{"id":938310,"date":"2026-05-17T07:07:24","date_gmt":"2026-05-17T07:07:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/938310\/"},"modified":"2026-05-17T07:07:24","modified_gmt":"2026-05-17T07:07:24","slug":"on-vit-avec-la-certitude-quune-journee-dure-24-heures-la-nasa-vient-de-mesurer-que-ce-chiffre-nest-deja-plus-exact","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/938310\/","title":{"rendered":"On vit avec la certitude qu&rsquo;une journ\u00e9e dure 24 heures : la NASA vient de mesurer que ce chiffre n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 plus exact"},"content":{"rendered":"<p>86 400 secondes. C\u2019est la dur\u00e9e d\u2019une journ\u00e9e terrestre, grav\u00e9e dans les horloges atomiques, inscrite dans les algorithmes de chaque GPS, cod\u00e9e dans les serveurs qui font tourner Internet. Ce chiffre, nous le tenons pour immuable. <strong>Il ne l\u2019est plus.<\/strong> Depuis l\u2019an 2000, les journ\u00e9es s\u2019allongent \u00e0 raison de 1,33 milliseconde par si\u00e8cle, un rythme plus rapide que n\u2019importe quel moment du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Le responsable n\u2019est pas la Lune, ni un myst\u00e9rieux ph\u00e9nom\u00e8ne cosmique. C\u2019est le r\u00e9chauffement climatique, notre r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">La NASA d\u00e9couvre que les journ\u00e9es terrestres ne durent plus exactement 24 heures<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Un ph\u00e9nom\u00e8ne in\u00e9dit depuis l\u2019existence des humains, comparable \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement d\u2019il y a 3,6 millions d\u2019ann\u00e9es<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Nos \u00e9missions pourraient bient\u00f4t d\u00e9passer l\u2019influence lunaire sur la rotation de la Terre<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-patineur-qui-ecarte-les-bras-a-l-echelle-planetaire\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un patineur qui \u00e9carte les bras, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#inedit-depuis-36-millions-d-annees\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">In\u00e9dit depuis 3,6 millions d\u2019ann\u00e9es<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#des-millisecondes-qui-font-planter-des-systemes\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Des millisecondes qui font planter des syst\u00e8mes<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#la-lune-bientot-depassee-par-nos-emissions\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">La Lune bient\u00f4t d\u00e9pass\u00e9e par nos \u00e9missions<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un patineur qui \u00e9carte les bras, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire<\/p>\n<p>La m\u00e9canique est \u00e9l\u00e9gante dans sa brutalit\u00e9. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019explique par le d\u00e9placement de masse d\u00fb \u00e0 la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l\u2019Antarctique : plus l\u2019eau des r\u00e9gions polaires s\u2019\u00e9coule dans les oc\u00e9ans du monde, en particulier dans les zones \u00e9quatoriales, plus la vitesse de rotation de la Terre ralentit. C\u2019est ce que les physiciens appellent la conservation du moment cin\u00e9tique, et c\u2019est le m\u00eame principe que celui observ\u00e9 chez une patineuse artistique : en rapprochant ses bras de son corps, elle acc\u00e9l\u00e8re sa rotation, tandis qu\u2019en les \u00e9tendant, elle la ralentit.<\/p>\n<p>La Terre, elle, \u00e9tend les bras en permanence. La fonte des calottes glaciaires redistribue des quantit\u00e9s massives d\u2019eau vers les oc\u00e9ans, ce qui modifie l\u2019\u00e9quilibre global de la plan\u00e8te. La Terre change l\u00e9g\u00e8rement de forme, notamment en se renflant autour de l\u2019\u00e9quateur, ce qui ralentit sa rotation. Un renflement imperceptible \u00e0 l\u2019\u0153il nu, mais parfaitement lisible pour les satellites de la mission GRACE (Gravity Recovery and Climate Experiment) de la NASA. Les auteurs ont utilis\u00e9 les observations satellitaires de changement de masse issues de la mission GRACE et de son successeur GRACE-FO, ainsi que des \u00e9tudes ant\u00e9rieures sur le bilan de masse pour reconstituer les variations de la dur\u00e9e du jour depuis 1900.<\/p>\n<p>Ce qui surprend dans cette histoire, c\u2019est la vitesse du ph\u00e9nom\u00e8ne. L\u2019allongement \u00ab\u00a0naturel\u00a0\u00bb des jours a pris des millions d\u2019ann\u00e9es, tandis que l\u2019impact de l\u2019homme s\u2019est fait de plus en plus sentir en moins de deux si\u00e8cles. \u00abEn \u00e0 peine 100 ans, les \u00eatres humains ont modifi\u00e9 le syst\u00e8me climatique \u00e0 un point tel que nous en voyons l\u2019impact sur la fa\u00e7on dont la plan\u00e8te tourne elle-m\u00eame\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Surendra Adhikari, g\u00e9ophysicien au Jet Propulsion Laboratory de la NASA.<\/p>\n<p>In\u00e9dit depuis 3,6 millions d\u2019ann\u00e9es<\/p>\n<p>Des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 de Vienne et de l\u2019ETH Zurich ont voulu savoir si ce ralentissement avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans l\u2019histoire g\u00e9ologique de la plan\u00e8te. Pour remonter le temps, ils ont eu recours \u00e0 une m\u00e9thode inattendue : l\u2019\u00e9quipe s\u2019est appuy\u00e9e sur des restes fossilis\u00e9s de foraminif\u00e8res benthiques, des organismes marins unicellulaires qui pr\u00e9servent des signaux chimiques des conditions oc\u00e9aniques pass\u00e9es. Ces minuscules coquilles fossilis\u00e9es, vieilles de millions d\u2019ann\u00e9es, fonctionnent comme des archives naturelles du niveau de la mer, et donc, par calcul, de la dur\u00e9e des journ\u00e9es.<\/p>\n<p>Le verdict est sans appel. L\u2019allongement actuel de 1,33 milliseconde par si\u00e8cle constitue la variation la plus rapide observ\u00e9e au cours des 3,6 derniers millions d\u2019ann\u00e9es. En analysant la composition chimique des fossiles de foraminif\u00e8res, les scientifiques ont pu montrer que l\u2019augmentation actuelle de la dur\u00e9e du jour se distingue clairement sur cette p\u00e9riode. \u00abIl y a environ 2 millions d\u2019ann\u00e9es seulement, le rythme de variation de la dur\u00e9e du jour \u00e9tait presque comparable, mais jamais auparavant ni apr\u00e8s, le climat plan\u00e9taire n\u2019avait connu une telle \u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer qu\u2019entre 2000 et 2020\u00bb, pr\u00e9cise Shahvandi.<\/p>\n<p>Pour replacer ce chiffre dans sa juste proportion : 3,6 millions d\u2019ann\u00e9es en arri\u00e8re, Homo sapiens n\u2019existait pas encore. Le genre Homo lui-m\u00eame balbutiait \u00e0 peine son apparition sur le continent africain. Ce que le r\u00e9chauffement anthropique est en train d\u2019imprimer dans la rotation de notre plan\u00e8te n\u2019a donc aucun pr\u00e9c\u00e9dent dans toute l\u2019histoire humaine, ni m\u00eame pr\u00e9humaine.<\/p>\n<p>Des millisecondes qui font planter des syst\u00e8mes<\/p>\n<p>Une milliseconde et demie par si\u00e8cle, soit 13,3 microsecondes par an. Rien qui justifie de r\u00e9gler son r\u00e9veil diff\u00e9remment. Mais cette tranquillit\u00e9 apparente masque une r\u00e9alit\u00e9 technique beaucoup plus inconfortable. Ces quelques millisecondes, qui paraissent insignifiantes \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une vie humaine, peuvent avoir d\u2019importantes r\u00e9percussions sur certains syst\u00e8mes techniques, comme les GPS, les services de transactions financi\u00e8res et m\u00eame Internet. Benedikt Soja souligne que \u00abtous les centres de donn\u00e9es qui g\u00e8rent Internet, les communications et les transactions financi\u00e8res sont bas\u00e9s sur un timing pr\u00e9cis\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019International Earth Rotation and Reference Systems Service \u00e0 Paris, une discr\u00e8te v\u00e9rification a lieu plusieurs fois par an. Des techniciens comparent les horloges atomiques mondiales, qui mesurent le temps avec une pr\u00e9cision absolue, avec la rotation r\u00e9elle de la plan\u00e8te. Les deux ne concordent jamais tout \u00e0 fait. \u00c0 intervalles r\u00e9guliers, les horloges prennent de l\u2019avance et une d\u00e9cision s\u2019impose : ajouter une seconde au syst\u00e8me mondial de mesure du temps. Depuis 1972, 27 secondes intercalaires ont ainsi \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es au temps universel pour compenser le ralentissement de la rotation terrestre.<\/p>\n<p>Ce qui rend la situation nouvelle, c\u2019est que dans la derni\u00e8re d\u00e9cennie, le sch\u00e9ma est devenu moins pr\u00e9visible. L\u2019\u00e9cart entre le temps atomique et le temps de rotation ne suit plus la courbe lisse que les astronomes attendaient. Le r\u00e9chauffement climatique a introduit une variable impr\u00e9visible dans des calculs qui, pendant des si\u00e8cles, relevaient de la pure astronomie.<\/p>\n<p>La Lune bient\u00f4t d\u00e9pass\u00e9e par nos \u00e9missions<\/p>\n<p>Depuis des milliards d\u2019ann\u00e9es, c\u2019est la Lune qui gouverne le ralentissement de la rotation terrestre. Si les \u00e9missions continuent d\u2019augmenter, l\u2019allongement de la dur\u00e9e du jour d\u00fb au changement climatique pourrait atteindre 2,62 millisecondes par si\u00e8cle, d\u00e9passant l\u2019effet de la friction des mar\u00e9es lunaires, qui a augment\u00e9 la dur\u00e9e du jour de 2,4 millisecondes par si\u00e8cle en moyenne. Appel\u00e9e friction des mar\u00e9es lunaires, cet effet a \u00e9t\u00e9 la principale cause de l\u2019allongement des jours sur Terre depuis des milliards d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de la Terre, la force dominante qui fa\u00e7onne la dur\u00e9e d\u2019une journ\u00e9e ne serait plus c\u00e9leste. Elle serait terrestre. Une phrase qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre relue. Pendant 4,5 milliards d\u2019ann\u00e9es, la dur\u00e9e de nos journ\u00e9es a \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par un satellite naturel \u00e0 384 000 kilom\u00e8tres d\u2019ici. Dans un sc\u00e9nario \u00e0 fortes \u00e9missions, ce serait nos activit\u00e9s industrielles qui prendraient le dessus, une bascule g\u00e9ophysique aussi in\u00e9dite qu\u2019elle est, pour l\u2019instant, silencieuse.<\/p>\n<p>Il existe d\u2019ailleurs un effet collat\u00e9ral que peu d\u2019analyses mentionnent : la m\u00eame redistribution de masse qui ralentit la rotation d\u00e9place \u00e9galement l\u2019emplacement de l\u2019axe de rotation de la plan\u00e8te. Les scientifiques appellent ce ph\u00e9nom\u00e8ne la \u00abd\u00e9rive polaire\u00bb. En analysant 120 ans de mesures via des algorithmes d\u2019apprentissage automatique, l\u2019\u00e9quipe de recherche a constat\u00e9 que 90 % des fluctuations r\u00e9currentes de la position de l\u2019axe pouvaient s\u2019expliquer par les changements dans les nappes phr\u00e9atiques, les calottes glaciaires, les glaciers et le niveau de la mer. L\u2019axe a d\u00e9vi\u00e9 d\u2019environ 9 m\u00e8tres au cours du si\u00e8cle pass\u00e9. Le r\u00e9chauffement climatique ne change pas seulement ce que montre un thermom\u00e8tre : il d\u00e9place, imperceptiblement mais mesur\u00e9ment, le p\u00f4le Nord lui-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.futura-sciences.com\/planete\/actualites\/climat-rechauffement-climatique-ralentit-rotation-terre-facon-inedite-depuis-plusieurs-millions-annees-132903\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">futura-sciences.com<\/a> | <a href=\"https:\/\/trustmyscience.com\/rechauffement-climatique-pourrait-ralentir-rotation-terre-a-rythme-inedit-depuis-millions-annees\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">trustmyscience.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"86 400 secondes. 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