{"id":814188,"date":"2026-03-21T10:42:18","date_gmt":"2026-03-21T10:42:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/814188\/"},"modified":"2026-03-21T10:42:18","modified_gmt":"2026-03-21T10:42:18","slug":"lalerte-en-profondeur-de-laurent-ballesta","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/814188\/","title":{"rendered":"l\u2019alerte en profondeur de Laurent Ballesta"},"content":{"rendered":"<p> <strong>M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong> : une mer sous pression, l\u2019alerte de Laurent Ballesta<\/p>\n<p>La M\u00e9diterran\u00e9e \u00e9touffe. Fr\u00e9quentation record, usages multiples, pression constante : pour le plongeur et biologiste Laurent Ballesta, cette mer famili\u00e8re est devenue l\u2019un des espaces les plus fragiles au monde. \u00c0 force d\u2019\u00eatre partout, elle est aussi celle que l\u2019on ab\u00eeme le plus. Et le constat est sans d\u00e9tour.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Ce ne peut pas \u00eatre un espace de libert\u00e9 quand on est des centaines de milliers d\u2019usagers \u00bb<\/strong>, tranche-t-il. Derri\u00e8re cette phrase, une r\u00e9alit\u00e9 : contrairement \u00e0 la terre, la mer reste largement sans r\u00e8gles. Navigation, mouillage, p\u00eache\u2026 presque tout y est encore possible. Trop possible.<\/p>\n<p>Dans certaines zones, jusqu\u2019\u00e0 <strong>300 ancres par jour<\/strong> s\u2019\u00e9crasent sur les fonds. Les herbiers sont d\u00e9truits, les habitats fragilis\u00e9s. Et la biodiversit\u00e9 encaisse, en silence.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong> : prot\u00e9ger vraiment, pas seulement sur le papier<\/p>\n<p>Les aires marines prot\u00e9g\u00e9es existent. Mais leur efficacit\u00e9 reste limit\u00e9e. <strong>\u00ab \u00c0 99 %, on peut faire \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qu\u2019on veut \u00bb<\/strong>, rappelle Laurent Ballesta. Une protection souvent th\u00e9orique.<\/p>\n<p>Pour lui, il faut changer d\u2019\u00e9chelle et de logique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cr\u00e9er de vrais sanctuaires<\/strong>, totalement pr\u00e9serv\u00e9s<\/li>\n<li><strong>R\u00e9guler l\u2019ensemble de la mer<\/strong>, comme sur terre<\/li>\n<li><strong>Encadrer les usages<\/strong> : vitesse, mouillage, p\u00eache<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une id\u00e9e simple. Sur terre, personne n\u2019imagine circuler sans r\u00e8gles. En mer, cette r\u00e9gulation reste encore taboue. <strong>\u00ab On ne peut plus tout autoriser partout \u00bb<\/strong>, insiste-t-il.<\/p>\n<p>Le paradoxe est brutal. La M\u00e9diterran\u00e9e, berceau des civilisations, pourrait devenir leur tombeau \u00e9cologique.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Une mer qui change, sous nos yeux<\/p>\n<p>Le constat est aussi intime. Laurent Ballesta plonge depuis plus de 30 ans dans les eaux d\u2019Occitanie. Et certaines images ont disparu.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Il y a des endroits o\u00f9 je ne peux plus refaire les photos que je faisais avant \u00bb,<\/strong> confie-t-il. Dans l\u2019H\u00e9rault ou le Vidourle, les \u00e9cosyst\u00e8mes ont bascul\u00e9. Les esp\u00e8ces se rar\u00e9fient. Les paysages changent.<\/p>\n<p>Ses photographies deviennent parfois des <strong>archives d\u2019un monde disparu<\/strong>.<\/p>\n<p>Pourtant, quelques signaux positifs existent. L\u00e0 o\u00f9 des zones sont strictement prot\u00e9g\u00e9es, la vie revient. Vite. Fort. Mais ces sanctuaires repr\u00e9sentent \u00e0 peine <strong>0,1 % de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p>Un chiffre d\u00e9risoire face aux enjeux.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Montrer ne suffit plus \u00e0 prot\u00e9ger<\/p>\n<p>Longtemps, une id\u00e9e dominait : montrer la beaut\u00e9 du monde pour inciter \u00e0 le pr\u00e9server. Laurent Ballesta n\u2019y croit plus.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Quand on montre quelque chose de beau, on cr\u00e9e de la convoitise \u00bb,<\/strong> analyse-t-il. \u00c0 l\u2019\u00e8re des r\u00e9seaux sociaux, l\u2019image attire plus qu\u2019elle ne prot\u00e8ge.<\/p>\n<p>Chaque photo devient une invitation \u00e0 venir. \u00c0 consommer. \u00c0 reproduire.<\/p>\n<p>Alors il propose une autre approche. Montrer non pas le beau, mais <strong>le myst\u00e8re<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Ce qui m\u2019int\u00e9resse, ce n\u2019est pas la beaut\u00e9 du monde, c\u2019est le myst\u00e8re qui est dedans \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Des cr\u00e9atures \u00e9tranges. Des comportements incompr\u00e9hensibles. Des formes de vie qui interrogent. L\u00e0, selon lui, na\u00eet une autre \u00e9motion. Moins superficielle. Plus profonde.\u00a0Presque une forme de respect.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\nL\u2019aventure commence ici, en M\u00e9diterran\u00e9e<\/p>\n<p>Pas besoin d\u2019aller au bout du monde. Laurent Ballesta en est convaincu.<\/p>\n<p>Une \u00e0 deux fois par semaine, il plonge dans <strong>l\u2019\u00e9tang de Thau<\/strong> ou le <strong>golfe d\u2019Aigues-Mortes<\/strong>. Et il y retourne encore, inlassablement.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Je vais voir un truc que je n\u2019ai pas compris, alors j\u2019y retourne \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Une d\u00e9marche presque scientifique. Une enqu\u00eate sans fin. Comprendre, sans jamais totalement comprendre.\u00a0C\u2019est l\u00e0 que se niche, selon lui, la v\u00e9ritable aventure. Dans cette part d\u2019inconnu qui r\u00e9siste, m\u00eame \u00e0 quelques m\u00e8tres de profondeur.<\/p>\n<p>\u00a0<br \/>\nAgir plut\u00f4t que d\u00e9battre<\/p>\n<p>Optimisme ou pessimisme pour l&rsquo;avenir de la plan\u00e8te ? La question l\u2019agace. <strong>\u00ab \u00c7a ne change rien \u00bb,<\/strong> tranche-t-il. Ce qui compte, ce sont les actes.\u00a0Consommer autrement. Choisir. S\u2019engager. Et voter.<\/p>\n<p>Le reste n\u2019est, selon lui, qu\u2019une posture. Et une posture ne prot\u00e8ge rien.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u201cLoin du ciel\u201d : raconter l\u2019inconnu<\/p>\n<p>Ce regard se retrouve dans son nouveau livre et son exposition <a href=\"https:\/\/laurentballesta.com\/produit\/loin-du-ciel\/\" rel=\"noopener nofollow\" target=\"_blank\"><strong>\u201cLoin du ciel\u201d<\/strong><\/a>, r\u00e9alis\u00e9s avec Pierre Descamp.<\/p>\n<p>Un projet n\u00e9 d\u2019une accumulation inattendue. Une vingtaine de missions, parfois laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9, finalement r\u00e9unies. Antarctique, Polyn\u00e9sie, M\u00e9diterran\u00e9e\u2026 un m\u00eame fil rouge : <strong>l\u2019inconnu<\/strong>.<\/p>\n<p>Le titre s\u2019est impos\u00e9. Parce que sous l\u2019eau, tout semble appartenir \u00e0 un autre monde. \u00c9loign\u00e9 du n\u00f4tre. \u00c9loign\u00e9 du ciel.<\/p>\n<p>Preuve de cette richesse insoup\u00e7onn\u00e9e : un <strong>tome 2 est d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Montpellier : un gala pour la M\u00e9diterran\u00e9e<\/p>\n<p>Ce combat se prolongera \u00e0 Montpellier. Le <strong>19 mai 2026<\/strong>, le Montpellier Handball organise un d\u00eener de gala au FDI Stadium.\u00a0Objectif : soutenir les recherches de Laurent Ballesta sur la biodiversit\u00e9 m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur de ces travaux, une d\u00e9couverte r\u00e9cente au large de la Corse : <strong>pr\u00e8s de 18 millions de nids de picarels<\/strong> sur plus de 700 hectares. Un ph\u00e9nom\u00e8ne unique au monde.<\/p>\n<p>La soir\u00e9e r\u00e9unira partenaires, entreprises et joueurs autour d\u2019une conf\u00e9rence, d\u2019une exposition et d\u2019une vente aux ench\u00e8res.<\/p>\n<p>Une mani\u00e8re de transformer l\u2019alerte en action.\u00a0 Car pour Laurent Ballesta, la question n\u2019est plus de savoir si l\u2019on est inquiet ou confiant. La seule qui compte d\u00e9sormais : <strong>qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ?<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"M\u00e9diterran\u00e9e : une mer sous pression, l\u2019alerte de Laurent Ballesta La M\u00e9diterran\u00e9e \u00e9touffe. 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