{"id":946436,"date":"2026-05-20T23:03:28","date_gmt":"2026-05-20T23:03:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/946436\/"},"modified":"2026-05-20T23:03:28","modified_gmt":"2026-05-20T23:03:28","slug":"de-gaulle-libere-avec-la-bataille-de-gaulle-baudry-deboulonne-le-general","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/946436\/","title":{"rendered":"De Gaulle lib\u00e9r\u00e9 ! Avec La Bataille de Gaulle, Baudry d\u00e9boulonne le G\u00e9n\u00e9ral"},"content":{"rendered":"<p class=\"lead\">            Antonin Baudry signe le contraire d&rsquo;un biopic : un objet dr\u00f4le, frondeur, qui croise BD, thriller et \u00e9pop\u00e9e pour arracher De Gaulle \u00e0 sa statue. Simon Abkarian lui rend du mouvement, du panache et surtout beaucoup de chaire.\n    <\/p>\n<p>C&rsquo;est pas une nouvelle : le film historique fran\u00e7ais se mourait. De respect surtout. Depuis des ann\u00e9es, on filmait les grands hommes au garde-\u00e0-vous, dans une lumi\u00e8re de cire, avec une d\u00e9votion qui ressemblait un peu trop \u00e0 de la trouille. Peur du sujet et peur de l&rsquo;Histoire. Les biopics se succ\u00e9daient comme des c\u00e9r\u00e9monies, et on en sortait comme d&rsquo;un mus\u00e9e ferm\u00e9 pour travaux. Ca bouge enfin : <strong>La Bataille de Gaulle : L&rsquo;\u00c2ge<\/strong> de fer propose l&rsquo;inverse de tout cela. Antonin Baudry ne signe pas un biopic mais un objet dr\u00f4le, frondeur, bondissant comme une BD, tendu comme un thriller yankee, travers\u00e9 de fulgurances qui doivent autant \u00e0 Tsui Hark qu&rsquo;\u00e0 Spielberg, \u00e0 Goscinny qu&rsquo;\u00e0 Resnais. Et c&rsquo;est dans ce t\u00e9lescopage permanent que le film trouve son sens &#8211; et sa politique.<\/p>\n<p>Ce premier volet repose sur une intuition simple : pour raconter De Gaulle, il faut commencer par oublier\u2026 De Gaulle. Il faut le d\u00e9boulonner. Lui rendre ce qu&rsquo;il y avait avant la statue : un corps trop grand, une voix qui se cherche, une obstination qui passe pour de la folie. Entre ici Simon Abkarian ! Le choix \u00e9tait aussi fou qu&rsquo;improbable, et l&rsquo;acteur prend le parti de ne pas faire De Gaulle : il l&rsquo;invente sous nos yeux. Comme nous l&rsquo;avait racont\u00e9 Baudry dans le magazine, il y a dans son G\u00e9n\u00e9ral quelque chose d&rsquo;un Don Quichotte \u00e9gar\u00e9 dans un monde qui ne croit plus au panache ni aux grandes id\u00e9es. Surtout, le cin\u00e9aste sait qu&rsquo;une ic\u00f4ne se construit par la voix et par le regard avant tout le reste. Ses cadres travaillent donc l&rsquo;acteur comme une mati\u00e8re. Plans serr\u00e9s sur la nuque, sur les yeux. Une main qui tremble (\u00e0 peine), une larme qui nait&#8230; Et si l&rsquo;Histoire se fraie un chemin, c&rsquo;est par des petits d\u00e9tails qui font basculer l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p>                         <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Capture d\u2019e\u0301cran 2025-12-15 a\u0300 14.11.51.png\" width=\"810\" height=\"338\" alt=\"La bataille De Gaulle\" typeof=\"foaf:Image\"\/><\/p>\n<p>                                              Capture d&rsquo;\u00e9cran Path\u00e9<\/p>\n<p>Ce qui frappe dans le film, c&rsquo;est la mani\u00e8re dont Baudry refuse donc l&rsquo;unit\u00e9 de ton. Une sc\u00e8ne d&rsquo;\u00e9tat-major respire comme un thriller. Un trait d&rsquo;humour traverse un moment dramatique. Un dialogue vachard ou rigolo surgit au milieu de l&rsquo;action &#8211; et tout en ressort intensifi\u00e9. Il travaille son film par contagion : l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e infuse le quotidien, la com\u00e9die explose la trag\u00e9die et tout sert avant tout \u00e0 d\u00e9miner le solennel. On l&rsquo;a vu mille fois ce proc\u00e9d\u00e9, mais jamais ou presque chez nous, et encore moins appliqu\u00e9 au panth\u00e9on r\u00e9publicain. Sans doute parce que \u00e7a suppose un truc que le cin\u00e9ma fran\u00e7ais n&rsquo;osait plus : croire qu&rsquo;un sujet s\u00e9rieux peut tenir debout sans gravit\u00e9, et penser que l&rsquo;histoire peut \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;image d&rsquo;Epinal. C&rsquo;est le cas ici. Son De Gaulle est film\u00e9 d&rsquo;en bas :\u00a0comme un h\u00e9ros de s\u00e9rie B des ann\u00e9es 70. Paradoxe total : c&rsquo;est sans doute comme \u00e7a qu&rsquo;il redevient grand au cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>Bon. Tout n&rsquo;est pas parfait, et le dire permet de rendre justice \u00e0 l&rsquo;ambition de l&rsquo;entreprise. L&rsquo;arc du jeune r\u00e9sistant &#8211; utile \u00e0 la m\u00e9canique d&rsquo;identification et indispensable au souffle collectif &#8211; ne tient pas tout \u00e0 fait l&rsquo;intensit\u00e9 dramatique de la story principale. C&rsquo;est le prix d&rsquo;un film qui veut \u00eatre \u00e0 la fois une fresque et un roman intime. Mais ce flottement s&rsquo;efface d\u00e8s qu&rsquo;Abkarian rentre dans le cadre, ou que la mise en sc\u00e8ne retrouve son r\u00e9gime de pure \u00e9nergie cin\u00e9tique.<\/p>\n<p>Reste qu&rsquo;on n&rsquo;a vu qu&rsquo;une moiti\u00e9 de Quichotte. L&rsquo;\u00c2ge de fer est le premier tome d&rsquo;un projet \u00e0 deux t\u00eates, et il faudra attendre J&rsquo;\u00e9cris ton nom, en juillet, pour mesurer la port\u00e9e totale du projet. Mais ce que Baudry r\u00e9ussit ici, d\u00e9j\u00e0, c&rsquo;est ce que personne en France n&rsquo;avait os\u00e9 depuis longtemps : prouver qu&rsquo;on peut faire un grand film populaire sur un grand homme sans solennit\u00e9, sans r\u00e9v\u00e9rence. Et surtout sans renoncer ni au plaisir du cin\u00e9ma ni \u00e0 l&rsquo;intelligence du sujet.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Antonin Baudry signe le contraire d&rsquo;un biopic : un objet dr\u00f4le, frondeur, qui croise BD, thriller et \u00e9pop\u00e9e&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":946437,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[1354],"tags":[100169,100172,67700,12975,92936,650,100168,58,59,1346,1011,27,100170,100173,11341,98091,1360,13452,100171],"class_list":["post-946436","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-films","tag-abkarian","tag-antonin-baudry","tag-benoit-magimel","tag-biopic","tag-cannes-2026","tag-cinema","tag-de-gaulle","tag-divertissement","tag-entertainment","tag-films","tag-fr","tag-france","tag-la-bataille-de-gaulle","tag-la-bataille-de-gaulle-lage-de-fer","tag-la-une","tag-le-festival-de-cannes","tag-movies","tag-niels-schneider","tag-simon-abkarian"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116609405801729055","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/946436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=946436"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/946436\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/946437"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=946436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=946436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=946436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}