{"id":891715,"date":"2026-04-25T11:52:36","date_gmt":"2026-04-25T11:52:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/891715\/"},"modified":"2026-04-25T11:52:36","modified_gmt":"2026-04-25T11:52:36","slug":"au-musee-picasso-de-paris-henry-taylor-devoile-sa-peinture-dun-quotidien-trouble","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/891715\/","title":{"rendered":"Au mus\u00e9e Picasso de Paris, Henry Taylor d\u00e9voile sa peinture d&rsquo;un quotidien troubl\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"editor-content__paragraph\">Quand, en 1907, <strong><a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/pablo-picasso-en-3-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Picasso<\/a><\/strong> peint les <strong>prostitu\u00e9es de la Carrer d\u2019Aviny\u00f3<\/strong>, rue chaude du quartier gothique de Barcelone, il commet <strong>un acte de terrorisme pictural<\/strong> qui sid\u00e8re <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/encyclo\/henri-matisse-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Matisse<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/andre-derain-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Derain<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/georges-braque-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Braque<\/a> et Apollinaire, parmi les premiers \u00e0 contempler l\u2019\u0153uvre. Les femmes repr\u00e9sent\u00e9es sur ce grand tableau (243,9 \u00d7 233,7\u00a0cm), que l\u2019artiste intitule d\u2019abord El Burdel de Avi\u00f1\u00f3n, <strong>paraissent terriblement mutil\u00e9es<\/strong>. En r\u00e9alit\u00e9, inspir\u00e9 \u00e0 la fois par <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/encyclo\/paul-cezanne-en-2-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Cezanne<\/a> et la statuaire africaine, l\u2019Espagnol <strong>pulv\u00e9rise toutes les r\u00e8gles acad\u00e9miques<\/strong> en r\u00e9unissant sur un m\u00eame plan des vues de profil, de face, de dos, de trois quarts\u2026 L\u2019histoire de l\u2019art occidentale fera de ces <strong>Demoiselles d\u2019Avignon<\/strong> l\u2019acte de naissance du <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/le-cubisme-en-3-minutes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">cubisme<\/a>.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">100\u00a0ans plus tard, en 2007, dans un geste aussi effront\u00e9 qu\u2019audacieux, <strong>le plasticien africain-am\u00e9ricain Henry Taylor<\/strong> (68\u00a0ans aujourd\u2019hui)<strong> reprend la c\u00e9l\u00e8bre toile \u00e0 son compte<\/strong>, avec une \u0153uvre titr\u00e9e From Congo to the Capital, and Black Again dans des dimensions similaires (203,2 \u00d7 193\u00a0cm). Sans complexe, le natif de Ventura (Californie) offre aux cinq femmes des <strong>carnations plus fonc\u00e9es<\/strong>, impose au centre de la toile la figure \u00f4 combien symbolique de<strong> Jos\u00e9phine Baker<\/strong> et introduit, sur la gauche, le bras possessif d\u2019un homme blanc porteur d\u2019une montre en or\u2026<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00c0 lui seul, ce tableau justifie la <strong>r\u00e9trospective<\/strong> que le<strong> mus\u00e9e Picasso<\/strong> consacre \u00e0 Henry Taylor jusqu\u2019au 6\u00a0septembre, dans la lign\u00e9e de ses <strong>expositions d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la sc\u00e8ne picturale africaine-am\u00e9ricaine<\/strong> \u2013 apr\u00e8s <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/expos\/faith-ringgold-une-reine-dharlem-au-musee-picasso\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">Faith Ringgold<\/a> (2023) et avant la Renaissance de Harlem (printemps 2027).<\/p>\n<p>Prendre l\u2019histoire diff\u00e9remment<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Si l\u2019on en croit l\u2019artiste, interview\u00e9 par la pr\u00e9sidente du mus\u00e9e, C\u00e9cile Debray, pour le catalogue de l\u2019exposition, l\u2019id\u00e9e de reprendre Les Demoiselles d\u2019Avignon viendrait d\u2019une <strong>conversation avec David Hammons<\/strong>, figure du Black Arts Movement. \u00ab\u00a0Il parlait de Picasso, de la fa\u00e7on dont l\u2019histoire de l\u2019art europ\u00e9enne a souvent <strong>pris des choses ailleurs<\/strong> et que peut-\u00eatre nous devrions <strong>les r\u00e9cup\u00e9rer et les incorporer dans notre propre travail<\/strong>, explique le peintre. C\u2019est une id\u00e9e qui m\u2019est rest\u00e9e. [\u2026] Le tableau est <strong>une sorte d\u2019hommage<\/strong>, l\u2019expression d\u2019une reconnaissance envers l\u2019art moderne qui a permis aux gens d\u2019\u00eatre plus expressifs. Et puis il y a l\u2019histoire. Nous avons parl\u00e9 de<strong> peindre l\u2019histoire diff\u00e9remment<\/strong>, qu\u2019il s\u2019agisse de Guernica ou d\u2019autre chose, parfois il faut <strong>r\u00e9agir \u00e0 son \u00e9poque<\/strong>, \u00e0 ce qui se passe. Je n\u2019ai pas toujours envie de peindre des choses horribles, mais si elles se produisent, si \u00e7a vient vous secouer, alors il faut le faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/webfrom-congo-to-capital-hd-964x1016.jpg\" alt=\"Henry Taylor, From Congo to the Capital and Black again\" width=\"964\" height=\"1016\"\/><\/p>\n<p>Henry Taylor, From Congo to the Capital and Black again, 2017<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Acrylique sur toile \u2022 182,5 \u00d7 243,8\u00a0cm. \u2022 Courtesy Henry Taylor et Hauser &amp; Wirth, New York.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">N\u00e9 en 1958, fils d\u2019un peintre en b\u00e2timent et d\u2019une femme de m\u00e9nage, huiti\u00e8me et dernier enfant d\u2019une large fratrie, Henry Taylor appartient \u00e0 son \u00e9poque\u00a0: son grand-p\u00e8re a \u00e9t\u00e9<strong> abattu par balles en 1933<\/strong> alors que son p\u00e8re n\u2019avait que 9\u00a0ans, ses parents ont d\u00fb quitter le Texas pour <strong>fuir les lois racistes Jim Crow<\/strong> dans les ann\u00e9es 1940, deux de ses fr\u00e8res ont combattu au Vietnam, un autre a fait partie de la <strong>branche locale du Black Panther Party<\/strong> \u00e0 Oxnard (au nord-ouest de Los Angeles), o\u00f9 la famille s\u2019est install\u00e9e. S\u00e9gr\u00e9gation, racisme, imp\u00e9rialisme, combat pour les droits civiques auraient pu constituer la sombre mati\u00e8re d\u2019un<strong> art de la d\u00e9nonciation et de la r\u00e9volte<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00ab\u00a0La <strong>politique<\/strong> est un sujet assez pr\u00e9sent dans la peinture de Taylor, mais faire de lui un militant serait une erreur au moins aussi grande que de passer cet aspect sous silence, soutient Joanne Snrech, commissaire de l\u2019exposition. Il ne se revendique pas comme le <strong>porte-parole d\u2019une certaine Am\u00e9rique<\/strong>, que l\u2019on per\u00e7oit tout de m\u00eame en creux. Le simple fait de <strong>donner une pr\u00e9sence \u00e0 des personnes noires<\/strong> dans une peinture est d\u00e9j\u00e0 en soi un acte politique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/web003-ctts-4299_martin-parsekian-hires-copie-2-964x496.jpg\" alt=\"Henry Taylor, We were framed\" width=\"964\" height=\"496\"\/><\/p>\n<p>Henry Taylor, We were framed, 2014<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Acrylique sur toile \u2022 188,6 \u00d7 363,2\u00a0cm \u2022 Collection particuli\u00e8re \/ Courtesy Henry Taylor et Hauser &amp; Wirth, New York \/ Photo Brian Forrest.<\/p>\n<blockquote class=\"editor-content__blockquote editor-content__blockquote--align-left\">\n<p>\u00ab\u00a0Peindre, pour Taylor, c\u2019est un acte de reconnaissance. C\u2019est s\u2019approcher de l\u2019autre et lui dire\u00a0: \u2018Je te vois, vraiment\u2019, et le voir soudain s\u2019animer sous le regard attentif de l\u2019artiste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Joanne Snrech<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Si <strong>la grande histoire<\/strong> fa\u00e7onne indubitablement l\u2019arri\u00e8re-plan de l\u2019\u0153uvre de Taylor \u2013 au propre comme au figur\u00e9 \u2013, c\u2019est avant tout<strong> l\u2019humain<\/strong> qui lui conf\u00e8re<strong> sa force et son \u00e9nergie<\/strong>. Avant d\u2019assumer sa vocation de peintre, ce qu\u2019il fit tardivement sur les conseils de son professeur et mentor James Jarvaise, Henry Taylor a v\u00e9cu au plus pr\u00e8s le <strong>quotidien de l\u2019Am\u00e9ricain moyen<\/strong>, jusque dans les affres de la d\u00e9pression. Il r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l\u2019envi avoir toujours \u00e9t\u00e9 un<strong> observateur attentif<\/strong>, de sa famille comme des personnes de son entourage imm\u00e9diat, quelles qu\u2019elles soient.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">Mais<strong> l\u2019empathie profonde<\/strong> qu\u2019il \u00e9prouve pour ceux qu\u2019il peint, et qui se ressent dans les regards comme dans les postures de ses personnages, trouve sans doute sa source premi\u00e8re dans une <strong>longue exp\u00e9rience de la maladie mentale<\/strong>, alors qu\u2019il travaillait au sein du Camarillo State Mental Hospital. Pendant huit ans avec des adultes et deux avec des enfants, il a c\u00f4toy\u00e9 <strong>comme aide-soignant<\/strong> des personnes atteintes de schizophr\u00e9nie ou de troubles bipolaires. Durant ses gardes, il <strong>dessinait ses patients<\/strong>, cherchant en eux non pas les effets de la maladie mais <strong>leur v\u00e9rit\u00e9 profonde<\/strong> \u2013 leur humanit\u00e9<\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/expos\/faith-ringgold-une-reine-dharlem-au-musee-picasso\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Faith Ringgold\u00a0: une reine d\u2019Harlem au mus\u00e9e Picasso<\/a><\/p>\n<p>L\u2019attention au autres, sans hi\u00e9rarchie<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/web088-taylh114539-jm-221107-view002-copie-964x1770.jpg\" alt=\"Henry Taylor, Sans titre\" width=\"964\" height=\"1770\"\/><\/p>\n<p>Henry Taylor, Sans titre, 2011<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Acrylique sur toile \u2022 334 \u00d7 182,9 \u00d7 4,4\u00a0cm. \u2022 Collection particuli\u00e8re \/ Courtesy Henry Taylor et Hauser &amp; Wirth, New York \/ Photo Jeff McLane.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00ab\u00a0Cette exp\u00e9rience a chang\u00e9 la mani\u00e8re dont je vois les gens, \u00e7a ne m\u2019a jamais quitt\u00e9\u00a0\u00bb, dit avec simplicit\u00e9 un artiste qui peut peindre avec la m\u00eame intensit\u00e9<strong> l\u2019inconnu qui lave son pare-brise<\/strong> (Haitian Working [Washing my Window] not Begging, 2015), le chanteur <strong>Jay-Z<\/strong> (I Am a Man, 2017) ou le <strong>militant africain-am\u00e9ricain Huey Newton<\/strong>, mort en 1989 (Huey Newton, 2007). L\u2019attention aux autres, sans hi\u00e9rarchie, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019environnement quotidien, est le principal moteur d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 qui s\u2019exprime en<strong> portraits, sc\u00e8nes de vie<\/strong>, mais aussi <strong>installations et sculptures<\/strong>, dans la droite ligne des assemblages produits par la sc\u00e8ne artistique californienne.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">\u00ab\u00a0Que ce soit sur une toile monumentale ou sur un morceau de carton, un paquet de cigarettes, une valise\u2026 quel que soit le support, ce qui compte, c\u2019est le<strong> refus de l\u2019artifice<\/strong>, soutient Joanne Snrech. Peindre, pour Taylor, c\u2019est un <strong>acte de reconnaissance<\/strong>. C\u2019est s\u2019approcher de l\u2019autre et lui dire\u00a0: \u2018Je te vois, vraiment\u2019, et le voir soudain s\u2019animer sous le regard attentif de l\u2019artiste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des \u0153uvres r\u00e9alis\u00e9es dans l\u2019urgence, sur le vif<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\"><strong>Aplats de couleurs tranch\u00e9es<\/strong>, touche<strong> \u00e9paisse et vive<\/strong>, espaces inachev\u00e9s, figuration tendant \u00e0 l\u2019abstraction et introduction d\u2019<strong>\u00e9l\u00e9ments textuels<\/strong> caract\u00e9risent nombre d\u2019\u0153uvres d\u2019Henry Taylor. \u0152uvres qui, pour la grande majorit\u00e9, rel\u00e8vent d\u2019un quotidien simple, voire banal\u00a0: <strong>sc\u00e8ne de rue ou d\u2019int\u00e9rieur<\/strong> allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intimit\u00e9 de la salle de bains.<\/p>\n<blockquote class=\"editor-content__blockquote editor-content__blockquote--align-left\">\n<p>L\u2019allusion aux violences polici\u00e8res, aux incarc\u00e9rations et aux tirs sans sommation qui font le quotidien de nombreux Africains-Am\u00e9ricains est discr\u00e8te, mais claire.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">De m\u00eame, ses sculptures, dans la lign\u00e9e d\u2019un Noah Purifoy (1917\u20132004), empruntent leurs \u00e9l\u00e9ments aux <strong>rebuts de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation<\/strong>, tels ces <strong>bidons de plastique<\/strong> peints en noir qui rappellent les masques africains v\u00e9n\u00e9r\u00e9s par de nombreux artistes occidentaux (It\u2019s Like a Jungle, 2011\u00a0; Untitled (Wall Sculpture), 2012\u00a0; Neighborhood Council, 2012). \u00ab\u00a0Taylor s\u2019inscrit dans cette id\u00e9e propre \u00e0 la tradition californienne que l\u2019objet est d\u00e9j\u00e0 <strong>t\u00e9moin d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 historique et sociale<\/strong>, souligne Joanne Snrech. Il a une pratique de chasseur-cueilleur\u00a0: il accumule des choses sans savoir ce qu\u2019il va en faire et cela peut surgir d\u2019un coup.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">De fait, la plupart des \u0153uvres de Taylor semblent avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans <strong>une forme d\u2019urgence<\/strong>, saisies sur le vif au d\u00e9tour d\u2019une avenue, dans un jardin public, l\u2019espace priv\u00e9 d\u2019un quelconque salon. Il ne faut pourtant pas s\u2019y tromper\u00a0: l\u2019artiste excelle dans la <strong>collusion des temporalit\u00e9s et des r\u00e9f\u00e9rences<\/strong>, dans l\u2019introduction d\u2019\u00e9l\u00e9ments de d\u00e9cor ou de textes signifiants. Ainsi, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan de Resting (2011), o\u00f9 trois personnes se reposent dans ce qui semble \u00eatre un parc, peut-on distinguer <strong>des agents de police et un long mur de prison<\/strong> sur lequel sont inscrits les mots \u00ab\u00a0Warning shots not required\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>    <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"image__img\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/web043-taylh112843-043-haitian-working-washing-my-window-not-begging-2015.-pinault-collection-964x80.jpeg\" alt=\"Henry Taylor, Haitian working (washing my window) not begging\" width=\"964\" height=\"802\"\/><\/p>\n<p>Henry Taylor, Haitian working (washing my window) not begging, 2015<\/p>\n<p>    i<\/p>\n<p class=\"legende__cartel\">Acrylique sur toile \u2022 152,4 \u00d7 182,9 \u00d7 7,6\u00a0cm \u2022 Collection Pinault \/ Courtesy Henry Taylor et Hauser &amp; Wirth, New York \/ Photo Sam Kahn.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">L\u2019allusion aux<strong> violences polici\u00e8res<\/strong>, aux incarc\u00e9rations et aux tirs sans sommation qui font le quotidien de nombreux Africains-Am\u00e9ricains est <strong>discr\u00e8te, mais claire<\/strong>. Le diable, chez Taylor, se loge <strong>dans les d\u00e9tails<\/strong>. Sous la forme d\u2019une voiture de police conduite par un officier blanc, d\u2019une bouteille de sirop Brer Rabbit [personnage v\u00e9hiculant souvent des st\u00e9r\u00e9otypes raciaux], d\u2019un portrait de Bob Dylan dans un tableau consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019activiste George Jackson (1941\u20131971) auquel le chanteur a d\u00e9di\u00e9 une chanson, ou d\u2019un mur surmont\u00e9 de barbel\u00e9s. Ainsi, dans la toile The Long Jump by Carl Lewis (2010), le champion semble bondir\u2026 <strong>devant une prison de haute s\u00e9curit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p class=\"editor-content__paragraph\">S\u2019il <strong>sugg\u00e8re<\/strong> plus souvent qu\u2019il ne montre la violence raciale, Taylor peut parfois se montrer plus frontal. L\u2019une des toiles qui a contribu\u00e9 \u00e0 asseoir sa notori\u00e9t\u00e9 n\u2019est autre que la <strong>repr\u00e9sentation du meurtre de Philando Castile<\/strong>, abattu le 6\u00a0juillet 2016\u00a0dans sa voiture par un officier de police, dans le Minnesota (The Times Thay Aint a Changing, Fast Enough!, 2017). Sur la gauche du tableau, le <strong>bras tendu d\u2019un homme blanc<\/strong>. Pas de montre en or au poignet, mais au poing, un revolver.<\/p>\n<p>  Arrow<\/p>\n<p>Henry Taylor. Where Thoughts Provoke<\/p>\n<p>Du 8 avril 2026 au 6 septembre 2026<\/p>\n<p class=\"url-expo\"><a href=\"https:\/\/www.museepicassoparis.fr\/fr\/henry-taylor-where-thoughts-provoke\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.museepicassoparis.fr<\/a><\/p>\n<p class=\"annexe-content__infos\">Mus\u00e9e national Picasso &#8211; Paris \u2022 5, rue de Thorigny \u2022 75003 Paris<br \/><a href=\"http:\/\/www.museepicassoparis.fr\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">www.museepicassoparis.fr<\/a><\/p>\n<p>        \u00c0 lire aussi :<br \/>\n        <a class=\"renvoi-explicite__link\" href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/grand-format\/jo-ractliffe-au-jeu-de-paume-je-ne-suis-pas-une-photographe-militante-mais-quand-on-travaille-en-afrique-du-sud-on-ne-peut-echapper-aux-histoires-de-violence\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Jo Ractliffe au Jeu de Paume : \u00ab\u00a0Je ne suis pas une photographe militante, mais quand on travaille en Afrique du Sud on ne peut \u00e9chapper aux histoires de violence\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quand, en 1907, Picasso peint les prostitu\u00e9es de la Carrer d\u2019Aviny\u00f3, rue chaude du quartier gothique de Barcelone,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":891716,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1358],"tags":[1396,1348,1384,1385,1386,58,59,1011,27,95682,3406,1585],"class_list":{"0":"post-891715","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-arts-et-design","8":"tag-art-contemporain","9":"tag-arts","10":"tag-arts-and-design","11":"tag-arts-et-design","12":"tag-design","13":"tag-divertissement","14":"tag-entertainment","15":"tag-fr","16":"tag-france","17":"tag-henry-taylor","18":"tag-musee-national-picasso-paris","19":"tag-peinture"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116465209486633379","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/891715","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=891715"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/891715\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/891716"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=891715"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=891715"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=891715"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}