{"id":84195,"date":"2025-05-08T10:33:08","date_gmt":"2025-05-08T10:33:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/84195\/"},"modified":"2025-05-08T10:33:08","modified_gmt":"2025-05-08T10:33:08","slug":"exposition-lempire-des-mamelouks-sorti-de-loubli-au-musee-du-louvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/84195\/","title":{"rendered":"Exposition\u00a0: l&#8217;empire des Mamelouks sorti de l&rsquo;oubli au mus\u00e9e du Louvre"},"content":{"rendered":"\n<p>\u201cMamlouks, 1250-1517\u201d met \u00e0 l\u2019honneur pour la premi\u00e8re fois en Europe cet empire qui a marqu\u00e9 une \u201crenaissance de la civilisation islamique pendant plus de deux si\u00e8cles\u201d, du Caire \u00e0 Damas en passant par Alep, J\u00e9rusalem ou Tripoli, expliquent \u00e0 l\u2019AFP les commissaires, Souraya Nouja\u00efm, directrice du d\u00e9partement des Arts de l\u2019Islam au Louvre, et Carine Juvin, charg\u00e9e de collection dans ce d\u00e9partement.<\/p>\n<p>Textiles, objets d\u2019art, manuscrits, peintures, ivoires, d\u00e9cors de pierre et de boiserie\u2026 quelque 260 chefs d\u2019oeuvre sont pr\u00e9sent\u00e9s jusqu\u2019au 28 juillet dans cinq sections th\u00e9matiques mises en lumi\u00e8re par plusieurs espaces de m\u00e9diation immersifs.<\/p>\n<p>Chacune \u00e9voque en d\u00e9tail cette \u201cp\u00e9riode assez peu pr\u00e9sent\u00e9e au grand public, qui montre comment, pendant deux si\u00e8cles et demi, sultans, \u00e9mirs et \u00e9lites civiles, r\u00e9solument engag\u00e9s dans le m\u00e9c\u00e9nat des arts, ont favoris\u00e9 une esth\u00e9tique abstraite, refl\u00e9tant une soci\u00e9t\u00e9 cosmopolite\u201d autant qu\u2019un \u201ccarrefour d\u2019\u00e9changes\u201d et un \u201ctrait d\u2019union entre l\u2019Orient et l\u2019Occident\u201d, souligne Mme Nouja\u00efm.<\/p>\n<p>\u201cEn termes d\u2019urbanisme, le sultanat a compl\u00e8tement model\u00e9 l\u2019image des grandes cit\u00e9s urbaines\u201d proche-orientales, ajoute Mme Juvin. Commerce des \u00e9pices, des fourrures, du corail ou de la soie, il \u00e9tait aussi \u201cle passage oblig\u00e9 par la Mer rouge depuis l\u2019Asie vers l\u2019Europe\u201d, indique-t-elle.<\/p>\n<p>Parmi les tr\u00e9sors expos\u00e9s, des manuscrits \u00e0 l\u2019\u00e9criture cursive et aux arabesques v\u00e9g\u00e9tales et g\u00e9om\u00e9triques, un \u201cgrand Coran de Manchester\u201d (en un seul volume) du XIVe si\u00e8cle, des \u201crouleaux de p\u00e8lerinage\u201d aux fines enluminures s\u2019apparentant \u00e0 des carnets de voyage et nombre de vases et pi\u00e8ces de verre souffl\u00e9, \u00e9maill\u00e9 et dor\u00e9.<\/p>\n<p>Un rare tapis \u00e0 trois m\u00e9daillons reprenant la g\u00e9om\u00e9trie \u00e9toil\u00e9e caract\u00e9ristique de l\u2019\u00e9poque mamelouke est \u00e9galement expos\u00e9. Il provient du Louvre Abou Dhabi o\u00f9 l\u2019exposition voyagera \u00e0 partir de septembre.<\/p>\n<p>Partout \u201clumi\u00e8re et transparence refl\u00e8tent, comme en architecture, un univers spirituel et un imaginaire qui \u00e9voque l\u2019infini\u201d, d\u00e9crut Mme Nouja\u00efm.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 soci\u00e9t\u00e9, sont pr\u00e9sent\u00e9es, tour \u00e0 tour, les grandes figures de cet empire o\u00f9 hommes et femmes cohabitent comme ul\u00e9mas et soufis, gens de plume, marchands et artisans, islam et minorit\u00e9s chr\u00e9tiennes et juives.<\/p>\n<p>Le Caire et Damas forment alors les deux grands centres nerveux de cet empire. La dynastie qui le fonde trouve son origine dans un syst\u00e8me singulier reposant sur l\u2019esclavage militaire, avec des guerriers r\u00e9put\u00e9s pour leurs qualit\u00e9s de cavaliers et de tireurs \u00e0 l\u2019arc, majoritairement turcs puis caucasiens, arrach\u00e9s enfants \u00e0 leurs familles et \u00e9lev\u00e9s dans un esprit de corps et dans l\u2019islam, dont certains s\u2019affranchiront.<\/p>\n<p>Femmes et sciences<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 femmes, sujet qui int\u00e9resse les chercheurs depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, selon Mme Nouja\u00efm, \u201cdans les textes de loi, leur vie est circonscrite au domaine domestique, dans les faits, elles circulent dans les souks, les rues et participent \u00e0 la vie de la communaut\u00e9\u201d.<\/p>\n<p>\u201cCertaines gravissent les \u00e9chelons, deviennent des femmes d\u2019affaires, amassent des fortunes et font \u00e9riger des mausol\u00e9es\u201d, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019esclave d\u2019origine soudanaise Sitt Hadaq, pr\u00e9cise cette sp\u00e9cialiste.<\/p>\n<p>\u201cLa sultane Shajara al-Durr (l\u2019arbre de perles), qui va r\u00e9gner seulement 80 jours, frappera la monnaie \u00e0 son nom apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9e au pouvoir par son entourage et les officiers mamelouks\u201d, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>L\u2019exposition montre aussi comment, sous les Mamelouks, les sciences se d\u00e9veloppent consid\u00e9rablement. Parmi les avanc\u00e9es technologiques pr\u00e9sent\u00e9es, \u201cun astrolabe t\u00e9moigne de ce qui pourrait repr\u00e9senter les bases de la r\u00e9volution copernicienne\u201d, dit-elle.<\/p>\n<p>Les Mamelouks fascineront les Europ\u00e9ens au XIXe si\u00e8cle, inspirant le courant orientaliste. Le corps des cavaliers mamelouks exercera lui aussi une v\u00e9ritable attraction sur Napol\u00e9on lors de la campagne d\u2019Egypte et de la bataille des pyramides (1798) repr\u00e9sent\u00e9e dans un tableau de Fran\u00e7ois-Andr\u00e9 Vincent (1746-1816), expos\u00e9.<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie de conf\u00e9rences et une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude accompagnent l\u2019exposition. Une pr\u00e9sentation des fouilles arch\u00e9ologiques de la citadelle d\u2019Alep, haut lieu de l\u2019empire mamelouk, est programm\u00e9e le 15 mai.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u201cMamlouks, 1250-1517\u201d met \u00e0 l\u2019honneur pour la premi\u00e8re fois en Europe cet empire qui a marqu\u00e9 une \u201crenaissance&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":84196,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1888],"tags":[11,1350,18004,1348,6060,11331,1777,674,3293,13493,1011,27,5318,3094,12,626,1585,3370,25,41,32],"class_list":{"0":"post-84195","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-paris","8":"tag-actualites","9":"tag-architecture","10":"tag-artisans","11":"tag-arts","12":"tag-asie","13":"tag-conferences","14":"tag-eu","15":"tag-europe","16":"tag-exposition","17":"tag-fouilles-archeologiques","18":"tag-fr","19":"tag-france","20":"tag-islam","21":"tag-musee-du-louvre","22":"tag-news","23":"tag-paris","24":"tag-peinture","25":"tag-renaissance","26":"tag-republique-francaise","27":"tag-sciences","28":"tag-syrie"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114471764348944161","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84195","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84195"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84195\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/84196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84195"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84195"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84195"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}