{"id":877741,"date":"2026-04-18T17:55:19","date_gmt":"2026-04-18T17:55:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/877741\/"},"modified":"2026-04-18T17:55:19","modified_gmt":"2026-04-18T17:55:19","slug":"rdc-etats-unis-kinshasa-face-au-pari-risque-de-laccueil-de-migrants-expulses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/877741\/","title":{"rendered":"RDC\u2013\u00c9tats-Unis : Kinshasa face au pari risqu\u00e9 de l\u2019accueil de migrants expuls\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>AA \/ Kinshasa \/ Pascal Mulegwa<\/p>\n<p>Un premier groupe de migrants venus des \u00c9tats-Unis est arriv\u00e9 en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Ils \u00e9taient attendus depuis l\u2019annonce, le 5 avril dernier, par les autorit\u00e9s congolaises d\u2019un accord conclu avec l\u2019administration am\u00e9ricaine. Ce premier contingent a atterri dans la nuit de jeudi \u00e0 vendredi \u00e0 Kinshasa.<\/p>\n<p>L\u2019avion s\u2019est pos\u00e9 \u00e0 N\u2019djili, l\u2019a\u00e9roport international de la capitale congolaise, apr\u00e8s au moins une escale \u00e0 Accra, selon plusieurs sources concordantes. D\u2019apr\u00e8s les informations recueillies par Anadolu, ce groupe est compos\u00e9 de quinze personnes : sept femmes et huit hommes, de nationalit\u00e9 p\u00e9ruvienne, colombienne et \u00e9quatorienne.<\/p>\n<p>Leur h\u00e9bergement a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 dans un complexe h\u00f4telier situ\u00e9 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de l\u2019a\u00e9roport, disposant notamment de plusieurs appartements, d\u2019une piscine et d\u2019installations sportives. Si l\u2019Organisation internationale pour les migrations affirme qu\u2019ils sont libres de mouvement \u00e0 Kinshasa, Anadolu a constat\u00e9 vendredi que le site \u00e9tait ferm\u00e9 et inaccessible aux visiteurs ext\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Selon une source diplomatique, cette arriv\u00e9e \u00e9tait anticip\u00e9e depuis plusieurs semaines. Des agents hispanophones auraient \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s pour le suivi administratif du dossier. D\u2019autres transferts sont d\u00e9j\u00e0 envisag\u00e9s : un nouveau groupe de quinze personnes devrait suivre \u00ab incessamment \u00bb. Selon un diplomate en poste, l\u2019accord \u2013 non rendu public \u2013 porterait sur l\u2019accueil de 50 \u00e0 100 migrants en provenance des \u00c9tats-Unis chaque mois. La totalit\u00e9 des frais serait prise en charge par l\u2019administration am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Un accord discret, politiquement sensible<\/p>\n<p>Kinshasa avance sur une ligne de cr\u00eate. En acceptant d\u2019accueillir temporairement sur son sol des migrants expuls\u00e9s des \u00c9tats-Unis, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo s\u2019inscrit dans une strat\u00e9gie migratoire am\u00e9ricaine en pleine expansion, tout en s\u2019exposant \u00e0 une controverse politique et soci\u00e9tale majeure.<\/p>\n<p>Le dispositif reste entour\u00e9 d\u2019un flou soigneusement entretenu. Aucun chiffre officiel n\u2019a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9, aucune liste exhaustive de nationalit\u00e9s n\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, ni aucun d\u00e9tail pr\u00e9cis sur les centres d\u2019accueil. Le gouvernement congolais parle d\u2019un m\u00e9canisme \u00ab encadr\u00e9 \u00bb, \u00ab progressif \u00bb et \u00ab limit\u00e9 dans le temps \u00bb.<\/p>\n<p>Selon plusieurs sources concordantes, Kinshasa et Washington n\u00e9gocient depuis pr\u00e8s d\u2019un an. L\u2019accord prendrait la forme d\u2019un m\u00e9morandum d\u2019entente s\u2019inscrivant dans la politique am\u00e9ricaine dite d\u2019\u00ab expulsions vers des pays tiers \u00bb, qui consiste \u00e0 transf\u00e9rer certains migrants en situation irr\u00e9guli\u00e8re vers des \u00c9tats autres que leur pays d\u2019origine.<\/p>\n<p>\u00c0 Washington, cette strat\u00e9gie est devenue une priorit\u00e9. L\u2019administration am\u00e9ricaine recherche des partenaires pr\u00eats \u00e0 accueillir des profils complexes : d\u00e9bout\u00e9s du droit d\u2019asile, personnes sans papiers ou migrants dont les pays d\u2019origine refusent le retour.<\/p>\n<p>Un accueil pr\u00e9sent\u00e9 comme temporaire<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s congolaises assurent qu\u2019il ne s\u2019agit ni d\u2019une relocalisation permanente ni d\u2019une externalisation de la politique migratoire am\u00e9ricaine. Les personnes concern\u00e9es seraient h\u00e9berg\u00e9es pour une dur\u00e9e allant de trois \u00e0 six mois, avant leur r\u00e9acheminement vers leur pays d\u2019origine.<\/p>\n<p>\u00ab Chaque dossier sera examin\u00e9 au cas par cas, dans le respect des lois congolaises et des imp\u00e9ratifs de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, explique un cadre de la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>Mais plusieurs zones d\u2019ombre demeurent : que se passera-t-il si les \u00c9tats d\u2019origine refusent de reprendre leurs ressortissants ? Quelles garanties contre une pr\u00e9sence prolong\u00e9e de facto ? Sur ces questions, le gouvernement reste discret.<\/p>\n<p>Entre solidarit\u00e9 et int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques<\/p>\n<p>Officiellement, Kinshasa invoque un devoir de solidarit\u00e9 internationale et une volont\u00e9 de contribuer \u00e0 la gestion mondiale des flux migratoires. Les autorit\u00e9s mettent aussi en avant un renforcement des capacit\u00e9s administratives et s\u00e9curitaires.<\/p>\n<p>Mais l\u2019accord intervient dans un contexte de rapprochement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 entre la RDC et les \u00c9tats-Unis. Washington a multipli\u00e9 r\u00e9cemment les initiatives en RDC, notamment dans les secteurs minier et sanitaire. Des investissements am\u00e9ricains de plusieurs centaines de millions de dollars dans la sant\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9s, tandis que des discussions sur un partenariat autour des minerais strat\u00e9giques circulent dans les milieux diplomatiques.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l\u2019accueil de migrants appara\u00eet pour certains observateurs comme une contrepartie implicite, m\u00eame si Kinshasa s\u2019en d\u00e9fend.<\/p>\n<p>Une contestation d\u00e9j\u00e0 vive<\/p>\n<p>\u00c0 Kinshasa, l\u2019annonce a d\u00e9clench\u00e9 une vague de critiques. Le manque de transparence est au c\u0153ur des reproches.<\/p>\n<p>\u00ab Ni la population, ni le Parlement n\u2019ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s. Il n\u2019y a eu aucun d\u00e9bat public \u00bb, d\u00e9nonce Timoth\u00e9e Mbuya.<\/p>\n<p>Les inqui\u00e9tudes portent aussi sur la situation int\u00e9rieure du pays. La RDC compte d\u00e9j\u00e0 plusieurs millions de d\u00e9plac\u00e9s internes \u00e0 cause des conflits persistants dans l\u2019est. Pour certains, accueillir de nouveaux migrants internationaux dans ce contexte rel\u00e8ve d\u2019une priorit\u00e9 mal calibr\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale, le d\u00e9put\u00e9 Christian Mwando a adress\u00e9 une question orale avec d\u00e9bat \u00e0 la ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Th\u00e9r\u00e8se Kayikwamba Wagner. Il r\u00e9clame des clarifications sur la nature de l\u2019accord, le nombre de migrants concern\u00e9s et les \u00e9ventuelles contreparties.<\/p>\n<p>Un test diplomatique grandeur nature<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la pol\u00e9mique, ce dossier interroge la place de la RDC dans les \u00e9quilibres internationaux. En acceptant cet accord, Kinshasa cherche \u00e0 consolider son partenariat avec Washington et \u00e0 se pr\u00e9senter comme un acteur diplomatique utile.<\/p>\n<p>Mais le risque existe d\u2019appara\u00eetre comme un partenaire d\u00e9pendant, pr\u00eat \u00e0 accepter des compromis sensibles sur un sujet hautement inflammable.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res arriv\u00e9es constituent d\u00e9sormais un test grandeur nature. Elles diront si la RDC peut transformer un accord controvers\u00e9 en levier diplomatique, ou si elle s\u2019engage dans une zone d\u2019incertitude aux cons\u00e9quences difficiles \u00e0 ma\u00eetriser.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"AA \/ Kinshasa \/ Pascal Mulegwa Un premier groupe de migrants venus des \u00c9tats-Unis est arriv\u00e9 en R\u00e9publique&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":877742,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1589],"tags":[11,73,1866,4457,12,4873,1864,1865,1863,308],"class_list":["post-877741","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etats-unis","tag-actualites","tag-etats-unis","tag-etats-unis-damerique","tag-kinshasa","tag-news","tag-rdc","tag-united-states","tag-united-states-of-america","tag-us","tag-usa"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116426999642240357","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/877741","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=877741"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/877741\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/877742"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=877741"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=877741"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=877741"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}