{"id":873375,"date":"2026-04-16T17:18:39","date_gmt":"2026-04-16T17:18:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/873375\/"},"modified":"2026-04-16T17:18:39","modified_gmt":"2026-04-16T17:18:39","slug":"la-moitie-des-petites-salles-nont-pas-gagne-dargent-au-royaume-uni-en-2025-et-en-france","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/873375\/","title":{"rendered":"La moiti\u00e9 des petites salles n&rsquo;ont pas gagn\u00e9 d&rsquo;argent au Royaume-Uni en 2025&#8230; Et en France ?"},"content":{"rendered":"<p>Pour ses concerts londoniens, <strong>Harry Styles<\/strong> a annonc\u00e9 reverser une livre sterling sur chaque billet vendu au profit du <strong>LIVE Trust, un fonds destin\u00e9 \u00e0 soutenir les petites salles du Royaume-Uni. <\/strong>Le Britannique prend la suite d\u2019artistes comme <strong>Lorde, Ed Sheeran <\/strong>ou encore <strong>Coldplay<\/strong>, qui a revers\u00e9 <strong>10 % des recettes de sa tourn\u00e9e.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Une prise de conscience collective qui illustre les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par ces lieux : selon l\u2019organisation <strong>Music Venue Trust<\/strong>, quatre <strong>grassroots music venues<\/strong> sur dix exer\u00e7aient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 perte en 2024. Un an plus tard, la situation s\u2019est encore d\u00e9grad\u00e9e : <strong>53 % des salles n\u2019ont pas r\u00e9alis\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fices en 2025<\/strong>, entra\u00eenant la <strong>suppression d\u2019environ 6 000 emplois, soit pr\u00e8s de 20 % des effectifs du secteur.<\/strong><\/p>\n<p>Sans \u00e9quivalent exact en France, les <strong>grassroots music venues<\/strong> sont des lieux de petite ou moyenne capacit\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 <strong>la sc\u00e8ne locale, \u00e0 l\u2019\u00e9mergence artistique et \u00e0 l\u2019action culturelle.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, les indicateurs de l\u2019Hexagone semblent positifs. L\u2019industrie du live y enregistre un nouveau record en 2024, avec <strong>1,6 milliard d\u2019euros de recettes de billetterie. <\/strong>Dans le m\u00eame temps, la r\u00e9alit\u00e9 du terrain repose largement sur l\u2019activit\u00e9 de petites jauges : <strong>plus d\u2019une repr\u00e9sentation payante sur deux concerne un spectacle de moins de 200 entr\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un mod\u00e8le structurellement d\u00e9ficitaire ?<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>Notre activit\u00e9 de diffusion est d\u00e9ficitaire par nature. Mais c\u2019est ce qui permet \u00e0 des artistes qui ne sont pas encore structur\u00e9s de se professionnaliser.<\/p>\n<p><strong>Fran\u00e7ois Demarche<\/strong>, directeur de <strong>Bonjour Minuit<\/strong>, SMAC de Saint-Brieuc<\/p><\/blockquote>\n<p>Contrairement au Royaume\u2011Uni, o\u00f9 beaucoup de lieux fonctionnent sur un mod\u00e8le priv\u00e9, le r\u00e9seau fran\u00e7ais repose largement sur <strong>des structures hybrides, soutenues au moins en partie par des financements publics<\/strong>, pour garantir une <strong>offre culturelle locale, accessible et diversifi\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<p>Parmi ces lieux, certains disposent du label de <strong>Sc\u00e8ne de musiques actuelles (SMAC)<\/strong>, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 pour reconna\u00eetre des espaces qui soutiennent la cr\u00e9ation et la diffusion des musiques actuelles. Aujourd\u2019hui, <strong>99 structures sont labellis\u00e9es et b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un financement crois\u00e9 entre l\u2019\u00c9tat, les collectivit\u00e9s et leurs propres ressources<\/strong>.\u00a0<\/p>\n<p>Les SMAC ne repr\u00e9sentent qu\u2019une partie du paysage, mais elles illustrent bien l\u2019<strong>\u00ab exception culturelle \u00bb<\/strong> fran\u00e7aise, souligne <strong>Aur\u00e9lie Hannedouche<\/strong>, directrice du <strong>Syndicat des Musiques Actuelles (SMA)<\/strong>.<\/p>\n<p>Cette logique concerne toutefois une vari\u00e9t\u00e9 de salles de petites jauges, <strong>qu\u2019elles soient labellis\u00e9es ou non<\/strong>, pour lesquelles l\u2019organisation de concerts n\u2019est <strong>qu\u2019un volet d\u2019un projet plus large.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Au <strong>Jardin Moderne<\/strong>, un espace associatif en p\u00e9riph\u00e9rie de Rennes, l\u2019action culturelle occupe m\u00eame une place centrale : \u00ab On fait de l\u2019action culturelle en prison, des projets de formation, des ateliers pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres\u2026 On fait plus de 100 rendez-vous d\u2019accompagnement par an. \u00bb pr\u00e9cise son directeur <strong>Michel Audouard<\/strong>.<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9quilibre \u00e9conomique des petites jauges reste <strong>fragile<\/strong>. Leur capacit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9duit en effet <strong>m\u00e9caniquement <\/strong>les recettes possibles. Ainsi, beaucoup peinent \u00e0 couvrir leurs co\u00fbts <strong>quel que soit le niveau de fr\u00e9quentation.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Les \u00e9conomies d\u2019\u00e9chelle ne se r\u00e9alisent qu\u2019au-del\u00e0 d\u2019une certaine capacit\u00e9 \u00bb, indique le responsable du lieu. \u00ab Les lieux de 500 places et moins ont vraiment de grosses difficult\u00e9s de rentabilit\u00e9. On a un mod\u00e8le \u00e9conomique structurellement d\u00e9ficitaire. Chaque ann\u00e9e, c\u2019est un peu du bricolage pour trouver les moyens de financer des projets qui ne sont pas r\u00e9mun\u00e9rateurs. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le minist\u00e8re de la Culture r\u00e9v\u00e9lait que <strong>40 % des SMAC \u00e9taient en d\u00e9ficit<\/strong> \u00bb, rappelle le SMA.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 est d\u2019autant plus marqu\u00e9e pour ces salles dont l\u2019une des priorit\u00e9s reste l\u2019accessibilit\u00e9, comme en t\u00e9moigne <strong>Fran\u00e7ois Demarche<\/strong>, directeur de <strong>Bonjour Minuit<\/strong>, SMAC de Saint-Brieuc : \u00ab On a un prix du billet entre 10 et 14 euros. Donc forc\u00e9ment, notre activit\u00e9 de diffusion est d\u00e9ficitaire par nature. Mais c\u2019est ce qui permet \u00e0 des artistes qui ne sont pas encore structur\u00e9s de se professionnaliser. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Des adaptations devenues indispensables<\/strong><\/p>\n<p>Dans ces conditions, les structures doivent constamment <strong>arbitrer entre leurs missions culturelles et les contraintes \u00e9conomiques <\/strong>auxquelles elles doivent s\u2019adapter.\u00a0<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re solution r\u00e9side ainsi dans la <strong>location<\/strong> : au lieu de programmer elles-m\u00eames les \u00e9v\u00e9nements et d\u2019\u00eatre donc d\u00e9pendantes du remplissage, les salles sont mises \u00e0 disposition d\u2019une organisation pour un prix fixe.<\/p>\n<p>\u00ab On est oblig\u00e9 de trouver un \u00e9quilibre. Pour l\u2019instant, on est \u00e0 31 % de locations \u00bb, explique <strong>L\u00e9o Jouvelet<\/strong>, co-directeur et programmateur du <strong>FGO-Barbara<\/strong> et des <strong>Trois Baudets<\/strong>, \u00e9tablissements culturels de la ville de Paris.<\/p>\n<p>M\u00eame constat pour la salle parisienne du <strong>Petit Bain<\/strong>, subventionn\u00e9e \u00e0 hauteur de 10 % de son budget total, qui organise environ 270 dates par an, dont une centaine en location directe. L\u2019\u00e9quilibre du lieu repose \u00e9galement sur une diversit\u00e9 d\u2019activit\u00e9s compl\u00e9mentaires \u00e0 la programmation musicale.<\/p>\n<p>\u00ab On a une terrasse de 450 m\u00b2 qui ouvre l\u2019\u00e9t\u00e9 et sert de poumon \u00e9conomique pour financer le reste des projets \u00bb, pr\u00e9cise <strong>Victor Gibot<\/strong>, administrateur de l\u2019\u00e9tablissement parisien. \u00ab L\u2019\u00e9quilibre tient aussi sur les consommations au bar et la restauration, qui g\u00e9n\u00e8rent des recettes moins risqu\u00e9es. Aujourd\u2019hui, le fait que les publics plus jeunes consomment moins nous met donc en difficult\u00e9. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le soutien des pouvoirs publics reste d\u00e9terminant.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab Si on veut pouvoir prendre des risques, d\u00e9fendre des artistes \u00e9mergents ou soutenir des jeunes collectifs, c\u2019est possible parce qu\u2019il y a de l\u2019argent public. Sans l\u2019aide de la ville, le projet n\u2019est pas viable en l\u2019\u00e9tat \u00bb, explique <strong>Na\u00efma Bourgaut<\/strong>, PDG de <strong>Madline <\/strong>(gestionnaire priv\u00e9 du <strong>FGO-Barbara<\/strong> et des <strong>Trois Baudets<\/strong>).<\/p>\n<p><strong>Un financement public mis en difficult\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Dans un contexte de coupes budg\u00e9taires, le mod\u00e8le des salles de petites jauges appara\u00eet donc de plus en plus fragilis\u00e9.<\/p>\n<p>Ces restrictions se traduisent notamment dans la loi de finances pour 2026, qui pr\u00e9voit un budget de la mission Culture de l\u2019\u00c9tat de 3,54 milliards d\u2019euros, soit <strong>une baisse de 4,6 % par rapport \u00e0 2025<\/strong>. La subvention du minist\u00e8re de la Culture au Centre national de la musique (CNM) <strong>diminue quant \u00e0 elle de 7 millions d\u2019euros<\/strong>, apr\u00e8s une premi\u00e8re r\u00e9duction intervenue en 2025.<\/p>\n<p>Cons\u00e9quences de ces coupes : certains dispositifs destin\u00e9s \u00e0 soutenir l\u2019\u00e9mergence sont revus \u00e0 la baisse. Parmi eux, <strong>le budget de l\u2019aide \u00e0 la diffusion d\u00e9di\u00e9e aux salles de moins de 600 places passera de 4 millions \u00e0 3 millions d\u2019euros en 2026<\/strong>.<\/p>\n<p>Une baisse qui se traduit <strong>directement dans l\u2019activit\u00e9 des lieux<\/strong>. \u00c0 Saint-Brieuc, la SMAC <strong>Bonjour Minuit<\/strong> estime que cette r\u00e9duction <strong>repr\u00e9sente pr\u00e8s de 9 000 euros de financement en moins. <\/strong>\u00ab Cela correspond quasiment \u00e0 trois dates en grande salle que nous ne ferons pas \u00bb, indique la direction. D\u2019autant plus que cette aide est li\u00e9e au nombre de concerts programm\u00e9s, ce qui peut cr\u00e9er un cercle vicieux : <strong>moins de dates signifie aussi moins d\u2019aides l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>On est dans une ma\u00eetrise au centime pr\u00e8s de notre masse salariale, pour ne pas impacter davantage notre activit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p><strong>Victor Gibot<\/strong>, administrateur du Petit Bain \u00e0 Paris<\/p><\/blockquote>\n<p>Certaines aides \u00e0 l\u2019emploi connaissent \u00e9galement un recul important. Le dispositif <strong>FONPEPS<\/strong>, par exemple, devrait voir son budget <strong>diminuer d\u2019environ 50 % en 2026, avec des conditions d\u2019acc\u00e8s plus strictes.<\/strong> \u00ab Il faut d\u00e9sormais produire trois fois le m\u00eame spectacle pour en b\u00e9n\u00e9ficier \u00bb, rappelle Bonjour Minuit. \u00ab Or ce n\u2019est <strong>pas du tout un usage dans les musiques actuelles<\/strong>. \u00bb<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces contraintes budg\u00e9taires, les salles doivent revoir leur organisation interne. \u00c0 Paris, le <strong>Petit Bain<\/strong> alerte sur la situation : \u00ab On a <strong>optimis\u00e9 <\/strong>beaucoup de postes : certaines missions li\u00e9es \u00e0 l\u2019action culturelle, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties entre les \u00e9quipes existantes. On est dans une ma\u00eetrise au centime pr\u00e8s de notre masse salariale, pour ne pas impacter davantage notre activit\u00e9 culturelle \u00bb, explique la direction.\u00a0<\/p>\n<p>Ces tensions budg\u00e9taires ne concernent pas seulement les dispositifs nationaux. Elles sont aussi li\u00e9es<strong> aux finances des collectivit\u00e9s locales<\/strong>, qui constituent souvent le premier soutien des salles.<\/p>\n<p>L\u2019exemple des Pays de la Loire est particuli\u00e8rement frappant : en d\u00e9cembre 2024, la r\u00e9gion a vot\u00e9  <strong>82 millions d\u2019euros de r\u00e9ductions budg\u00e9taires, dont 4,7 millions pour la culture, soit une baisse de 62 %. <\/strong>Une baisse historique pour une collectivit\u00e9, appel\u00e9e \u00e0 se <strong>poursuivre <\/strong>en 2026, avec <strong>1,2 million d\u2019euros pr\u00e9visionnels de moins <\/strong>pour la culture.<\/p>\n<p>\u00ab Chez nous, la subvention de la ville repr\u00e9sente environ <strong>un tiers du budget.<\/strong> Donc quand il y a des baisses \u00e0 ce niveau-l\u00e0, c\u2019est forc\u00e9ment compliqu\u00e9. \u00bb souligne Bonjour Minuit.<\/p>\n<p>Pour ces structures, l\u2019enjeu devient alors de maintenir leurs missions malgr\u00e9 des ressources contraintes.<\/p>\n<p>\u00ab Le moteur de nos m\u00e9tiers, c\u2019est l\u2019utilit\u00e9 sociale de nos projets \u00bb, rappelle la salle bretonne. \u00ab La question est donc de savoir <strong>comment continuer \u00e0 les maintenir <\/strong>avec des financements qui diminuent, voire disparaissent dans certains territoires. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Des cons\u00e9quences directes sur la programmation<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>Si les financements publics baissent, l\u2019impact direct sera sur les programmations qui ne sont pas rentables. Et c\u2019est l\u2019\u00e9mergence qui va en p\u00e2tir.<\/p>\n<p><strong>Michel Audouard<\/strong>, directeur du Jardin Moderne \u00e0 Rennes<\/p><\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s avoir r\u00e9duit leurs effectifs ou diversifi\u00e9 leurs activit\u00e9s, la marge de man\u0153uvre des salles se limite souvent \u00e0 leur mission premi\u00e8re : le soutien aux artistes \u00e9mergents.<\/p>\n<p>\u00ab Si les financements publics baissent, l\u2019impact direct sera sur les programmations qui ne sont pas rentables \u00bb, explique la direction du <strong>Jardin Moderne<\/strong>. \u00ab Et c\u2019est l\u2019\u00e9mergence qui va en p\u00e2tir. \u00bb \u00c0 titre d\u2019exemple, la structure rennaise a d\u00fb supprimer son \u00e9v\u00e9nement estival <strong>Open Garden,<\/strong> qui mettait en avant des groupes locaux dans un format gratuit.<\/p>\n<p>\u00c0 Saint-Brieuc, la programmation a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite : \u00ab Avant, nous produisions environ 45 \u00e0 50 dates par an. Aujourd\u2019hui, nous sommes plut\u00f4t autour de 35 \u00e0 40, parce qu\u2019<strong>on sait qu\u2019on sera d\u00e9ficitaires donc on pr\u00e9f\u00e8re r\u00e9duire<\/strong> \u00bb, r\u00e9sume la direction de <strong>Bonjour Minuit.<\/strong><\/p>\n<p>Certaines salles privil\u00e9gient \u00e9galement des formats moins co\u00fbteux. \u00ab On programme parfois un concert sans premi\u00e8re partie ou avec un DJ, parce que cela co\u00fbte moins cher qu\u2019un groupe de trois ou quatre musiciens. <strong>Cela impacte \u00e9videmment nos missions de valorisation d\u2019artistes \u00e9mergents, mais nous n\u2019avons pas d\u2019autre choix <\/strong>\u00bb, indique la structure.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p>Certains styles se diffusent principalement dans ces petites salles, comme le jazz, les musiques improvis\u00e9es ou la chanson. La question devient alors claire : que va-t-il se passer pour eux ? <\/p>\n<p><strong>Aur\u00e9lie Hannedouche<\/strong>, directrice du Syndicat des Musiques Actuelles (SMA)<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab Avant, on avait des choses financ\u00e9es qui ne co\u00fbtaient pas cher, maintenant, elles ne sont plus financ\u00e9es et elles co\u00fbtent plus cher, ce qui implique de diversifier les ressources, et parfois m\u00eame un peu <strong>au d\u00e9triment du projet artistique<\/strong> : on doit bloquer des dates qui pourraient accueillir des concerts pour faire des privatisations, puisqu\u2019elles sont plus r\u00e9mun\u00e9ratrices \u00bb, reconna\u00eet le <strong>Petit Bain<\/strong>.<\/p>\n<p>\u00ab On va peut-\u00eatre s\u2019orienter vers des esth\u00e9tiques o\u00f9 l\u2019on sait que le public consomme davantage au bar. On va \u00e9galement<strong> moins prendre le risque<\/strong> d\u2019organiser des choses avec des nouveaux partenaires, et plut\u00f4t se concentrer sur les choses qui marchent d\u00e9j\u00e0. \u00bb, poursuit la salle parisienne.<\/p>\n<p>Pour le <strong>SMA<\/strong>, l\u2019enjeu d\u00e9passe m\u00eame la seule question \u00e9conomique : \u00ab Certains styles se diffusent principalement dans ces petites salles, comme le jazz, les musiques improvis\u00e9es ou la chanson. La question devient alors claire : <strong>que va-t-il se passer pour eux <\/strong>? \u00bb<\/p>\n<p><strong>Un \u00e9cosyst\u00e8me interd\u00e9pendant<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p>Est-ce que ces salles de petites capacit\u00e9s vont maintenir l\u2019int\u00e9r\u00eat soit de la dotation publique, des pouvoirs publics, ou des plus gros acteurs qui aujourd\u2019hui sont en train quand m\u00eame de s\u2019imposer comme de vraies industries sur le march\u00e9 de la culture ?<\/p>\n<p><strong>Na\u00efma Bourgaut<\/strong>, PDG de <strong>Madline <\/strong>(gestionnaire priv\u00e9 du <strong>FGO-Barbara<\/strong> et des <strong>Trois Baudets<\/strong>)<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette fragilit\u00e9 <strong>contraste avec la dynamique globale du march\u00e9 du live,<\/strong> qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi florissante. Mais cette croissance ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 tous les acteurs.<\/p>\n<p>Selon une \u00e9tude du <strong>CNM <\/strong>publi\u00e9e en 2024, les repr\u00e9sentations g\u00e9n\u00e9rant plus de 6 000 entr\u00e9es <strong>ne repr\u00e9sentent qu\u2019environ 1 % <\/strong>de l\u2019offre payante totale, mais <strong>concentrent \u00e0 elles seules 36 % des recettes de billetterie. <\/strong><\/p>\n<p>\u00ab On se rend bien compte que <strong>le public est oblig\u00e9 de faire des choix<\/strong>. \u00bb, explique la direction du <strong>FGO-Barbara<\/strong>. \u00ab S\u2019il veut voir une grande star internationale en ar\u00e9na, qui co\u00fbte tr\u00e8s cher, il sera peut-\u00eatre plus r\u00e9ticent \u00e0 d\u00e9penser une vingtaine d\u2019euros pour d\u00e9couvrir un artiste en d\u00e9veloppement. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 Lyon, la salle de jazz du <strong>P\u00e9riscope <\/strong>a ainsi lanc\u00e9 \u00e0 l\u2019automne une campagne de plaidoyer intitul\u00e9e<strong> Small is better<\/strong>. Le <a href=\"https:\/\/www.periscope-lyon.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/BL25_PLAIDOYER-GP-A3-FR-1.pdf\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">manifeste <\/a>appelle publics, artistes et professionnels \u00e0 \u00ab <strong>faire le choix politique <\/strong>\u00bb de soutenir les petites salles.<\/p>\n<p>Pour les acteurs du secteur, l\u2019enjeu de cette polarisation du public <strong>d\u00e9passe largement la seule question de la sant\u00e9 \u00e9conomique des petites salles. <\/strong>C\u2019est <strong>l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du live<\/strong>, structur\u00e9 autour de plusieurs niveaux de diffusion, <strong>qui pourrait \u00eatre fragilis\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Du caf\u00e9-concert au stade, chaque niveau doit exister. C\u2019est indispensable pour les artistes comme pour le public. \u00bb souligne le <strong>SMA<\/strong>.<\/p>\n<p>Les salles de petite jauge constituent en effet souvent la premi\u00e8re \u00e9tape dans l\u2019\u00e9mergence des futures t\u00eates d\u2019affiche des arenas, permettant aux artistes de d\u00e9velopper progressivement leur public.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab S\u2019il n\u2019y a plus de caf\u00e9s-concerts, nous n\u2019existons plus. \u00bb, explique la <strong>SMAC Bonjour Minuit<\/strong>. \u00ab Et sans salles interm\u00e9diaires, il n\u2019y aura plus non plus d\u2019artistes capables de remplir les arenas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019exemple de Nantes est parlant \u00bb, constate le <strong>SMA<\/strong>. \u00ab La ville dispose \u00e0 la fois du Z\u00e9nith de province qui fonctionne le mieux et d\u2019une SMAC tr\u00e8s active, avec un r\u00e9seau de caf\u00e9s-concerts performant. <strong>Tous les \u00e9chelons y coexistent et se renforcent. <\/strong>\u00bb<\/p>\n<p>Au Royaume-Uni, la salle du <strong>Royal Albert Hall <\/strong>est devenue la premi\u00e8re salle de plus de 5 000 places \u00e0 s\u2019engager \u00e0 <strong>reverser une livre sterling par billet vendu pour soutenir les salles en difficult\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>En Nouvelle-Z\u00e9lande, la <strong>Spark Arena <\/strong>d\u2019<strong>Auckland<\/strong> a lanc\u00e9 en 2025 un fonds soutenu par <strong>Live Nation<\/strong>. Dot\u00e9 d\u2019un premier budget de <strong>plus de 100 000 dollars n\u00e9o-z\u00e9landais<\/strong>, il finance <strong>l\u2019achat d\u2019\u00e9quipements professionnels <\/strong>pour des lieux ind\u00e9pendants de moins de 400 places.\u00a0<\/p>\n<p>Des initiatives priv\u00e9es \u00e9mergent \u00e9galement. <strong>Marshall <\/strong>a r\u00e9cemment lanc\u00e9 le programme de fid\u00e9lit\u00e9 <strong>Amplify<\/strong>, qui <strong>reverse 1 % des achats des membres \u00e0 un r\u00e9seau de petites salles partenaires<\/strong>. \u00c0 Paris, le <strong>Supersonic <\/strong>b\u00e9n\u00e9ficiera de ce dispositif, pr\u00e9sent\u00e9 comme un soutien concret \u00e0 l\u2019\u00e9conomie fragile des lieux ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019industrie du live \u00e0 tr\u00e8s grande \u00e9chelle n\u2019est pas en difficult\u00e9 \u00bb, estime la direction de Bonjour Minuit. \u00ab Ils auraient tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 reverser une part aux acteurs qui contribuent \u00e0 structurer la fili\u00e8re, parce qu\u2019on est dans un \u00e9cosyst\u00e8me interd\u00e9pendant.<strong>Le ruissellement n\u2019existe pas : il faut que ce soit contraint pour fonctionner. <\/strong>\u00bb<\/p>\n<p>En France, un m\u00e9canisme de redistribution existe d\u00e9j\u00e0 en partie par le biais de la taxe sur la billetterie, collect\u00e9e par le <strong>CNM<\/strong>. Pr\u00e9lev\u00e9e sur chaque billet de concert, cette derni\u00e8re est cens\u00e9e <strong>alimenter diff\u00e9rents dispositifs de soutien \u00e0 travers deux types d\u2019aides<\/strong> : le droit de tirage, destin\u00e9 aux producteurs de spectacles, et les aides s\u00e9lectives, qui servent \u00e0 soutenir des projets dont les salles de petite jauge.<\/p>\n<p>Mais selon le SMA, ce m\u00e9canisme atteint aujourd\u2019hui ses limites en raison du plafonnement de la taxe : une fois le plafond d\u00e9pass\u00e9, les recettes suppl\u00e9mentaires sont revers\u00e9es au budget g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9tat. Or les producteurs doivent tout de m\u00eame recevoir leur part calcul\u00e9e sur les recettes initiales :<strong> la diff\u00e9rence est donc compens\u00e9e en r\u00e9duisant les aides s\u00e9lectives.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Le syst\u00e8me existe d\u00e9j\u00e0 : il faudrait simplement qu\u2019il fonctionne pleinement \u00bb, r\u00e9sume le <strong>SMA<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Pour ses concerts londoniens, Harry Styles a annonc\u00e9 reverser une livre sterling sur chaque billet vendu au profit&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":873376,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1588],"tags":[11,84877,15902,4156,1777,674,12,473,1853,94100,94101,10522,1851,1850,1852],"class_list":["post-873375","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-royaume-uni","tag-actualites","tag-billboard-france","tag-cnm","tag-concerts","tag-eu","tag-europe","tag-news","tag-royaume-uni","tag-royaume-uni-de-grande-bretagne-et-dirlande-du-nord","tag-salles-de-concert","tag-smac","tag-subventions","tag-uk","tag-united-kingdom","tag-united-kingdom-of-great-britain-and-northern-ireland"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116415529839552715","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/873375","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=873375"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/873375\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/873376"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=873375"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=873375"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=873375"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}