{"id":79013,"date":"2025-05-06T10:14:08","date_gmt":"2025-05-06T10:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/79013\/"},"modified":"2025-05-06T10:14:08","modified_gmt":"2025-05-06T10:14:08","slug":"pres-danvers-une-maison-darchitecte-concue-pour-lart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/79013\/","title":{"rendered":"Pr\u00e8s d&rsquo;Anvers, une maison d&rsquo;architecte con\u00e7ue pour l&rsquo;art"},"content":{"rendered":"<p>Une h\u00e9t\u00e9rotopie artistique. Voici comment ce projet unique nous est racont\u00e9 par son auteur, l\u2019architecte belge <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/adinspiration\/article\/ad100-2021-nicolas-schuybroek\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Nicolas Schuybroek<\/a>. Une \u0153uvre totale \u00e9galement. D\u00e9finie par Michel Foucault dans les ann\u00e9es 1960, l\u2019h\u00e9t\u00e9rotopie est un lieu \u00e0 part, hors du temps, en rupture avec son environnement. \u00ab Vers\u00e9s dans l\u2019art, la philosophie et l\u2019architecture \u00bb, les propri\u00e9taires souhaitaient donc une maison h\u00e9t\u00e9rotope pour accueillir leur impressionnante collection d\u2019art contemporain. James Turrell, Louise Bourgeois, Anish Kapoor&#8230; \u00ab Le projet est n\u00e9 de cette notion de repli sur soi et a ainsi commenc\u00e9 par une architecture de masse, un volume tr\u00e8s ferm\u00e9, d\u00e9crit l\u2019architecte. Lorsque l\u2019on pousse la lourde porte d\u2019entr\u00e9e en acier, on p\u00e9n\u00e8tre dans un univers <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/art\/news\/diaporama\/la-ceramique-onirique-dagnes-debizet\/60945\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">onirique<\/a>. \u00bb<\/p>\n<p>La maison s\u2019ouvre sur cette pi\u00e8ce, dont la fen\u00eatre basse s\u2019apparente \u00e0 une \u0153uvre d\u2019art. \u00c0 gauche, Figure, 1960, une sculpture en bronze de Louise Bourgeois, fait face \u00e0 Baigneuse devant la mer, 1910, un tableau de L\u00e9on Spilliaert. Pr\u00e8s de la fen\u00eatre, Circular Glass Block, 2011, une sculpture en verre de Roni Horn.<\/p>\n<p>Matthieu Salvaing<\/p>\n<p>Au mur, l\u2019\u0153uvre monumentale d\u2019Anish Kapoor, Untitled, aluminium and pigment, 1996, est l\u2019une des pi\u00e8ces ma\u00eetresses de la maison. Sur la console murale Triple Sliding Door Wall Cabinet, ca. 1950, de George Nakashima, Signal, 1959, une sculpture de Panayiotis Vassilakis, dit Takis. Sur la table, Goutte d\u2019eau, ca. 1970, d\u2019Ado Chale, une sculpture africaine Dogon du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Matthieu SalvaingUn concept math\u00e9matique<\/p>\n<p>La construction repose sur une base carr\u00e9e de 20 m\u00e8tres, d\u2019o\u00f9 s\u2019ensuivent diff\u00e9rents blocs. Un concept \u00ab math\u00e9matique \u00bb, n\u00e9anmoins temp\u00e9r\u00e9 par un jardin foisonnant d\u2019une grande douceur et une fa\u00e7ade sensorielle \u00e0 base de terre, de ciment et de gravier. Pour le couple propri\u00e9taire anversois, cette radicalit\u00e9 remplit deux desseins. Le premier, cr\u00e9er l\u2019\u00e9crin parfait pour abriter leurs pr\u00e9cieuses \u0153uvres d\u2019art \u2013 dont des pi\u00e8ces monumentales et complexes \u00e0 installer \u2013, et pr\u00e9voir un espace suffisamment flexible pour leur permettre d\u2019agrandir leur <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/article\/new-york-frick-collection-nouvel-ecrin\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">collection<\/a>. Le second, \u00ab \u00e9viter l\u2019effet mus\u00e9e avec un d\u00e9cor fig\u00e9, clinique \u00bb, explique Nicolas Schuybroek.<\/p>\n<p>\u00ab Lorsque l\u2019on pousse la lourde porte d\u2019entr\u00e9e en acier, on p\u00e9n\u00e8tre dans un univers onirique. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019architecte Nicolas Schuybroek<\/p>\n<p>La fa\u00e7ade en b\u00e9ton pis\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur mesure \u00e0 la main par des artisans.<\/p>\n<p>Matthieu Salvaing<\/p>\n<p>Dans le bureau, face \u00e0 une biblioth\u00e8que en ch\u00eane ancien sur mesure dessin\u00e9e par Nicolas Schuybroek, un bureau et une chaise, ca. 1958, de Pierre Jeanneret, des tables basses en m\u00e9tal (Liaigre) et Lot III, 2012, une sculpture d\u2019Antony Gormley.<\/p>\n<p>Matthieu SalvaingUne architecture-art<\/p>\n<p>Il a ainsi dessin\u00e9 une maison \u00ab vaste, pratique et durable, mais vivante, gr\u00e2ce \u00e0 des mat\u00e9riaux qui se patinent et s\u2019embellissent au fil du temps \u00bb, \u00e0 l\u2019instar de la couleur \u00ab os \u00bb textur\u00e9e qui habille les murs et donne \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur toute sa profondeur. Baign\u00e9e de lumi\u00e8re, la structure s\u2019articule autour d\u2019un atrium central. Un d\u00e9cor quasi mystique, qui accueille, d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e, les gestes de <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/art\/portfolio\/diaporama\/lunivers-intime-de-louise-bourgeois\/23944\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Louise Bourgeois<\/a>, L\u00e9on Spilliaert et Roni Horn, caress\u00e9s par la lumi\u00e8re z\u00e9nithale. \u00ab Cette trinit\u00e9 est une premi\u00e8re surprise. La fen\u00eatre basse japonaise, ouvrant la vue sur le bonsa\u00ef ext\u00e9rieur, devient presque une quatri\u00e8me \u0153uvre d\u2019art \u00bb, indique l\u2019architecte. L\u2019escalier en bois ancien, sculptural, relie les espaces et invite \u00e0 leur contemplation, \u00ab accrochant l\u2019\u0153il \u00bb \u00e0 chaque \u00e9tage.<\/p>\n<p>Le salon installe une ambiance onirique avec au mur Circular Glass, 2020, l\u2019\u0153uvre extraordinaire de James Turrell. \u00c0 gauche, Green Balloon, 2011, un tableau de Micha\u00ebl Borremans, anime la paire de fauteuils et le canap\u00e9 Ours Polaire de Jean Roy\u00e8re. Le bois r\u00e9chauffe la pi\u00e8ce, avec la chauffeuse en teck Kangourou, de Pierre Jeanneret, ca. 1955, et une console en noyer ancien dessin\u00e9e sur mesure par Nicolas Schuybroek.<\/p>\n<p>La cuisine fait dialoguer le bois et la pierre avec, autour d\u2019une table d\u2019Axel Vervoordt, les chaises Chapo S34 de Pierre Chapo et Zig Zag de Gerrit Rietveld (mod\u00e8le Gerard van de Groenekan, 1940). Sur l\u2019\u00eelot, Untitled, 1993, une c\u00e9ramique d\u2019Enric Mestre. Suspension en verre de John Pawson.<\/p>\n<p>Matthieu SalvaingUne atmosph\u00e8re min\u00e9rale<\/p>\n<p>La cuisine c\u00e9l\u00e8bre, elle aussi, les mati\u00e8res expressives comme le noyer et le sol en gravier de lave. Quant au s\u00e9jour, il laisse place \u00e0 l\u2019\u0153uvre lumineuse magistrale de <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/adactualites\/article\/artiste-james-turrell-nouvelle-installation-fascinante-en-uruguay\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">James Turrell<\/a>. \u00ab Son cycle complet dure trois heures. Lors du reportage photo, nous avons attendu, avec Matthieu Salvaing (le photographe, ndlr), et le soleil est apparu par la fen\u00eatre, se souvient Nicolas Schuybroek. Un moment magique. \u00bb \u00c0 l\u2019\u00e9tage, la chambre minimale, \u00ab avec juste un lit \u00bb, vibre \u00e0 travers le tableau \u00ab incroyable \u00bb de Megan Rooney ; m\u00eame ambiance dans la salle de bains \u00e0 l\u2019aspect min\u00e9ral, r\u00e9chauff\u00e9e par l\u2019\u0153uvre de Robert Mangold et la mat\u00e9rialit\u00e9 chaleureuse du dressing en lin attenant.<\/p>\n<p>\u00ab Cet int\u00e9rieur est chaleureux, sans aucun \u00e9l\u00e9ment superflu. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019architecte Nicolas Schuybroek.<\/p>\n<p>Le dressing est enti\u00e8rement recouvert de lin brut. Sur la console, Yakinuki-Tyoe Rock Tea Bowl, 2021, une c\u00e9ramique de Raku Kichizaemon XV. Tapis (Bruder).<\/p>\n<p>Matthieu Salvaing<\/p>\n<p>Dans la salle de bains en marbre de Carrare ponc\u00e9, Orange\/Black Zone, 1996, un tableau de Robert Mangold.<\/p>\n<p>Matthieu SalvaingArt et design en dialogue<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, gr\u00e2ce \u00e0 Nicolas Schuybroek, le design s\u2019inscrit \u00e0 sont tour dans la collection priv\u00e9e du couple propri\u00e9taire. \u00ab Passionn\u00e9s par l\u2019art, ils n\u2019avaient pas encore consid\u00e9r\u00e9 les meubles comme des \u0153uvres \u00e0 part enti\u00e8re, pr\u00e9cise l\u2019architecte, qui les a initi\u00e9s \u00e0 Gerrit Rietveld, Ado Chale ou <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/adactualites\/article\/vente-encheres-pierre-jeanneret\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Pierre Jeanneret<\/a>. Pour moi, la chaise Zig Zag de Gerrit Rietveld est une pi\u00e8ce mus\u00e9ale. \u00bb Et pour adoucir la frugalit\u00e9 de la structure blanche, il a introduit un mobilier h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, provenant de France, de Scandinavie et de ses propres dessins. \u00ab Ce m\u00e9lange int\u00e9ressant fonctionne tr\u00e8s bien dans la tactilit\u00e9 du projet \u00bb, confirme-t-il. Et de conclure : \u00ab <a href=\"https:\/\/www.admagazine.fr\/article\/un-interieur-comme-une-douce-epure-a-deux-pas-de-letoile\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Cet int\u00e9rieur est chaleureux<\/a>, sans aucun \u00e9l\u00e9ment superflu. \u00bb Une d\u00e9monstration de puissance architecturale \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une h\u00e9t\u00e9rotopie artistique. 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