{"id":83914,"date":"2025-05-08T07:49:09","date_gmt":"2025-05-08T07:49:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/83914\/"},"modified":"2025-05-08T07:49:09","modified_gmt":"2025-05-08T07:49:09","slug":"a-grenoble-good-service-good-performance-fait-dialoguer-oeuvres-du-passe-et-enjeux-actuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/83914\/","title":{"rendered":"\u00c0 Grenoble, \u201cGood Service, Good Performance\u201d fait dialoguer \u0153uvres du pass\u00e9 et enjeux actuels"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019exposition collective pr\u00e9sent\u00e9e au\u00a0Magasin Cnac revisite l\u2019art du XXe si\u00e8cle pour mieux le faire r\u00e9sonner avec notre pr\u00e9sent et saisir les\u00a0\u00e9volutions du monde.<\/p>\n<p>Les obsessions des artistes des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es peuvent-elles encore nous concerner au XXIe\u00a0si\u00e8cle\u2009? Les\u00a0transformations du temps ont-elles tendance \u00e0 rendre d\u00e9su\u00e8tes des \u0153uvres d\u2019art cens\u00e9es \u00e9clairer l\u2019\u00e9poque dans laquelle elles ont surgi\u2009?<\/p>\n<p>R\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0\u00a0ce qui relie le pass\u00e9 artistique r\u00e9cent \u00e0\u00a0aujourd\u2019hui, l\u2019exposition collective Good Service, Good Performance, au\u00a0Magasin Cnac de Grenoble, sugg\u00e8re que l\u2019art questionne toujours ce\u00a0qui vient. En puisant dans la\u00a0collection de l\u2019Institut d\u2019art contemporain de Villeurbanne des pi\u00e8ces-cl\u00e9s d\u2019artistes des trente derni\u00e8res ann\u00e9es, C\u00e9line Kopp, directrice du Magasin, explique que les \u0153uvres expos\u00e9es \u201crappellent \u00e0\u00a0quel point l\u2019art \u00e9claire notre pr\u00e9sent et\u00a0demeure essentiel pour en penser les\u00a0transformations\u201d.<\/p>\n<p>Les artistes explorent ici autant l\u2019id\u00e9e d\u2019utopie en berne que l\u2019individualisation des modes d\u2019existence, les imp\u00e9ratifs de\u00a0performance r\u00e9gissant nos vies que les\u00a0possibilit\u00e9s d\u2019y r\u00e9sister, l\u2019imaginaire de la\u00a0guerre que les impasses du langage\u2026 Bref, un \u00e9tat du monde dont\u00a0l\u2019art formalise continuellement les\u00a0fissures et les \u00e9lans.<\/p>\n<p>\u00c0\u00a0l\u2019image de la\u00a0grande galerie abritant trois \u0153uvres majeures des ann\u00e9es\u00a01980, 1990 et 2000\u00a0: une installation de Hans Haacke (Creating Consent, 1981) repr\u00e9sentant un baril de p\u00e9trole sur lequel est pos\u00e9e une antenne de t\u00e9l\u00e9vision (ou comment les entreprises capitalistes d\u00e9vorent l\u2019espace de l\u2019information), une vid\u00e9o de Gillian Wearing (Dancing in Peckham, 1994) o\u00f9 l\u2019artiste danse au c\u0153ur d\u2019une galerie commerciale, prisonni\u00e8re de son monde int\u00e9rieur au sein d\u2019un espace public, et Utopia Station, projet con\u00e7u par Hans Ulrich Obrist, Rirkrit Tiravanija et Molly Nesbit en 2003, \u00e0\u00a0la\u00a0Biennale de Venise, sous forme d\u2019invitation faite \u00e0 plus de 300\u00a0artistes \u00e0\u00a0r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019utopie dans un monde post-11-Septembre (projet dont il reste des posters, expos\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en 2004 \u00e0\u00a0Munich, d\u2019Annette Messager, Ed Ruscha, Agn\u00e8s Varda\u2026).<\/p>\n<p>La vid\u00e9o de Hiwa\u00a0K (Pin-Down, 2017), captant la\u00a0fa\u00e7on dont une discussion philosophique d\u00e9rive sur un combat physique, comme si les mots \u00e9chouaient \u00e0\u00a0rassembler les \u00eatres, mais aussi la\u00a0vid\u00e9o de Carey Young dans le cabinet d\u2019un psy (Product Recall, 2007) enregistrent les \u00e9checs du langage que notre \u00e9poque vide de sa substance vitale.<\/p>\n<p>Dans son installation gla\u00e7ante\u00a0Fantasia (Empty Flag, Black) 4 Walls in a Room (2008) \u2013\u00a0une salle remplie de porte-drapeaux plant\u00e9s dans les murs, mais sans drapeaux\u00a0\u2013, Latifa Echakhch sugg\u00e8re\u00a0la\u00a0disparition de l\u2019id\u00e9e de multilat\u00e9ralisme\u2009; comme Wang Du, avec sa sculpture g\u00e9ante d\u2019une une du Monde m\u00e9tamorphos\u00e9e en boule de papier froiss\u00e9 (Le Monde, 2001), sugg\u00e8re que les r\u00e9cits du pr\u00e9sent se jettent et puis s\u2019oublient. Triste monde, dont les\u00a0artistes disent aussi qu\u2019on peut \u00e9chapper \u00e0\u00a0ses normes et ses impositions, faire d\u00e9railler ses circuits, comme Pipilotti Rist dans sa\u00a0vid\u00e9o (Entlastungen) Pipilottis Fehler (1988), qui ouvre l\u2019exposition.<\/p>\n<p>Po\u00e9tiser la vie, \u00e9largir un monde de sensations, c\u2019est aussi ce que propose Anne Le\u00a0Troter avec sa fascinante pi\u00e8ce sonore Plant Assistance, sp\u00e9cialement produite pour l\u2019exposition. L\u2019artiste invite les\u00a0visiteur\u00b7ses \u00e0 croquer des sculptures (avec des petits b\u00e2tons reli\u00e9s \u00e0\u00a0des c\u00e2bles audio greff\u00e9s sur des plantes), comme on croque des pommes d\u2019amour pour \u00e9couter des histoires \u00e9rotiques, vraies lignes de fuite de ce monde de services impos\u00e9s qui nous \u00e9touffent.<\/p>\n<p>Travaillant la notion de \u201ccorps vibratile\u201d \u2013 ce corps offert \u00e0 des vibrations sensorielles, par le toucher et la fusion avec le vivant v\u00e9g\u00e9tal, organique, fantasmatique \u2013, l\u2019artiste d\u00e9tourne, \u00e0 la mesure de tous\u00b7tes les artistes r\u00e9uni\u00b7es par C\u00e9line Kopp, l\u2019ordre normatif des plaisirs contrari\u00e9s du pr\u00e9sent. La seule performance qui compte ne r\u00e9pond \u00e0 aucune injonction autre que celle d\u2019enchanter le regard et l\u2019\u00e9coute, d\u2019intensifier le sentiment de vivre.<\/p>\n<p><strong>Good Service, Good Performance au\u00a0Magasin Cnac, Grenoble, jusqu\u2019au\u00a031 ao\u00fbt.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019exposition collective pr\u00e9sent\u00e9e au\u00a0Magasin Cnac revisite l\u2019art du XXe si\u00e8cle pour mieux le faire r\u00e9sonner avec notre pr\u00e9sent&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":83915,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9566],"tags":[1111,11,2430,8716,1777,674,1011,27,2731,12,25],"class_list":{"0":"post-83914","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-grenoble","8":"tag-actu","9":"tag-actualites","10":"tag-auvergne-rhone-alpes","11":"tag-cafeyn","12":"tag-eu","13":"tag-europe","14":"tag-fr","15":"tag-france","16":"tag-grenoble","17":"tag-news","18":"tag-republique-francaise"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114471119302428498","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83914","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83914"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83914\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/83915"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83914"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83914"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83914"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}