\u2019inscrit dans le dossier \u00ab Municipales 2026 \u00bb de notre magazine mensuel, consacr\u00e9 aux lignes de fracture et aux recompositions \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la bataille municipale.\u00c9loign\u00e9es d\u2019une soixantaine de kilom\u00e8tres, les deux villes m\u00e9diterran\u00e9ennes vivent diff\u00e9remment le tsunami annonc\u00e9 du Rassemblement national. Marseille demeure relativement r\u00e9tive \u00e0 l\u2019implantation durable du RN, malgr\u00e9 un score qui s\u2019annonce \u00e9lev\u00e9 et une abstention record. Tandis que Toulon, frapp\u00e9e par l\u2019effritement de la droite locale apr\u00e8s \u201cl\u2019affaire du frigo\u201d d\u2019Hubert Falco, voit l\u2019extr\u00eame droite se tenir pr\u00eate \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer la mairie. \u00c0 l\u2019approche des municipales de 2026, deux fa\u00e7ons de vivre la vague qui pourrait d\u00e9ferler sur l\u2019Hexagone.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Marseille, les fractures visibles<\/p>\n<p>\u00c0 Marseille, les fractures sont visibles \u00e0 chaque coin de rue\u202f: immeubles d\u00e9labr\u00e9s de Noailles, collines cossues du VIIIe arrondissement, barres de La Castellane, tours color\u00e9es de Saint-Andr\u00e9, Vieux-Port r\u00e9nov\u00e9. Aucun candidat ne peut pr\u00e9tendre parler d\u2019\u201cune\u201d Marseille, tant la ville se lit \u00e0 travers ses fragments.<\/p>\n<p>Attention toutefois \u00e0 ne pas tomber dans les id\u00e9es re\u00e7ues\u202f! Le <strong>sociologue Michel Peraldi, directeur de recherche au CNRS et sp\u00e9cialiste de la cit\u00e9 phoc\u00e9enne<\/strong>, met en garde contre un mythe tenace\u202f: \u201cIl faut se m\u00e9fier des clich\u00e9s. La ville a \u00e9t\u00e9 cosmopolite entre les deux guerres, mais elle ne l\u2019est plus. Aujourd\u2019hui,<strong> le premier employeur, c\u2019est l\u2019\u00c9tat<\/strong>.\u201d<\/p>\n<p>Mais si Marseille n\u2019est plus ce port-monde fantasm\u00e9, elle reste le produit d\u2019une immigration ancienne et continue\u202f: Alg\u00e9riens d\u00e8s 1907, Comoriens d\u00e8s les ann\u00e9es 1930, Arm\u00e9niens, Italiens, Tunisiens, Marocains\u2026 Cette succession de vagues a fa\u00e7onn\u00e9 le tissu social.<\/p>\n<p>Samia, professeure de fran\u00e7ais au coll\u00e8ge Jos\u00e9phine-Baker, dans le IIIe arrondissement, le constate chaque jour\u202f: \u201cLes gamins sont pauvres, certains vivent dans des logements indignes. Beaucoup de parents ne votent plus. Mais le RN ne passe pas. Le m\u00e9lange est trop fort.\u201d<\/p>\n<p>Selon l\u2019Insee, pr\u00e8s de <strong>11\u202f% des habitants sont immigr\u00e9s<\/strong>, mais la proportion bondit si on inclut les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9rations, omnipr\u00e9sentes dans les quartiers nord.<\/p>\n<p>\u201cIci, une famille alg\u00e9rienne ou comorienne, ce n\u2019est pas une minorit\u00e9. C\u2019est Marseille\u201d, pointe Ahmed, habitant du XIVe, \u00e0 la terrasse d\u2019un caf\u00e9. \u00c0 quelques semaines d\u2019\u00e9lections municipales, le p\u00e8re de famille semble blas\u00e9\u202f:<\/p>\n<p>\u201c<strong>Peu importe pour qui on vote, nous serons toujours les oubli\u00e9s<\/strong>. Le Printemps marseillais a apport\u00e9 une vague d\u2019espoirs, vite d\u00e9\u00e7us. Les quartiers nord sont les grands perdants, les politiciens se concentrent sur les beaux quartiers. Pour ma part, je ne voterai pas, je n\u2019attends plus rien des hommes politiques.\u201d<\/p>\n<p>Un discours teint\u00e9 d\u2019amertume que la majorit\u00e9 des habitants des quartiers nord partage.<\/p>\n<p>\u201cLors des derni\u00e8res \u00e9lections municipales, l\u2019abstention a atteint 86\u202f% dans ces quartiers. Ceux qui votent ici sont exclusivement les petits propri\u00e9taires autour des cit\u00e9s, et pour la plupart pour le RN\u201d, d\u00e9crypte Michel Peraldi, rappelant que m\u00eame <strong>Samia Ghali a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue \u00e0 la mairie avec \u201c87\u202f% d\u2019abstention<\/strong>, ce qui prouve que personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 capable d\u2019amener les \u00e9lecteurs de ces quartiers vers les urnes\u201d.<\/p>\n<p><img data-lazyloaded=\"1\" fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-209604\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/000_84ME87Q.jpg\" alt=\"Marseille et Toulon face \u00e0 la pouss\u00e9e du RN\" width=\"1024\" height=\"682\"  data-\/>Marseille. Martine Vassal, pr\u00e9sidente du conseil d\u00e9partemental des Bouches-du-Rh\u00f4ne, face \u00e0 la presse en novembre 2025.<br \/>Photo : Clement Mahoudeau \/ AFPDes figures \u201cp\u00e2lottes\u201d<\/p>\n<p>\u00c0 Marseille, l\u2019extr\u00eame droite fait partie du paysage politique depuis les ann\u00e9es 1970. <strong>Jean-Claude Gaudin<\/strong> avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu au conseil r\u00e9gional en mars 1992 avec un vice-pr\u00e9sident FN, mais le parti \u00e0 la flamme n\u2019a pas su capitaliser. M\u00eame quand St\u00e9phane Ravier a \u00e9t\u00e9 maire du 7e secteur de 2014 \u00e0 2017, le souffl\u00e9 a fait pschitt.<\/p>\n<p>\u201cIl s\u2019est tir\u00e9 des balles dans le pied comme le font souvent les \u00e9lus RN. Marseille fonctionne historiquement \u00e0 la notabilit\u00e9, explique Michel Peraldi. Mais ce parti n\u2019a jamais su produire de notables capables d\u2019incarner la ville. Ses figures sont tr\u00e8s p\u00e2lottes ou tr\u00e8s excessives comme St\u00e9phane Ravier, un genre de \u2018Z\u00e9bulon\u2019 qui s\u2019agite dans tous les sens. Tant que le RN n\u2019aura pas de figure cr\u00e9dible, il restera secondaire.\u201d<\/p>\n<p>En ce jeudi matin, la rue d\u2019Aubagne grouille\u202f: \u00e9tals de fruits, boutiques comoriennes, caf\u00e9s alg\u00e9riens, vendeurs syriens, \u00e9tudiants d\u2019Afrique subsaharienne. \u201cIci, tout le monde se parle, se fr\u00f4le, se reconna\u00eet. On peut \u00eatre pauvre mais entour\u00e9. Cela cr\u00e9e un environnement o\u00f9 <strong>le discours de l\u2019exclusion a moins de prise<\/strong>\u201d, confie Dounia, une habitante du quartier.<\/p>\n<p>Pour cette Marseillaise pur jus, le RN ne passera pas, enfin, pas encore. \u201c<strong>Les gens ne vont plus voter, ce qui laisse la place au RN<\/strong>. On l\u2019a bien vu au niveau national. Ils profitent de l\u2019abstention car leurs \u00e9lecteurs, eux, se d\u00e9placent. Et comme je ne sens pas de r\u00e9veil citoyen, je crains qu\u2019un jour la ville finisse par leur appartenir. <strong>Martine Vassal a laiss\u00e9 entendre qu\u2019elle pourrait s\u2019allier avec eux au second tour<\/strong>. Ce n\u2019est qu\u2019une question de temps pour que l\u2019union des droites se mette en marche.\u201d<\/p>\n<p>Une opinion partag\u00e9e par Michel Peraldi\u202f: \u201cPersonne ne pariait un centime sur le Printemps marseillais. Or, ils ont pris la mairie. Un tango se joue sur tout le territoire entre la droite traditionnelle et le RN, <strong>s\u2019ils s\u2019allient au niveau local ils peuvent prendre la ville<\/strong>.\u201d<\/p>\n<p>Les \u00e9lecteurs, eux, ne semblent pas secou\u00e9s par ce sentiment d\u2019urgence. \u201cD\u00e9j\u00e0 en 2014, lorsque St\u00e9phane Ravier est arriv\u00e9 en t\u00eate au premier tour dans les XIIIe-XIVe, l<strong>es gens dans les quartiers avaient peur, mais il n\u2019y a eu aucune mobilisation<\/strong> d\u2019importance pour le second tour\u201d, se rem\u00e9more le chercheur.<\/p>\n<p>Ahmed, notre habitant du XIVe, abonde\u202f: \u201cPersonne ne veut du RN, mais on va se mobiliser pour qui\u202f? <strong>Il n\u2019y a aucun candidat qui nous correspond<\/strong>, qui s\u2019adresse \u00e0 nous. On en a marre d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9s uniquement lorsqu\u2019il faut barrer la route des fachos. D\u2019ailleurs, aux l\u00e9gislatives on a vu ce que \u00e7a a donn\u00e9 derri\u00e8re\u2026\u201d<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" data-lazyloaded=\"1\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-209605\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/000_86JN4KB.jpg\" alt=\"Marseille et Toulon face \u00e0 la pouss\u00e9e du RN\" width=\"1024\" height=\"682\"  data-\/>Laure Lavalette, d\u00e9put\u00e9e du Var et porte-parole du RN \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, dans le port de Toulon, le 27 novembre 2025. Photo : Christophe SIMON \/ AFPToulon, le \u201crapt\u201d du FN<\/p>\n<p>\u00c0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres, Toulon offre un paysage radicalement diff\u00e9rent. Un samedi de d\u00e9cembre, la place Victor-Hugo semble symboliser la fracture locale. \u00c0 gauche de l\u2019Op\u00e9ra, une quarantaine de manifestants d\u00e9noncent le g\u00e9nocide \u00e0 Gaza. \u00c0 droite, sous le sapin de No\u00ebl, Laure Lavalette, porte-parole du RN \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale et candidate \u00e0 la mairie, encha\u00eene les selfies. Deux sc\u00e8nes, deux mondes, deux publics qui s\u2019ignorent.<\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9fecture du Var, l\u2019extr\u00eame droite n\u2019est pas une nouveaut\u00e9. \u201cOn a v\u00e9cu 1995. On n\u2019a pas oubli\u00e9\u201d, raconte Patrick, ancien ouvrier de l\u2019arsenal. \u201cIl y avait de nombreux sentiments partag\u00e9s. Certains f\u00eataient la victoire et d\u2019autres ont eu honte. On parlait de Toulon, mais pas pour de bonnes raisons.\u201d<\/p>\n<p>Michel Peraldi revient sur ce coup de tonnerre qui a fait trembler le pays\u202f: l\u2019\u00e9lection de Jean-Marie Le Chevallier \u00e0 la mairie. La cit\u00e9 portuaire devenait ainsi la premi\u00e8re ville de plus de 100\u202f000 habitants \u00e0 tomber dans l\u2019escarcelle du Front national.<\/p>\n<p>\u201c\u00c0 Toulon, le FN a r\u00e9alis\u00e9 un rapt politique, li\u00e9 \u00e0 la fin des notables. Il n\u2019y avait plus personne pour tenir la ville. <strong>L\u2019extr\u00eame droite s\u2019est engouffr\u00e9e dans le vide<\/strong>.\u201d<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats des derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives ont confirm\u00e9 l\u2019ancrage du parti\u202f: <strong>entre 45 et 47\u202f% dans la 1re circonscription, plus de 50\u202f% dans la 2e.<\/strong><\/p>\n<p>\u201c<strong>Militaires, pieds-noirs, petits commer\u00e7ants<\/strong>\u2026 Le RN a su capter ce bloc que les notables traditionnels ne servaient plus, analyse Michel Peraldi. Aujourd\u2019hui encore, depuis la destitution d\u2019Hubert Falco, la droite est divis\u00e9e. Le terrain est ouvert.\u201d<\/p>\n<p>\u00c0 droite, l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019ancien ponte du Var \u2013 condamn\u00e9 pour d\u00e9tournement de fonds publics et in\u00e9ligible jusqu\u2019en 2028 \u2013 se dispute entre la maire sortante <strong>Jos\u00e9e Massi<\/strong> et le s\u00e9nateur <strong>Michel Bonnus<\/strong> (LR), soutenu par Falco. Une division des voix en perspective qui risque de faire le bonheur du RN, solidement accroch\u00e9 derri\u00e8re Laure Lavalette.<\/p>\n<p>La coalition de gauche, derri\u00e8re <strong>Magali Brunel<\/strong>, n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019entendre avec LFI, ce qui emp\u00eache toute surprise de ce c\u00f4t\u00e9-ci. Dans une commune solidement ancr\u00e9e \u00e0 droite, mais qui r\u00e9siste encore aux sir\u00e8nes du Rassemblement national \u2013 la seule circonscription du Var \u00e0 ne pas \u00eatre RN \u2013, un retour en arri\u00e8re semble se dessiner. D\u2019autant plus qu\u2019il s\u2019agit d\u2019<strong>une commune plus divis\u00e9e que jamais<\/strong>, o\u00f9 riches et pauvres se croisent sans se parler.<\/p>\n<p>Un vote RN nourri d\u2019imaginaires<\/p>\n<p>Dans les quartiers populaires comme celui du Pont-du-Las, les indicateurs sociaux sont alarmants\u202f:<\/p>\n<ul>\n<li>41\u202f% de pauvret\u00e9,<\/li>\n<li>29\u202f% de logements sociaux,<\/li>\n<li>26\u202f% de jeunes entre 16 et 25 ans non scolaris\u00e9s et sans emploi,<\/li>\n<li>et jusqu\u2019\u00e0 60\u202f% d\u2019abstention.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u201cLes jeunes stagnent. Il n\u2019y a plus d\u2019ascenseur social\u201d, constate A\u00efcha, m\u00e9diatrice sociale.<\/p>\n<p><strong>Les Franco-Maghr\u00e9bins sont quasi-invisibles dans la vie publique<\/strong>. Samir le clame haut et fort\u202f: \u201cOn n\u2019existe pas politiquement dans la ville.\u201d<\/p>\n<p>A\u00efcha compl\u00e8te\u202f: \u201cBeaucoup n\u2019ont aucun contact r\u00e9el avec ceux qu\u2019ils redoutent. Le vote RN se nourrit d\u2019imaginaires, pas de relations sociales. Il n\u2019y a pas de probl\u00e8me, juste des gens qui regardent la t\u00e9l\u00e9vision et qui ont peur de l\u2019autre. <strong>Il faudrait des associations<\/strong> pour recr\u00e9er du dialogue entre les classes sociales pour briser ces peurs infond\u00e9es.\u201d<\/p>\n<p>Entre Marseille et Toulon, moins de 70 kilom\u00e8tres, donc, mais un gouffre politique. <strong>La premi\u00e8re r\u00e9siste encore<\/strong> gr\u00e2ce \u00e0 son morcellement social, son tissu associatif dense, la pr\u00e9sence visible des Franco-Maghr\u00e9bins et l\u2019incapacit\u00e9 du RN \u00e0 produire des notables en mesure d\u2019incarner la ville. <strong>La seconde glisse lentement<\/strong>, sous l\u2019effet combin\u00e9 de la scission entre classes sociales et de la disparition des figures locales structurantes.<\/p>\n<p>Cette lecture permet de comprendre pourquoi Marseille demeure, malgr\u00e9 les crises, relativement imperm\u00e9able au RN, tandis que Toulon s\u2019enfonce dans un vote d\u2019adh\u00e9sion.<\/p>\n<p>\u00c0 Marseille, le quotidien lui-m\u00eame agit comme un contre-discours. Le m\u00e9lange social se vit dans les march\u00e9s, les \u00e9coles, les cages d\u2019escalier, les associations. Les sociabilit\u00e9s toulonnaises sont plus \u00e9clat\u00e9es\u202f: <strong>les riches propri\u00e9taires, plus favorables \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite, vivent dans les hauteurs<\/strong>, tandis que <strong>le reste de la population s\u2019\u00e9tiole entre les quartiers Pontcarral et Saint-Jean<\/strong>.<\/p>\n<p>Le RN prosp\u00e8re dans ce vide relationnel. Dans la cit\u00e9 phoc\u00e9enne, il bute sur un monde trop dense pour lui, pour le moment.<\/p>\n<p>Pourtant, dans les deux villes m\u00e9diterran\u00e9ennes, une m\u00eame question se pose\u202f: que se passera-t-il si les d\u00e9ceptions politiques s\u2019accentuent\u202f? Si les promesses municipales non tenues, l\u2019usure des \u00e9quipes locales et l\u2019aggravation de la crise sociale \u00e9rodent les derniers remparts\u202f?<\/p>\n<p>\u201cRien n\u2019est fig\u00e9, avertit Michel Peraldi. <strong>Le sc\u00e9nario toulonnais pourrait, \u00e0 terme, se reproduire ailleurs<\/strong> si les syst\u00e8mes locaux s\u2019effondrent.\u201d<\/p>\n<p>Foss\u00e9 entre les classes sociales<\/p>\n<p>Mais, pour l\u2019heure, la cit\u00e9 phoc\u00e9enne d\u00e9joue les pronostics. \u201cOn dit souvent que Marseille est impr\u00e9visible, ingouvernable. C\u2019est vrai, mais c\u2019est aussi ce qui la prot\u00e8ge\u201d, sourit Karim, jeune trentenaire crois\u00e9 sur le Vieux-Port, qui se veut optimiste.<\/p>\n<p>\u201cLe RN veut diviser pour mieux r\u00e9gner. Ici, nous sommes unis derri\u00e8re notre identit\u00e9, celle du peuple marseillais.\u201d<\/p>\n<p>Dans une ville o\u00f9 l\u2019unit\u00e9 politique se construit sur l\u2019exp\u00e9rience du m\u00e9lange plus que sur la peur de l\u2019autre, l\u2019extr\u00eame droite peine encore \u00e0 formuler un r\u00e9cit cr\u00e9dible, et n\u2019aura jamais le vote de ceux dont elle a fait ses ennemis \u00e0 force de les stigmatiser.<\/p>\n<p>Toulon appara\u00eet comme un miroir invers\u00e9. Une commune qui, ayant perdu ses rep\u00e8res collectifs et laiss\u00e9 un foss\u00e9 se creuser entre les classes sociales, cherche une nouvelle narration politique, que le RN s\u2019efforce d\u2019incarner.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la candidature de <strong>Laure Lavalette<\/strong> pourrait trouver un \u00e9cho profond au-del\u00e0 du vote protestataire, et le parti de <strong>Jordan Bardella<\/strong> ravir une nouvelle fois la pr\u00e9fecture du Var.<\/p>\n<p>Les prochaines municipales seront d\u00e9cisives. Elles diront si Marseille continue de r\u00e9sister, dans un paysage national o\u00f9 l\u2019extr\u00eame droite n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi puissante, et si Toulon confirme son r\u00f4le de laboratoire politique.<\/p>\n<p>Deux villes, deux syst\u00e8mes, deux trajectoires qui racontent une m\u00eame histoire, celle d\u2019un sud m\u00e9diterran\u00e9en en pleine reconfiguration.<\/p>\n<p>Une question vertigineuse demeure autour de ces \u00e9lections\u202f: ce qui se joue \u00e0 Marseille et \u00e0 Toulon ne dessine-t-il pas les contours du scrutin pr\u00e9sidentiel de 2027\u202f?<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>&gt;&gt; Municipales 2026 :<a href=\"https:\/\/www.lecourrierdelatlas.com\/municipales-2026-sophia-chikirou-je-suis-une-femme-de-convictions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Municipales 2026. Sophia Chikirou : \u00ab\u00a0Je suis une femme de convictions\u00a0\u00bb<\/a><a href=\"https:\/\/www.lecourrierdelatlas.com\/municipales-2026-un-scrutin-sous-tensions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Municipales : Aziz Wadaa, le candidat-surprise de Jouy-le-Moutier<\/a><a href=\"https:\/\/www.lecourrierdelatlas.com\/municipales-2026-un-scrutin-sous-tensions\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">MUNICIPALES 2026. Un scrutin sous tensions<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Cet article s\u2019inscrit dans le dossier \u00ab Municipales 2026 \u00bb de notre magazine mensuel, consacr\u00e9 aux lignes de&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":726908,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[81678,1111,11,885,81679,4188,1777,674,1076,1011,81680,27,52675,36671,884,21363,81681,3434,12,882,28843,1078,25,2848,2310,59720,7506],"class_list":{"0":"post-726907","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-abstention-electorale","9":"tag-actu","10":"tag-actualites","11":"tag-bouches-du-rhone","12":"tag-droite-francaise","13":"tag-elections-municipales","14":"tag-eu","15":"tag-europe","16":"tag-extreme-droite","17":"tag-fr","18":"tag-fracture-sociale","19":"tag-france","20":"tag-hubert-falco","21":"tag-laure-lavalette","22":"tag-marseille","23":"tag-martine-vassal","24":"tag-michel-peraldi","25":"tag-municipales-2026","26":"tag-news","27":"tag-provence-alpes-cote-dazur","28":"tag-quartiers-populaires","29":"tag-rassemblement-national","30":"tag-republique-francaise","31":"tag-rn","32":"tag-toulon","33":"tag-union-des-droites","34":"tag-var"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116051832044561331","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/726907","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=726907"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/726907\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/726908"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=726907"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=726907"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=726907"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}