{"id":742543,"date":"2026-02-18T09:49:16","date_gmt":"2026-02-18T09:49:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/742543\/"},"modified":"2026-02-18T09:49:16","modified_gmt":"2026-02-18T09:49:16","slug":"le-grand-ecart-entre-le-royaume-uni-et-la-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/742543\/","title":{"rendered":"le grand \u00e9cart entre le Royaume-Uni et la France"},"content":{"rendered":"<p>LE PIVOT MON\u00c9TAIRE S\u2019ACC\u00c9L\u00c8RE<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p><strong>Le Royaume-Uni voit son inflation chuter \u00e0 3\u00a0% en janvier<\/strong> sous l\u2019effet du p\u00e9trole, une d\u00e9tente qui place la r\u00e9union de mars comme date charni\u00e8re pour un premier pivot des taux.<\/p>\n<p>&#13;\n<\/li>\n<li>\n<p><strong>La France fr\u00f4le la stagnation avec un indice \u00e0 0,3\u00a0%,<\/strong> un d\u00e9crochage brutal aliment\u00e9 par le recul de 7,6\u00a0% des prix de l&rsquo;\u00e9nergie qui force d\u00e9sormais la BCE \u00e0 arbitrer entre soutien \u00e0 la croissance et rigueur.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019inflation au Royaume-Uni a enregistr\u00e9 un recul marqu\u00e9 pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 3\u00a0% sur un an en janvier, selon les donn\u00e9es de l\u2019Office national des statistiques (ONS) publi\u00e9es ce 18\u00a0f\u00e9vrier. Ce mouvement rompt brutalement avec la nervosit\u00e9 de d\u00e9cembre, o\u00f9 les prix avaient bondi de mani\u00e8re inattendue de 3,4\u00a0%.<\/p>\n<p>Ce ralentissement rapproche l\u2019indice des prix de l\u2019objectif cible de 2\u00a0% de la Banque d\u2019Angleterre (BoE). Pour le gouvernement travailliste, cette performance valide une recherche de stabilit\u00e9 macro\u00e9conomique apr\u00e8s plusieurs cycles de volatilit\u00e9. La baisse s\u2019av\u00e8re d\u2019autant plus strat\u00e9gique qu\u2019elle intervient alors que les pressions inflationnistes semblaient s\u2019enraciner durablement dans le paysage britannique.<\/p>\n<p>P\u00e9trole et tarifs a\u00e9riens\u00a0: les moteurs de la d\u00e9sinflation anglaise&#13;\n<\/p>\n<p>Grant Fitzner, \u00e9conomiste en chef de l\u2019ONS, identifie des leviers pr\u00e9cis derri\u00e8re cette d\u00e9tente. Le premier moteur r\u00e9side dans la baisse des cours mondiaux du p\u00e9trole, dont la r\u00e9percussion est m\u00e9canique sur les co\u00fbts de transport et de production. Ce repli \u00e9nerg\u00e9tique est coupl\u00e9 \u00e0 un ajustement \u00e0 la baisse des tarifs a\u00e9riens, poste de d\u00e9pense qui avait subi des hausses record lors de la reprise post-crise.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me pilier de cette dynamique repose sur les prix alimentaires. Longtemps critiques pour le budget des m\u00e9nages, ils montrent enfin des signes de ralentissement en janvier. Si ce signal est positif pour la consommation int\u00e9rieure, le niveau global de l\u2019inflation outre-Manche demeure toutefois bien sup\u00e9rieur aux standards observ\u00e9s sur le continent europ\u00e9en.<\/p>\n<p>La chanceli\u00e8re de l\u2019\u00c9chiquier, Rachel Reeves, lie directement ces r\u00e9sultats aux orientations du dernier budget. Elle affirme que les choix gouvernementaux permettent d\u00e9sormais de faire reculer l\u2019inflation de fa\u00e7on structurelle. Cette communication vise \u00e0 rassurer les investisseurs sur la pertinence de la rigueur budg\u00e9taire actuelle, malgr\u00e9 les contestations sociales.<\/p>\n<p>L\u2019objectif politique consiste \u00e0 instaurer un climat propice \u00e0 l\u2019investissement productif en martelant que la trajectoire est sous contr\u00f4le. Pourtant, cette accalmie sur les prix ne dissimule qu\u2019en partie des indicateurs macro\u00e9conomiques plus alarmants qui compliquent l\u2019\u00e9quation pour les d\u00e9cideurs de la City.<\/p>\n<p>Croissance atone et ch\u00f4mage record\u00a0: l\u2019envers du d\u00e9cor&#13;\n<\/p>\n<p>Derri\u00e8re l\u2019embellie de l\u2019inflation se dessine une r\u00e9alit\u00e9 plus sombre\u00a0: la croissance du PIB britannique plafonne \u00e0 0,1\u00a0% sur les trois derniers mois de 2025. Cette stagnation traduit une activit\u00e9 tournant au ralenti, \u00e9touff\u00e9e par des conditions de financement restrictives.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le march\u00e9 du travail s\u2019essouffle. Le taux de ch\u00f4mage a grimp\u00e9 \u00e0 5,2\u00a0% en janvier\u00a02026, un record sur cinq ans. Cette d\u00e9gradation de l\u2019emploi menace la demande int\u00e9rieure. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce cocktail \u2014 inflation en baisse, croissance atone et ch\u00f4mage en hausse \u2014 qui cr\u00e9dibilise l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une intervention mon\u00e9taire rapide.<\/p>\n<p>La donne change pour les prochaines \u00e9ch\u00e9ances de la BoE. Si le gouverneur Andrew Bailey a maintenu le taux directeur \u00e0 3,75\u00a0% en f\u00e9vrier, il a ouvert la porte \u00e0 des r\u00e9ductions d\u00e8s 2026 si les indicateurs poursuivent la m\u00eame tendance. L\u2019institution anticipe une inflation proche de 2\u00a0% d\u00e8s le deuxi\u00e8me trimestre.<\/p>\n<p>Pour Jonathan Raymond, analyste chez Quilter Cheviot, ce soulagement permet \u00e0 la BoE d\u2019envisager un assouplissement avec plus de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. La r\u00e9union de mars est d\u00e9sormais cibl\u00e9e par les march\u00e9s comme la date potentielle du premier pivot mon\u00e9taire britannique.<\/p>\n<p>France\u00a0: une inflation au plancher \u00e0 0,3\u00a0%&#13;\n<\/p>\n<p>De ce c\u00f4t\u00e9-ci de la Manche, les statistiques r\u00e9v\u00e8lent une situation radicalement diff\u00e9rente. L\u2019Insee confirme une hausse des prix \u00e0 la consommation de seulement 0,3\u00a0% sur un an en janvier. Ce chiffre valide le ralentissement spectaculaire apr\u00e8s les 0,8\u00a0% de d\u00e9cembre, pla\u00e7ant la France dans une zone de d\u00e9sinflation tr\u00e8s avanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette faiblesse de l\u2019indice des prix \u00e0 la consommation (IPC) est plus intense que chez les voisins europ\u00e9ens. Elle r\u00e9sulte d\u2019un mouvement global de reflux entam\u00e9 apr\u00e8s le choc de 2021-2023, mais son ampleur actuelle pose la question des revenus r\u00e9els et de la dynamique de consommation nationale.<\/p>\n<p>La chute de l\u2019inflation annuelle en France s\u2019appuie d\u2019abord sur les services, dont la progression tombe \u00e0 1,7\u00a0% contre 2,1\u00a0% le mois pr\u00e9c\u00e9dent. Ce signal fort indique un apaisement des tensions sur les co\u00fbts op\u00e9rationnels et salariaux dans le tertiaire.<\/p>\n<p>Le secteur manufacturier amplifie le mouvement avec un recul de 1,2\u00a0% en janvier. Cette baisse est accentu\u00e9e par l\u2019effet saisonnier des soldes d\u2019hiver, particuli\u00e8rement violent dans l\u2019habillement et les chaussures o\u00f9 les prix ont plong\u00e9 de 10,2\u00a0% sur un mois. Enfin, l\u2019\u00e9nergie demeure le principal facteur d\u00e9flationniste avec un recul annuel de 7,6\u00a0%.<\/p>\n<p>L\u2019exception alimentaire\u00a0: une pression persistante&#13;\n<\/p>\n<p>Tout ne baisse pas pour le consommateur fran\u00e7ais. L\u2019alimentation r\u00e9siste \u00e0 la d\u00e9sinflation et acc\u00e9l\u00e8re m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 +\u00a01,9\u00a0% sur un an en janvier. Sur un mois, la hausse atteint 0,5\u00a0%, illustrant une tension continue sur les produits frais et transform\u00e9s.<\/p>\n<p>La volatilit\u00e9 reste de mise\u00a0: si l\u2019\u00e9nergie chute sur un an, elle a repris 0,8\u00a0% entre d\u00e9cembre et janvier. Le tabac, bien qu\u2019en ralentissement, affiche encore une hausse de 2,7\u00a0%. Ces disparit\u00e9s internes montrent que, malgr\u00e9 un indice global bas, les arbitrages budg\u00e9taires restent complexes pour les m\u00e9nages.<\/p>\n<p>L\u2019indice des prix \u00e0 la consommation harmonis\u00e9 (IPCH), thermom\u00e8tre officiel de la <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/economie\/1610137601158814\/depart-anticipe-de-la-bce-christine-lagarde-n-a-pris-aucune-decision-concernant-la-fin-de-son-mandat\" target=\"_blank\" article-id=\"1610137601158814\" rel=\"nofollow noopener\">BCE<\/a>, s\u2019\u00e9tablit \u00e0 0,4\u00a0% en France en janvier. Ce niveau, tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 la cible des 2\u00a0%, pourrait peser lourdement sur les discussions de Francfort au printemps.<\/p>\n<p>La faiblesse fran\u00e7aise tire vers le bas la moyenne de la zone euro. Pour les partisans d\u2019une baisse rapide des taux directeurs europ\u00e9ens, c\u2019est un argument majeur pour soutenir une activit\u00e9 \u00e9conomique qui donne des signes manifestes de fatigue.<\/p>\n<p>Deux trajectoires, deux urgences mon\u00e9taires&#13;\n<\/p>\n<p>Le d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2026 consacre la divergence entre Paris et Londres. Le Royaume-Uni doit encore dompter une inflation \u00e0 3\u00a0% tout en g\u00e9rant un ch\u00f4mage record, tandis que la France flirte avec la stagnation des prix \u00e0 0,3\u00a0%.<\/p>\n<p>\u00c0 Londres, la baisse des taux attendue en mars vise \u00e0 r\u00e9animer une croissance de 0,1\u00a0%. \u00c0 Paris, la priorit\u00e9 est d\u2019\u00e9viter une stagnation prolong\u00e9e. La baisse des prix de l\u2019\u00e9nergie (-7,6\u00a0% sur un an) offre de l\u2019air aux deux \u00e9conomies, mais la persistance de l\u2019inflation alimentaire (1,9\u00a0% en France) rappelle que la normalisation n\u2019est pas encore totale. La BCE et la BoE se retrouvent face \u00e0 des d\u00e9fis miroirs\u00a0: ne pas agir trop tard pour l\u2019une, ne pas agir trop t\u00f4t pour l\u2019autre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"LE PIVOT MON\u00c9TAIRE S\u2019ACC\u00c9L\u00c8RE Le Royaume-Uni voit son inflation chuter \u00e0 3\u00a0% en janvier sous l\u2019effet du p\u00e9trole,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":742544,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1588],"tags":[5734,11,33,1777,674,27,19674,9345,12,2141,30807,473,1853,70586,1851,1850,1852],"class_list":["post-742543","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-royaume-uni","tag-5734","tag-actualites","tag-economie","tag-eu","tag-europe","tag-france","tag-frole","tag-inflation","tag-news","tag-prix","tag-respire","tag-royaume-uni","tag-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord","tag-stagnation","tag-uk","tag-united-kingdom","tag-united-kingdom-of-great-britain-and-northern-ireland"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116091012216428067","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/742543","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=742543"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/742543\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/742544"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=742543"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=742543"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=742543"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}