{"id":929565,"date":"2026-05-13T06:33:13","date_gmt":"2026-05-13T06:33:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/929565\/"},"modified":"2026-05-13T06:33:13","modified_gmt":"2026-05-13T06:33:13","slug":"les-autopsies-de-2024-revelent-que-lorgane-le-plus-contamine-par-les-microplastiques-nest-ni-le-foie-ni-les-poumons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/929565\/","title":{"rendered":"Les autopsies de 2024 r\u00e9v\u00e8lent que l&rsquo;organe le plus contamin\u00e9 par les microplastiques n&rsquo;est ni le foie ni les poumons"},"content":{"rendered":"<p>Sept grammes. C\u2019est le poids moyen de plastique retrouv\u00e9 dans un cerveau humain adulte lors des autopsies r\u00e9alis\u00e9es en 2024, selon une \u00e9tude publi\u00e9e dans Nature Medicine en f\u00e9vrier 2025 par le Dr Matthew Campen et son \u00e9quipe de l\u2019Universit\u00e9 du Nouveau-Mexique. Traduit en termes concrets : l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une cuill\u00e8re \u00e0 caf\u00e9 de mati\u00e8re plastique, log\u00e9e dans l\u2019organe le plus prot\u00e9g\u00e9 du corps. Et ce n\u2019est pas le foie ni les poumons qui d\u00e9tiennent ce triste record. C\u2019est le cerveau.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Le cerveau : l\u2019organe qui accumule le plus de plastique, contrairement aux attentes scientifiques<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Les nanoparticules contournent la barri\u00e8re protectrice du cerveau gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019inflammation qu\u2019elles provoquent<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Une corr\u00e9lation troublante entre accumulation c\u00e9r\u00e9brale de plastique et cas de d\u00e9mence reste \u00e0 \u00e9lucider<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-resultat-que-personne-n-attendait\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un r\u00e9sultat que personne n\u2019attendait<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#la-barriere-hemato-encephalique-contournee\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">La barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique, contourn\u00e9e<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#50-en-huit-ans-une-courbe-qui-ne-ment-pas\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">+50% en huit ans : une courbe qui ne ment pas<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#ce-qu-on-peut-concretement-changer\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Ce qu\u2019on peut concr\u00e8tement changer<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un r\u00e9sultat que personne n\u2019attendait<\/p>\n<p>Pour mener cette \u00e9tude, les chercheurs ont eu recours \u00e0 des techniques de pointe (chromatographie en phase gazeuse coupl\u00e9e \u00e0 la spectrom\u00e9trie de masse, spectroscopie infrarouge, microscopie \u00e9lectronique) pour mesurer la quantit\u00e9 de microplastiques dans le cerveau, le foie et les reins provenant d\u2019autopsies de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es entre 2016 et 2024. Le protocole est solide. Les r\u00e9sultats, eux, d\u00e9passent ce que la communaut\u00e9 scientifique anticipait.<\/p>\n<p>Les \u00e9chantillons de cerveaux, tous d\u00e9riv\u00e9s de la r\u00e9gion du cortex frontal, pr\u00e9sentaient des concentrations de particules de plastique nettement plus \u00e9lev\u00e9es que ceux de reins ou de foies, de 7 \u00e0 30 fois plus. Pour saisir l\u2019ampleur du foss\u00e9 : les concentrations de microplastiques dans le foie et les reins \u00e9taient similaires, avec des valeurs m\u00e9dianes de 433 et 404 \u00b5g\/g, tandis que les \u00e9chantillons de cerveau contenaient 3 345 \u00b5g\/g pour les pr\u00e9l\u00e8vements de 2016 et 4 917 \u00b5g\/g pour ceux de 2024. Le foie filtre, les reins \u00e9liminent. Le cerveau, lui, accumule.<\/p>\n<p>Les particules majoritairement retrouv\u00e9es sont du poly\u00e9thyl\u00e8ne, avec des teneurs c\u00e9r\u00e9brales atteignant 4 800 \u00b5g par gramme de tissu dans certaines autopsies de 2024. Le poly\u00e9thyl\u00e8ne, c\u2019est le plastique des emballages, des films alimentaires, des bouteilles d\u2019eau. Celui qu\u2019on manipule des dizaines de fois par jour sans y penser.<\/p>\n<p>La barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique, contourn\u00e9e<\/p>\n<p>Pendant longtemps, les neurologues se rassuraient avec un argument : le cerveau est prot\u00e9g\u00e9. La barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique agit comme un filtre biologiquement \u00e9labor\u00e9, cens\u00e9 repousser les substances ind\u00e9sirables. Or cette protection a une faille de taille.<\/p>\n<p>Des \u00e9clats de plastique de moins de 200 nanom\u00e8tres, \u00e0 peine plus gros que des virus, ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s dans le tissu c\u00e9r\u00e9bral, une taille suffisamment petite pour traverser la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique. Mais le m\u00e9canisme est plus pervers encore. Les microplastiques peuvent causer de l\u2019inflammation, ce qui aurait pour effet d&rsquo;\u00a0\u00bbouvrir\u00a0\u00bb des barri\u00e8res cellulaires qui resteraient autrement ferm\u00e9es, dont la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique cens\u00e9e prot\u00e9ger le cerveau des ind\u00e9sirables. Les plastiques fragilisent pr\u00e9cis\u00e9ment le bouclier suppos\u00e9 les arr\u00eater.<\/p>\n<p>Selon Matthew Campen, le cerveau absorberait pr\u00e9f\u00e9rentiellement les plus petites nanostructures, d\u2019une longueur de 100 \u00e0 200 nanom\u00e8tres, tandis que les particules plus grosses, d\u2019une taille comprise entre un et cinq microm\u00e8tres, sont achemin\u00e9es vers le foie et les reins. Une sorte de s\u00e9lection naturelle \u00e0 l\u2019envers : le cerveau capte ce que le reste du corps rejette.<\/p>\n<p>L\u2019accumulation de microplastiques dans le cerveau pourrait \u00eatre exacerb\u00e9e par leur affinit\u00e9 pour les cellules graisseuses de la gaine de my\u00e9line, qui prot\u00e8ge les neurones et assure la transmission des signaux nerveux. Une piste qui expliquerait pourquoi cet organe, riche en lipides, attire pr\u00e9f\u00e9rentiellement certains fragments polym\u00e8res.<\/p>\n<p>+50% en huit ans : une courbe qui ne ment pas<\/p>\n<p>Matthew Campen affirme que les cerveaux de personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es en 2024 contenaient environ 50% de microplastiques en plus que ceux de personnes mortes en 2016. Huit ans. C\u2019est le temps qu\u2019il a fallu pour que la concentration grimpe de moiti\u00e9. Et cette progression ne d\u00e9pend ni de l\u2019\u00e2ge, ni du sexe, ni de l\u2019origine ethnique des personnes examin\u00e9es.<\/p>\n<p>Ni l\u2019\u00e2ge, ni le sexe, ni l\u2019origine ethnique, ni la cause du d\u00e9c\u00e8s n\u2019influen\u00e7aient significativement la concentration en plastiques, seule l\u2019ann\u00e9e du d\u00e9c\u00e8s avait un impact notable. Cette donn\u00e9e dit tout : la contamination c\u00e9r\u00e9brale n\u2019est pas l\u2019apanage d\u2019un profil particulier, elle est le miroir fid\u00e8le de l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle on vit.<\/p>\n<p>La corr\u00e9lation la plus inqui\u00e9tante concerne les patients atteints de d\u00e9mence. La concentration moyenne dans le bulbe olfactif est pass\u00e9e de 3,4 mg\/g en 2016 \u00e0 4,9 mg\/g en 2024, soit une hausse de 44 % en huit ans, et les cerveaux de patients d\u00e9ments en contiendraient jusqu\u2019\u00e0 20 fois plus que les cerveaux sains du m\u00eame \u00e2ge. Chez les personnes atteintes de d\u00e9mence, ces fragments se concentraient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des cellules inflammatoires et le long des parois des vaisseaux sanguins. Lien de causalit\u00e9 ou simple corr\u00e9lation ? Les chercheurs restent prudents. Mais il est possible que ces nanomat\u00e9riaux interf\u00e8rent avec les connexions entre les axones du cerveau et pourraient \u00e9galement favoriser l\u2019agr\u00e9gation de prot\u00e9ines impliqu\u00e9es dans la d\u00e9mence, sugg\u00e8re le Pr Campen.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019on peut concr\u00e8tement changer<\/p>\n<p>Le tableau est pr\u00e9occupant. Mais la m\u00eame \u00e9tude ouvre une perspective inattendue. Il n\u2019y avait aucun lien entre l\u2019\u00e2ge des patients \u00e0 leur mort et la quantit\u00e9 de microplastiques dans leur cerveau, sugg\u00e9rant que les microplastiques ne s\u2019accumulent pas en continu \u00e0 mesure que nous vieillissons. \u00ab\u00a0Cela est important car cela sugg\u00e8re que si nous devions r\u00e9duire la contamination environnementale par les microplastiques, les niveaux d\u2019exposition humaine diminueraient \u00e9galement\u00a0\u00bb, souligne Tamara Galloway, professeure d\u2019\u00e9cotoxicologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Exeter. L\u2019exposition n\u2019est donc pas un destin fig\u00e9.<\/p>\n<p>Le simple fait de d\u00e9laisser l\u2019eau embouteill\u00e9e pour l\u2019eau du robinet pourrait voir notre ingestion de microplastiques passer de 90 000 particules par ann\u00e9e \u00e0 4 000 particules par ann\u00e9e. L\u2019eau embouteill\u00e9e peut, \u00e0 elle seule, repr\u00e9senter une exposition annuelle \u00e9quivalente \u00e0 l\u2019exposition g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par toutes les autres sources combin\u00e9es. Un geste concret, imm\u00e9diat, dont l\u2019ampleur d\u00e9passe ce qu\u2019on imaginerait. R\u00e9duire les contenants plastique au profit du verre ou de l\u2019acier, limiter les aliments ultra-transform\u00e9s : les aliments ultra-transform\u00e9s peuvent aussi \u00eatre une source importante, et souvent insoup\u00e7onn\u00e9e, d\u2019exposition aux microplastiques et aux nanoplastiques.<\/p>\n<p>Sur le plan r\u00e9glementaire, le retard est patent. Le r\u00e8glement REACH de 2023 cible uniquement les microplastiques ajout\u00e9s intentionnellement dans les produits, il ne concerne pas les particules issues de la d\u00e9gradation naturelle des plastiques, qui repr\u00e9sentent la grande majorit\u00e9 de la contamination ambiante. En France, la loi anti-gaspillage (AGEC) a interdit en 2026 les cosm\u00e9tiques rinc\u00e9s contenant des microplastiques autres que les exfoliants. Une avanc\u00e9e r\u00e9elle, mais qui ne traite pas l\u2019essentiel : les microplastiques dans l\u2019eau potable ne font toujours l\u2019objet que d\u2019une simple liste de vigilance europ\u00e9enne, sans norme contraignante.<\/p>\n<p>La production mondiale de plastique continue d\u2019augmenter, avec plus de 400 millions de tonnes produites chaque ann\u00e9e, et les effets biologiques de cette accumulation c\u00e9r\u00e9brale restent, pour l\u2019heure, insuffisamment document\u00e9s. Ce que les autopsies de 2024 r\u00e9v\u00e8lent avec certitude, c\u2019est que nous vivons dans les cerveaux de cette \u00e9poque. Et que ces cerveaux portent, litt\u00e9ralement, la trace de nos habitudes de consommation.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.observatoiredeleurope.com\/les-microplastiques-font-leur-chemin-dans-le-cerveau-humain-a-des-niveaux-plus-eleves-que-celle-precedemment-enregistree_a59932.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">observatoiredeleurope.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/lenew.ma\/microplastiques-dans-le-cerveau-lequivalent-dune-cuillere-de-plastique-dans-nos-cellules\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">lenew.ma<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Sept grammes. 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