{"id":888368,"date":"2026-04-23T22:41:18","date_gmt":"2026-04-23T22:41:18","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/888368\/"},"modified":"2026-04-23T22:41:18","modified_gmt":"2026-04-23T22:41:18","slug":"a-lyon-et-a-bordeaux-les-ballets-dopera-entre-joie-et-absolu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/888368\/","title":{"rendered":"\u00c0 Lyon et \u00e0 Bordeaux, les ballets d\u2019op\u00e9ra entre joie et absolu"},"content":{"rendered":"<p>\n    Deux soir\u00e9es, six chor\u00e9graphes et des ambitions. La danse en voit de toutes les couleurs. Sommets, r\u00e9v\u00e9lations et d\u00e9ception.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques dans la culture ont au moins ceci de bon: faute d\u2019\u00eatre assez au large pour multiplier les productions lyriques, les maisons d\u2019op\u00e9ra s\u2019appuient sur leur ballet. \u00c0 Paris, comme en r\u00e9gion, le nombre de spectacles augmente et les danseurs s\u2019aff\u00fbtent. Deux nouveaux programmes baptis\u00e9s Avant la temp\u00eate \u00e0 Lyon et Joy \u00e0 Bordeaux, ont montr\u00e9 avec panache mardi et mercredi que les ballets des op\u00e9ras de r\u00e9gion en ont sous le pied.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">\u00ab Avant la temp\u00eate\u00a0\u00bb\u00a0? On serait plut\u00f4t apr\u00e8s elle. Car cette soir\u00e9e qui fait entrer au r\u00e9pertoire The Grey Area, pi\u00e8ce sur pointes de David Dawson, et reprend Actus&#8230; , solo de Lucinda Childs, et Enemy in the Figure de William Forsythe montre que la compagnie dont le niveau avait d\u00e9gringol\u00e9 (au point que Forsythe lui ait retir\u00e9 ses pi\u00e8ces), est bel et bien sortie de la temp\u00eate. Le capitaine \u00e0 la barre pour le sauvetage est\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/culture\/cedric-andrieux-prend-la-tete-du-ballet-de-lyon-20230413\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">C\u00e9dric Andrieux<\/a>, \u00e0 sa t\u00eate depuis 2023. La soir\u00e9e va crescendo. Dawson, qui a \u00e9t\u00e9 danseur chez Forsythe, livre sur la sc\u00e8ne baign\u00e9e dans un beau d\u00e9grad\u00e9 de gris, une pi\u00e8ce \u00e9l\u00e9gante o\u00f9 il part en apn\u00e9e dans ses souvenirs. Ce qui affleure dans ce quintet de trois filles et deux gar\u00e7ons, c\u2019est la mani\u00e8re dont Forsythe r\u00e8gle l\u2019entr\u00e9e et la sortie des danseurs, leurs assemblages bien calcul\u00e9s, les moments de virtuosit\u00e9 pure qui se d\u00e9font en une seconde pour laisser place \u00e0 des marches vers les coulisses, ces ports de bras horizontaux, les danseurs qui montent sur pointes suivant une d\u00e9charge \u00e9lectro de Niels Lanz qui les emporte. Les citations s\u2019encha\u00eenent dans un hommage bien liss\u00e9 au ma\u00eetre, comme si Dawson plongeait par-del\u00e0\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lefigaro.fr\/culture\/a-quiet-evening-of-dance-la-chanson-de-geste-de-william-forsythe-20190626\" data-fig-type=\"Article\" data-gtm-custom-categorie=\"navigation\" data-gtm-custom-action=\"crossclick\" data-gtm-custom-label=\"Contextuel\" data-gtm-event=\"customEventSPE\" data-fig-domain=\"LEFIGARO\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Forsythe<\/a>, dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 m\u00e9morielle du ballet classique. Pour clore la pi\u00e8ce, le rideau descend lentement, \u00e0 la Forsythe, tandis que les danseurs continuent leur ballet. M\u00eame final pour Enemy in the Figure, mais sur un paysage autrement accident\u00e9.<\/p>\n<p>    Enemy in the Figure de William Forsythe par le Ballet de Lyon<br \/>\n                Agathe Poupeney<\/p>\n<p>                                            <a class=\"fig-a11y-skip\" href=\"#fig-a11y-skip-main-inarticle\" is=\"fig-a11y-skip\" data-trigger-mode=\"visible-once\"><br \/>\n    Passer la publicit\u00e9<br \/>\n<\/a>            <\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Sur la sc\u00e8ne, un projecteur \u00e0 roulettes, un paravent monumental et une corde pos\u00e9e au sol qui court d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, comme un reptile, disparaissant derri\u00e8re le paravent pour en ressortir. L\u2019ennemi, c\u2019est ce qui se cache et qui d\u2019un coup vous aveugle. Passage du blanc au noir, du justaucorps lisse au costume \u00e0 franges, jeux d\u2019ombres et de lumi\u00e8res, conjugu\u00e9s sur le mode explosif et compl\u00e8tement impr\u00e9visible par onze danseurs. Parce que la troupe a repris son niveau, les personnalit\u00e9s se distinguent et se coulent dans la musique de Thom Willems\u00a0: sur ses chocs, leur danse d\u2019abord lascive, explose, rebondit, fuse avec une versatilit\u00e9 \u00e9blouissante. Rien n\u2019est pr\u00e9visible dans cette pi\u00e8ce \u00e0 100 000 volts et mille surprises dont le ballet de Lyon rel\u00e8ve le d\u00e9fi. On se r\u00e9jouit que la saison prochaine, il reprenne Workwithinwork de Forsythe en plus du Sacre du printemps de Mats Ek et de House de Sharon Eyal, en plus de La Nuit transfigur\u00e9e d\u2019Anne Teresa de Keermsaeker et d\u2019une cr\u00e9ation des van Opstal, en plus d\u2019une autre d\u2019Alessandro Sciarroni et de la reprise de Dance de Lucinda Childs.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Celle-ci laisse un solo dans la soir\u00e9e d\u2019Avant la temp\u00eate.\u00a0 Il ouvre une respiration id\u00e9ale entre Dawson et son ma\u00eetre. Quelques pas en silence, dans une bande de lumi\u00e8re. Quelques instants d\u2019une danse que No\u00eblle Conjaud laisse \u00e9clore de son intimit\u00e9. Elle tend un pied comme un baigneur go\u00fbte l\u2019eau de la mer et c\u2019est tout l\u2019espace qui se met \u00e0 vibrer. S\u2019\u00e9gr\u00e8nent soudain quelques mesures d\u2019une cantate de Bach. Un rien du tout, mais qui nous laisse fr\u00e9missant comme si on assistait au premier matin du monde. Quelle interpr\u00e8te!<\/p>\n<p>    Riku Ota dans L\u2019amour sorcier \u00e0 Bordeaux<br \/>\n                Sigrid Colomyes<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Si avec ce programme, le ballet de Lyon en impose par sa recherche de l\u2019absolu, \u00e0 Bordeaux, y\u2019a de la joie. La compagnie en fait sa qu\u00eate \u00e0 travers trois chor\u00e9graphies tout simplement humaines. Et la soir\u00e9e titr\u00e9e Joy tire son nom de la pi\u00e8ce \u00e9ponyme d\u2019Alexander Ekman. Le su\u00e9dois a un style bien \u00e0 lui\u00a0: chor\u00e9graphie simplex et images fortes, pour servir l\u2019insolence, registre qui jusqu\u2019\u00e0 lui \u00e9chappait peu ou prou au ballet. Il avoue avoir \u00e9crit Joy pour se gu\u00e9rir d\u2019un chagrin d\u2019amour. La danse est-elle capable de cela? s\u2019est-il demand\u00e9. Et de poser la question aux interpr\u00e8tes, pour la conjuguer \u00e0 l\u2019intention des spectateurs qui sont, pour leur malheur, souligne Ekman, prisonniers du spectacle. Ekman manie son art entre provocations et surprises. La joie s\u2019impose! Elle diffuse aussi dans L\u2019amour Sorcier, cr\u00e9ation d\u2019Iratxe Ansa et Igor Bacovich. Ils visent l\u2019envo\u00fbtement et osent le convoquer\u00a0: dramaturgie inventive, vocabulaire plein d\u2019audace, sc\u00e9nographie intelligente. En spectre et en sorci\u00e8re Riku Ota et Sarah Leduc ensorcellent tandis que l\u2019amour br\u00fble entre H\u00e9l\u00e8ne Bernardou et Tangui Trevinal. Voil\u00e0 de quoi rattraper une soir\u00e9e qui commence avec Hurry up, we\u2019re dreaming de Justin Peck, chor\u00e9graphe r\u00e9sident du New York City Ballet, qui a sign\u00e9 les chor\u00e9graphies du r\u00e9cent film de West Side Story. On a l\u2019impression qu\u2019il n\u2019en sort pas. Danseurs en baskets et tenues lam\u00e9es, Hurry\u00a0up est vu et revu. Une bulle de savon sur la musique \u00e9lectro de M83.<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Avant la Temp\u00eate \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Lyon jusqu\u2019au 25 avril<\/p>\n<p class=\"fig-paragraph\">Joy\u00a0 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Bordeaux jusqu\u2019au 30 avril<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Deux soir\u00e9es, six chor\u00e9graphes et des ambitions. La danse en voit de toutes les couleurs. 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