{"id":905379,"date":"2026-05-01T22:34:14","date_gmt":"2026-05-01T22:34:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/905379\/"},"modified":"2026-05-01T22:34:14","modified_gmt":"2026-05-01T22:34:14","slug":"le-noyau-de-la-terre-nest-pas-un-enfer-de-fer-en-fusion-il-cache-en-realite-lequivalent-de-45-oceans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/905379\/","title":{"rendered":"Le noyau de la Terre n&rsquo;est pas un enfer de fer en fusion : il cache en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;\u00e9quivalent de 45 oc\u00e9ans"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 5 000 kilom\u00e8tres sous vos pieds, l\u00e0 o\u00f9 la pression atteint 111 gigapascals et la temp\u00e9rature d\u00e9passe 4 800 \u00b0C, se cache une r\u00e9serve colossale que personne n\u2019avait r\u00e9ussi \u00e0 quantifier avec pr\u00e9cision. Le noyau de la Terre contiendrait entre 0,07 et 0,36 % de son poids en hydrog\u00e8ne, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 9 \u00e0 45 oc\u00e9ans d\u2019eau. C\u2019est la conclusion publi\u00e9e en f\u00e9vrier 2026 dans Nature Communications par une \u00e9quipe men\u00e9e par Dongyang Huang, de l\u2019Universit\u00e9 de P\u00e9kin, et Motohiko Murakami, de l\u2019ETH Zurich. Un r\u00e9sultat qui redistribue les cartes d\u2019un d\u00e9bat vieux de plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Le noyau terrestre cache un r\u00e9servoir d\u2019hydrog\u00e8ne 45 fois plus grand que tous nos oc\u00e9ans r\u00e9unis<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Une technique r\u00e9volutionnaire permet enfin de mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui \u00e9tait rest\u00e9 invisible pendant 90 ans<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Cette d\u00e9couverte sugg\u00e8re que la Terre \u00e9tait \u2018humide\u2019 d\u00e8s sa formation, pas apr\u00e8s un bombardement com\u00e9taire<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-deficit-de-densite-qui-cachait-une-reponse\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un d\u00e9ficit de densit\u00e9 qui cachait une r\u00e9ponse<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#atome-par-atome-a-111-gigapascals\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Atome par atome, \u00e0 111 gigapascals<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#la-theorie-des-cometes-mise-a-rude-epreuve\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">La th\u00e9orie des com\u00e8tes mise \u00e0 rude \u00e9preuve<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#un-moteur-planetaire-aux-consequences-multiples\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un moteur plan\u00e9taire aux cons\u00e9quences multiples<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un d\u00e9ficit de densit\u00e9 qui cachait une r\u00e9ponse<\/p>\n<p>Le noyau terrestre est majoritairement compos\u00e9 de fer, mais sa densit\u00e9 n\u2019est pas suffisamment \u00e9lev\u00e9e pour qu\u2019il soit constitu\u00e9 de fer pur. Il contiendrait donc d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments plus l\u00e9gers, tels que l\u2019hydrog\u00e8ne. Ce \u00ab\u00a0d\u00e9ficit de densit\u00e9\u00a0\u00bb intrigue les g\u00e9ophysiciens depuis les ann\u00e9es 1930, depuis qu\u2019Inge Lehmann a mis en \u00e9vidence l\u2019existence d\u2019un noyau interne solide entour\u00e9 d\u2019un noyau externe liquide. Les soup\u00e7ons portaient depuis longtemps sur l\u2019hydrog\u00e8ne, mais le probl\u00e8me persistait : comment le mesurer ?<\/p>\n<p>L\u2019hydrog\u00e8ne est difficile \u00e0 quantifier \u00ab\u00a0parce qu\u2019il est l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus l\u00e9ger et le plus petit, ce qui signifie que sa quantification d\u00e9passe les capacit\u00e9s des m\u00e9thodes analytiques courantes\u00a0\u00bb, explique Huang. Les recherches ant\u00e9rieures inf\u00e9raient la quantit\u00e9 d\u2019hydrog\u00e8ne dans le noyau par diffraction des rayons X, en regardant la structure en r\u00e9seau des cristaux de fer qui se dilate davantage en pr\u00e9sence d\u2019hydrog\u00e8ne. Mais ces interpr\u00e9tations variaient consid\u00e9rablement, allant de 10 parties par million \u00e0 10 000 parties par million, soit entre 0,1 et plus de 120 oc\u00e9ans. Une fourchette si large qu\u2019elle ne disait pratiquement rien.<\/p>\n<p>Atome par atome, \u00e0 111 gigapascals<\/p>\n<p>Des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de P\u00e9kin et de l\u2019\u00c9cole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich ont propos\u00e9 une nouvelle \u00e9valuation en utilisant des cellules \u00e0 enclumes de diamant chauff\u00e9es au laser afin de reproduire les conditions du noyau terrestre. Le principe : deux minuscules diamants compriment un \u00e9chantillon de m\u00e9tal pendant qu\u2019un laser le chauffe \u00e0 des temp\u00e9ratures dignes du Soleil. L\u2019\u00e9quipe a plac\u00e9 des \u00e9chantillons de fer analogues au noyau et du verre de silicate hydrat\u00e9, repr\u00e9sentant les premiers oc\u00e9ans magmatiques de la Terre, dans les cellules \u00e0 enclumes de diamant pour induire la fusion, dans des conditions similaires \u00e0 celles du noyau.<\/p>\n<p>La vraie rupture m\u00e9thodologique vient ensuite. Utilisant la tomographie par sonde atomique, les scientifiques ont pu \u00ab\u00a0\u00e9plucher\u00a0\u00bb les \u00e9chantillons atome par atome. Cette technique d\u2019une pr\u00e9cision inou\u00efe a permis d\u2019observer directement comment l\u2019hydrog\u00e8ne, le silicium et l\u2019oxyg\u00e8ne interagissent et se lient au fer \u00e0 l\u2019\u00e9chelle atomique. R\u00e9sultat ? L\u2019hydrog\u00e8ne, l\u2019oxyg\u00e8ne et le silicium s\u2019introduisent simultan\u00e9ment dans les cristaux de fer sous ces conditions extr\u00eames. Et le ratio molaire silicium\/hydrog\u00e8ne mesur\u00e9 \u00e9tait proche de 1 pour 1, ce qui, combin\u00e9 aux estimations connues de la teneur en silicium du noyau, a permis d\u2019extrapoler la concentration totale d\u2019hydrog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Ce que l\u2019on trouve n\u2019est pas de l\u2019eau liquide. L\u2019hydrog\u00e8ne ne r\u00e9side pas dans le noyau comme un gaz libre ou des mol\u00e9cules d\u2019eau. Il fait partie int\u00e9grante du m\u00e9tal lui-m\u00eame, formant des hydrures de fer li\u00e9s \u00e0 des nanostructures riches en silicium et en oxyg\u00e8ne au sein d\u2019un alliage de fer. Penser \u00e0 des mers souterraines serait une image romantique mais fausse.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie des com\u00e8tes mise \u00e0 rude \u00e9preuve<\/p>\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, l\u2019hypoth\u00e8se dominante pour expliquer l\u2019origine de l\u2019eau sur Terre reposait sur un bombardement com\u00e9taire tardif : des ast\u00e9ro\u00efdes et com\u00e8tes riches en glace auraient percut\u00e9 la plan\u00e8te apr\u00e8s sa formation pour lui apporter ses oc\u00e9ans. L\u2019hydrog\u00e8ne se trouverait majoritairement dans les couches superficielles de la Terre si une livraison com\u00e9taire d\u2019hydrog\u00e8ne avait eu lieu. Or, un r\u00e9servoir d\u2019hydrog\u00e8ne dans le noyau indique que l\u2019hydrog\u00e8ne a plus vraisemblablement \u00e9t\u00e9 livr\u00e9 avant que le noyau ne soit enti\u00e8rement form\u00e9.<\/p>\n<p>Une telle accumulation sugg\u00e8re que la Terre \u00e9tait humide d\u00e8s le d\u00e9part. Cela implique que notre plan\u00e8te a accumul\u00e9 de l\u2019hydrog\u00e8ne directement \u00e0 partir du disque protoplan\u00e9taire, ce nuage de gaz et de poussi\u00e8re entourant le jeune Soleil. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019oc\u00e9an magmatique, lorsque la surface de la plan\u00e8te \u00e9tait un oc\u00e9an de roche fondue, l\u2019hydrog\u00e8ne se dissolvait activement dans le m\u00e9tal liquide. Sous l\u2019effet de la gravit\u00e9, ce m\u00e9tal coulait vers le centre, entra\u00eenant avec lui de vastes quantit\u00e9s d\u2019hydrog\u00e8ne et les pi\u00e9geant dans le noyau en formation.<\/p>\n<p>Hilke Schlichting, professeure \u00e0 l\u2019UCLA qui n\u2019a pas particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude, confirme la coh\u00e9rence du raisonnement : \u00ab\u00a0cette quantit\u00e9 d\u2019hydrog\u00e8ne dans le noyau n\u2019a pu se former que lors de la formation initiale de la Terre.\u00a0\u00bb Ce qui ne signifie pas que les com\u00e8tes n\u2019ont rien apport\u00e9, mais qu\u2019elles n\u2019auraient constitu\u00e9 qu\u2019une source secondaire.<\/p>\n<p>Un moteur plan\u00e9taire aux cons\u00e9quences multiples<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats indiquent en outre que le noyau pourrait contenir le plus grand r\u00e9servoir d\u2019hydrog\u00e8ne de la plan\u00e8te, d\u00e9passant le volume trouv\u00e9 dans les oc\u00e9ans, l\u2019atmosph\u00e8re et le manteau r\u00e9unis. Ce constat a des r\u00e9percussions bien au-del\u00e0 de la g\u00e9ochimie historique.<\/p>\n<p>Au fil du temps, une partie de cet hydrog\u00e8ne s\u2019est probablement infiltr\u00e9e dans le manteau pour y devenir de l\u2019eau. Cette eau faciliterait la fusion des roches mantelliques, g\u00e9n\u00e9rant du magma et alimentant les \u00e9ruptions volcaniques jusqu\u2019\u00e0 la surface. Le volcanisme que nous observons aujourd\u2019hui porterait donc, en partie, la signature chimique d\u2019un processus amorc\u00e9 il y a 4,5 milliards d\u2019ann\u00e9es au c\u0153ur de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Ce cycle aurait jou\u00e9 un r\u00f4le depuis que le noyau a commenc\u00e9 \u00e0 refroidir et que l\u2019hydrog\u00e8ne, le silicium et l\u2019oxyg\u00e8ne ont commenc\u00e9 \u00e0 cristalliser en son sein il y a environ 4,5 milliards d\u2019ann\u00e9es. Cette cristallisation aurait cr\u00e9\u00e9 une convection dans le noyau, fournissant une \u00ab\u00a0force motrice pour un ancien g\u00e9odynamo permettant de g\u00e9n\u00e9rer le champ magn\u00e9tique terrestre, indispensable au d\u00e9veloppement de la Terre en tant que lieu habitable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une nuance s\u2019impose cependant avant de conclure trop vite. L\u2019estimation pourrait \u00eatre sous-\u00e9valu\u00e9e, selon Kei Hirose, plan\u00e9tologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Tokyo. De l\u2019hydrog\u00e8ne aurait pu s\u2019\u00e9chapper lors de la d\u00e9compression des \u00e9chantillons, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris en compte dans les nouveaux calculs. les 45 oc\u00e9ans pourraient n\u2019\u00eatre qu\u2019un plancher. La d\u00e9couverte renforce l\u2019id\u00e9e que les plan\u00e8tes rocheuses peuvent se former \u00ab\u00a0humides\u00a0\u00bb d\u00e8s le d\u00e9part, en capturant des \u00e9l\u00e9ments volatils comme l\u2019hydrog\u00e8ne depuis le disque de gaz et de poussi\u00e8re protoplan\u00e9taire, ce qui ouvre des perspectives directes pour la recherche de mondes habitables ailleurs dans la galaxie.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/trustmyscience.com\/jusqua-45-oceans-hydrogene-pourraient-etre-caches-dans-noyau-terrestre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">trustmyscience.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.mixvale.com.br\/2026\/02\/21\/earths-core-could-house-a-reservoir-of-hydrogen-equivalent-to-45-oceans-according-to-study-en\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\"><a href=\"https:\/\/mixvale.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">mixvale.com<\/a>.br<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00c0 5 000 kilom\u00e8tres sous vos pieds, l\u00e0 o\u00f9 la pression atteint 111 gigapascals et la temp\u00e9rature d\u00e9passe&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":905380,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[7],"tags":[11340,1011,27,96880,7133,96881,96882,56,43,40,41,39,42,44],"class_list":["post-905379","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sciences-et-technologies","tag-decouverte-scientifique","tag-fr","tag-france","tag-geophysique","tag-hydrogene","tag-noyau-terrestre","tag-origines-de-la-terre","tag-push","tag-science","tag-science-and-technology","tag-sciences","tag-sciences-et-technologies","tag-technologies","tag-technology"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116501706782278405","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/905379","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=905379"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/905379\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/905380"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=905379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=905379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=905379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}