{"id":919668,"date":"2026-05-08T14:25:41","date_gmt":"2026-05-08T14:25:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/919668\/"},"modified":"2026-05-08T14:25:41","modified_gmt":"2026-05-08T14:25:41","slug":"critique-de-rue-malaga-de-maryam-touzani-hymne-a-la-vieillesse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/919668\/","title":{"rendered":"Critique de \u00abRue M\u00e1laga\u00bb, de Maryam Touzani: hymne \u00e0 la vieillesse"},"content":{"rendered":"<p>Si Rue M\u00e1laga, troisi\u00e8me film de la r\u00e9alisatrice marocaine Maryam Touzani apr\u00e8s le tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 Le bleu du caftan (2022), a remport\u00e9 le Prix du public dans la section Spotlight de la derni\u00e8re Mostra de Venise, c\u2019est assur\u00e9ment beaucoup gr\u00e2ce \u00e0 la performance magistrale de l\u2019ic\u00f4ne du cin\u00e9ma espagnol Carmen Maura.<\/p>\n<p>La muse de Pedro Almod\u00f3var (Volver, Femmes au bord de la crise de nerfs) transperce l\u2019\u00e9cran dans le r\u00f4le de Mar\u00eda \u00c1ngeles, une femme \u00e2g\u00e9e farouchement ind\u00e9pendante qui vit depuis sa naissance dans le quartier espagnol de Tanger, au Maroc. Sa vie bascule lorsque sa fille Clara (Marta Etura), qui la visite de Madrid, lui annonce qu\u2019elle vendra l\u2019appartement de Tanger \u2014 \u00e0 son nom depuis le d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re \u2014 afin de rem\u00e9dier \u00e0 des difficult\u00e9s financi\u00e8res occasionn\u00e9es par son divorce.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un passage d\u00e9sastreux dans une maison de retraite \u2014 o\u00f9 elle fera montre de toute sa verve \u2014, Mar\u00eda \u00c1ngeles regagnera ses p\u00e9nates dans l\u2019appartement vide en attente d\u2019acheteurs, et organisera des soir\u00e9es football afin de gagner suffisamment d\u2019argent pour racheter les meubles, antiquit\u00e9s et objets pr\u00e9cieux que sa fille a vendus \u00e0 la va-vite \u00e0 un antiquaire (Ahmed Boulane).<\/p>\n<p>Au contact de cet homme bourru, obstin\u00e9, mais g\u00e9n\u00e9reux, elle red\u00e9couvrira les chemins de l\u2019amour et du d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Maryam Touzani offre un v\u00e9ritable hymne \u00e0 la vieillesse en la pla\u00e7ant r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 du plaisir, de la beaut\u00e9 et de la vie, tant par l\u2019interm\u00e9diaire de son h\u00e9ro\u00efne que de sa cam\u00e9ra. En plus d\u2019\u00eatre splendide, Mar\u00eda \u00c1ngeles d\u00e9borde de joie et de ressources, est ancr\u00e9e dans sa communaut\u00e9, d\u00e9fend son ind\u00e9pendance et son droit d\u2019aimer et de forger \u00e0 sa guise chaque seconde qu\u2019il lui reste. Il est impossible de lui r\u00e9sister, et, m\u00eame si sa personnalit\u00e9 \u00e9clatante sied particuli\u00e8rement bien au cin\u00e9ma, elle constitue un rappel que si on ne voit pas plus de femmes comme elle sur nos \u00e9crans, c\u2019est d\u2019abord parce qu\u2019on refuse de les voir au coin de nos rues.<\/p>\n<p>La cam\u00e9ra de la directrice photo Virginie Surdej s\u2019approche au plus pr\u00e8s des corps, qu\u2019elle plonge dans une ambiance feutr\u00e9e, pour faire vivre par la po\u00e9sie les rides, les marques, l\u2019effritement de peaux constell\u00e9es de \u00ab\u00a0fleurs de cimeti\u00e8re\u00a0\u00bb, que nous ne d\u00e9signerons plus jamais sous le nom de vulgaires taches brunes, sublimant la libert\u00e9 et le d\u00e9sir de v\u00e9rit\u00e9 et d\u2019authenticit\u00e9 que l\u2019\u00e2ge devrait entra\u00eener.<\/p>\n<p>Les lieux, ceux dans lesquels on vit, apprend, aime, emmagasine des souvenirs, forge son identit\u00e9 et son histoire, sont au c\u0153ur de Rue M\u00e1laga. L\u2019appartement de Mar\u00eda \u00c1ngeles, d\u2019abord, qui se vide pour se remplir peu \u00e0 peu, au rythme de sa reconstruction et de son \u00e9mancipation, structure le r\u00e9cit et d\u00e9montre tout le souci du d\u00e9tail de la cin\u00e9aste.<\/p>\n<p>Tanger, ville ayant accueilli des r\u00e9fugi\u00e9s du monde entier, fait ici figure de personnage. Maryam Touzani tire profit tant de ses d\u00e9cors de carte postale que de la rue qui donne son nom au film, lieu de vitalit\u00e9, de cr\u00e9ativit\u00e9 et de solidarit\u00e9 rempli de petits commerces o\u00f9 s\u2019\u00e9changent les services et les derni\u00e8res nouvelles. L\u2019image s\u2019attarde tant \u00e0 la rayonnante Mar\u00eda \u00c1ngeles qui traverse les lieux qu\u2019aux d\u00e9tails \u2014 fleurs, th\u00e9i\u00e8res, tissus, musique \u2014 qui en font la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Seuls b\u00e9mols\u00a0: une trame sonore un peu trop appuy\u00e9e et une fin en queue de poisson, qui n\u2019offre pas \u00e0 la protagoniste la r\u00e9solution qu\u2019elle m\u00e9rite. Malgr\u00e9 la violence au c\u0153ur de sa pr\u00e9misse, Maryam Touzani offre un film qui fait du bien, et qui donne envie de voir ce qui nous attend dans le plus dor\u00e9 des \u00e2ges.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Si Rue M\u00e1laga, troisi\u00e8me film de la r\u00e9alisatrice marocaine Maryam Touzani apr\u00e8s le tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 Le bleu du&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":919669,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1354],"tags":[58,59,1346,1011,27,1360],"class_list":{"0":"post-919668","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-films","8":"tag-divertissement","9":"tag-entertainment","10":"tag-films","11":"tag-fr","12":"tag-france","13":"tag-movies"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116539420285543341","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919668","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=919668"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/919668\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/919669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=919668"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=919668"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=919668"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}