{"id":848232,"date":"2026-04-05T02:59:37","date_gmt":"2026-04-05T02:59:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/848232\/"},"modified":"2026-04-05T02:59:37","modified_gmt":"2026-04-05T02:59:37","slug":"un-formidable-cadeau-pour-penser-les-annees-noires-de-loccupation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/848232\/","title":{"rendered":"un formidable cadeau pour penser les ann\u00e9es noires de l\u2019Occupation"},"content":{"rendered":"<p>                                                  Lire\u00a0plus\u00a0tard           <a aria-label=\"Nous suivre sur Google News\" href=\"https:\/\/news.google.com\/publications\/CAAqBwgKMJe4nQkw3dFs?hl=fr&amp;gl=FR&amp;ceid=FR%3Afr\" target=\"_blank\" data-piano=\"Page_Article,Sous_date_publi,Nous_suivre_sur_google_news,1er_clic,action\" class=\"btn btn--small btn--tertiary btn--icon-only\" rel=\"nofollow noopener\">            Google Actualit\u00e9s  <\/a>                Partager     <\/p>\n<p>             Facebook             Bluesky             E-mail             Copier le lien   <\/p>\n<p>  Envoyer  <\/p>\n<p>                      S\u2019abonner                                               <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Depuis quelques jours maintenant, nous assistons m\u00e9dus\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une officieuse \u00ab\u00a0Commission de validation id\u00e9ologique\u00a0\u00bb sur <a target=\"_blank\" href=\"https:\/\/lobs.sirius.press\/articles\/126112\" rel=\"noopener nofollow\">une \u0153uvre de fiction cin\u00e9matographique<\/a>. Pour l\u2019instant, elle n\u2019est encore qu\u2019informelle, faisons donc en sorte qu\u2019elle ne puisse prendre davantage d\u2019ampleur, voire s\u2019institutionnaliser. Cette \u0153uvre de fiction, c\u2019est \u00ab\u00a0les Rayons et les ombres\u00a0\u00bb, <a href=\"https:\/\/www.nouvelobs.com\/chroniques\/20260309.OBS113044\/le-bloc-notes-de-jerome-garcin-xavier-giannoli-porte-un-salaud-a-l-ecran-fabrice-lardreau-raconte-un-heros-a-la-peine.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">fresque coup-de-poing<\/a> de Xavier Giannoli sur la collaboration fran\u00e7aise, sortie sur nos \u00e9crans le 18\u00a0mars dernier. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Nous sommes trois historiens \u00e0 avoir suivi et accompagn\u00e9 le r\u00e9alisateur du film dans sa collecte d\u2019informations puis dans l\u2019\u00e9criture de son sc\u00e9nario. Son travail passionn\u00e9 l\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 lire tout ou presque sur ce qui touchait \u00e0 son sujet\u00a0: th\u00e8ses publi\u00e9es, biographies, enqu\u00eates. Rien ne lui a \u00e9chapp\u00e9. La presse et les images de l\u2019\u00e9poque ont \u00e9t\u00e9 aussi d\u00e9pouill\u00e9es. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Constamment, Xavier Giannoli nous faisait part de ses avanc\u00e9es. Il nous interrogeait, puis revenait ensuite avec d\u2019autres id\u00e9es et d\u2019autres questions. Car le doute \u2013 celui qui honore les vrais chercheurs et r\u00e9alisateurs \u2013 fait partie de ses exigences et de son travail de cin\u00e9aste. Pourquoi s\u2019attachait-il autant \u00e0 nos avis\u00a0? Pourquoi ne construisait-il pas en solitaire et sans garde-fou son \u0153uvre\u00a0? Tout simplement parce qu\u2019il consid\u00e9rait que nos travaux universitaires \u00e9taient absolument n\u00e9cessaires \u00e0 sa cr\u00e9ation. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> L\u2019un d\u2019entre nous a \u00e9crit la biographie de Jean Luchaire (\u00ab\u00a0l\u2019Enfant perdu des ann\u00e9es sombres (1901-1946)\u00a0\u00bb, Perrin, 2013, Pocket, 2026). Il est aussi l\u2019auteur d\u2019un portrait de sa fille Corinne qui para\u00eetra chez l\u2019\u00e9diteur Cherche-Midi \u00e0 l\u2019automne prochain). Une autre est l\u2019autrice d\u2019une biographie politique d\u2019Otto Abetz (\u00ab\u00a0Otto Abetz et les Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, Fayard, 2001). Sa connaissance de la langue, des rouages de l\u2019administration nazie et de son histoire ont permis \u00e0 un public fran\u00e7ais de d\u00e9couvrir le r\u00f4le sp\u00e9cifique de son ambassade \u00e0 Paris. Le troisi\u00e8me a mis au jour les carnets intimes de la fille unique de Laval, qui connaissait et fr\u00e9quentait mondainement les Luchaire (\u00ab\u00a0Pierre Laval vu par sa fille\u00a0\u00bb, Le Cherche-Midi, 2002, Texto, 2014, et \u00ab\u00a0Vichy th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres\u00a0\u00bb, Librairie Vuibert, 2019). <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Xavier Giannoli a puis\u00e9 \u00e0 grandes mains dans tout \u00e7a. Mais son travail se situe \u00e0 un tout autre niveau. Celui du cr\u00e9ateur capable de construire une histoire avec des personnages et des acteurs qui nous entra\u00eenent dans la trag\u00e9die de la France occup\u00e9e, pill\u00e9e et brutalis\u00e9e. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> A ce jour, plus de 500\u00a0000\u00a0personnes ont vu ce film. Parmi ces spectateurs, des historiens de m\u00e9tier, g\u00ean\u00e9s pour certains, scandalis\u00e9s pour d\u2019autres, de trouver, au centre du film, un collaborateur qui ne correspond pas aux crapules d\u2019extr\u00eame droite auxquels nous sommes habitu\u00e9s. <\/p>\n<p>                                       \u00ab\u00a0Il faut savoir se servir de ce grand film\u00a0\u00bb                              <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Par la nature sulfureuse de son objet et sujet, le film ne pouvait que susciter le d\u00e9bat. Nous parlons bien de \u00ab\u00a0d\u00e9bat\u00a0\u00bb, non de scandale, car nous croyons qu\u2019il est n\u00e9cessaire de s\u2019entendre sur ces mots. Le film n\u2019est pas un biopic exclusivement consacr\u00e9 \u00e0 Jean Luchaire. Il pr\u00e9sente trois destins entrecrois\u00e9s qui montrent d\u2019abord la relation p\u00e8re-fille, puis celle qui, d\u00e8s le printemps 1930, se noue entre Luchaire et Abetz, et ouvre la voie \u00e0 la compromission. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Certains critiquent le rendu pr\u00e9sum\u00e9 complaisant d\u2019un long-m\u00e9trage qui n\u2019est pas une docu-fiction. Pourtant, tout a \u00e9t\u00e9 m\u00e9ticuleusement pr\u00e9sent\u00e9. Corinne Luchaire, la narratrice de ce film, men\u00e9 tout en flash-back, ne confesse-t-elle pas, d\u00e8s les dix premi\u00e8res minutes de l\u2019histoire, son ignorance et sa ma\u00eetrise approximative des dates-cl\u00e9s\u00a0? Seulement, certains qui se pr\u00e9tendent experts et sp\u00e9cialistes en ont d\u00e9cid\u00e9 autrement. Alors ils montrent du doigt \u2013 mauvaise foi fait loi\u00a0? \u2013 une gestion t\u00e2tonnante de la chronologie prise au sens strict. Or, il ne s\u2019agit pas ici d\u2019un cours magistral, encore moins d\u2019une communication minut\u00e9e de table-ronde, d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tudes ou d\u2019un colloque universitaire. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Le cin\u00e9ma n\u2019offre pas l\u2019appareil critique qui accompagne le travail d\u2019historien. Il n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 la m\u00eame rigueur chronologique. Parce que son temps est limit\u00e9, le recours aux \u00e9v\u00e9nements-symboles s\u2019impose. Il y a une grande diff\u00e9rence entre une \u0153uvre artistique et une \u0153uvre scientifique. L\u2019artiste cr\u00e9e, invente. Il prend aussi des risques qui mobilisent toute une \u00e9quipe. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> Xavier Giannoli propose. L\u2019attention du public est av\u00e9r\u00e9e. N\u2019est-ce pas l\u00e0 l\u2019essentiel\u00a0? Et que p\u00e8sent dans tout \u00e7a les humeurs de chercheurs obnubil\u00e9s par le seul combat qu\u2019ils m\u00e8nent contre la mont\u00e9e actuelle des h\u00e9ritiers politiques de la collaboration. Pour \u00e9viter le moindre risque de r\u00e9cup\u00e9ration, faut-il donc taire ce qui pousse \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur nos perceptions des limites du bien et du mal\u00a0? Si le d\u00e9bat doit \u2013 et il le doit\u00a0! \u2013 exister, il faut l\u2019extraire des seules contingences d\u2019une actualit\u00e9 politique pour le porter \u00e0 un autre niveau. Il faut absolument savoir se servir de ce grand film. Pour pr\u00e9senter, expliquer, discuter notre histoire. Pour \u00e9clairer nos zones d\u2019ombre. Non pas pour excuser ni sombrer dans une quelconque complaisance, mais pour penser la trag\u00e9die des ann\u00e9es noires de l\u2019Occupation. Alors, une nouvelle fois, disons-le bien fort, il faut regarder et r\u00e9fl\u00e9chir ensemble. <\/p>\n<p class=\"node__paragraphe antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-32\"> <strong>Signataires<\/strong> <\/p>\n<ul class=\"node__bulletedList antonia-750r text-grey-800 pb-24 pb-md-40\">\n<li data-uid=\"cd910fb6\">\n<p data-uid=\"c0476555\"><strong>Yves Pourcher<\/strong> (professeur des Universit\u00e9s \u00e0 l\u2019IEP Toulouse, auteur notamment\u00a0de \u00ab\u00a0Vichy Th\u00e9\u00e2tre d\u2019Ombres\u00a0\u00bb)\u00a0;<\/p>\n<\/li>\n<li data-uid=\"6940c206\">\n<p data-uid=\"a2d53407\"><strong>Barbara Lambauer<\/strong> (historienne, biographe d\u2019Otto Abetz)\u00a0;<\/p>\n<\/li>\n<li data-uid=\"f81b4c83\">\n<p data-uid=\"8a3a0a2d\"><strong>C\u00e9dric M\u00e9letta <\/strong>(essayiste, docteur en histoire contemporaine de l\u2019Universit\u00e9 Paris X Nanterre et biographe de Jean Luchaire).<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"latino-600m text-green-500\">Cet article est une tribune, r\u00e9dig\u00e9e par un auteur ext\u00e9rieur<br \/>\n            au journal et dont le point de vue n\u2019engage pas la r\u00e9daction.<\/p>\n<p class=\"authors latino-600m text-grey-800\">        Par\u00a0 Yves Pourcher, Barbara Lambauer et C\u00e9dric M\u00e9letta<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Lire\u00a0plus\u00a0tard Google Actualit\u00e9s Partager Facebook Bluesky E-mail Copier le lien Envoyer S\u2019abonner Depuis quelques jours maintenant, nous assistons&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":848233,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1354],"tags":[5734,7495,6874,650,251,58,59,1346,91959,1011,27,937,1360,91958,58197,11562],"class_list":["post-848232","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-films","tag-5734","tag-annees","tag-cadeau","tag-cinema","tag-culture","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-films","tag-formidable","tag-fr","tag-france","tag-histoire","tag-movies","tag-ombres","tag-penser","tag-rayons"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116349866607858043","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/848232","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=848232"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/848232\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/848233"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=848232"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=848232"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=848232"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}