{"id":908007,"date":"2026-05-03T06:25:16","date_gmt":"2026-05-03T06:25:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/908007\/"},"modified":"2026-05-03T06:25:16","modified_gmt":"2026-05-03T06:25:16","slug":"retrait-de-5-000-soldats-americains-dallemagne-trump-transforme-lotan-en-service-payant-pour-ses-allies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/908007\/","title":{"rendered":"Retrait de 5\u00a0000 soldats am\u00e9ricains d\u2019Allemagne\u00a0: Trump transforme l\u2019Otan en service payant pour ses alli\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>En retirant 5 000 soldats d\u2019Allemagne sur fond de guerre contre l\u2019Iran, Donald Trump envoie un message clair \u00e0 ses alli\u00e9s europ\u00e9ens : la protection am\u00e9ricaine se m\u00e9rite et se paie.Les informations \u00e0 retenir<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Le retrait de 5\u00a0000 soldats am\u00e9ricains d\u2019Allemagne marque un tournant\u00a0: Washington met un prix explicite sur son parapluie s\u00e9curitaire en Europe.<\/p>\n<p>&#13;\n<\/li>\n<li>\n<p>Entre menaces d\u2019embargo contre l\u2019Espagne, pressions sur l\u2019Italie et hausse attendue des budgets de d\u00e9fense, l\u2019Otan bascule d\u2019un mod\u00e8le d\u2019assurance collective vers une relation de fournisseur \u00e0 clients.<\/p>\n<p>&#13;\n<\/li>\n<li>\n<p>Pour les Europ\u00e9ens, c\u2019est le moment de d\u00e9cider si les milliards suppl\u00e9mentaires iront \u00e0 \u00ab\u00a0payer l\u2019abonnement\u00a0\u00bb am\u00e9ricain ou \u00e0 construire une v\u00e9ritable autonomie strat\u00e9gique.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>5\u00a0000 soldats am\u00e9ricains vont quitter l\u2019Allemagne, soit autour de 15\u00a0% d\u2019un contingent d\u2019environ 35\u00a0000 militaires, la plus forte pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Europe. L\u2019annonce du Pentagone tombe sur fond de guerre contre l\u2019Iran, alors que les \u00c9tats-Unis bombardent depuis deux mois des cibles iraniennes et que la diplomatie patine.<\/p>\n<p>Mais ce qui frappe Berlin, ce n\u2019est pas la r\u00e9duction elle-m\u00eame\u00a0; c\u2019est la justification\u00a0: Washington ne met pas en avant une nouvelle doctrine militaire ou un red\u00e9ploiement vers l\u2019Indo-Pacifique comme au temps d&rsquo;Obama. Le message est politique\u00a0: le retrait est pr\u00e9sent\u00e9 comme une r\u00e9ponse aux d\u00e9clarations \u00ab\u00a0inappropri\u00e9es et contreproductives\u00a0\u00bb du chancelier Friedrich Merz, coupable aux yeux de Donald Trump d\u2019avoir jug\u00e9 que l\u2019Iran \u00ab\u00a0humilie\u00a0\u00bb les \u00c9tats-Unis et que Washington n\u2019a pas de strat\u00e9gie de sortie. Le pr\u00e9sident de la premi\u00e8re puissance du monde est vex\u00e9\u00a0; il se venge.<\/p>\n<p>Retour \u00e0 l&rsquo;avant-invasion de l&rsquo;Ukraine&#13;\n<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, une brigade de combat doit quitter le territoire allemand, et un bataillon d\u2019artillerie longue port\u00e9e, pr\u00e9vu de longue date, ne viendra finalement pas. Le tout en six \u00e0 douze mois, avec un objectif affich\u00e9\u00a0: revenir \u00e0 un niveau de pr\u00e9sence \u00ab\u00a0pr\u00e9-2022\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire avant le renforcement d\u00e9cid\u00e9 apr\u00e8s l\u2019invasion de l\u2019Ukraine.<\/p>\n<p><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/defense-aerospatiale\/21664869062669\/defense-leurope-depense-des-milliards-pour-lindustrie-americaine\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p class=\"text-[12px] mb-2 font-bold\">A LIRE AUSSI<\/p>\n<p class=\"text-[20px] leading-[120%] text-lt-primary-dark font-slab font-bold ac:font-ac-slab\">D\u00e9fense : l&rsquo;Europe d\u00e9pense des milliards&#8230; pour l&rsquo;industrie am\u00e9ricaine<\/p>\n<p><\/a><\/p>\n<p>\u00c0 Berlin, les responsables militaires tombent des nues. Ils rappellent que l\u2019Allemagne a fait preuve de toute la bonne volont\u00e9 du monde\u00a0: elle a autoris\u00e9 l\u2019usage de ses bases et l\u2019ouverture de son espace a\u00e9rien pour les op\u00e9rations am\u00e9ricaines contre l\u2019Iran\u00a0; elle vient de valider un budget 2027 avec une hausse nette des d\u00e9penses de d\u00e9fense. Sur le papier, l\u2019Allemagne coche toutes les cases du \u00ab\u00a0bon alli\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0; dans la pratique, un exc\u00e8s de franchise publique lui vaut une r\u00e9duction de couverture.<\/p>\n<p>L\u2019Otan n\u2019\u00e9tait pas cens\u00e9e \u00eatre une entreprise de s\u00e9curit\u00e9&#13;\n<\/p>\n<p>Pour saisir la port\u00e9e de ce tournant, il faut revenir \u00e0 ce qu\u2019est l\u2019Otan dans sa conception originelle. Le trait\u00e9 de 1949 institue une alliance politico-militaire d\u00e9fensive\u00a0: une attaque contre l\u2019un est consid\u00e9r\u00e9e comme une attaque contre tous. La logique n\u2019est pas celle d\u2019un contrat de prestation, mais celle d\u2019un engagement politique\u00a0: les membres mutualisent leurs risques, non leurs factures.<\/p>\n<p>NewsletterL\u2019Alerte La Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">Alertes en temps r\u00e9el sur les informations \u00e9conomiques majeures.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter L\u2019Alerte La Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/alerte.png\"\/><\/p>\n<p>Le financement refl\u00e8te cette philosophie. Les budgets strictement communs de l\u2019Otan \u2013 fonctionnement civil, structures militaires, grands investissements d\u2019infrastructures \u2013 repr\u00e9sentent quelques milliards d\u2019euros par an, financ\u00e9s selon une cl\u00e9 de r\u00e9partition li\u00e9e \u00e0 la richesse de chaque pays. L\u2019essentiel de l\u2019effort vient des budgets nationaux de d\u00e9fense, que chaque \u00c9tat consacre \u00e0 ses propres forces, sauf qu\u2019il s\u2019engage \u00e0 les mettre \u00e0 disposition de l\u2019Alliance quand il le faut.<\/p>\n<p>Pendant des ann\u00e9es, le d\u00e9bat s\u2019est cristallis\u00e9 autour d\u2019un chiffre\u00a0: 2\u00a0% du produit int\u00e9rieur brut \u00e0 consacrer \u00e0 la d\u00e9fense. Objectif politique, non obligatoire, fix\u00e9 en 2014. Peu de pays europ\u00e9ens s\u2019y pliaient. Trump a saisi cette faiblesse pour en faire un argument simple\u00a0: les Europ\u00e9ens \u00ab\u00a0profitent\u00a0\u00bb du parapluie am\u00e9ricain sans payer assez.<\/p>\n<p><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/defense-aerospatiale\/defense\/29244799676948\/nouvelle-hausse-des-depenses-de-defense-en-2025-2887-milliards-de-dollars\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p class=\"text-[12px] mb-2 font-bold\">A LIRE AUSSI<\/p>\n<p class=\"text-[20px] leading-[120%] text-lt-primary-dark font-slab font-bold ac:font-ac-slab\">Nouvelle hausse des d\u00e9penses de d\u00e9fense mondiales en 2025 (2\u00a0887 milliards de dollars)<\/p>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Depuis lors, un nouveau chiffre a \u00e9merg\u00e9\u00a0: 5\u00a0%. Les membres de l\u2019Otan se sont engag\u00e9s \u00e0 monter \u00e0 5\u00a0% de leur PIB pour la \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9\u00a0\u00bb au sens large \u00e0 l\u2019horizon 2035. Pour un pays comme la France, cela repr\u00e9senterait environ trois points de PIB suppl\u00e9mentaires, soit de l\u2019ordre de 90\u00a0milliards d\u2019euros de d\u00e9penses en plus chaque ann\u00e9e. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle du continent, l\u2019effort cumul\u00e9 est colossal.<\/p>\n<p>Dans une logique coop\u00e9rative, cette mont\u00e9e en puissance budg\u00e9taire devrait renforcer la capacit\u00e9 collective et la part europ\u00e9enne dans la d\u00e9fense du continent. Dans la logique que Trump met en sc\u00e8ne, elle devient autre chose\u00a0: une facture en retard. Les Am\u00e9ricains auraient tenu le parapluie trop longtemps \u00e0 prix d\u2019ami\u00a0; maintenant, la note tombe. Et, si elle n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9e presto \u2013 en argent comme en alignement politique \u2013, la couverture se r\u00e9duit.<\/p>\n<p>Espagne, Italie, Allemagne\u00a0: le club des \u00ab\u00a0clients difficiles\u00a0\u00bb&#13;\n<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne n\u2019est pas le seul \u00ab\u00a0mauvais payeur\u00a0\u00bb suppos\u00e9. Dans la m\u00eame p\u00e9riode, l\u2019Espagne et l\u2019Italie se retrouvent, elles aussi, trait\u00e9es comme des clients r\u00e9calcitrants. Chacune pour des raisons diff\u00e9rentes, mais selon la m\u00eame grammaire\u00a0: troupes, commerce et r\u00e9putation publique.<\/p>\n<p>Madrid d\u2019abord. Le gouvernement espagnol a refus\u00e9 que ses bases et son espace a\u00e9rien servent \u00e0 frapper l\u2019Iran. Une d\u00e9cision lourde, alors que les \u00c9tats-Unis disposent de deux infrastructures cl\u00e9s\u00a0: la base navale de Rota, pivot des d\u00e9ploiements en M\u00e9diterran\u00e9e et dans l\u2019Atlantique, et la base a\u00e9rienne de Mor\u00f3n, qui sert de tremplin vers le Moyen-Orient et l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de Trump\u00a0: la menace d\u2019un embargo commercial total contre l\u2019Espagne, prononc\u00e9e en public. En coulisses, des sc\u00e9narios sont \u00e9tudi\u00e9s au Pentagone, jusqu\u2019\u00e0 envisager la suspension de l\u2019Espagne de l\u2019Otan. La protection militaire se double d\u2019un chantage \u00e9conomique et diplomatique.<\/p>\n<p>Pour l\u2019\u00e9conomie espagnole, un embargo am\u00e9ricain ne serait pas une abstraction. Cela toucherait des exportations agricoles, l\u2019industrie, certaines cha\u00eenes de valeur industrielles, et enverrait un signal toxique aux investisseurs. Pour l\u2019Union europ\u00e9enne, ce serait un test grandeur nature\u00a0: comment r\u00e9agir face \u00e0 un alli\u00e9 qui \u00e9trangle un de ses membres sur le plan commercial tout en restant la colonne vert\u00e9brale de sa d\u00e9fense\u00a0?<\/p>\n<p><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/economie\/international\/37540896251269\/un-courriel-du-pentagone-evoque-la-suspension-de-lespagne-de-lotan\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p class=\"text-[12px] mb-2 font-bold\">A LIRE AUSSI<\/p>\n<p class=\"text-[20px] leading-[120%] text-lt-primary-dark font-slab font-bold ac:font-ac-slab\">Un courriel du Pentagone \u00e9voque la suspension de l&rsquo;Espagne de l&rsquo;Otan<\/p>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Rome ensuite. Giorgia Meloni, longtemps vue comme une alli\u00e9e politique de Trump, s\u2019est attir\u00e9 les foudres du pr\u00e9sident am\u00e9ricain pour un soutien jug\u00e9 trop ti\u00e8de dans la guerre en Iran et une attitude jug\u00e9e trop docile vis-\u00e0-vis du pape. Interrog\u00e9 sur un possible retrait de troupes d\u2019Italie, Trump r\u00e9pond \u00ab\u00a0probablement\u00a0\u00bb, qui se veut autant une menace pour Rome qu\u2019un avertissement g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Pour l\u2019Italie, la perspective n\u2019est pas neutre\u00a0: la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine structure son r\u00f4le en M\u00e9diterran\u00e9e, son poids dans l\u2019Otan et une part de son influence diplomatique. L\u00e0 encore, la logique est claire\u00a0: soutien politique et op\u00e9rationnel complet, ou risque d\u2019\u00eatre r\u00e9trograd\u00e9 dans la hi\u00e9rarchie des \u00ab\u00a0bons clients\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/economie\/international\/depenses-de-defense-l-otan-s-accorde-sur-un-seuil-a-5-du-pib-avec-l-espagne-1027956.html\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p class=\"text-[12px] mb-2 font-bold\">A LIRE AUSSI<\/p>\n<p class=\"text-[20px] leading-[120%] text-lt-primary-dark font-slab font-bold ac:font-ac-slab\">D\u00e9penses de d\u00e9fense : l&rsquo;Otan s&rsquo;accorde sur un seuil \u00e0 5 % du PIB, avec l&rsquo;Espagne<\/p>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Enfin, l\u2019Allemagne cumule les signaux. R\u00e9duction de troupes, et, en parall\u00e8le, discours sur de possibles hausses de droits de douane sur les exportations automobiles vers les \u00c9tats-Unis. On parle ici d\u2019un secteur qui est la signature industrielle du pays, son principal moteur d\u2019exportations, et un des symboles de son exc\u00e9dent commercial. Le message adress\u00e9 \u00e0 Berlin est double\u00a0: si tu contestes notre strat\u00e9gie militaire, tu paieras aussi sur le terrain \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Ce faisceau de cas dessine une m\u00e9thode\u00a0: la d\u00e9fense n\u2019est plus un bien public partag\u00e9, mais un catalogue de prestations militaires, chacune assortie d\u2019un bar\u00e8me de r\u00e9compenses (pr\u00e9sence renforc\u00e9e, soutien politique, acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9) et de p\u00e9nalit\u00e9s (retrait de troupes, sanctions commerciales, humiliations publiques).<\/p>\n<p>Une alliance collective trait\u00e9e comme un contrat commercial&#13;\n<\/p>\n<p>Sur le papier, l\u2019Otan reste une alliance. Dans les faits, elle est de plus en plus g\u00e9r\u00e9e comme une addition de contrats. L\u2019engagement collectif \u2013 l\u2019id\u00e9e qu\u2019en cas de crise majeure, la r\u00e9ponse serait automatique \u2013 se voit grignot\u00e9 par l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faut \u00ab\u00a0m\u00e9riter\u00a0\u00bb cette solidarit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9calage entre la lettre des trait\u00e9s et la pratique politique n\u2019est pas une querelle de juristes. Il touche au c\u0153ur de la dissuasion. La puissance d\u2019une alliance comme l\u2019Otan repose sur la certitude, dans l\u2019esprit de l\u2019adversaire, que l\u2019attaque contre un \u00c9tat membre entra\u00eenera imm\u00e9diatement une r\u00e9action de tous, \u00e0 commencer par les \u00c9tats-Unis. D\u00e8s que cette certitude devient conditionnelle \u2013 li\u00e9e \u00e0 tel vote, telle abstention, telle phrase jug\u00e9e hostile \u2013 la valeur de la garantie baisse.<\/p>\n<p><a target=\"_self\" href=\"https:\/\/www.latribune.fr\/article\/defense-aerospatiale\/defense\/1862062514901414\/explosifs-poches-de-sang-sabotage-comment-le-danemark-sest-secretement-prepare-a-une-invasion-americaine-du-groenland\" rel=\"nofollow noopener\"><\/p>\n<p class=\"text-[12px] mb-2 font-bold\">A LIRE AUSSI<\/p>\n<p class=\"text-[20px] leading-[120%] text-lt-primary-dark font-slab font-bold ac:font-ac-slab\">Explosifs, poches de sang, sabotage\u2026 Comment le Danemark s&rsquo;est secr\u00e8tement pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 une invasion am\u00e9ricaine du Groenland<\/p>\n<p><\/a><\/p>\n<p>Pour les \u00c9tats les plus expos\u00e9s, notamment en Europe de l\u2019Est, cette \u00e9volution est inqui\u00e9tante. Ils savent qu\u2019ils restent d\u00e9pendants de la puissance militaire am\u00e9ricaine, en particulier pour le renseignement, les capacit\u00e9s a\u00e9riennes, la d\u00e9fense antimissile et, surtout, le nucl\u00e9aire. Si cette protection devient une ligne de prix, elle peut aussi devenir une ligne de ren\u00e9gociation permanente.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, la guerre contre l\u2019Iran bloque quasiment le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, route critique pour le p\u00e9trole mondial. Trump reproche publiquement aux Europ\u00e9ens de ne pas envoyer leurs marines \u201couvrir\u201d le passage. L\u00e0 encore, le message est simple\u00a0: vous b\u00e9n\u00e9ficiez d\u2019une stabilit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique dont nous payons le co\u00fbt militaire, et vous n\u2019\u00eates pas au rendez-vous. La facture grimpe, la patience baisse.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les 5\u00a0% de PIB promis \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 prennent une coloration particuli\u00e8re. Ces milliards suppl\u00e9mentaires financeront-ils des capacit\u00e9s vraiment autonomes \u2013 cha\u00eenes de production, stocks de munitions, d\u00e9fense a\u00e9rienne europ\u00e9enne, putt\u00e8rent un jour parapluie nucl\u00e9aire\u00a0? Ou serviront-ils surtout \u00e0 \u00ab\u00a0acheter\u00a0\u00bb le maintien de la protection am\u00e9ricaine en payant davantage et en s\u2019alignant plus strictement\u00a0?<\/p>\n<p>L\u2019Europe face \u00e0 l\u2019addition\u00a0: payer, ren\u00e9gocier ou s\u2019\u00e9manciper&#13;\n<\/p>\n<p>Ce qui se joue ici, c\u2019est l\u2019\u00e9quilibre entre trois trajectoires possibles.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re, la plus confortable \u00e0 court terme, consiste \u00e0 accepter la logique de Trump\u00a0: payer davantage, \u00e0 la fois en budgets et en alignement politique, pour s\u00e9curiser la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine. En clair, traiter les 5\u00a0% de PIB pour la s\u00e9curit\u00e9 comme une sorte de \u00ab\u00a0prime\u00a0\u00bb pour rester sous le parapluie am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me serait de chercher \u00e0 ren\u00e9gocier collectivement, au niveau europ\u00e9en, la relation avec Washington\u00a0: clarifier ce qui rel\u00e8ve de l\u2019effort de d\u00e9fense autonome des Europ\u00e9ens et ce qui rel\u00e8ve de la contribution \u00e0 l\u2019Otan, \u00e9tablir des contreparties claires \u00e0 l\u2019augmentation de l\u2019effort budg\u00e9taire, mettre des garde-fous contre l\u2019usage de menaces commerciales comme outil de discipline intra-Alliance.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me, la plus ambitieuse mais aussi la plus co\u00fbteuse, serait d\u2019assumer une marche vers une capacit\u00e9 europ\u00e9enne de d\u00e9fense qui r\u00e9duise la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du parapluie am\u00e9ricain. Cela implique des investissements massifs, notamment industriels, une volont\u00e9 politique soutenue, et une r\u00e9ponse \u00e0 la question taboue\u00a0: qui porte la dissuasion nucl\u00e9aire europ\u00e9enne, et au b\u00e9n\u00e9fice de qui\u00a0?<\/p>\n<p>Dans tous les cas, le retrait de 5\u00a0000 soldats am\u00e9ricains d\u2019Allemagne agit comme un r\u00e9v\u00e9lateur. Il montre que, pour Donald Trump, la protection militaire n\u2019est pas un d\u00fb mais un service\u00a0; que les alli\u00e9s ne sont plus des partenaires \u00e9gaux mais des clients, bons ou mauvais\u00a0; et que la facture continuera d\u2019augmenter tant que l\u2019Europe ne sera pas en mesure de dire ce qu\u2019elle veut vraiment acheter \u2013 ou produire elle-m\u00eame.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En retirant 5 000 soldats d\u2019Allemagne sur fond de guerre contre l\u2019Iran, Donald Trump envoie un message clair&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":908008,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1587],"tags":[5734,97086,11,672,7204,1804,21059,1805,56827,1803,6475,1777,674,1801,3052,12,48075,2141,1802,13804,11232,467],"class_list":["post-908007","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-allemagne","tag-5734","tag-5-000","tag-actualites","tag-allemagne","tag-americain","tag-bundesrepublik-deutschland","tag-dallemagne","tag-de","tag-defense-et-aerospatiale","tag-deutschland","tag-devient","tag-eu","tag-europe","tag-germany","tag-ligne","tag-news","tag-parapluie","tag-prix","tag-republique-federale-dallemagne","tag-retire","tag-soldats","tag-trump"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116509222028715875","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/908007","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=908007"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/908007\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/908008"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=908007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=908007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=908007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}