{"id":775147,"date":"2026-03-04T14:17:26","date_gmt":"2026-03-04T14:17:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/775147\/"},"modified":"2026-03-04T14:17:26","modified_gmt":"2026-03-04T14:17:26","slug":"timothee-de-fombelle-pierre-adrian-gilles-paris-notre-selection-de-livres-a-lire-cette-semaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/775147\/","title":{"rendered":"Timoth\u00e9e de Fombelle, Pierre Adrian, Gilles Paris\u2026 Notre s\u00e9lection de livres \u00e0 lire cette semaine"},"content":{"rendered":"<p><strong>La vie enti\u00e8re, de Timoth\u00e9e de Fombelle<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>En temps de guerre et de pers\u00e9cution, l\u2019imagination appara\u00eet comme le dernier recours de ceux qui n\u2019en ont plus. <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/la-tribune-dimanche\/culture-et-tendances\/livres\/camille-kouchner-romain-gary-metin-arditi-nos-critiques-litteraires-de-la-semaine-1022076.html\" target=\"_blank\" article-id=\"1425755206173715\" rel=\"nofollow noopener\">Romain Gary<\/a> s\u2019en est servi pour survivre \u00e0 un camp nazi quand, avec ses amis, il se repr\u00e9sentait la grande libert\u00e9 des \u00e9l\u00e9phants dans la savane. Et c\u2019est en se figurant que sa m\u00e8re assassin\u00e9e allait un jour revenir que le petit Aharon Appelfeld a pu r\u00e9chapper \u00e0 l\u2019extermination des Juifs d\u2019Europe centrale.<\/p>\n<p>Le dispositif invent\u00e9 par Timoth\u00e9e de Fombelle, c\u00e9l\u00e8bre auteur jeunesse, s\u2019apparente \u00e0 ces deux cas. Seule dans une pi\u00e8ce face \u00e0 une machine \u00e0 \u00e9crire, Claire, tr\u00e8s jeune r\u00e9sistante, attend son contact, Blanche, dont elle est amoureuse. Il vient toujours \u00e0 5 heures, lui dicter ses \u00ab feuilles volantes \u00bb, bulletin de leur r\u00e9seau clandestin. En cas de retard non annonc\u00e9, Claire devra dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Et l\u2019heure est pass\u00e9e, et au lieu de fuir une arrestation imminente, Claire reste, inventant, sur sa machine \u00e0 \u00e9crire, un avenir \u00e0 deux qui n\u2019adviendra jamais. Conqu\u00e9rant, en somme, par\u202fla puissance de son imagination et de son amour, la vie enti\u00e8re que les Allemands s\u2019appr\u00eatent \u00e0 lui voler.<\/p>\n<p>Dispositif \u00e9l\u00e9mentaire, pagination br\u00e8ve, propos vertigineux : il s\u2019agit de rien de moins que de mettre en sc\u00e8ne la r\u00e9action d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e du vouloir-vivre qui, face \u00e0 l\u2019irr\u00e9m\u00e9diable, n\u2019a plus que la fiction comme issue. Soit, pour Claire, la vision d\u2019un bonheur modeste, parfois racont\u00e9 du point de vue de la vieille dame qu\u2019elle ne deviendra pas : \u00ab Hier, j\u2019ai eu dix-neuf ans, mais il y a sous mes mains cette nuit une femme qui se met \u00e0 exister dans ma chambre, bavarde et vieille. Elle descend le clavier comme un escalier d\u2019honneur. Une femme tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e qui parle et me survivra. C\u2019est moi. J\u2019ai des souvenirs d\u2019avance, serr\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, roul\u00e9s ensemble. \u00bb<\/p>\n<p>Cette magie repose sur des proc\u00e9d\u00e9s tr\u00e8s simples : des refrains r\u00e9p\u00e9t\u00e9s par Claire comme des mantras, des conjugaisons qui glissent du futur au pr\u00e9sent : \u00ab Il sourira. Il me dira vous, comme au premier jour. Sa peau brille. Il ne rel\u00e8ve m\u00eame pas la t\u00eate. \u00bb Proc\u00e9d\u00e9s qui ne fonctionneraient pas si Fombelle n\u2019y mettait une conviction poignante : \u00ab Il parlait des morts. \u00c0 ceux qui restaient, il commandait de tenir ces promesses laiss\u00e9es par d\u2019autres. Cette nuit, j\u2019ob\u00e9is. Je fais en urgence ce qu\u2019il a dit. \u00c9crire une vie de d\u00e9sir. \u00bb<\/p>\n<p>Avec un tel propos, le risque de d\u00e9bordement lacrymal appara\u00eet tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, mais le style de Fombelle, tout en phrases courtes, parvient \u00e0 contenir l\u2019\u00e9motion sans l\u2019affaiblir. Cern\u00e9e par les ombres \u2013 ce voisin collabo qui l\u2019a s\u00fbrement d\u00e9nonc\u00e9e, ces camarades de lutte arr\u00eat\u00e9s depuis peu \u2013, Claire, dont le nom n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 choisi par hasard, alimente sa pauvre flamme qu\u2019un rien suffirait \u00e0 souffler. En attendant, voyez comme elle brille !\u202f<\/p>\n<p><img alt=\"La vie enti\u00e8re, de Timoth\u00e9e de Fombelle, Gallimard, 80 pages, 10 euros.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/x-1772200319_b85fe09970a96ac5fe09970a9806fev_.jpg\"\/>La vie enti\u00e8re, de Timoth\u00e9e de Fombelle, Gallimard, 80 pages, 10 euros. (Cr\u00e9dits : LTD\/DR)<\/p>\n<p><strong>Le r\u00eave inachev\u00e9 de Jack Kerouac, de Pierre Adrian<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>C\u2019est en 1721 qu\u2019un homme, un Breton, Urbain-Fran\u00e7ois Le Bihan, sieur de Kervoac, fils de notaire, embarque vers la Nouvelle-France et \u00e9pouse au Qu\u00e9bec une certaine Marie-Louise Bernier. Le couple fera souche outre-Atlantique et, deux si\u00e8cles plus tard, na\u00eet aux \u00c9tats-Unis Jean-Louis dit \u00ab Ti-Jean \u00bb et aussi <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/blogs\/generation-deuxieme-gauche\/20141031trib2776aa7a0\/voyage-dans-la-plus-europeenne-des-villes-americaines.html\" target=\"_blank\" article-id=\"36488091095500\" rel=\"nofollow noopener\">\u00ab Jack \u00bb Kerouac<\/a>, \u00e9crivain qui tutoya comme chacun sait, sur les routes, les ailes des anges et le cul des bouteilles, jusqu\u2019au sacrifice de sa vie. Kerouac qui se souvint toujours du conseil de son p\u00e8re : \u00ab n\u2019oublie jamais que tu es un Breton.\u202f\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 tel point qu\u2019en juin\u202f1965 le voici de retour vers cette terre promise, dont la promesse ne sera pour lui qu\u2019un leurre suppl\u00e9mentaire. Il s\u00e9journe deux jours et une nuit \u00e0 <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/entreprises-finance\/energie-environnement\/76910672520869\/energies-marines-le-port-de-brest-se-reve-en-hub-strategique\" target=\"_blank\" article-id=\"76910672520869\" rel=\"nofollow noopener\">Brest<\/a>. Parmi les bistrots, les marins, les alcools forts, les filles qui ne le sont pas moins\u2009: une petite mythologie portative o\u00f9 il se sent bien (autant que sa sant\u00e9 d\u00e9j\u00e0 d\u00e9faillante le lui permette) et dont il portera t\u00e9moignage dans un court livre, Satori \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, un autre \u00e9crivain, l\u2019un des plus brillants de sa g\u00e9n\u00e9ration, Pierre Adrian, accompagn\u00e9 de son ami le photographe Yann Stofer, quitte sa Rome d\u2019adoption pour rejoindre \u00e0 son tour les pistes finist\u00e9riennes de Kerouac, dans les rues de la ville et tout au bout de ce monde. Il s\u2019embarque sans illusion\u2009: \u00ab \u00c0 Brest, je me doutais bien qu\u2019on ne trouverait plus aucune trace du passage de Kerouac, mais on rencontrerait un tas de clochards c\u00e9lestes et d\u2019anges d\u00e9chus, des figures voisines, des visages semblables \u00e0 ceux qui avaient jadis peupl\u00e9 sa vie. \u00bb<\/p>\n<p>De Kerouac, Adrian garde le go\u00fbt free-jazz des errances sans but bien \u00e9tabli, des routes vers nulle part, des carrefours des existences. Comme Kerouac, il s\u2019efforce avant tout de voir. Ces provinces qui sont d\u2019abord celles des \u00e2mes, ces histoires d\u2019ailleurs et ces r\u00eaves d\u2019horizons maquill\u00e9s derri\u00e8re la fable de l\u2019enracinement. Peu \u00e0 peu se dessine quelque chose de tr\u00e8s fragile et tr\u00e8s pr\u00e9cieux : une gueule d\u2019atmosph\u00e8re.\u202f<\/p>\n<p><img alt=\"Le r\u00eave inachev\u00e9 de Jack Kerouac, Pierre Adrian (photographies de Yann Stofer), Actes Sud, 128 pages, 17,90 euros (en librairies mercredi).\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/pierre-adrian-1772200319_2fcf21a970a9613df21a970a9d6df2v_.jpg\"\/>Le r\u00eave inachev\u00e9 de Jack Kerouac, Pierre Adrian (photographies de Yann Stofer), Actes Sud, 128 pages, 17,90 euros (en librairies mercredi). (Cr\u00e9dits : LTD\/YANN STOFER)<\/p>\n<p><strong>L\u2019attrape-mots, de Gilles Paris<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>On se fait prendre, et c\u2019est toujours le m\u00eame plaisir, m\u00e9lange d\u2019agacement et d\u2019amusement. Pour son nouveau roman, Gilles Paris choisit de confier le r\u00e9cit \u00e0 Jade, adolescente qui consigne dans son carnet \u00ab attrape-mots \u00bb le vocabulaire des adultes, qu\u2019elle se pla\u00eet \u00e0 recycler dans des d\u00e9buts de romans jamais achev\u00e9s.<\/p>\n<p>Charmante amoureuse du langage, elle nous balade pourtant avec autant d\u2019habilet\u00e9 que l\u2019un des premiers \u00ab narrateurs non fiables \u00bb crois\u00e9s dans nos lectures, celui imagin\u00e9 par <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/la-tribune-dimanche\/culture-et-tendances\/gastronomie-sorties\/lilo-baur-la-reine-du-crime-au-francais-1026196.html\" target=\"_blank\" article-id=\"9934585438713114\" rel=\"nofollow noopener\">Agatha Christie<\/a> dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, qui se r\u00e9v\u00e9lait \u00eatre le coupable du meurtre. Na\u00effs que nous sommes, nous accordons spontan\u00e9ment notre confiance \u00e0 celui qui raconte, et lorsque le pacte se fissure, la lecture se pimente.<\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette br\u00e8che que s\u2019avance L\u2019Attrape-Mots, roman en forme de matriochka o\u00f9 les r\u00e9cits s\u2019embo\u00eetent. Tout semble familier\u2009: la sant\u00e9 fragile de Jade, la librairie paternelle dans \u00ab la rue en pente \u00bb, le petit fr\u00e8re emport\u00e9 par une leuc\u00e9mie, une m\u00e8re vacillante\u2026 Pour tenir, l\u2019adolescente se fait \u00ab\u202ffictophile\u202f\u00bb \u2013 pathologie tr\u00e8s en vogue \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 certains \u00e9pousent <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/tech\/5474071598948214\/quand-l-ia-depasse-le-smartphone-la-revolution-silencieuse-des-francais\" target=\"_blank\" article-id=\"5474071598948214\" rel=\"nofollow noopener\">une IA<\/a> ou un personnage de manga \u2013 et s\u2019\u00e9prend de Holden Caulfield, h\u00e9ros de <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/journal\/edition-du-2309\/rendez-vous-perso\/1043079\/les-auteurs-americains-sont-connectes-sur-la-vie.html\" target=\"_blank\" article-id=\"67202380459869\" rel=\"nofollow noopener\">J.D. Salinger<\/a>.<\/p>\n<p>On croit lire une litt\u00e9rature de consolation, une variation douce-am\u00e8re sur l\u2019enfance, veine dans laquelle excelle l\u2019auteur d\u2019Autobiographie d\u2019une courgette.Mais \u00e0 la moiti\u00e9 du livre, une pointe d\u2019amertume vient relever cette histoire un peu trop sucr\u00e9e. Les chapitres se resserrent, les voix se multiplient, et Gilles Paris nous d\u00e9loge de l\u2019endroit confortable o\u00f9 l\u2019on pensait se tenir. Le roman bascule vers un jeu litt\u00e9raire sur la v\u00e9rit\u00e9, le mensonge, la maladie mentale et la fronti\u00e8re entre fiction et r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Comme toute narration qui se r\u00e9v\u00e8le trompeuse, celle-ci appelle la relecture. Mais ici, elle conduit toujours et surtout \u00e0 L\u2019Attrape-C\u0153urs. Holden lui-m\u00eame n\u2019\u00e9tait-il pas un guide incertain, adolescent en errance r\u00eavant de sauver les enfants du vide, dans son champ de seigle ? Relire J.D.\u202fSalinger, des ann\u00e9es plus tard, entendre le titre original, The Catcher in the Rye, le \u00ab receveur dans le seigle \u00bb charg\u00e9 d\u2019emp\u00eacher la chute vers l\u2019\u00e2ge adulte, c\u2019est mesurer l\u2019\u00e9cart entre nos \u00e9mois d\u2019hier et notre regard d\u2019aujourd\u2019hui. Et faire mentir cette id\u00e9e qu\u2019il existerait un \u00e2ge pour lire certains textes. Les grands romans ne se manquent pas, ils se relisent.<\/p>\n<p><img alt=\"L'attrape-mots, de Gilles Paris, H\u00e9lo\u00efse d'Ormesson, 160 pages, 18 euros.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/gilles-paris-1772200319_df08276970a96d318276970a978182v_.jpg\"\/>L&rsquo;attrape-mots, de Gilles Paris, H\u00e9lo\u00efse d&rsquo;Ormesson, 160 pages, 18 euros. (Cr\u00e9dits : LTD\/Didier Gaillard-Hohlweg)<\/p>\n<p><strong>Transfuge, de Gilles Moraton<\/strong>&#13;\n<\/p>\n<p>Convoqu\u00e9 en exergue de ce livre, le Petit Robert est formel : un transfuge est un tra\u00eetre. Or Gilles Moraton n\u2019en est pas un m\u00eame si les apparences plaident contre lui. 68 ans, fils d\u2019\u00e9migrant espagnol, ouvrier viticole trimant sur les coteaux arides de l\u2019Aude, premier bachelier de sa famille, ancien gar\u00e7on de caf\u00e9, vendangeur, ch\u00f4meur puis biblioth\u00e9caire et auteur d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages, il refuse cette \u00e9tiquette. Pourtant, en litt\u00e9rature, elle est porteuse.<\/p>\n<p>Elle peut conduire \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 soudaine (\u00c9douard Louis) voire au <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/depeches\/reuters\/KBN2R113K\/le-nobel-de-litterature-2022-recompense-la-francaise-annie-ernaux.html\" target=\"_blank\" article-id=\"2346047956128614\" rel=\"nofollow noopener\">prix Nobel (Annie Ernaux)<\/a>. Lui, transfuge de classe ? Jamais ! \u00ab Une expression forg\u00e9e par l\u2019\u00e9lite intellectuelle pour adouber dans sa caste un paria venu d\u2019en bas. \u00bb Circonstance aggravante, il semble bien n\u2019avoir jamais souffert de sa condition. Est-ce donc comme une antiphrase ironique qu\u2019il faut comprendre ce titre ? Pourtant chez les Moraton tout manque. Pas de livres, pas de cin\u00e9ma, pas de disques. Ils se partagent \u00ab ce sentiment de n\u2019exister qu\u2019\u00e0 peine \u00bb. Pas de salle de bains non plus.<\/p>\n<p>Cette \u00ab\u202fpi\u00e8ce en plus\u202f\u00bb qui sera pour beaucoup dans la volont\u00e9 de l\u2019auteur d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une autre r\u00e9alit\u00e9, non pas sup\u00e9rieure mais diff\u00e9rente. \u00c0 un autre statut. Mais pas de honte de n\u2019\u00eatre que ce que l\u2019on est. De la d\u00e9rision, au contraire. De l\u2019humour, m\u00eame : \u00ab Se prendre au s\u00e9rieux quand on sait comment cela va finir, pas la peine.\u202f\u00bb D\u00e9jouant les pi\u00e8ges de la confession rousseauiste int\u00e9grale aussi bien que ceux du pamphlet politique exalt\u00e9, Gilles Moraton opte le plus souvent pour l\u2019humour, la vivacit\u00e9 et l\u2019\u00e9motion l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que se r\u00e9sout le conflit qui aurait pu \u00eatre explosif entre le p\u00e8re communiste, rest\u00e9 stalinien m\u00eame apr\u00e8s la mort du Petit P\u00e8re des peuples, et le fils trotskiste, admirateur d\u2019Iron Man puis de <a href=\"https:\/\/cse.google.com\/cse?cx=7224492ce357c42ad\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">Neil Armstrong<\/a>, le premier homme \u00e0 avoir march\u00e9 sur la Lune en 1969. Un pacte se noue\u2009: les photos de l\u2019un et de l\u2019autre orneront le frigo dans la cuisine. Heureusement, toute la famille s\u2019unit dans l\u2019admiration pour <a href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/la-tribune-dimanche\/culture-et-tendances\/gastronomie-sorties\/service-a-la-francaise-le-retour-du-geste-qui-enchante-la-table-1032173.html\" target=\"_blank\" article-id=\"4032161314668\" rel=\"nofollow noopener\">Louis de Fun\u00e8s<\/a>.<\/p>\n<p>Parcourant son enfance, son adolescence et ses premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019adulte au travers de quelques p\u00e9rip\u00e9ties fragmentaires, l\u2019auteur parvient en outre \u00e0 \u00e9viter le pi\u00e8ge de la nostalgie pour sublimer sa mis\u00e8re originelle. Pas question, \u00e9crit-il, de s\u2019y complaire \u00ab comme un cochon dans sa fange en fr\u00e9tillant des jambons \u00bb. \u00c0 ce titre, ce petit livre, vif et inspir\u00e9, pourrait tout aussi bien \u00eatre un trait\u00e9 de morale et d\u2019esth\u00e9tique.\u202f<\/p>\n<p><img alt=\"Transfuge, de Gilles Moraton, Maurice Nadeau, 96 pages, 17 euros.\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/x-1772200320_0d62ed7970a960172ed7970a9e472ev_.jpg\"\/>Transfuge, de Gilles Moraton, Maurice Nadeau, 96 pages, 17 euros. (Cr\u00e9dits : LTD\/DR)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La vie enti\u00e8re, de Timoth\u00e9e de Fombelle&#13; En temps de guerre et de pers\u00e9cution, l\u2019imagination appara\u00eet comme le&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":775148,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1888],"tags":[5734,11,85775,1777,674,85774,1011,27,7238,3102,7367,1380,12,626,11850,25,1650,5572,82942],"class_list":["post-775147","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-paris","tag-5734","tag-actualites","tag-adrian","tag-eu","tag-europe","tag-fombelle","tag-fr","tag-france","tag-gilles","tag-la-tribune-dimanche","tag-lire","tag-livres","tag-news","tag-paris","tag-pierre","tag-republique-francaise","tag-selection","tag-semaine","tag-timothee"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116171338692248344","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/775147","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=775147"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/775147\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/775148"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=775147"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=775147"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=775147"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}