{"id":75454,"date":"2025-05-05T00:41:11","date_gmt":"2025-05-05T00:41:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/75454\/"},"modified":"2025-05-05T00:41:11","modified_gmt":"2025-05-05T00:41:11","slug":"a-bord-du-courbet-en-arret-technique-a-toulon-apres-lessai-de-choc-du-25-fevrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/75454\/","title":{"rendered":"A bord du Courbet, en arr\u00eat technique \u00e0 Toulon apr\u00e8s l\u2019essai de choc du 25 f\u00e9vrier"},"content":{"rendered":"<p>\n      La fr\u00e9gate l\u00e9g\u00e8re furtive (FLF) Courbet fait l\u2019objet depuis plus de deux mois d\u2019un arr\u00eat technique majeur (ATM) dans la base navale de Toulon. Ce passage en cale s\u00e8che et les nombreux travaux effectu\u00e9s \u00e0 bord vont permettre de redonner du potentiel au b\u00e2timent, appel\u00e9 \u00e0 naviguer au-del\u00e0 de 2030. Mer et Marine a pu monter \u00e0 bord pour \u00e9voquer notamment, avec le commandant du Courbet, l\u2019essai de choc survenu juste avant le d\u00e9but de cet ATM. L\u2019occasion, \u00e9galement, de dresser un premier bilan des nouvelles capacit\u00e9s offertes par la r\u00e9novation du b\u00e2timent il y a quatre ans.\n    <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/devant-toulon-la-fregate-courbet-a-l-epreuve-d-une-explosion-sous-marine\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Le 25 f\u00e9vrier, au large de Toulon, le Courbet affrontait une puissante explosion sous-marine<\/a>. Un essai de choc, destin\u00e9 \u00e0 \u00e9valuer la robustesse du b\u00e2timent et de ses \u00e9quipements. Il s\u2019agissait du premier test du genre organis\u00e9 par la Marine nationale et la Direction G\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Armement (DGA) depuis celui encaiss\u00e9 par le La Fayette, en septembre 1995, quelques mois avant sa mise en service (la premi\u00e8re FLF avait \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 l\u2019explosion d\u2019une charge de 250 kg de TNT plac\u00e9e \u00e0 40 m\u00e8tres de profondeur).\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      L&rsquo;essai de choc survenu le 25 f\u00e9vrier au large de Toulon.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Comme si le bateau avait pris une grande claque\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans cette optique, une mine navale, immerg\u00e9e \u00e0 une quinzaine de m\u00e8tres de profondeur par des plongeurs-d\u00e9mineurs, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e au passage du Courbet, qui a subi la d\u00e9flagration par le travers, sur tribord. L\u2019explosion est survenue \u00e0 un peu plus de 100 m\u00e8tres du b\u00e2timent, qui \u00e9tait alors en route \u00e0 faible vitesse (8 noeuds).\u00a0\u00ab\u00a0Ce fut une exp\u00e9rience assez impressionnante quant \u00e0 l\u2019effet en lui-m\u00eame, avec un bon bruit et une bonne puissance, comme si le bateau avait pris une grande claque. Mais on a constat\u00e9 que le ressenti \u00e9tait diff\u00e9rent selon les endroits. Les marins, suivant le lieu o\u00f9 ils se trouvaient, l\u2019ont per\u00e7u de mani\u00e8re plus ou moins forte \u00bb, explique \u00e0 Mer et Marine le capitaine de fr\u00e9gate J\u00e9r\u00e9my Monastier, commandant du Courbet.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le CF J\u00e9r\u00e9my Monastier, commandant du Courbet.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Alors que la fr\u00e9gate s\u2019est l\u00e9g\u00e8rement soulev\u00e9e suite \u00e0 cette puissante d\u00e9flagration survenue pr\u00e8s d\u2019elle, le pacha se souvient de son premier r\u00e9flexe\u00a0: \u00ab\u00a0juste apr\u00e8s, la premi\u00e8re question a \u00e9t\u00e9\u00a0: est-ce qu\u2019on a toujours la barre et les machines\u00a0? Et tout fonctionnait normalement\u00a0\u00bb. Le b\u00e2timent n\u2019a, au final, subi que tr\u00e8s peu de casse, \u00ab\u00a0que des choses tr\u00e8s mineures\u00a0\u00bb, dit le commandant, qui \u00e9voque une caisse m\u00e9tallique ext\u00e9rieure servant au stockage de cartouches de l&rsquo;artillerie secondaire qui s\u2019est d\u00e9form\u00e9e, ou encore un \u00e9cran d\u2019ordinateur (mod\u00e8le du commerce non renforc\u00e9) bris\u00e9 en passerelle.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La caisse \u00e0 munitions d\u00e9form\u00e9e par l&rsquo;explosion.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Quant aux collecteurs, qui pr\u00e9sentaient quelques soucis et avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une grande campagne de raccordement avant l\u2019essai de choc, ils n\u2019ont pas l\u00e2ch\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Courbet d\u00e9but 2024.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Courbet d\u00e9but 2024.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00c9prouver la r\u00e9sistance des syst\u00e8mes install\u00e9s pendant la r\u00e9novation\u00a0<\/p>\n<p>Pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019essai, pour lequel le Courbet a \u00e9t\u00e9 choisi l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier du fait que le b\u00e2timent allait passer en arr\u00eat technique majeur (ce qui facilitait sa pr\u00e9paration), un certain nombre d\u2019\u00e9quipements avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9s. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas du radar principal DRBV-15C, la conduite de tir (CT) de l\u2019artillerie, le syst\u00e8me de communication par satellite Syracuse IV (toutes les FLF \u00e9tant aujourd\u2019hui \u00e0 ce standard), ainsi que l\u2019un des deux syst\u00e8mes surface-air \u00e0 courte port\u00e9e Sadral install\u00e9s lors de la r\u00e9novation du b\u00e2timent en 2020\/2021, en remplacement de l\u2019ancien syst\u00e8me Crotale.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Courbet peu apr\u00e8s son essai de choc et juste avant son entr\u00e9e au bassin. On y voit les \u00e9quipements pr\u00e9alablement d\u00e9barqu\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019essai de choc r\u00e9alis\u00e9 en 1995 avec le La Fayette a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme toujours repr\u00e9sentatif pour des \u00e9quipements comme le radar et la conduite de tir, qui l\u2019avaient subi \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il n\u2019y avait donc pas d\u2019int\u00e9r\u00eat de prendre le risque de les endommager. Ce qui \u00e9tait important avec l\u2019essai que nous avons men\u00e9, c\u2019\u00e9tait de tester la r\u00e9sistance au choc des nouveaux \u00e9quipements install\u00e9s pendant la r\u00e9novation. Nous avions notamment notre nouveau sonar de coque \u00e0 poste et notre nouveau syst\u00e8me de combat en fonction. Au final, tous les \u00e9quipements neufs ont tenu\u00a0\u00bb. Par mesure de pr\u00e9caution, comme il y en a deux \u00e0 bord, le seul \u00e9quipement nouveau \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 fut l\u2019un des deux SADRAL, ainsi que sa console au Central Op\u00e9rations (CO). \u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Une mise en situation r\u00e9elle pour aguerrir les marins<\/p>\n<p>Comme le rappelle le CF Monastier, le principal objet de cet essai de choc \u00e9tait d\u2019abord de \u00ab\u00a0tester la r\u00e9sistance du b\u00e2timent et surtout de ses \u00e9quipements\u00a0\u00bb. Mais l\u2019officier souligne qu\u2019il y avait un deuxi\u00e8me objectif, humain celui-ci\u00a0: \u00ab\u00a0Un tel essai contribue \u00e0 l\u2019aguerrissement de l\u2019\u00e9quipage. Nous nous entrainons \u00e9norm\u00e9ment mais on a rarement l\u2019occasion de ressentir physiquement un \u00e9v\u00e8nement ext\u00e9rieur. Il y a l\u00e0 un aspect psychologique et quand on s\u2019est approch\u00e9 de l\u2019essai, il y avait chez certains un peu d\u2019inqui\u00e9tude. Mais on a pu constater tout l\u2019effet de l\u2019entrainement, avec une rigueur exceptionnelle dans les mesures prises et les postures dans une telle situation. Par la suite, \u00e9videmment, tout le monde a \u00e9chang\u00e9 sur les effets ressentis et les retours ont \u00e9t\u00e9 vari\u00e9s, certains ont trouv\u00e9 cela tr\u00e8s impressionnant, d\u2019autres moins\u2026\u00a0\u00bb D\u00e9sormais, tous les marins du Courbet savent en tous ce que cela fait d\u2019\u00eatre sur un bateau au moment o\u00f9 une mine explose \u00e0 proximit\u00e9. Et peuvent imaginer ce cela pourrait \u00eatre si la d\u00e9tonation \u00e9tait encore plus proche. En cela, l\u2019essai de choc s\u2019inscrit dans le cadre de la d\u00e9marche Polaris de la Marine nationale, qui vise \u00e0 pr\u00e9parer ses unit\u00e9s aux combats de haute intensit\u00e9 via des entrainements les plus r\u00e9alistes possible.\u00a0<\/p>\n<p>La DGA et les industriels impliqu\u00e9s<\/p>\n<p>Dans cette perspective, l\u2019\u00e9quipage du Courbet \u00e9tait \u00e9videmment pr\u00e9par\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Quand on \u00e9volue dans une zone avec une menace mine, nous adoptons des dispositions particuli\u00e8res, ce que nous avons fait pour l\u2019essai. L\u2019\u00e9quipage \u00e9tait au poste de combat et a assur\u00e9, comme \u00e0 l\u2019entrainement, et comme ce serait le cas au combat, toutes les actions et v\u00e9rifications n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb. L\u2019essai a par ailleurs \u00e9t\u00e9 monitor\u00e9, la DGA ayant plac\u00e9 \u00e0 bord diff\u00e9rents capteurs, dont des acc\u00e9l\u00e9rom\u00e8tres, ce qui permet non seulement de mesurer les effets directs, mais aussi, en fonction du facteur de charge, de la puissance et de la distance de l\u2018explosion, d\u2019extrapoler d\u2019autres r\u00e9sultats. Les industriels \u00e9taient aussi impliqu\u00e9s dans la pr\u00e9paration et la v\u00e9rification du bon \u00e9tat des syst\u00e8mes apr\u00e8s l\u2019essai, \u00e0 commencer par Naval Group, qui a con\u00e7u et r\u00e9alis\u00e9 les FLF, dont il assure la maintenance du syst\u00e8me de combat, ainsi que les Chantiers de l\u2019Atlantique, en charge du maintien en condition op\u00e9rationnelle (MCO) des cinq fr\u00e9gates de ce type. Le motoriste MAN \u00e9tait \u00e9galement de la partie, les quatre moteurs principaux du Courbet ayant \u00e9t\u00e9 eux aussi instrument\u00e9s pour l\u2019occasion.\u00a0<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des \u00e9quipements, mesurer la r\u00e9sistance de la structure<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats de l\u2019essai de choc sont donc consid\u00e9r\u00e9s comme tr\u00e8s satisfaisants par la marine et la DGA, sachant qu\u2019en plus des nouveaux \u00e9quipements, il \u00e9tait int\u00e9ressant de mesurer les effets de l\u2019explosion sur la structure du b\u00e2timent alors que les FLF ont pris du poids depuis leurs premi\u00e8res ann\u00e9es de carri\u00e8re. Le d\u00e9placement a, d\u2019ailleurs, encore \u00e9t\u00e9 accru de 80 tonnes pour les trois fr\u00e9gates r\u00e9nov\u00e9es entre 2020 et 2023, avec en plus du Courbet le La Fayette et l\u2019Aconit, ces trois unit\u00e9s ayant \u00e9t\u00e9 respectivement mises en service en 1997, 1996 et 2001. Les deux autres FLF, les Surcouf (1997) et Gu\u00e9pratte (2001) n\u2019ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 que d\u2019une r\u00e9novation plus succincte, qui leur permettra de naviguer au moins jusqu\u2019\u00e0 leur trenti\u00e8me anniversaire (la dur\u00e9e de vie a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e \u00e0 au moins 35 ans pour les autres).\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Gu\u00e9pratte, qui \u00e0 l&rsquo;instar du Surcouf a conserv\u00e9 son syst\u00e8me Crotale, deux lanceurs manuels Simbad (2&#215;2 missiles Mistral) ayant cependant \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Quelles \u00e9volutions pour ce premier ATM depuis la r\u00e9novation\u00a0?<\/p>\n<p>Le Courbet connait d\u2019ailleurs, dans la zone des bassins Vauban, son premier arr\u00eat technique majeur depuis sa r\u00e9novation, pilot\u00e9e par Naval Group entre octobre 2020 et juin 2021. Alors que les fr\u00e9gates de ce type b\u00e9n\u00e9ficient chaque ann\u00e9e d\u2019un arr\u00eat technique interm\u00e9diaire de deux mois, les ATM sont quinquennaux. Celui-ci va durer quatre mois et comprend des centaines de lignes de travaux pour assurer la maintenance des \u00e9quipements et certaines op\u00e9rations de modernisation et mises \u00e0 jour. Plusieurs centaines de personnels sont mobilis\u00e9es sur ce chantier, ainsi que l\u2019\u00e9quipage du Courbet, qui dispose de locaux \u00e0 proximit\u00e9 de la forme o\u00f9 le b\u00e2timent est en cale s\u00e8che. Parmi les travaux entrepris, il y a une r\u00e9vision compl\u00e8te des quatre moteurs de propulsion, des SEMT-Pielstick de 5250 cv chacun permettant \u00e0 la fr\u00e9gate d\u2019atteindre la vitesse de 25 n\u0153uds. De nombreuses modifications sont aussi pr\u00e9vues dans le domaine des syst\u00e8mes d\u2019information et de communication (SIC). Ainsi, le Courbet va disposer de la nouvelle liaison de donn\u00e9es tactique L22, alors que la cha\u00eene radio est en partie refaite, avec le remplacement en m\u00e2ture des \u00e9metteurs UHF (le Courbet \u00e9tait la derni\u00e8re FLF \u00e0 disposer des anciennes couronnes, ce qui pour un \u0153il averti en faisait un \u00e9l\u00e9ment d\u2019identification). En mati\u00e8re de communications satellitaires, le syst\u00e8me Syracuse IV est mis \u00e0 jour et la fr\u00e9gate va recevoir un syst\u00e8me civil compl\u00e9mentaire avec l\u2019int\u00e9gration d\u2019un segment OneWeb d\u2019Eutelsat. Toute la coque est par ailleurs nettoy\u00e9e et le b\u00e2timent sera enti\u00e8rement repeint, perdant au passage son num\u00e9ro de coque alors que son nom sera effac\u00e9, dans le cadre de la strat\u00e9gie d\u2019anonymisation de la flotte de surface fran\u00e7aise. Le Courbet \u00e9tait d\u2019ailleurs la derni\u00e8re FLF \u00e0 arborer encore nom et num\u00e9ro. La fr\u00e9gate devrait \u00eatre remise \u00e0 l\u2019eau au mois de juin et, apr\u00e8s la poursuite des travaux \u00e0 quai durant un mois, reprendra la mer, d\u2019abord pour des essais post-chantier puis dans le cadre de son entrainement en vue de son retour dans le cycle op\u00e9rationnel au second semestre.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Courbet en cale s\u00e8che aux bassins Vauban.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\n                  Diaporama                <\/p>\n<p>La fr\u00e9gate Courbet en cale s\u00e8che aux bassins Vauban, \u00e0 Toulon, dans le cadre de son premier ATM depuis sa r\u00e9novation. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La passerelle du Courbet. La principale \u00e9volution lors de la r\u00e9novation fut l&rsquo;ajout de deux \u00e9crans pour le report de la situation tactique.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      L&rsquo;avant du Courbet, avec devant la passerelle un espace conservatoire qui avait \u00e9t\u00e9 initialement pr\u00e9vu pour l&rsquo;int\u00e9gration de lanceurs verticaux.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Une r\u00e9fection du CO et un nouveau syst\u00e8me de combat tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s<\/p>\n<p>Bient\u00f4t quatre ans apr\u00e8s la fin de sa r\u00e9novation, le Courbet a en tous cas toujours fi\u00e8re allure et ses nouvelles capacit\u00e9s sont manifestement tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es. Le commandant Monastier \u00e9voque d\u2019abord la r\u00e9fection du CO, dot\u00e9 de nouvelles consoles et l\u2019int\u00e9gration d\u2019un nouveau syst\u00e8me de combat, d\u00e9riv\u00e9 du SENIT \u00e9quipant le porte-avions Charles de Gaulle. \u00ab\u00a0C\u2019est sans doute la plus grande r\u00e9ussite de cette r\u00e9novation. Le syst\u00e8me de combat fonctionne tr\u00e8s bien et les interfaces sont faciles d\u2019utilisation. Nous avons aussi une table tra\u00e7ante num\u00e9rique qui est extr\u00eamement appr\u00e9ci\u00e9e, en particulier en mati\u00e8re de lutte antinavire et anti-sous-marine, mais aussi pour les briefs des man\u0153uvres aviation\u00a0\u00bb. Ce CO comprend un nouveau module d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la lutte anti-sous-marine, capacit\u00e9 dont les FLF \u00e9taient initialement d\u00e9pourvues, ce qui \u00e9tait devenu un handicap \u00e0 l\u2019heure de la prolif\u00e9ration des menaces sous la surface de l\u2019eau.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le CO du Courbet.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le CO du Courbet.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Nouvelles capacit\u00e9s anti-sous-marines\u00a0<\/p>\n<p>Dans le cadre de la modernisation, un sonar de coque KingKlip Mk2 de Thales a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9, ainsi que deux lance-leurres anti-torpilles Canto de\u00a0Naval Group. Le sonar retenu est le m\u00eame que celui qui a \u00e9t\u00e9 choisi pour les nouvelles fr\u00e9gates de d\u00e9fense et d\u2019intervention (FDI), appel\u00e9es \u00e0 succ\u00e9der aux FLF. \u00ab\u00a0C\u2019est une nouvelle capacit\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ciable\u00a0que nous exploitons en permanence en mission, o\u00f9 le sonar est toujours en fonction. Cela nous donne un capteur de plus et une capacit\u00e9 de lutte sous la mer, tout en permettant d\u2019acqu\u00e9rir du retour d\u2019exp\u00e9rience pour les FDI\u00a0\u00bb, explique le commandant du Courbet, qui confirme avoir d\u00e9j\u00e0 pu suivre des contacts sous la surface de la mer gr\u00e2ce au KingKlip Mk2. On notera que celui-ci dispose, en plus de sa vocation principale de d\u00e9tection de sous-marins, d\u2019une fonction d\u2019alerte torpille, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle les Canto, ainsi que le syst\u00e8me Contralto (qui g\u00e8re le d\u00e9ploiement des leurres et propose des man\u0153uvres \u00e9vasives ad\u00e9quates) int\u00e9gr\u00e9 au syst\u00e8me de combat, peuvent \u00eatre mis en \u0153uvre.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le sonar de coque KingKlip Mk2 install\u00e9 sur le Gu\u00e9pratte.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      L&rsquo;un des deux lanceurs pour leurres anti-torpilles Canto install\u00e9s sur le Courbet.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette nouvelle capacit\u00e9 ASM, la Marine nationale peut d\u00e9sormais d\u00e9ployer r\u00e9guli\u00e8rement ses FLF r\u00e9nov\u00e9e en Atlantique et en Europe du Nord. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier pour le La Fayette, <a href=\"https:\/\/www.meretmarine.com\/fr\/defense\/la-fregate-aconit-en-mer-baltique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">c\u2019est le cas en ce moment pour l\u2019Aconit<\/a> et ce sera sans doute le cas, apr\u00e8s son ATM, pour le Courbet.\u00a0<\/p>\n<p>Derni\u00e8re version des Exocet et ajout de lanceurs Sadral<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d\u2019armement, suite \u00e0 la r\u00e9novation, le Courbet peut embarquer la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration du missile antinavire Exocet, le MM40 Block3C (mis en service en 2024), dont la fr\u00e9gate peut emporter 8 exemplaires dans deux rampes quadruples.\u00a0<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d\u2019autod\u00e9fense contre des cibles a\u00e9riennes, le vieux Crotale (Thales) d\u2019origine a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9, deux Sadral, lanceurs automatiques sextuples dot\u00e9s de missiles Mistral, \u00e9tant install\u00e9s sur le toit du hangar (leurs deux consoles \u00e9tant install\u00e9es au CO en lieu et place de celle du Crotale). Ces syst\u00e8mes, pr\u00e9lev\u00e9s sur d\u2019anciennes fr\u00e9gates du type F70 d\u00e9sarm\u00e9es, ont \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 niveau par MBDA et dot\u00e9s de la derni\u00e8re version du missile, le Mistral 3. Certes, son allonge (8 km maximum) est moindre que celle du Crotale VT1 (13 km) mais le missile \u00e0 courte port\u00e9e de MBDA emploie des technologies plus modernes. Il a notamment \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 d\u2019un nouvel autodirecteur infrarouge et d\u2019algorithme permettant de mieux discriminer les cibles, en particulier pour lutter contre des attaques saturantes de drones a\u00e9riens. Une vraie plus-value dans le contexte actuel. De plus, chaque lanceur Sadral \u00e9tant dot\u00e9 de six Mistral,\u00a0la fr\u00e9gate dispose ainsi de 12 missiles pr\u00eats \u00e0 tirer, contre 8 sur l\u2019ancien Crotale, dont les VT1 \u00e9taient asservis \u00e0 la conduite de tir de leur lanceur (avec un guidage par alignement et explosion du missile via une fus\u00e9e de proximit\u00e9). L\u00e0 o\u00f9 les Mistral sont du type \u00ab\u00a0fire and forget\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils sont autonomes une fois lanc\u00e9s pour tracker leur cible. Il est donc possible, d\u00e8s lors, de faire face imm\u00e9diatement \u00e0 une attaque saturante provenant de plusieurs directions. Enfin, les nouveaux Mistral 3 ont \u00e9galement une capacit\u00e9 de lutte contre de petits mobiles de surface rapides, typiquement des embarcations suicides.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le lanceur Sadral de b\u00e2bord et, en dessous, les trappes d&rsquo;\u00e9chappement de l&rsquo;ancienne soute \u00e0 missiles Crotale.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le plus puissant canon de la flotte\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019autod\u00e9fense des FLF r\u00e9nov\u00e9es y a donc clairement gagn\u00e9 avec cette \u00e9volution, sachant que les fr\u00e9gates ont par ailleurs conserv\u00e9 leur redoutable tourelle de 100 mm. \u00ab\u00a0Le plus gros canon de la flotte\u00a0\u00bb, rappelle le pacha du Courbet, faisant r\u00e9f\u00e9rence au fait que les nouvelles fr\u00e9gates de premier rang de la Marine nationale sont \u00e9quip\u00e9es, en artillerie principale, d\u2019une pi\u00e8ce de 76 mm de l\u2019Italien Leonardo. Les tourelles fran\u00e7aises de 100 mm, qui \u00e9taient produites par le site\u00a0Naval Group de Ruelle, en Charente, ne sont autrement plus employ\u00e9es que par les fr\u00e9gates de surveillance (FS) du type Flor\u00e9al et les derniers patrouilleurs de haute mer (PHM, ex-avisos) encore en service. Les FLF disposent du mod\u00e8le le plus r\u00e9cent et le plus puissant de cette famille de canons,\u00a0le 100 TR, offrant une cadence de tir de 120 coups par minute, avec une port\u00e9e maximale de 8 km contre des buts en surface et 5 km en antia\u00e9rien. Ce canon tr\u00e8s pr\u00e9cis et efficace est coupl\u00e9 \u00e0 une conduite de tir multi-capteurs, notamment radar.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le Courbet avec sa tourelle de 100 mm \u00e0 l&rsquo;avant.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le radar conserv\u00e9 mais les moyens optroniques remplac\u00e9s\u00a0<\/p>\n<p>Pour la surveillance, le radar DRBV-15C d\u2019origine a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9, alors que l\u2019optronique a \u00e9t\u00e9 am\u00e9lior\u00e9e avec l\u2019int\u00e9gration de deux syst\u00e8mes, en l\u2019occurrence des Sea Eagle FCRO de Chess Dynamics, l\u2019un install\u00e9 vers l\u2019avant, sur la m\u00e2ture, et l\u2019autre vers l\u2019arri\u00e8re au-dessus du hangar. Des outils tr\u00e8s pr\u00e9cieux pour l\u2019identification optique de cibles et le recueil d\u2019imagerie pour le renseignement. La fr\u00e9gate est \u00e9galement dot\u00e9e de diff\u00e9rents moyens de guerre \u00e9lectronique (intercepteurs d\u2019\u00e9missions radars et de communications, brouilleurs amovibles) et de deux lance-leurres antimissiles Dagaie (Safran) d\u00e9ployant des mortiers \u00e9lectromagn\u00e9tiques et infrarouges fournis par Lacroix.\u00a0<\/p>\n<p>Remplacement d\u2019un des deux bossoirs<\/p>\n<p>Parmi les autres \u00e9volutions intervenues durant la r\u00e9novation, on notera le remplacement de l\u2019un des bossoirs des deux niches lat\u00e9rales par un syst\u00e8me monopoint (sur tribord), plus facile et s\u00e9curisant pour la mise \u00e0 l\u2019eau et la r\u00e9cup\u00e9ration de semi-rigides que l\u2019ancien syst\u00e8me bipoint, qui demeure dans la niche b\u00e2bord. On rappellera que ces niches, masqu\u00e9es par des rideaux afin de ne pas ob\u00e9rer la furtivit\u00e9 des FLF, ont la capacit\u00e9 \u00e0 accueillir en temps normal une embarcation de drome op\u00e9rationnelle de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (EDO NG) de 6.7 m\u00e8tres du type ZH-630 de Zodiac Milpro. Mais elles peuvent aussi loger l\u2019embarcation commando \u00e0 usage multiple embarquable (ECUME) de 9 m\u00e8tres des commandos marine. Une EDO suppl\u00e9mentaire est par ailleurs d\u00e9ploy\u00e9e depuis une rampe situ\u00e9e derri\u00e8re un panneau, \u00e0 la poupe, alors que des portes de bord\u00e9 facilitent les transbordements de personnel.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le nouveau bossoir monopoint dans la niche tribord, ici masqu\u00e9e par le rideau en mailles destin\u00e9 \u00e0 ne pas ob\u00e9rer la furtivit\u00e9 du b\u00e2timent quand il ne d\u00e9ploie pas ses semi-rigides.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le bossoir \u00e0 double point est rest\u00e9 \u00e0 poste dans la niche b\u00e2bord.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un h\u00e9licopt\u00e8re \u00e0 la disponibilit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e mais pas encore de drone a\u00e9rien<\/p>\n<p>Sur le plan a\u00e9ronautique, le Courbet embarque habituellement un h\u00e9licopt\u00e8re Panther, employ\u00e9 notamment pour la lutte antisurface (rep\u00e9rage de cible et d\u00e9signation d\u2019objectif). \u00ab\u00a0C\u2019est une excellente machine et son taux de disponibilit\u00e9 est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 quasiment de 100% sur nos derni\u00e8res missions, o\u00f9 le Panther a vol\u00e9 presque quotidiennement et une \u00e0 deux fois par jour\u00a0\u00bb, souligne le CF Monastier. La fr\u00e9gate, dont la plateforme a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour accueillir une machine de plus de 11 tonnes, comme le NH90, en particulier pour les op\u00e9rations sp\u00e9ciales, ne dispose pas encore de drone a\u00e9rien embarqu\u00e9. Mais, alors que le Gu\u00e9pratte et l\u2019Aconit ont d\u00e9j\u00e0 test\u00e9 plusieurs engins, l\u2019ajout de cette capacit\u00e9 est \u00e0 l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le hangar h\u00e9licopt\u00e8re du Courbet.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le hangar h\u00e9licopt\u00e8re du Courbet.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      La plateforme h\u00e9licopt\u00e8re du Courbet avec sa grille d&rsquo;appontage et le syst\u00e8me de manutention Samah\u00e9 qui permet de guider l&rsquo;appareil de mani\u00e8re s\u00e9curis\u00e9e depuis et vers le hangar. \u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Les FLF et la r\u00e9volution des fr\u00e9gates furtives \u00a0<\/p>\n<p>Arm\u00e9es par 150 marins, les FLF sont des b\u00e2timents de 125 m\u00e8tres de long pour 15.4 m\u00e8tres de large dont le d\u00e9placement \u00e0 pleine charge est d\u2019environ 3800 tonnes. Offrant une autonomie tr\u00e8s importante, leurs r\u00e9serves de combustible leur permettant de franchir 9000 nautiques \u00e0 12 n\u0153uds, ces fr\u00e9gates ont au d\u00e9part \u00e9t\u00e9 command\u00e9es pour succ\u00e9der aux anciens aviso-escorteurs, destin\u00e9s aux missions d\u2019escorte tout en assurant la pr\u00e9sence navale fran\u00e7aise dans les territoires ultramarins. Alors que cette derni\u00e8re mission fut finalement attribu\u00e9e aux six fr\u00e9gates de surveillance (FS) du type Flor\u00e9al, les La Fayette ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues pour de longs d\u00e9ploiements solitaires, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il convenait de contrer la menace croissante des missiles antinavire. Apr\u00e8s la guerre des Malouines, en 1982, le conflit entre l\u2019Iran et l\u2019Irak (1986- 1988), qui voit des navires de commerce internationaux attaqu\u00e9s et les marines occidentales oblig\u00e9es d\u2019assurer des escortes de p\u00e9troliers dans le golfe Arabo-persique et le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, marque un tournant. Le besoin op\u00e9rationnel pour les futures fr\u00e9gates est calqu\u00e9 sur le sc\u00e9nario de la guerre Iran-Irak. Comme il est hors de question de tirer en premier, il faut une plateforme qui soit extr\u00eamement difficile \u00e0 d\u00e9tecter \u00e0 dont l\u2019architecture maximise l\u2019efficacit\u00e9 des leurres antimissiles, tout en \u00e9tant capable d\u2019encaisser des agressions. C\u2019est ainsi que les La Fayette deviennent les premi\u00e8res fr\u00e9gates furtives, repr\u00e9sentant une rupture en termes d\u2019architecture navale et de combat en mer. Fini les passes lat\u00e9raux d\u00e9couverts et les excroissances en tous genres, leurs lignes sont \u00e9pur\u00e9es au maximum, la plage avant est recouverte, les passes ext\u00e9rieurs \u00e9limin\u00e9s au profit de coursives lat\u00e9rales internes (ce qui permet d\u2019int\u00e9grer une double cloison). Une partie des superstructures, dont le hangar, les m\u00e2ts et la partie sup\u00e9rieure de la plage avant sont r\u00e9alis\u00e9s en mat\u00e9riaux composites, ce qui permet d\u2019absorber des ondes radar tout en gagnant du poids pour renforcer le blindage des zones critiques. M\u00eame la tourelle de 100 mm est sp\u00e9cialement redessin\u00e9e pour \u00eatre plus furtive, les formes et les \u00e9missions du DRBV-15C \u00e9tant aussi optimis\u00e9es pour en faire un radar tr\u00e8s discret. Ainsi, la signature radar, mais aussi infrarouge des FLF est r\u00e9duite au maximum, ces b\u00e2timents \u00e9tablissant durablement de nouveaux standards en mati\u00e8re de furtivit\u00e9. Non seulement pour \u00e9voluer discr\u00e8tement en se faisant passer pour des unit\u00e9s bien plus petites, mais aussi en mati\u00e8re de lutte antinavire, l\u2019adversaire n\u2019imaginant pas, s\u2019il d\u00e9tecte quelque chose avant d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9, avoir \u00e0 faire \u00e0 une fr\u00e9gate de cette taille dot\u00e9e de missiles Exocet.\u00a0<\/p>\n<p>Trente ans apr\u00e8s, ces qualit\u00e9s sont toujours l\u00e0<\/p>\n<p>Alors, bient\u00f4t trente ans apr\u00e8s la mise en service du La Fayette et en tenant compte des progr\u00e8s technologiques accomplis depuis, en particulier en mati\u00e8re de radars, ces fr\u00e9gates sont-elles toujours des mod\u00e8les de furtivit\u00e9\u00a0? \u00ab\u00a0Oui, assur\u00e9ment\u00a0\u00bb, r\u00e9pond sans h\u00e9siter le commandant du Coubert. \u00ab\u00a0La furtivit\u00e9 est une qualit\u00e9 intrins\u00e8que de ces b\u00e2timents et elles continuent de tenir la comparaison avec des unit\u00e9s plus modernes, c\u2019est un constat. A chaque fois que l\u2019on croise un bateau fran\u00e7ais, la distance \u00e0 laquelle on nous prend au radar est toujours tr\u00e8s satisfaisante\u00a0\u00bb, confie le CF Monastier. L\u2019officier estime que cette furtivit\u00e9 est par exemple \u00ab\u00a0une qualit\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9cieuse et utile pour les op\u00e9rations sp\u00e9ciales, pour lesquelles, en plus d\u2019\u00eatre tr\u00e8s discrets, nous sommes bien dimensionn\u00e9s avec une grande plateforme h\u00e9licopt\u00e8re et la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9ployer des embarcations commandos\u00a0\u00bb. Et en mati\u00e8re de lutte antinavire\u00a0? \u00ab\u00a0Ces fr\u00e9gates sont toujours redoutablement efficaces\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>      Le capitaine de fr\u00e9gate J\u00e9r\u00e9my Monastier, commandant du Courbet.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le Courbet int\u00e9gr\u00e9 au groupe a\u00e9ronaval en d\u00e9cembre dernier<\/p>\n<p>Imagin\u00e9es initialement pour \u0153uvrer le plus souvent de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, les FLF sont maintenant de plus en plus souvent int\u00e9gr\u00e9es dans des forces navales, \u00e0 l\u2019image par exemple de l\u2019Aconit qui navigue actuellement, en mer Baltique, au sein du SNMG1 de l\u2019OTAN. Le Courbet a quant \u00e0 lui, lors de sa derni\u00e8re mission en M\u00e9diterran\u00e9e fin 2024, travaill\u00e9 avec le groupe a\u00e9ronaval (GAN) emmen\u00e9 par le Charles de Gaulle. C\u2019\u00e9tait en d\u00e9cembre dernier, au moment du renversement du r\u00e9gime de Bachar el-Assad en Syrie. La fr\u00e9gate se trouvait alors en mission en M\u00e9diterran\u00e9e orientale, contribuant \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de la situation dans la zone, alors que le GAN venait de quitter Toulon pour la mission Clemenceau 25, d\u00e9butant son d\u00e9ploiement par une s\u00e9quence m\u00e9diterran\u00e9enne avant de franchir Suez pour poursuivre en Indopacifique. Gr\u00e2ce aux \u00e9volutions apport\u00e9es par la r\u00e9novation, en particulier en mati\u00e8re de syst\u00e8me de combat et de transmissions\u00a0; avec par exemple la JRE (Joint Range Extension) en plus de la L11 et en attendant la L22 (avec laquelle tout le groupe a\u00e9ronaval fonctionne d\u00e9sormais), le Courbet a pu parfaitement s\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019escorte du porte-avions. \u00ab\u00a0Les liaisons de donn\u00e9es permettent d\u2019assurer la connectivit\u00e9 et nous avons pu partager la situation tactique. Cette int\u00e9gration au GAN s\u2019est tr\u00e8s bien pass\u00e9e et, m\u00eame si cela a \u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re inopin\u00e9e, on a \u00e9t\u00e9 au rendez-vous, ce qui est une grande source de satisfaction\u00a0pour tout l\u2019\u00e9quipage \u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>De quoi rendre de pr\u00e9cieux services jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 2030<\/p>\n<p>Ainsi, bien que moins puissamment arm\u00e9es (sauf en mati\u00e8re de lutte antinavire) et \u00e9quip\u00e9es que les r\u00e9centes unit\u00e9s lourdes de la Marine nationale, fr\u00e9gates de d\u00e9fense a\u00e9rienne (FDA) et fr\u00e9gates multi-missions (FREMM), mais aussi les FDI qui leur succ\u00e8deront, les FLF constituent encore un bel atout en mati\u00e8re d\u2019op\u00e9rations navales. Et comme elles sont bien entretenues, la Marine nationale va pouvoir encore en profiter un certain nombre d\u2019ann\u00e9es, au moins jusqu\u2019au d\u00e9but de la prochaine d\u00e9cennie. \u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a9 Un article de la r\u00e9daction de Mer et Marine.\u00a0Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.<\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La fr\u00e9gate l\u00e9g\u00e8re furtive (FLF) Courbet fait l\u2019objet depuis plus de deux mois d\u2019un arr\u00eat technique majeur (ATM)&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":75455,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9619],"tags":[1111,11,6130,6141,6131,6138,2380,6135,554,1777,6136,674,1011,27,6139,6134,3135,6128,567,6129,6127,12,6132,4838,882,6133,25,6140,6137,2310],"class_list":{"0":"post-75454","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-toulon","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-chantiers","11":"tag-commando","12":"tag-construction-navale","13":"tag-costa","14":"tag-croisiere","15":"tag-dcns","16":"tag-defense","17":"tag-eu","18":"tag-euronaval","19":"tag-europe","20":"tag-fr","21":"tag-france","22":"tag-fremm","23":"tag-interviews","24":"tag-littoral","25":"tag-marine","26":"tag-marine-nationale","27":"tag-maritime","28":"tag-mer","29":"tag-news","30":"tag-offshore","31":"tag-peche","32":"tag-provence-alpes-cote-dazur","33":"tag-reportages","34":"tag-republique-francaise","35":"tag-sncm","36":"tag-stx","37":"tag-toulon"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114452449411345014","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75454"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75454\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/75455"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}