{"id":946547,"date":"2026-05-21T00:21:15","date_gmt":"2026-05-21T00:21:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/946547\/"},"modified":"2026-05-21T00:21:15","modified_gmt":"2026-05-21T00:21:15","slug":"ebola-en-rdc-une-etude-dexperts-de-loms-et-de-limperial-college-estime-le-nombre-de-cas-deux-a-cinq-fois-superieur-aux-chiffres-connus-a-ce-jour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/946547\/","title":{"rendered":"Ebola en RDC: une \u00e9tude d&rsquo;experts de l&rsquo;OMS et de l&rsquo;Imperial College estime le nombre de cas deux \u00e0 cinq fois sup\u00e9rieur aux chiffres connus \u00e0 ce jour"},"content":{"rendered":"<p>\n                        Une \u00e9tude publi\u00e9e le 18 mai par l&rsquo;Imperial College de Londres, en collaboration avec l&rsquo;OMS, estime que l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;Ebola Bundibugyo en RDC est bien plus large que ce que les chiffres officiels montrent. Le 19 mai, le ministre congolais de la Sant\u00e9, Roger Kamba, faisait \u00e9tat de 543 cas probables et 136 d\u00e9c\u00e8s probables. Au 16 mai, date de r\u00e9f\u00e9rence de l&rsquo;\u00e9tude, les autorit\u00e9s notifiaient 336 cas suspects et 88 d\u00e9c\u00e8s. Pour l&rsquo;OMS, l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie est d\u00e9j\u00e0 suspect\u00e9e d&rsquo;avoir fait 139 morts pour pr\u00e8s de 600 cas probables au total. Selon ces chercheurs, le nombre r\u00e9el de malades se situerait entre 400 et 800, et pourrait d\u00e9passer mille personnes. Les \u00c9tats-Unis ont class\u00e9 la province d&rsquo;Ituri en niveau 4 : ne pas voyager.        <\/p>\n<p class=\"m-pub-dates\">Publi\u00e9 le : 20\/05\/2026 &#8211; 14:19Modifi\u00e9 le : 20\/05\/2026 &#8211; 14:55<\/p>\n<p>    5 min    Temps de lecture\n<\/p>\n<p><strong>\u25baLa situation au 20 mai<\/strong>. Depuis la publication de l&rsquo;\u00e9tude, les chiffres ont continu\u00e9 d&rsquo;\u00e9voluer rapidement. Lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse tenue le 19 mai, le ministre Roger Kamba a donn\u00e9 le bilan le plus r\u00e9cent : 543 cas probables identifi\u00e9s dans la communaut\u00e9, 136 d\u00e9c\u00e8s probables, 69 malades actuellement dans les centres de traitement, 32 cas confirm\u00e9s en laboratoire par l&rsquo;INRB. Le ministre a pr\u00e9cis\u00e9 que ces chiffres sont issus de la recherche active sur le terrain. Ce ne sont pas des cas confirm\u00e9s <strong><a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/ebola\/\" target=\"_self\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">Ebola<\/a><\/strong>, mais des cas suppos\u00e9s, identifi\u00e9s sur la base de sympt\u00f4mes compatibles avec la maladie. Quatre zones de sant\u00e9 sont d\u00e9sormais touch\u00e9es en Ituri : Mongwalu, Bunia, Rwampara et Niakunde. Auxquelles s&rsquo;ajoutent Butembo et Goma.\u00a0Pour l&rsquo;OMS, l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie est d\u00e9j\u00e0 suspect\u00e9e d&rsquo;avoir fait 139 morts pour pr\u00e8s de 600 cas probables au total.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20260520-ebola-en-rdc-de-mongbwalu-\u00e0-bunia-comment-la-riposte-s-organise-face-au-virus\" target=\"_self\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"nofollow noopener\">Ebola en RDC: de Mongbwalu \u00e0 Bunia, comment la riposte s\u2019organise face au virus<\/a><\/p>\n<p><strong>\u25baCe que dit l&rsquo;\u00e9tude<\/strong>. L&rsquo;\u00e9tude est sign\u00e9e par une \u00e9quipe internationale : des chercheurs de l&rsquo;Imperial College de Londres, du programme OMS de gestion des urgences sanitaires \u00e0 Gen\u00e8ve, de l&rsquo;OMS Ouganda, de l&rsquo;OMS RDC, du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 ougandais et de l&rsquo;Institut national de sant\u00e9 publique de RDC. L&rsquo;Imperial College est l&rsquo;une des institutions les plus reconnues au monde en mod\u00e9lisation \u00e9pid\u00e9mique. Pendant la pand\u00e9mie de Covid-19, ses travaux avaient aliment\u00e9 les d\u00e9cisions de plusieurs gouvernements.<\/p>\n<p>La conclusion centrale est formul\u00e9e avec prudence : au 17 mai, entre 400 et 800 cas de maladie \u00e0 virus Bundibugyo auraient pu survenir en <strong><a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/tag\/rdc\/\" target=\"_self\" class=\"gtm-add-suggested-tag\" rel=\"nofollow noopener\">RDC<\/a><\/strong>. Les chercheurs pr\u00e9cisent que des valeurs sup\u00e9rieures \u00e0 1 000 ne peuvent pas \u00eatre exclues au vu des donn\u00e9es disponibles \u00e0 cette date. Ce qui donne du poids \u00e0 cette fourchette, c&rsquo;est que deux m\u00e9thodes de calcul ind\u00e9pendantes y aboutissent.<\/p>\n<p><strong>\u25baDeux approches, un m\u00eame signal d&rsquo;alarme<\/strong>. La premi\u00e8re m\u00e9thode part d&rsquo;un signal simple : deux malades venus d&rsquo;Ituri ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s \u00e0 Kampala, en Ouganda. Ils avaient voyag\u00e9 sp\u00e9cifiquement pour se faire soigner. Les chercheurs ont crois\u00e9 ce fait avec les donn\u00e9es de trafic aux points de passage frontaliers entre la RDC et l&rsquo;Ouganda. Du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Ituri, environ 1\u00a0871 voyageurs franchissent ces fronti\u00e8res chaque jour en direction de l&rsquo;Ouganda. En partant de l\u00e0, ils estiment le nombre de cas probable en RDC entre 235 et 470, selon la fen\u00eatre de d\u00e9tection retenue.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me m\u00e9thode part des 88 d\u00e9c\u00e8s suspects notifi\u00e9s au 16 mai, consid\u00e9r\u00e9s comme plus fiables que les cas, parce qu&rsquo;un mort est plus difficile \u00e0 ignorer qu&rsquo;un malade qui reste chez lui. En appliquant ce qu&rsquo;on sait des deux \u00e9pid\u00e9mies pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e0 virus Bundibugyo, ils obtiennent entre 400 et plus de 1 000 cas selon la vitesse de progression suppos\u00e9e de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie. Les deux m\u00e9thodes convergent vers la m\u00eame conclusion : une sous-d\u00e9tection substantielle.<\/p>\n<p><strong>\u25baPourquoi l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie \u00e9chappe \u00e0 la surveillance<\/strong>. Ce r\u00e9sultat n&rsquo;est pas une surprise pour ceux qui suivent le terrain. Jean Kaseya, directeur g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;Africa CDC, l&rsquo;a formul\u00e9 autrement : sans les laboratoires GeneXpert install\u00e9s en Ituri ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on ne saurait m\u00eame pas, dit-il, de quoi on est en train de parler. Les premiers \u00e9chantillons envoy\u00e9s depuis l&rsquo;Ituri vers Kinshasa sont arriv\u00e9s dans un \u00e9tat inexploitable, faute de cha\u00eene de froid respect\u00e9e. Les r\u00e9sultats n\u00e9gatifs des premiers tests, r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 Bunia avec un GeneXpert calibr\u00e9 pour la souche Za\u00efre et non pour Bundibugyo, ont pu retarder la prise de conscience de l&rsquo;ampleur r\u00e9elle. Il a fallu attendre le 14 mai pour que des pr\u00e9l\u00e8vements de qualit\u00e9 suffisante parviennent \u00e0 l&rsquo;INRB et confirment le virus.<\/p>\n<p><strong>\u25baCe que Washington dit en creux<\/strong>. La d\u00e9cision am\u00e9ricaine donne une mesure concr\u00e8te de la gravit\u00e9 per\u00e7ue de la situation. D\u00e8s le 15 mai, le CDC am\u00e9ricain a \u00e9mis une alerte de niveau 2 pour la RDC. La province d&rsquo;Ituri, elle, a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e en niveau 4 : ne pas voyager, pour aucune raison. Le gouvernement am\u00e9ricain a ajout\u00e9 une formulation r\u00e9v\u00e9latrice : sa capacit\u00e9 \u00e0 fournir des services d&rsquo;urgence \u00e0 ses ressortissants en Ituri est, dit-il, extr\u00eamement limit\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>\u25baDes limites que les chercheurs reconnaissent eux-m\u00eames<\/strong>. L&rsquo;\u00e9tude est transparente sur ses faiblesses. La premi\u00e8re m\u00e9thode repose sur seulement deux cas export\u00e9s. Les donn\u00e9es de trafic frontalier ne capturent pas les passages informels, nombreux dans cette r\u00e9gion. Et personne ne sait avec certitude depuis quand cette \u00e9pid\u00e9mie court, ce qui modifie sensiblement les chiffres finaux.<\/p>\n<p>Le taux de l\u00e9talit\u00e9 du virus Bundibugyo lui-m\u00eame reste mal \u00e9tabli. Il n&rsquo;existe que deux \u00e9pid\u00e9mies document\u00e9es de cette souche : l&rsquo;Ouganda en 2007, avec 131 cas et 42 morts, et Isiro en RDC en 2012. Les chercheurs testent donc trois hypoth\u00e8ses : 24 %, 30 % et 40 %.<\/p>\n<p><strong>\u25baCe que dit le Dr Jean-Jacques\u00a0Muyembe<\/strong>.<strong>\u00a0<\/strong>Le <strong><a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/podcasts\/le-grand-invit\u00e9-afrique\/20260518-ebola-cela-va-prendre-du-temps-mais-on-va-vaincre-affirme-le-professeur-jean-jacques-muyembe\" target=\"_self\" rel=\"nofollow noopener\">Dr Jean-Jacques Muyembe<\/a><\/strong>, co-d\u00e9couvreur du virus Ebola en 1976, appelle \u00e0 la prudence. Il faut d&rsquo;abord \u00e9tablir la liste compl\u00e8te des cas, tracer les liens entre eux. C&rsquo;est seulement apr\u00e8s, dit-il, qu&rsquo;on saura exactement quelle est l&rsquo;ampleur du probl\u00e8me.<\/p>\n<p class=\"a-read-more\">\u00c0 lire aussi<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20260519-ebola-en-rdc-pourquoi-le-diagnostic-a-tra\u00een\u00e9-durant-un-mois\" target=\"_self\" class=\"a-read-more__link\" rel=\"nofollow noopener\">Ebola en RDC: pourquoi le diagnostic a tra\u00een\u00e9 durant un mois<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une \u00e9tude publi\u00e9e le 18 mai par l&rsquo;Imperial College de Londres, en collaboration avec l&rsquo;OMS, estime que l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":946548,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[10],"tags":[879,99231,1011,27,72,43371,2570,25140,4873,71,2362],"class_list":["post-946547","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sante","tag-afrique","tag-ebola","tag-fr","tag-france","tag-health","tag-notre-selection","tag-oms","tag-ouganda","tag-rdc","tag-sante","tag-sante-et-medecine"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116609711399374061","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/946547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=946547"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/946547\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/946548"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=946547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=946547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=946547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}