{"id":856656,"date":"2026-04-09T02:07:15","date_gmt":"2026-04-09T02:07:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/856656\/"},"modified":"2026-04-09T02:07:15","modified_gmt":"2026-04-09T02:07:15","slug":"la-france-avait-ses-experts-elle-a-prefere-mckinsey-bcg-et-roland-berger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/856656\/","title":{"rendered":"La France avait ses experts. Elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 McKinsey, BCG et Roland Berger."},"content":{"rendered":"<p>Souverainet\u00e9 intellectuelle, recherche publique et cabinets de conseil : ce que la France a brad\u00e9 sans le dire.<\/p>\n<p>La France a une particularit\u00e9 que peu de pays partagent. Elle a construit, au fil des si\u00e8cles, un syst\u00e8me d&rsquo;expertise publique sans \u00e9quivalent : des grandes \u00e9coles formant ses ing\u00e9nieurs d&rsquo;\u00c9tat, des corps d&rsquo;inspection pens\u00e9s pour conseiller le pouvoir depuis l&rsquo;int\u00e9rieur, des laboratoires de recherche publics produisant des connaissances accessibles \u00e0 tous. Une architecture intellectuelle con\u00e7ue pour que l&rsquo;\u00c9tat pense par lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Quelque chose a chang\u00e9.<\/p>\n<p>Depuis vingt ans, et de mani\u00e8re acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e depuis dix, la France a progressivement confi\u00e9 sa r\u00e9flexion strat\u00e9gique \u00e0 des acteurs ext\u00e9rieurs. McKinsey, fond\u00e9 \u00e0 Chicago. Roland Berger, fond\u00e9 \u00e0 Munich. BCG, fond\u00e9 \u00e0 Boston. Bain, fond\u00e9 \u00e0 Boston \u00e9galement. Aucun cabinet de conseil strat\u00e9gique de premier rang n&rsquo;est fran\u00e7ais. Ce n&rsquo;est pas un hasard, c&rsquo;est un choix. Et comme tous les choix, il a un co\u00fbt.<\/p>\n<p>Ce co\u00fbt n&rsquo;est pas seulement financier. Il est intellectuel. Pendant que des centaines de millions d&rsquo;euros publics transitent vers ces structures \u00e9trang\u00e8res, la recherche fran\u00e7aise peine \u00e0 financer ses doctorants, ses laboratoires, ses publications. Des chercheurs qui produisent des travaux peer-reviewed, v\u00e9rifiables, reproductibles sans conflit d&rsquo;int\u00e9r\u00eat avec le commanditaire, sans R\u00b2 de 0,20 gliss\u00e9 en note de bas de page.<\/p>\n<p>La question n&rsquo;est pas de savoir si les cabinets de conseil sont comp\u00e9tents. La question est plus simple : pourquoi paie-t-on si cher ce que la R\u00e9publique produit d\u00e9j\u00e0 ?<\/p>\n<p>1. La recherche publique contre le rapport factur\u00e9<\/p>\n<p>En mars 2026, la revue Science publie une \u00e9tude sur la flatterie des intelligences artificielles. M\u00e9thodologie rigoureuse, pairs \u00e9valuateurs, conclusions v\u00e9rifiables : les mod\u00e8les d&rsquo;IA tendent \u00e0 valider leurs utilisateurs, m\u00eame lorsque ces derniers proposent des actions nuisibles. L&rsquo;effet sur le comportement humain est document\u00e9, chiffr\u00e9, reproductible. Co\u00fbt pour le contribuable qui veut la lire : z\u00e9ro.<\/p>\n<p>La m\u00eame p\u00e9riode, McKinsey publie la derni\u00e8re \u00e9dition de son \u00ab\u00a0State of AI\u00a0\u00bb. Enqu\u00eate aupr\u00e8s de 1 993 participants dans 105 pays. Conclusions : 88% des organisations utilisent l&rsquo;IA dans au moins une fonction, mais seulement 39% d\u00e9clarent un impact mesurable sur leurs r\u00e9sultats financiers. La corr\u00e9lation entre usage de l&rsquo;IA et performance \u00e9conomique ? Un R\u00b2 de 0,20 soit une relation statistique si faible qu&rsquo;elle ne permettrait pas de passer la soutenance d&rsquo;un master en sciences sociales. Ce chiffre figure en note de bas de page. Le rapport, lui, se pr\u00e9sente comme r\u00e9f\u00e9rence mondiale. Et se facture en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Mais ce n&rsquo;est pas le seul cas.<\/p>\n<p>En 2017, Roland Berger publie, pour le compte de la F\u00e9d\u00e9ration de la Formation Professionnelle, une \u00e9tude de soixante pages sur la formation professionnelle en France. Diagnostic du syst\u00e8me, parcours-types, mod\u00e8le d&rsquo;impact \u00e9conomique. Conclusion centrale : augmenter de 1% le taux d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la formation augmente le PIB de 0,33%. Pr\u00e9sent\u00e9 avec des graphiques soign\u00e9s, des tableaux de segmentation, une architecture de rapport qui inspire confiance.<\/p>\n<p>En note de bas de page encore une pr\u00e9cision m\u00e9thodologique discr\u00e8te : le R\u00b2 de la r\u00e9gression est de 0,43. En dessous du seuil de corr\u00e9lation statistique de 0,8. Ce n&rsquo;est pas une corr\u00e9lation. C&rsquo;est une tendance. Nuance consid\u00e9rable quand on en tire des recommandations de politique publique \u00e0 plusieurs milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e, France Strat\u00e9gie : organisme public, chercheurs r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;\u00c9tat, publications en acc\u00e8s libre \u00a0publie une note de synth\u00e8se sur les plans massifs de formation professionnelle. Conclusion : les impacts sur l&rsquo;insertion durable dans l&#8217;emploi sont limit\u00e9s.<\/p>\n<p>Deux productions. Deux m\u00e9thodes. Deux conclusions oppos\u00e9es sur le m\u00eame sujet.<\/p>\n<p>L&rsquo;une a co\u00fbt\u00e9 des centaines de milliers d&rsquo;euros \u00e0 une f\u00e9d\u00e9ration professionnelle qui voulait l\u00e9gitimer ses positions dans le d\u00e9bat public. L&rsquo;autre a co\u00fbt\u00e9 le salaire de quelques chercheurs publics qui n&rsquo;avaient aucun int\u00e9r\u00eat dans la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Le chercheur est form\u00e9 \u00e0 la transmission. Sa th\u00e8se, ses publications, ses cours : \u00a0tout l&rsquo;oblige \u00e0 rendre son raisonnement accessible, contestable, compr\u00e9hensible. La vulgarisation n&rsquo;est pas une concession \u00e0 la simplicit\u00e9. C&rsquo;est une exigence de rigueur : si on ne peut pas expliquer clairement comment on est arriv\u00e9 \u00e0 une conclusion, c&rsquo;est que la conclusion elle-m\u00eame est fragile.<\/p>\n<p>Le rapport de cabinet fonctionne \u00e0 l&rsquo;inverse. Soixante pages de segmentations, de matrices, de graphiques superpos\u00e9s. Un vocabulaire technique qui n&rsquo;\u00e9claire pas \u00a0il s\u00e9lectionne. Seuls ceux qui ma\u00eetrisent le jargon peuvent suivre. Et ceux qui ne le ma\u00eetrisent pas signent sans avoir vraiment compris sur quoi repose la recommandation qu&rsquo;on leur demande d&rsquo;appliquer.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas un effet secondaire du mod\u00e8le. C&rsquo;est une fonctionnalit\u00e9.<\/p>\n<p>Et ce m\u00e9canisme a une dimension cognitive que la psychologie comportementale documente depuis longtemps.<\/p>\n<p>Quand on soumet un lecteur \u00e0 cinquante pages de donn\u00e9es, de tableaux, de graphiques, de mod\u00e8les \u00e9conom\u00e9triques \u00a0avant d&rsquo;arriver \u00e0 la conclusion \u00a0on ne l&rsquo;informe pas. On le conditionne. Le cerveau humain associe le volume \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9. La densit\u00e9 \u00e0 la rigueur. L&rsquo;effort de lecture \u00e0 la valeur du contenu.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 la page cinquante-huit, le d\u00e9cideur ne remet plus en cause la conclusion. Il a trop investi pour douter. Il a vu trop de chiffres pour penser que le R\u00b2 de 0,20 gliss\u00e9 en note de bas de page change quoi que ce soit.<\/p>\n<p>C&rsquo;est exactement ce que l&rsquo;\u00e9tude de Science documentait cette semaine sur les IA qui flattent leurs utilisateurs. Une IA qui valide tout ce qu&rsquo;on lui dit d\u00e9sarme le sens critique. Un rapport de soixante pages qui noie ses limites m\u00e9thodologiques dans l&rsquo;appareil graphique fait la m\u00eame chose. Il ne convainc pas par la force du raisonnement. Il convainc par l&rsquo;\u00e9puisement du lecteur.<\/p>\n<p>Le chercheur vulgarise parce qu&rsquo;il sait que la clart\u00e9 est la preuve de la solidit\u00e9. Le cabinet complexifie parce que la complexit\u00e9 est la condition de l&rsquo;indispensabilit\u00e9.<\/p>\n<p>2. La souverainet\u00e9 intellectuelle : ce que la France a brad\u00e9<\/p>\n<p>Il existe un paradoxe fran\u00e7ais que personne ne nomme clairement.<\/p>\n<p>La France est le pays des Prix Nobel de m\u00e9decine et d&rsquo;\u00e9conomie. Le pays de Pasteur, de Curie, de Tirole. Le pays qui a invent\u00e9 le droit administratif, la planification strat\u00e9gique d&rsquo;\u00c9tat, l&rsquo;inspection g\u00e9n\u00e9rale des finances. Une culture o\u00f9 l&rsquo;expertise l\u00e9gitime vient de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00a0form\u00e9e par la R\u00e9publique, au service de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Et pourtant.<\/p>\n<p>Le rapport s\u00e9natorial de 2022 le documente sans ambigu\u00eft\u00e9 : plus d&rsquo;un milliard d&rsquo;euros d\u00e9pens\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat fran\u00e7ais en prestations de conseil en 2021. Pas un cabinet fran\u00e7ais parmi les b\u00e9n\u00e9ficiaires de premier rang. McKinsey, Chicago. Roland Berger, Munich. BCG, Boston. Bain, Boston. Les recommandations sur la strat\u00e9gie industrielle fran\u00e7aise, la r\u00e9forme de l&rsquo;\u00c9tat, la formation professionnelle, la gestion de crise sanitaire \u00a0produites depuis des bureaux \u00e9trangers, par des structures dont l&rsquo;actionnariat, les int\u00e9r\u00eats et les r\u00e9seaux sont ailleurs.<\/p>\n<p>Ce choix a une cons\u00e9quence directe sur les talents.<\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, les meilleures promotions de Polytechnique, de Normale Sup, de Sciences Po font le m\u00eame calcul. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 : une carri\u00e8re dans la recherche publique. Un doctorat \u00e0 1 800 euros par mois. Des ann\u00e9es de post-doctorat pr\u00e9caire. Des dossiers de financement \u00e0 soumettre \u00e0 l&rsquo;ANR avec un taux de succ\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 20%. De l&rsquo;autre : un cabinet de conseil. Un salaire d&rsquo;entr\u00e9e deux \u00e0 trois fois sup\u00e9rieur. Un prestige social imm\u00e9diat. Le choix est souvent rapide.<\/p>\n<p>Ce faisant, une g\u00e9n\u00e9ration de cerveaux form\u00e9s aux frais de la collectivit\u00e9 migre vers des structures dont le mod\u00e8le \u00e9conomique repose sur la vente de leur intelligence \u00a0\u00e0 des organisations qui auraient pu les recruter directement, ou financer la recherche qui aurait produit les m\u00eames conclusions pour cent fois moins cher.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00c9tat forme. Les cabinets \u00e9trangers r\u00e9coltent. La R\u00e9publique paie deux fois.<\/p>\n<p>La France a construit quelque chose de rare dans l&rsquo;histoire des nations : un ascenseur social fond\u00e9 sur le m\u00e9rite r\u00e9publicain. L&rsquo;\u00e9cole publique gratuite, la\u00efque, ouverte \u00e0 tous \u00a0ind\u00e9pendamment de l&rsquo;origine, du nom, du capital familial. Le fils d&rsquo;ouvrier pouvait devenir m\u00e9decin. La fille d&rsquo;immigr\u00e9s pouvait int\u00e9grer une grande \u00e9cole. Pas parce que le syst\u00e8me \u00e9tait parfait, il ne l&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 \u00a0mais parce qu&rsquo;il posait comme principe que l&rsquo;intelligence n&rsquo;a pas de classe sociale.<\/p>\n<p>Cet ascenseur est en panne.<\/p>\n<p>Pas brutalement. Silencieusement. Par accumulation de choix qui, pris s\u00e9par\u00e9ment, semblent raisonnables \u00a0et qui, ensemble, dessinent une nouvelle hi\u00e9rarchie de la l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n<p>On a progressivement d\u00e9valoris\u00e9 les dipl\u00f4mes universitaires au profit des grandes \u00e9coles priv\u00e9es et des MBA internationaux. On a cr\u00e9\u00e9 un march\u00e9 de la formation o\u00f9 le signal de qualit\u00e9 n&rsquo;est plus la rigueur acad\u00e9mique mais le prestige de l&rsquo;institution \u00a0et le prix de la scolarit\u00e9. On a install\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;expertise qui compte est celle qui se paie cher, qui se pr\u00e9sente en anglais, qui vient de Chicago ou de Munich.<\/p>\n<p>Et pendant ce temps, les universit\u00e9s fran\u00e7aises \u00a0qui forment la grande majorit\u00e9 des chercheurs, des m\u00e9decins, des ing\u00e9nieurs, des enseignants de ce pays \u00a0manquent de moyens, de reconnaissance, de visibilit\u00e9 dans les cercles o\u00f9 se prennent les d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c0 force de s\u00e9parer la pens\u00e9e de l&rsquo;action, nous avons des intellectuels assis et des aveugles qui marchent. \u00bb Gabrielle Halpern<\/p>\n<p>Le paradoxe est vertigineux : on sous-finance les institutions qui ont permis l&rsquo;ascenseur social, pendant qu&rsquo;on surpaie des structures \u00e9trang\u00e8res qui n&rsquo;ont aucun int\u00e9r\u00eat dans la mobilit\u00e9 sociale fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas un hasard. C&rsquo;est la cons\u00e9quence logique d&rsquo;un syst\u00e8me qui a progressivement confondu valeur et prix. Et qui a oubli\u00e9 que certaines des choses les plus pr\u00e9cieuses pour une nation :la recherche fondamentale, la formation publique, la transmission du savoir ne se mesurent pas en EBIT.<\/p>\n<p>\u00c9pilogue : La question qui reste<\/p>\n<p>On me dira que la comparaison est injuste. Que la recherche acad\u00e9mique et le conseil strat\u00e9gique ne font pas le m\u00eame travail. Que l&rsquo;un produit de la connaissance, l&rsquo;autre de l&rsquo;op\u00e9rationnel. Que le chercheur publie, le consultant ex\u00e9cute.<\/p>\n<p>Soit.<\/p>\n<p>Mais regardons ce que les cabinets ont livr\u00e9. Des plans de restructuration hospitali\u00e8re dont la Cour des comptes elle-m\u00eame a not\u00e9 les r\u00e9sultats \u00ab\u00a0souvent d\u00e9cevants\u00a0\u00bb. Cent seize millions d&rsquo;euros de missions chez Atos pendant que le groupe \u00e9tait en faillite financi\u00e8re une affaire sur laquelle le Parquet National Financier a ouvert une enqu\u00eate pr\u00e9liminaire pour corruption priv\u00e9e et abus de bien social en avril 2026. Un R\u00b2 de 0,20 pr\u00e9sent\u00e9 comme r\u00e9f\u00e9rence mondiale sur l&rsquo;IA. Un R\u00b2 de 0,43 pour justifier des recommandations de politique publique sur la formation professionnelle \u00e0 plusieurs milliards d&rsquo;euros.<\/p>\n<p>Et regardons ce que la recherche a produit. Des alertes document\u00e9es sur la crise des opio\u00efdes aux \u00c9tats-Unis ignor\u00e9es pendant des ann\u00e9es. Des travaux de France Strat\u00e9gie sur l&rsquo;inefficacit\u00e9 des plans massifs de formation \u00e9cart\u00e9s au profit du rapport command\u00e9. Des \u00e9tudes sur les biais cognitifs induits par les outils d&rsquo;IA publi\u00e9es cette semaine dans Science, lues par combien de d\u00e9cideurs ?<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas que les cabinets de conseil existent. Le probl\u00e8me est que nous avons construit un syst\u00e8me o\u00f9 leur parole vaut plus que celle des chercheurs \u00a0non pas parce qu&rsquo;elle est plus juste, mais parce qu&rsquo;elle est mieux packag\u00e9e, mieux factur\u00e9e, et d\u00e9livr\u00e9e dans des salles o\u00f9 les chercheurs ne sont pas invit\u00e9s.<\/p>\n<p>Et pendant que ce syst\u00e8me prosp\u00e8re, l&rsquo;ascenseur social se grippe. Les doctorants quittent la France. Les universit\u00e9s manquent de moyens. La recherche fondamentale se finance \u00e0 la marge. Et les milliards continuent de transiter vers des structures dont le si\u00e8ge est \u00e0 Boston, \u00e0 Munich, \u00e0 Chicago.<\/p>\n<p>La France a fait un choix. Elle a externalis\u00e9 sa pens\u00e9e strat\u00e9gique \u00e0 des structures \u00e9trang\u00e8res sans accountability, pendant qu&rsquo;elle sous-finan\u00e7ait ceux qui auraient pu la lui fournir \u00a0avec plus de rigueur, plus de transparence, et pour une fraction du co\u00fbt.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas une question de conseil contre recherche. Ce n&rsquo;est pas une question de public contre priv\u00e9. C&rsquo;est une question de souverainet\u00e9 intellectuelle. Et la souverainet\u00e9 intellectuelle ne se sous-traite pas.<\/p>\n<p>Surtout pas \u00e0 ceux qui ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qu&rsquo;on continue de croire qu&rsquo;on ne peut pas s&rsquo;en passer.<\/p>\n<p>Claire Martel analyse les mutations silencieuses du pouvoir dans les organisations et les institutions.<\/p>\n<p>Retrouvez ses analyses sur X : @ClaireMartel47<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Souverainet\u00e9 intellectuelle, recherche publique et cabinets de conseil : ce que la France a brad\u00e9 sans le dire.&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":260375,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[11,92762,904,92763,16955,87047,16297,3846,1011,27,92764,92765,92766,12,92767,25,54639,10532,5973],"class_list":["post-856656","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-france","tag-actualites","tag-bcg","tag-cabinets-de-conseil","tag-conseil-strategique","tag-depenses-publiques","tag-doctorants","tag-expertise","tag-formation-professionnelle","tag-fr","tag-france","tag-france-strategie","tag-intelligence-collective","tag-mckinsey","tag-news","tag-recherche-publique","tag-republique-francaise","tag-roland-berger","tag-souverainete","tag-universites"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116372311111004377","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/856656","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=856656"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/856656\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/260375"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=856656"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=856656"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=856656"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}