{"id":828252,"date":"2026-03-27T12:55:13","date_gmt":"2026-03-27T12:55:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/828252\/"},"modified":"2026-03-27T12:55:13","modified_gmt":"2026-03-27T12:55:13","slug":"international-siderurgie-difficultes-delocution-liam-williams-un-homme-flamboyant-au-parcours-tortueux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/828252\/","title":{"rendered":"International &#8211; Sid\u00e9rurgie, difficult\u00e9s d\u2019\u00e9locution&#8230; Liam Williams, un homme flamboyant au parcours tortueux"},"content":{"rendered":"<p>\n                Liam Williams, l\u2019arri\u00e8re gallois, a annonc\u00e9 la fin de sa carri\u00e8re. Il fallait absolument revivre le parcours de ce joueur exceptionnel qui aurait pu passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa carri\u00e8re dans une s\u00e9rie de coups de pouce providentiels.\n            <\/p>\n<p>Il a incarn\u00e9 le second \u00e2ge d\u2019or du rugby gallois, celui des ann\u00e9es 2010, avec une sorte de classe naturelle m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 une rage de vaincre venue du fond du terrain. On ne verra plus ses relances, ses r\u00e9ceptions a\u00e9riennes sous la pression, une certaine verve offensive port\u00e9e par un gabarit plut\u00f4t l\u00e9ger et une silhouette filiforme et puis, ses fameuses jambes arqu\u00e9es qui constituaient sa vraie signature.<\/p>\n<p>Liam Williams a annonc\u00e9 la fin d\u2019une carri\u00e8re riche de 93 s\u00e9lections avec le pays de Galles plus cinq avec les Lions. C\u2019est sous le maillot aux quatre \u00e9cussons qu\u2019il atteignit \u00e0 notre sens les cimes de son parcours lors de la tourn\u00e9e en Nouvelle-Z\u00e9lande de 2017, sous l\u2019autorit\u00e9 de son mentor, Warren Gatland. Il fut titulaire \u00e0 l\u2019arri\u00e8re pour les trois tests, quelques semaines apr\u00e8s avoir brandi le troph\u00e9e de la Ligue celte gagn\u00e9 avec les Scarlets, dernier succ\u00e8s gallois dans la comp\u00e9tition.<\/p>\n<p>Sous le maillot national, il gagna deux tournois en\u00a02019 et\u00a02021 avec le Grand Chelem en prime. La m\u00eame ann\u00e9e, il v\u00e9cut une victoire en Champions Cup avec les Saracens, car au milieu de sa carri\u00e8re, il avait d\u00e9cid\u00e9 de quitter l\u2019ouest du pays de Galles pour franchir le Severn Bridge, attir\u00e9 par un club londonien qui collectionnait les succ\u00e8s. Cette d\u00e9cision lui avait \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9e par certains supporteurs de Llanelli. Il avait ainsi re\u00e7u des lettres assez violentes, \u00e9crites avec des coupures de journaux qui le qualifiaient de tra\u00eetre.<\/p>\n<p>Liam Williams jouait depuis l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier \u00e0 Newcastle, une \u00e9tape qui n\u2019a rien apport\u00e9 \u00e0 sa l\u00e9gende. Il n\u2019a disput\u00e9 que cinq matchs pour le club de Red Bull \u00e0 cause d\u2019un genou douloureux. Une g\u00eane persistante qui l\u2019a d\u00e9sormais forc\u00e9 \u00e0 prendre une d\u00e9cision irr\u00e9versible. \u00ab\u00a0Je suis professionnel depuis quinze ans, cela a laiss\u00e9 des traces, expliqua l\u2019arri\u00e8re dans un communiqu\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux. Je pense que le moment est venu pour moi de raccrocher. J\u2019ai toujours pens\u00e9 que je partirais selon mes propres conditions. Les probl\u00e8mes de genou dont je souffre depuis quelques ann\u00e9es ont fini par avoir raison de moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des d\u00e9buts\u2026 dans la sid\u00e9rurgie<\/p>\n<p>Liam Williams faisait partie de ces joueurs dont le parcours n\u2019\u00e9tait pas balis\u00e9 \u00e0 l\u2019avance. Il aurait pu ne jamais avoir lieu. Liam avait arr\u00eat\u00e9 l\u2019\u00e9cole \u00e0 seize ans, apr\u00e8s avoir fr\u00e9quent\u00e9 le lyc\u00e9e de Gowerton Comp, le m\u00eame que Dan Biggar et que le Grenoblois Sam Davies. Il avait du talent, mais il fut jug\u00e9 trop fr\u00eale pour emprunter la voie royale. Les Ospreys appos\u00e8rent un veto \u00e0 sa candidature pour une place dans leur acad\u00e9mie. Il se retrouva simple ouvrier dans la sid\u00e9rurgie \u00e0 Port Talbot, cit\u00e9 industrielle sans charme aucun, pr\u00e8s de Swansea. Il travaillait sur des \u00e9chafaudages avec des lunettes et un casque de chantier, bien loin de se douter de ce qui l\u2019attendait. Quelques photos en t\u00e9moignent.<\/p>\n<p>Crampons aux pieds, il jouait pour le petit club de Waunarlwydd RFC sans ambition particuli\u00e8re. Mais un de ses amis, Johnny Lewis, qui jouait \u00e0 Llanelli, dans l\u2019\u00e9lite amateur galloise, l\u2019informa que ce club historique subissait une avalanche de blessures. Parall\u00e8lement, le bon samaritain Johnny Lewis faisait pression sur l\u2019entra\u00eeneur de Llanelli, Anthony Buchanan, pour qu\u2019il teste son ami, dou\u00e9 mais ignor\u00e9 des grands radars. On \u00e9tait au printemps 2009, Liam Williams se retrouva sur le banc pour un Llanelli-Llandovery de fin de saison, il avait alors les cheveux longs et se disait qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 de la chance d\u2019\u00eatre l\u00e0.<\/p>\n<p>Miracle, il se retrouva convoqu\u00e9 pour le premier entra\u00eenement de la saison qui suivit. Sa carri\u00e8re d\u00e9colla ainsi. Elle b\u00e9n\u00e9ficia d\u2019un coup de pouce suppl\u00e9mentaire car le premier choix de Llanelli \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, Dale Ford, se cassa une jambe lors du premier match contre Newport. Liam Williams se retrouva titulaire sans pression et prit son envol. Il quitta la sid\u00e9rurgie pour signer un contrat de 5\u00a0000\u00a0livres annuelles (5\u00a0700\u00a0euros) pour West Swansea Services, et fit pendant deux ans les beaux jours du LRFC, avant d\u2019\u00eatre recrut\u00e9 par les Scarlets, la franchise professionnelle de la r\u00e9gion. Il d\u00e9couvrit comme \u00e7a le rugby de tr\u00e8s haut niveau, en octobre\u00a02011 pour un match de Ligue celte \u00e0 Tr\u00e9vise, lanc\u00e9 par Nigel Davies, le p\u00e8re de Sam. La premi\u00e8re saison, il joua 26 matchs pour les Scarlets et marqua huit essais pour acc\u00e9der au titre de \u00ab\u00a0joueur de l\u2019ann\u00e9e\u00a0\u00bb. D\u00e8s novembre\u00a02011, le s\u00e9lectionneur gallois Warren Gatland le convoqua dans un groupe \u00e9largi pour les tests de l\u2019automne. On avait rarement vu une ascension aussi fulgurante. Liam attendit n\u00e9anmoins juin\u00a02012 pour vivre sa premi\u00e8re s\u00e9lection contre les Barbarians, soit moins d\u2019un an apr\u00e8s ses d\u00e9buts professionnels.<\/p>\n<p>Des difficult\u00e9s d\u2019\u00e9locution<\/p>\n<p>Il venait de signer un bail de treize ans, balis\u00e9 par trois Coupes du monde, une victoire dans le Tournoi et un Grand Chelem. Il fut l\u2019un des totems d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration magnifique, celle des Sam Warburton, George North, Dan Biggar ou Jonathan Davies. Liam Williams souffrait d\u2019un probl\u00e8me d\u2019\u00e9locution, il \u00e9vitait de trop parler dans les m\u00e9dias, non pas par m\u00e9pris, mais parce qu\u2019il souffrait d\u2019un b\u00e9gaiement, renforc\u00e9 par le stress de s\u2019exprimer en public ou devant des inconnus. \u00ab\u00a0\u00c0 cause de \u00e7a, il s\u2019exprimait peu dans les m\u00e9dias. Il avait l\u2019habitude de faire des interviews avec un seul journaliste qu\u2019il connaissait depuis sa jeunesse. Mais il a appris par la suite \u00e0 surmonter ce probl\u00e8me d\u2019expression. Mais \u00e7a n\u2019a jamais affect\u00e9 la bonne image qu\u2019avait le public de lui, au pays de Galles, tout le monde l\u2019aimait. Il restait pr\u00e8s de son club d\u2019origine, il avait les pieds sur terre. C\u2019\u00e9tait un gars qui n\u2019avait pas fait de centre de formation. Ses jambes arqu\u00e9es lui donnaient une d\u00e9marche particuli\u00e8re qui le rendait encore plus populaire.\u00a0\u00bb confie Daffyd Illtud, journaliste gallois francophone.<\/p>\n<p>\u00c9videmment,<a href=\"https:\/\/www.rugbyrama.fr\/rugby\/6-nations\/2022\/tournoi-des-6-nations-2022-liam-williams-galles-compare-a-un-footballeur-par-andy-goode_sto8824246\/story.shtml\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\"> <strong>la deuxi\u00e8me partie de la carri\u00e8re de Liam fut moins florissante<\/strong><\/a>. On a l\u2019impression que la rel\u00e9gation sur tapis vert des Saracens en 2020 marqua une sorte de cassure. Pour des raisons budg\u00e9taires, il dut quitter Londres pour revenir bri\u00e8vement aux Scarlets, faire un passage \u00e0 Cardiff avant de mettre le cap sur le Japon (Kubota Spears) et de revenir tout aussi bri\u00e8vement aux Saracens. Il empocha au passage le Tournoi 2\u00a0021 malgr\u00e9 la d\u00e9faite in extremis \u00e0 Paris qui le fit culpabiliser \u00e0 cause d\u2019un carton jaune. Il fut quand m\u00eame de l\u2019aventure du Mondial 2023, puis on le sentit impuissant \u00e0 enrayer le d\u00e9clin gallois de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Son corps le l\u00e2chait peu \u00e0 peu. Il a v\u00e9cu sa derni\u00e8re cape \u00e0 Paris en f\u00e9vrier\u00a02025 avant de tenter un dernier coup de poker \u00e0 Newcastle qui n\u2019apporta pas grand-chose \u00e0 sa carri\u00e8re. Il s\u2019est exprim\u00e9 ainsi sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0: \u00a0\u00bb Je suis reconnaissant pour chaque souvenir et je remercie tous ceux qui m\u2019ont soutenu tout au long de ce parcours. Ce fut un chemin exceptionnel, mais il est temps de raccrocher les crampons. Place au prochain chapitre.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Liam Williams, l\u2019arri\u00e8re gallois, a annonc\u00e9 la fin de sa carri\u00e8re. 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