{"id":871842,"date":"2026-04-16T00:36:14","date_gmt":"2026-04-16T00:36:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/871842\/"},"modified":"2026-04-16T00:36:14","modified_gmt":"2026-04-16T00:36:14","slug":"en-2029-un-asteroide-de-340-m-passera-plus-pres-de-nous-que-nos-propres-satellites-et-leurope-vient-de-decider-denvoyer-un-vaisseau-pour-laccompagner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/871842\/","title":{"rendered":"En 2029, un ast\u00e9ro\u00efde de 340 m passera plus pr\u00e8s de nous que nos propres satellites \u2014 et l\u2019Europe vient de d\u00e9cider d\u2019envoyer un vaisseau pour l\u2019accompagner"},"content":{"rendered":"<p>Le vendredi 13 avril 2029, un ast\u00e9ro\u00efde de pr\u00e8s de 375 m\u00e8tres de diam\u00e8tre va fr\u00f4ler la Terre \u00e0 une distance que la plupart des gens ont du mal \u00e0 concevoir. Apophis passera \u00e0 38 000 kilom\u00e8tres du centre de la Terre, soit 32 000 kilom\u00e8tres de sa surface, dix fois plus proche que la Lune, et plus proche que les satellites g\u00e9ostationnaires qui orbitent \u00e0 36 000 kilom\u00e8tres d\u2019altitude. Pour se repr\u00e9senter l\u2019\u00e9chelle : vos GPS tournent \u00e0 20 000 km d\u2019altitude. Apophis passera entre eux et nous. Et cette fois, l\u2019Europe a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas regarder depuis le sol.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Un ast\u00e9ro\u00efde g\u00e9ant fr\u00f4lera la Terre plus pr\u00e8s que jamais \u2014 mais pourquoi cette date pr\u00e9cise fait-elle trembler les agences spatiales ?<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">La Terre elle-m\u00eame va transformer l\u2019ast\u00e9ro\u00efde durant son passage : des forces invisibles vont le tordre et le d\u00e9former en temps r\u00e9el<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Pour la premi\u00e8re fois, l\u2019Europe devance la NASA et le Japon pour observer l\u2019\u00e9v\u00e9nement : une victoire g\u00e9opolitique cach\u00e9e dans les \u00e9toiles<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-rendez-vous-cosmique-ecrit-depuis-2004\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un rendez-vous cosmique \u00e9crit depuis 2004<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#ramses-l-europe-decide-d-escorter-l-asteroide\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Ramses : l\u2019Europe d\u00e9cide d\u2019escorter l\u2019ast\u00e9ro\u00efde<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#l-experience-que-la-nature-va-mener-a-notre-place\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">L\u2019exp\u00e9rience que la nature va mener \u00e0 notre place<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#un-avantage-strategique-sur-la-nasa\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un avantage strat\u00e9gique sur la NASA<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un rendez-vous cosmique \u00e9crit depuis 2004<\/p>\n<p>L\u2019histoire d\u2019Apophis commence comme un film catastrophe. Juste apr\u00e8s sa d\u00e9couverte en 2004 par des chercheurs de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Hawaii, les astronomes avaient calcul\u00e9 qu\u2019il avait 1 chance sur 37 (soit 2,7 %) de frapper la Terre en 2029. Il s\u2019agissait de \u00ab\u00a0la plus haute probabilit\u00e9 de collision jamais estim\u00e9e pour un ast\u00e9ro\u00efde\u00a0\u00bb, ce qui lui valut le nom d\u2019Apophis, dieu \u00e9gyptien du chaos et de la destruction. Le genre de d\u00e9tail qui ne rassure personne.<\/p>\n<p>Des observations radar en mars 2021 ont finalement confirm\u00e9 qu\u2019Apophis n\u2019a aucune chance d\u2019impacter la Terre dans les 100 prochaines ann\u00e9es. Mais la menace \u00e9cart\u00e9e n\u2019a pas \u00e9teint l\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique, bien au contraire. Un ast\u00e9ro\u00efde aussi grand passant aussi pr\u00e8s ne se produit qu\u2019une fois tous les 800 ans en moyenne. Autant dire que rater l\u2019observation serait un luxe que l\u2019humanit\u00e9 ne peut pas se permettre.<\/p>\n<p>Avec ses 330 m\u00e8tres de diam\u00e8tre, Apophis est un objet massif, comparable \u00e0 la hauteur de la tour Eiffel, avec une masse estim\u00e9e entre 40 et 50 millions de tonnes, se d\u00e9pla\u00e7ant \u00e0 environ 12 km\/s. L\u2019impacteur de Toungouska, qui avait ras\u00e9 80 millions d\u2019arbres de la for\u00eat sib\u00e9rienne, \u00e9tait environ quatre fois plus petit, \u00e0 100 m\u00e8tres de diam\u00e8tre. La comparaison donne le vertige.<\/p>\n<p>Ramses : l\u2019Europe d\u00e9cide d\u2019escorter l\u2019ast\u00e9ro\u00efde<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de s\u2019engager pleinement dans la mission a \u00e9t\u00e9 prise lors du Conseil minist\u00e9riel de l\u2019ESA en novembre 2025. Puis les choses ont avanc\u00e9 vite. Le 10 f\u00e9vrier 2026, \u00e0 l\u2019ESTEC, l\u2019ESA a sign\u00e9 un contrat de 81,2 millions d\u2019euros avec OHB Italia pour lancer la phase de construction, d\u2019assemblage et de test de la mission Ramses. La machine est lanc\u00e9e.<\/p>\n<p>Ramses doit partir en avril 2028 pour permettre une arriv\u00e9e aupr\u00e8s d\u2019Apophis en f\u00e9vrier 2029, deux mois avant le passage au plus pr\u00e8s. Le cubesat embarquant un radar sera d\u00e9ploy\u00e9 en mars 2029, et la sonde restera \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019ast\u00e9ro\u00efde jusqu\u2019en ao\u00fbt 2029, l\u2019accompagnant ainsi pendant au moins six mois. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cet \u00ab\u00a0avant\u00a0\u00bb qui change tout : observer Apophis pendant qu\u2019il traverse l\u2019influence gravitationnelle de la Terre, pas seulement apr\u00e8s.<\/p>\n<p>\u00c0 son arriv\u00e9e, Ramses d\u00e9ploiera deux CubeSats. L\u2019un d\u2019eux, baptis\u00e9 Don Quijote et construit par la soci\u00e9t\u00e9 espagnole Emxys, est con\u00e7u pour se poser sur la surface d\u2019Apophis. L\u2019autre combinera un analyseur de poussi\u00e8re avec un radar basse fr\u00e9quence qui permettra d\u2019investiguer la structure interne de l\u2019ast\u00e9ro\u00efde. Une architecture ambitieuse pour une fen\u00eatre de tir que personne n\u2019a voulu rater.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience que la nature va mener \u00e0 notre place<\/p>\n<p>Ce qui rend ce passage unique, c\u2019est que la Terre ne sera pas un simple spectateur passif. Des couples de mar\u00e9e significatifs seront exerc\u00e9s sur le corps d\u2019Apophis, avec des cons\u00e9quences pouvant inclure des modifications de son \u00e9tat de rotation et de sa structure interne, des ondes sismiques mesurables et des perturbations de surface en temps r\u00e9el. : la Terre va litt\u00e9ralement tordre, comprimer et d\u00e9former l\u2019ast\u00e9ro\u00efde pendant son passage.<\/p>\n<p>Dans un sc\u00e9nario o\u00f9 Apophis aurait une faible densit\u00e9, environ 90 % des roches d\u00e9tach\u00e9es \u00e0 sa surface seraient arrach\u00e9es \u00e0 l\u2019approche de la Terre, et l\u2019approche pourrait produire quelques glissements de terrain \u00e0 sa surface. Le fait d\u2019avoir Ramses sur place \u00e0 l\u2019avance fournira une vue d\u00e9taill\u00e9e \u00ab\u00a0avant et apr\u00e8s\u00a0\u00bb de la fa\u00e7on dont Apophis aura \u00e9t\u00e9 alt\u00e9r\u00e9 par sa rencontre rapproch\u00e9e.<\/p>\n<p>Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS et scientifique principal de la mission, r\u00e9sume l\u2019enjeu avec une formule que les chercheurs r\u00e9p\u00e8tent depuis des mois : \u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons d\u00fb voyager loin dans le Syst\u00e8me solaire pour \u00e9tudier les ast\u00e9ro\u00efdes. Pour la premi\u00e8re fois, la nature en am\u00e8ne un jusqu\u2019\u00e0 nous et m\u00e8ne l\u2019exp\u00e9rience elle-m\u00eame. Tout ce que nous avons \u00e0 faire, c\u2019est observer Apophis r\u00e9agir \u00e0 des forces externes intenses.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un avantage strat\u00e9gique sur la NASA<\/p>\n<p>La NASA ne restera pas les bras crois\u00e9s. Elle a redirig\u00e9 son vaisseau OSIRIS-REx, qui avait rapport\u00e9 des \u00e9chantillons de l\u2019ast\u00e9ro\u00efde Bennu en 2023, vers Apophis. Renomm\u00e9 OSIRIS-APEX, ce vaisseau arrivera aupr\u00e8s d\u2019Apophis environ un mois apr\u00e8s le passage au plus pr\u00e8s de la Terre. R\u00e9sultat : il arrivera trop tard pour observer l\u2019\u00e9v\u00e9nement en direct.<\/p>\n<p>L\u2019Europe et le Japon seront les seuls \u00e0 observer l\u2019\u00e9v\u00e9nement en temps r\u00e9el. Dans ce domaine, le timing est d\u00e9cisif, et pour une fois l\u2019Europe se retrouve en premi\u00e8re ligne. Ramses d\u00e9collera depuis le centre spatial de Tanegashima sur une fus\u00e9e japonaise H3, en m\u00eame temps qu\u2019une autre sonde de la JAXA, DESTINY+. Cela permettra \u00e0 DESTINY+ d\u2019effectuer un survol d\u2019Apophis avant l\u2019arriv\u00e9e de Ramses, prenant les premi\u00e8res images spatiales de l\u2019ast\u00e9ro\u00efde en guise de reconnaissance.<\/p>\n<p>La combinaison des observations de la mission europ\u00e9enne, qui obtiendra une perspective compl\u00e8te avant et apr\u00e8s, avec celles de la NASA, permettra aux communaut\u00e9s scientifiques et de d\u00e9fense plan\u00e9taire d\u2019\u00e9tudier en d\u00e9tail les changements subis par l\u2019ast\u00e9ro\u00efde. Deux sondes, deux angles d\u2019approche, un seul ast\u00e9ro\u00efde. Observer comment Apophis r\u00e9agit aux forces de mar\u00e9e terrestres, d\u00e9finir sa densit\u00e9 et sa structure interne permettront de d\u00e9terminer la puissance n\u00e9cessaire pour percuter et d\u00e9vier efficacement ce type d\u2019objet. M\u00eame si Apophis n\u2019est plus une menace, cette mission servira d\u2019entra\u00eenement grandeur nature pour de futurs objets c\u00e9lestes potentiellement plus dangereux.<\/p>\n<p>Ce que peu de m\u00e9dias soulignent : si Ramses est un succ\u00e8s, l\u2019Europe aura prouv\u00e9 qu\u2019elle peut lancer rapidement une mission de reconnaissance vers un ast\u00e9ro\u00efde en approche, en seulement quatre ans au lieu des quinze ans habituellement n\u00e9cessaires. Un ast\u00e9ro\u00efde de cette taille passant aussi pr\u00e8s de notre plan\u00e8te, cela ne se produit qu\u2019environ une fois tous les 7 000 ans. La prochaine fois, on n\u2019aura peut-\u00eatre pas le luxe d\u2019un pr\u00e9avis de trois ans, ni la certitude que la trajectoire est sans danger.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/media24.fr\/2026\/03\/24\/lasteroide-apophis-va-froler-la-terre-en-2029-et-pour-une-fois-leurope-va-pouvoir-letudier-avant-la-nasa\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">media24.fr<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.tameteo.com\/actualites\/astronomie\/incroyable-l-europe-va-lancer-une-sonde-sur-un-asteroide-qui-frolera-la-terre-dans-3-ans.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">tameteo.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le vendredi 13 avril 2029, un ast\u00e9ro\u00efde de pr\u00e8s de 375 m\u00e8tres de diam\u00e8tre va fr\u00f4ler la Terre&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":871843,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[7],"tags":[68038,527,94013,6447,1011,27,54889,56,43,40,41,39,42,44],"class_list":["post-871842","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sciences-et-technologies","tag-apophis","tag-asteroide","tag-defense-planetaire","tag-esa","tag-fr","tag-france","tag-mission-spatiale","tag-push","tag-science","tag-science-and-technology","tag-sciences","tag-sciences-et-technologies","tag-technologies","tag-technology"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116411589421449623","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/871842","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=871842"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/871842\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/871843"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=871842"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=871842"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=871842"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}