{"id":96474,"date":"2025-05-13T09:32:12","date_gmt":"2025-05-13T09:32:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/96474\/"},"modified":"2025-05-13T09:32:12","modified_gmt":"2025-05-13T09:32:12","slug":"dans-le-finistere-laffaire-betharram-libere-la-parole-chez-danciens-eleves-du-kreisker","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/96474\/","title":{"rendered":"Dans le Finist\u00e8re, l\u2019affaire B\u00e9tharram lib\u00e8re la parole chez d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves du Kreisker"},"content":{"rendered":"<p class=\"dropcap-wrapper\">\u00ab\u00a0Quand\u00ab\u00a0Quand j\u2019ai entendu parler de B\u00e9tharram, c\u2019est comme si tout remontait \u00e0 la surface. On avait mis tout \u00e7a sous le paillasson et on se rend compte maintenant que c\u2019\u00e9tait pas normal.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Du bar dans lequel est assis Jacques Urien, jeudi 24 avril, on peut apercevoir le clocher de la chapelle Notre-Dame du Kreisker surplomber les toitures du centre-ville de Saint-Pol-de-L\u00e9on, dans le nord du Finist\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00c0 quelques m\u00e8tres du pied de la plus haute construction gothique de Bretagne se trouve l\u2019entr\u00e9e de l\u2019\u00e9tablissement scolaire priv\u00e9 catholique auquel elle a donn\u00e9 son nom et o\u00f9 le sexag\u00e9naire, au visage am\u00e8ne et \u00e0 la chevelure blanche, a pass\u00e9 une partie de sa scolarit\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p>            La chapelle Notre-Dame du Kreisker \u00e0 Saint-Pol-de-L\u00e9on (Finist\u00e8re).                             \u00a9\u00a0Photo Splann !<\/p>\n<p>        Agrandir l\u2019image : Illustration 1<\/p>\n<p>La lumi\u00e8re douce de cette fin de matin\u00e9e printani\u00e8re contraste avec le r\u00e9cit de souvenirs douloureux. Fils de mara\u00eechers croyants pratiquants, Jacques Urien affirme avoir re\u00e7u des coups et \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de violences physiques sur ses camarades de la part de certains enseignants du Kreisker. Et si lui-m\u00eame n\u2019en a pas \u00e9t\u00e9 victime, il avait aussi connaissance \u00e0 l\u2019\u00e9poque des agissements probl\u00e9matiques d\u2019ordre sexuel de la part d\u2019un pr\u00eatre\u00a0: Jacques Choquer.\u00a0<\/p>\n<p>Un abb\u00e9 accus\u00e9 de violences sexuelles<\/p>\n<p>Plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves mettent en cause l\u2019ancien professeur de fran\u00e7ais et de breton pour des propos et attitudes inappropri\u00e9s \u00e0 caract\u00e8re sexuel, des ann\u00e9es 1950 aux ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s leurs r\u00e9cits, il avait ainsi la manie d\u2019interroger les \u00e9l\u00e8ves \u2013 qu\u2019il pouvait recevoir individuellement dans sa chambre situ\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tage du b\u00e2timent principal du Kreisker \u2013 sur leurs pratiques masturbatoires. Il pouvait, affirme Lionel, \u00e9l\u00e8ve dans les ann\u00e9es 1970, se montrer \u00ab\u00a0tr\u00e8s tactile\u00a0\u00bb, passant parfois \u00ab\u00a0sa main sous le pull\u00a0\u00bb des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>En classe, \u00ab\u00a0il se levait et frottait son sexe contre son bureau\u00a0\u00bb r\u00e9guli\u00e8rement, attestent plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves. \u00c0 tel point que des \u00e9coliers auraient eu l\u2019id\u00e9e un jour de recouvrir avec de la craie les abords de son bureau\u00a0: Jacques Choquer se serait ainsi retrouv\u00e9 avec ses v\u00eatements blanchis \u00e0 hauteur du bassin.<\/p>\n<p>Ronan Peron, \u00e9l\u00e8ve de 1985 \u00e0 1986, affirme que le pr\u00eatre, qui \u00e9tait son professeur principal, s\u2019est peu \u00e0 peu rapproch\u00e9 de lui lors d\u2019un entretien dans sa chambre et lui a mis une main sur le genou.\u00a0\u00ab\u00a0Je lui ai dit \u201cnon mais l\u00e0 vous d\u00e9connez\u00a0!\u201d et je lui ai demand\u00e9 de me ramener chez moi\u00a0\u00bb, assure le boulanger artisanal de 56 ans, aujourd\u2019hui install\u00e9 \u00e0 Roscoff.<\/p>\n<p>Anita, une femme trans (le coll\u00e8ge n\u2019\u00e9tait pas encore mixte \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9e), estime, elle aussi, avoir subi du harc\u00e8lement de la part de Jacques Choquer, qui, selon elle, l\u2019\u00ab\u00a0idol\u00e2trait\u00a0\u00bb. Alors qu\u2019elle \u00e9tait en premi\u00e8re, il lui aurait laiss\u00e9 en bas d\u2019un devoir une note manuscrite soulign\u00e9e en rouge disant \u00e0 peu pr\u00e8s ceci\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Ton devoir m\u2019a boulevers\u00e9 [\u2026] Il ne peut qu\u2019\u00eatre l\u2019\u0153uvre d\u2019une \u00e2me pure. J\u2019aimerais beaucoup relire ce devoir seul \u00e0 seul avec toi.\u00a0\u00bb\u00a0Anita n\u2019a pas donn\u00e9 suite et d\u2019une moyenne de 16 \u00e0 18, elle serait pass\u00e9e \u00e0 12 environ en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi<\/p>\n<p>            <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-level2=\"9\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/040325\/l-affaire-betharram-fait-tache-d-huile-dans-d-autres-internats-catholiques\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n                                L\u2019affaire B\u00e9tharram fait tache d\u2019huile dans d\u2019autres internats catholiques<br \/>\n            <\/a><\/p>\n<p>Les agissements de Jacques Choquer sont d\u00e9crits par le menu dans le livre Tu r\u00f4tiras en enfer, publi\u00e9 en 2016 et \u00e9crit par Jean-Pierre Salou, un \u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9 et psychologue \u00e0 la retraite ayant fr\u00e9quent\u00e9 Le Kreisker, de 1957 \u00e0 1964. Le pr\u00eatre y appara\u00eet sous le pseudo \u00ab\u00a0l\u2019abb\u00e9 C.\u00a0\u00bb.\u00a0\u00ab\u00a0Son surnom parmi les \u00e9l\u00e8ves, c\u2019\u00e9tait Chocul [orthographe interpr\u00e9t\u00e9e par\u00a0Splann\u00a0! \u2013 ndlr]\u00a0\u00bb, r\u00e9v\u00e8le l\u2019auteur, aujourd\u2019hui \u00e2g\u00e9 de 77 ans. Preuve selon lui que son comportement \u00e9tait de\u00a0\u00ab\u00a0notori\u00e9t\u00e9 publique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un pervers qui jouissait que vous lui racontiez vos \u201cp\u00e9ch\u00e9s de chair\u201d. Sauf qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas mandat\u00e9 pour des cours d\u2019\u00e9ducation sexuelle.\u00a0\u00bb\u00a0Jean-Pierre Salou juge que\u00a0\u00ab\u00a0ce qui est grave, c\u2019est qu\u2019on a donn\u00e9 \u00e0 ce pr\u00eatre l\u2019aum\u00f4nerie de la troupe scout du Kreisker alors qu\u2019on connaissait ses probl\u00e8mes avec les \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En fonction depuis 2022, le directeur de l\u2019ensemble scolaire Le Kreisker, Nicolas Guillou, confirme avoir re\u00e7u un t\u00e9moignage, il y a quelques semaines, concernant Jacques Choquer. Il dit en avoir \u00e9t\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0profond\u00e9ment touch\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Il est toujours bouleversant, en tant que chef d\u2019\u00e9tablissement, d\u2019apprendre que certains faits ont pu survenir dans un lieu dont la vocation premi\u00e8re est d\u2019\u00e9duquer, d\u2019accompagner et de prot\u00e9ger les jeunes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le directeur pr\u00e9cise\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0En dehors de ce contact, je n\u2019ai re\u00e7u aucun autre signalement d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves ou de familles, ni par \u00e9crit ni de vive voix, concernant des faits de violences.\u00a0\u00bb\u00a0Le dioc\u00e8se de Quimper et L\u00e9on a, lui aussi, re\u00e7u en 2022\u00a0\u00ab\u00a0le t\u00e9moignage de l\u2019\u00e9pouse d\u2019une victime aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, relatif \u00e0 des violences sexuelles concernant le coll\u00e8ge du Kreisker\u00a0\u00bb, impliquant Jacques Choquer.<\/p>\n<p>L\u2019institution indique n\u2019avoir rien trouv\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0dans les archives\u00a0\u00bb\u00a0concernant ce pr\u00eatre. Elle fait valoir par ailleurs que,\u00a0\u00ab\u00a0depuis 2016, avec la cr\u00e9ation d\u2019une cellule d\u2019\u00e9coute, et plus encore depuis la publication du\u00a0<a href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/051021\/violences-sexuelles-sur-mineurs-plus-de-216-000-victimes-de-l-eglise\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">rapport de la Ciase en 2021<\/a>, le dioc\u00e8se de Quimper et L\u00e9on s\u2019est engag\u00e9 de mani\u00e8re active dans la lutte contre les abus sexuels au sein de l\u2019\u00c9glise. Cet engagement se concr\u00e9tise notamment par la mise en place d\u2019une commission dioc\u00e9saine d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la protection des mineurs, la signature d\u2019un protocole avec le procureur de la R\u00e9publique de Brest [en 2022 \u2013 ndlr], ainsi que l\u2019adoption d\u2019une charte pour la protection des mineurs et des personnes vuln\u00e9rables et des formations\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Des violences physiques \u00ab\u00a0institutionnalis\u00e9es\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si les violences sexuelles sont reproch\u00e9es \u00e0 un seul enseignant du Kreisker, les violences physiques, elles, auraient \u00e9t\u00e9 commises par plusieurs professeurs, assurent les anciens \u00e9l\u00e8ves interrog\u00e9s par\u00a0Splann\u00a0!.<\/p>\n<p>Jacques Urien se rappelle des\u00a0\u00ab\u00a0corrections\u00a0\u00bb\u00a0et des \u00ab\u00a0humiliations\u00a0\u00bb\u00a0de la part d\u2019un surveillant, d\u2019enfants balanc\u00e9s dans de\u00a0\u00ab\u00a0grandes poubelles d\u2019un m\u00e8tre sur un m\u00e8tre\u00a0\u00bb\u00a0et ross\u00e9s de coups pour avoir couru pour se rendre en cours \u2013 ce qui \u00e9tait interdit \u2013, et m\u00eame d\u2019un \u00e9l\u00e8ve qui aurait eu le doigt cass\u00e9, sans doute apr\u00e8s une punition physique non ma\u00eetris\u00e9e. Atteint de troubles dys \u2013 ce qu\u2019il n\u2019a compris que des ann\u00e9es plus tard \u2013, Jacques Urien \u00e9voque des \u00e9tats de\u00a0\u00ab\u00a0faiblesse\u00a0\u00bb\u00a0ou\u00a0\u00ab\u00a0d\u2019incompr\u00e9hension\u00a0\u00bb\u00a0en lien avec ses apprentissages.<\/p>\n<p>Il aurait appris \u00e0 ses d\u00e9pens qu\u2019au Kreisker, les punitions physiques ne venaient pas seulement corriger de mauvais comportements.\u00a0\u00ab\u00a0On recevait aussi des coups quand on \u00e9tait en difficult\u00e9\u00a0\u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi<\/p>\n<p>            <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-level2=\"9\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/300425\/bayrou-et-betharram-une-faute-individuelle-au-centre-d-un-deni-collectif\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n                                Bayrou et B\u00e9tharram : une faute individuelle au centre d\u2019un d\u00e9ni collectif<br \/>\n            <\/a><\/p>\n<p>Les violences physiques pouvaient, selon Yannick Dirou, 59 ans, tout aussi bien sanctionner une mauvaise note \u00e0 un devoir,\u00a0\u00ab\u00a0une mauvaise r\u00e9ponse\u00a0\u00bb\u00a0donn\u00e9e au professeur ou\u00a0\u00ab\u00a0une fausse note\u00a0\u00bb\u00a0jou\u00e9e en cours de musique.\u00a0\u00ab\u00a0\u00c0 un moment, vous \u00eates plus pr\u00e9occup\u00e9 de savoir si vous allez prendre une baffe ou une beigne qu\u2019autre chose, explique celui qui a \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9 au Kreisker \u00e0 partir de 1978 et y a pass\u00e9 trois ans. C\u2019\u00e9tait terrible. C\u2019\u00e9tait un coup \u00e0 faire une fugue. J\u2019y repense souvent et j\u2019en ai les larmes aux yeux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Yannick Dirou utilise le mot\u00a0\u00ab\u00a0terrorisme\u00a0\u00bb. Trois autres anciens \u00e9l\u00e8ves emploient le m\u00eame terme, pourtant lourd de signification. L\u2019un d\u2019eux, Thierry Oulhen, en pr\u00e9cise le sens\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0D\u2019une certaine mani\u00e8re, ils cultivaient la terreur et la violence chez les autres\u00a0\u00bb, estime cet infirmier de 56 ans, pass\u00e9 par le lyc\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Si ce fils d\u2019un mareyeur et d\u2019une agente en valeurs mobili\u00e8res dit n\u2019avoir re\u00e7u qu\u2019une gifle en un an et demi, il a surtout\u00a0\u00ab\u00a0vu les violences\u00a0\u00bb\u00a0subies par ses camarades et ressenti\u00a0\u00ab\u00a0une atmosph\u00e8re de tension, d\u2019humiliation, de rabaissement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 tel point que lui et ses fr\u00e8res ont d\u00e9cid\u00e9 de quitter pr\u00e9matur\u00e9ment l\u2019\u00e9tablissement, plusieurs mois avant la fin de leur deuxi\u00e8me ann\u00e9e scolaire. Quasiment tous les anciens \u00e9l\u00e8ves indiquent que la r\u00e9pression au Kreisker n\u2019\u00e9tait pas la m\u00eame en fonction de l\u2019origine sociale.\u00a0\u00ab\u00a0Il y avait une discrimination notoire entre les enfants des milieux populaires et ceux des milieux ais\u00e9s\u00a0\u00bb,\u00a0affirme Thierry Oulhen.<\/p>\n<p>            Une classe non-mixte au Kreisker au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960.                             \u00a9\u00a0Photo Splann !<\/p>\n<p>        Agrandir l\u2019image : Illustration 2<\/p>\n<p>Le fr\u00e8re de Yannick Dirou, Thomas, garde quant \u00e0 lui de\u00a0\u00ab\u00a0tr\u00e8s mauvais souvenirs de violences physiques\u00a0\u00bb\u00a0qui lui ont\u00a0\u00ab\u00a0g\u00e2ch\u00e9 deux ann\u00e9es d\u2019\u00e9cole\u00a0\u00bb. Il se souvient en particulier d\u2019un professeur qui portait tout le temps des sabots et aurait mis des coups de pied dans le derri\u00e8re des \u00e9l\u00e8ves.\u00a0\u00ab\u00a0On appelait \u00e7a des pointus.\u00a0\u00bb\u00a0Avant de pr\u00e9ciser\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019en ai vu des plus violent\u00e9s que moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Scolaris\u00e9e de 1976 \u00e0 1983, Anita \u00e9voque pour sa part\u00a0\u00ab\u00a0des souvenirs visuels terribles\u00a0\u00bb, des\u00a0\u00ab\u00a0murs ensanglant\u00e9s\u00a0\u00bb m\u00eame. Elle revoit mentalement un professeur, Andr\u00e9 Gu\u00e9guen,\u00a0\u00ab\u00a0prendre les gamins et les projeter \u00e0 terre\u00a0\u00bb, voire\u00a0\u00ab\u00a0contre les portemanteaux\u00a0\u00bb. Pourtant, dans le L\u00e9on,\u00a0\u00ab\u00a0terre catholique par excellence\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab Le Kreisker, c\u2019\u00e9tait la r\u00e9f\u00e9rence\u00a0!\u00a0\u00bb, formule-t-elle.\u00a0\u00ab\u00a0\u00c0 Saint-Pol, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, m\u00eame ceux qui n\u2019avaient pas de croyances y allaient. Tout le monde y allait.\u00a0\u00bb\u00a0La fr\u00e9quence et le niveau de violences dont elle aurait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin la porte \u00e0 parler de\u00a0\u00ab\u00a0violences institutionnalis\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ancien professeur de fran\u00e7ais au Kreisker, Paul Rigolot, 71 ans, r\u00e9fute cette expression.\u00a0\u00ab\u00a0Quand j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 enseigner, aucun directeur, aucun professeur ne m\u2019a ordonn\u00e9, ni conseill\u00e9, ni m\u00eame sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019user de s\u00e9vices corporels vis-\u00e0-vis des \u00e9l\u00e8ves en cas de paresse, d\u2019insolence ou d\u2019insubordination, assure l\u2019un des rares enseignants \u00e0 \u00e9chapper aux accusations de violences de la part des anciens \u00e9l\u00e8ves interrog\u00e9s. La baffe \u00e9tait dans l\u2019air du temps, dans certains coll\u00e8ges comme dans certaines familles, et pas forc\u00e9ment chez des gens violents.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p>Oui, c\u2019est vrai, il m\u2019est arriv\u00e9 de donner des gifles. Parfois peut-\u00eatre par \u00e9nervement.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Andr\u00e9 Gu\u00e9guen, ancien professeur au Kreisker<\/p>\n<p>Les baffes ou gifles n\u2019\u00e9taient toutefois qu\u2019un type de punition physique utilis\u00e9 par les professeurs de l\u2019\u00e9poque. Et comme le font remarquer plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves,\u00a0\u00ab\u00a0il y a \u201cgifles\u201d et \u201cgifles\u201d\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Jean-Claude Rohel, enseignant au Kreisker, devenu par la suite maire de Plou\u00e9nan et d\u00e9put\u00e9 du Finist\u00e8re, est identifi\u00e9 par plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves comme ayant eu l\u2019habitude de retourner sa chevali\u00e8re \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa main avant de gifler les \u00e9l\u00e8ves, occasionnant fatalement des marques et des douleurs plus importantes. Un autre enseignant, du nom de \u00ab\u00a0Sparfel\u00a0\u00bb, aurait utilis\u00e9 la m\u00eame m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Un autre professeur, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 plus haut, a marqu\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9l\u00e8ves\u00a0: Andr\u00e9 Gu\u00e9guen. Celui-ci est cit\u00e9 par pr\u00e8s d\u2019une dizaine d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves interrog\u00e9s par\u00a0Splann\u00a0!\u00a0comme \u00e9tant l\u2019auteur de nombreuses violences physiques.<\/p>\n<p>Attabl\u00e9s \u00e0 la terrasse du Ty Pierre, avec vue sur le port de Roscoff, Claude et Lionel, scolaris\u00e9s dans les ann\u00e9es 1970, ainsi que Lo\u00efc*, \u00e9l\u00e8ve de 1980 \u00e0 1983, partagent leurs souvenirs d\u2019un homme dont ils n\u2019ont jamais oubli\u00e9 le nom.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous avions un mot pour les racl\u00e9es donn\u00e9es par Andr\u00e9 Gu\u00e9guen\u00a0: \u201cbaboren\u201d, raconte Lo\u00efc. Tout le monde se souvient de ce couloir noir, en haut de l\u2019escalier monumental, dans lequel, \u00e0 chaque r\u00e9cr\u00e9, des \u00e9l\u00e8ves punis et envoy\u00e9s par les profs attendaient que Gu\u00e9guen leur donne une \u201cbaboren\u201d.\u00a0Souvent les causes de ces \u00e9normes racl\u00e9es \u00e9taient ridicules. Andr\u00e9 Gu\u00e9guen nous a essentiellement enseign\u00e9 la violence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi<\/p>\n<p>            <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-level2=\"9\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/230425\/violences-l-education-nationale-n-aucun-pouvoir-sur-les-etablissements-prives\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n                                Violences\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9ducation nationale n\u2019a aucun pouvoir sur les \u00e9tablissements priv\u00e9s\u00a0\u00bb<br \/>\n            <\/a><\/p>\n<p>Claude et Lionel en auraient \u00e9t\u00e9 directement victimes.\u00a0\u00ab\u00a0Il \u00e9tait raide comme un piquet, les bras coll\u00e9s au corps, aucune expression sur le visage, \u00e0 peine un rictus\u00a0\u00bb, raille ce dernier \u00e0 propos d\u2019Andr\u00e9 Gu\u00e9guen.\u00a0Celui qui a effectu\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du coll\u00e8ge et du lyc\u00e9e au Kreisker se souvient d\u2019une sc\u00e8ne de violence\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Gu\u00e9guen m\u2019\u00e9clate le classeur avec les gros anneaux sur la figure.\u00a0\u00bb Pour quelle raison\u00a0? Il a oubli\u00e9.<\/p>\n<p>Claude, qui se d\u00e9finit lui-m\u00eame comme un \u00e9l\u00e8ve\u00a0\u00ab\u00a0bagarreur\u00a0\u00bb, assure qu\u2019il avait\u00a0\u00ab\u00a0droit \u00e0 Gu\u00e9guen une fois par semaine\u00a0\u00bb. Il se rem\u00e9more un \u00e9pisode lors duquel il aurait couru dans les escaliers du Kreisker avant d\u2019\u00eatre corrig\u00e9 par le professeur.\u00a0\u00ab\u00a0Il m\u2019a tabass\u00e9 \u00e0 un point que, alors que j\u2019avais essay\u00e9 de me prot\u00e9ger, j\u2019ai vu tout noir avec des petits points blancs. J\u2019\u00e9tais compl\u00e8tement sonn\u00e9. Pendant trois, quatre jours, je n\u2019ai pas pu poser ma joue gonfl\u00e9e sur l\u2019oreiller\u00a0\u00bb, certifie de sa voix rauque le p\u00eacheur \u00e0 la retraite de 63 ans.<\/p>\n<p>Plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves racontent le\u00a0\u00ab\u00a0choc\u00a0\u00bb\u00a0d\u2019avoir revu Andr\u00e9 Gu\u00e9guen, des ann\u00e9es apr\u00e8s leur scolarit\u00e9, \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019enterrement d\u2019un proche, celui-ci assurant parfois des c\u00e9r\u00e9monies religieuses localement. Si aucune des victimes n\u2019a port\u00e9 plainte contre lui, c\u2019est parce que pendant longtemps, ses violences ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme l\u00e9gitimes par leur entourage.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On disait pas trop \u00e0 nos parents parce que \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 notre faute\u00a0\u00bb, explique Yannick Dirou. \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours entendu dire \u201csi t\u2019en as pris, c\u2019est que t\u2019as m\u00e9rit\u00e9\u201d\u00a0\u00bb, appuie Lionel Devaux, une autre victime d\u2019Andr\u00e9 Gu\u00e9guen, \u00e2g\u00e9 de 60 ans aujourd\u2019hui. Pour beaucoup, la prise de conscience du caract\u00e8re anormal de ces violences n\u2019est intervenue que tr\u00e8s r\u00e9cemment.\u00a0\u00ab\u00a0\u00c7a m\u2019a saut\u00e9 \u00e0 la gueule quand l\u2019affaire B\u00e9tharram est sortie\u00a0\u00bb, ajoute l\u2019ancien pensionnaire du Kreisker.<\/p>\n<p>            L\u2019entr\u00e9e de l\u2019ensemble scolaire Le Kreisker, \u00e0 Saint-Pol-de-L\u00e9on (Finist\u00e8re).                             \u00a9\u00a0Photo Splann !<\/p>\n<p>        Agrandir l\u2019image : Illustration 3<\/p>\n<p>Splann\u00a0!\u00a0a pu rencontrer Andr\u00e9 Gu\u00e9guen le 24 avril \u00e0 son domicile. Le professeur \u00e0 la retraite \u2013 il a enseign\u00e9 au sein de l\u2019\u00e9tablissement priv\u00e9 catholique, de 1963 \u00e0 1984, avant de devenir directeur du coll\u00e8ge Saint-Ursule \u00e0 Saint-Pol-de-L\u00e9on de 1984 \u00e0 1996 puis d\u2019\u00eatre affect\u00e9 \u00e0 Douarnenez jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 2002 \u2013\u00a0\u00ab\u00a0assume\u00a0\u00bb\u00a0une seule forme de violence envers les \u00e9l\u00e8ves.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Oui, c\u2019est vrai, il m\u2019est arriv\u00e9 de donner des gifles. Parfois peut-\u00eatre par \u00e9nervement\u00a0\u00bb, admet le retrait\u00e9 \u00e2g\u00e9 de plus de 80 ans. Mais pas davantage.\u00a0\u00ab\u00a0Des parents \u2013 pas beaucoup \u2013 ont demand\u00e9 des comptes. J\u2019avais de plut\u00f4t bonnes relations avec eux dans l\u2019ensemble. Certains participaient \u00e0 la cat\u00e9ch\u00e8se avec moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Gu\u00e9guen ajoute que\u00a0\u00ab\u00a0la pression \u00e9tait assez forte [au sein de l\u2019\u00e9tablissement \u2013 ndlr]. Donc il y avait de la discipline, [il] le reconna[\u00eet]\u00a0\u00bb. Quant aux\u00a0\u00ab\u00a0racl\u00e9es\u00a0\u00bb\u00a0\u00e9voqu\u00e9es par d\u2019anciens \u00e9l\u00e8ves, l\u2019ancien professeur les r\u00e9fute cat\u00e9goriquement\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Non, je refuse. Il n\u2019y a eu aucune m\u00e9chancet\u00e9 de ma part. S\u00fbrement pas.\u00a0\u00bb Andr\u00e9\u00a0Gu\u00e9guen b\u00e9n\u00e9ficie de la pr\u00e9somption d\u2019innocence.<\/p>\n<p>Pour Jacques Urien, le fils de mara\u00eechers, il ne s\u2019agit pas d\u2019incriminer uniquement des personnes, il faut d\u00e9noncer un syst\u00e8me.\u00a0\u00ab\u00a0Tout le monde \u00e9tait coupable. M\u00eame s\u2019il y en avait deux qui donnaient des coups et dix qui ne disaient rien, ils \u00e9taient tous coupables, peste-t-il. Car tout le monde savait\u00a0: la direction, le personnel, les infirmiers, les m\u00e9decins\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Aller vers une \u00ab\u00a0reconnaissance des violences\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De l\u2019avis de plusieurs anciens \u00e9l\u00e8ves, les violences ont commenc\u00e9 \u00e0 diminuer fortement avec le passage \u00e0 la mixit\u00e9, au milieu des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Nicolas Guillou, directeur du Kreisker, assure que l\u2019ensemble scolaire\u00a0\u00ab\u00a0s\u2019inscrit en rupture totale avec ce pass\u00e9. L\u2019attention port\u00e9e \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve, dans un cadre exigeant et bienveillant, est au c\u0153ur de [leur] projet \u00e9ducatif. Cela se manifeste concr\u00e8tement dans [leurs] pratiques p\u00e9dagogiques, dans le soin apport\u00e9 au climat scolaire, et dans la relation de confiance construite jour apr\u00e8s jour avec les \u00e9l\u00e8ves et leurs familles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi<\/p>\n<p>            <a data-smarttag=\"\" data-smarttag-name=\"a_lire_aussi\" data-smarttag-chapter1=\"recirculation\" data-smarttag-chapter2=\"corps_article\" data-smarttag-level2=\"9\" data-smarttag-type=\"navigation\" href=\"https:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/130525\/betharram-les-14-mensonges-de-francois-bayrou\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><br \/>\n                                B\u00e9tharram\u00a0: les 14 mensonges de Fran\u00e7ois Bayrou<br \/>\n            <\/a><\/p>\n<p>Les anciens \u00e9l\u00e8ves se posent diff\u00e9remment face \u00e0 ces agissements pass\u00e9s. Jacques Urien, qui avait un temps sollicit\u00e9 le <a href=\"https:\/\/www.ouest-france.fr\/faits-divers\/violences\/info-ouest-france-violences-les-ex-eleves-dun-college-breton-sunissent-avec-ceux-de-betharram-c17fb1bc-f843-11ef-a497-b9b298cec2bb\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">collectif<\/a> du coll\u00e8ge Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon, \u00e9galement dans le Finist\u00e8re, voulait avant tout apporter son t\u00e9moignage\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas d\u2019amertume, je n\u2019en veux \u00e0 personne, assure-t-il. Chacun pensait avoir raison au moment o\u00f9 il le faisait. Je pense qu\u2019il y avait une volont\u00e9 de bien faire, pour l\u2019\u00e9lite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Anita esp\u00e8re qu\u2019une enqu\u00eate sera men\u00e9e, une cellule d\u2019\u00e9coute mise en place et une position officielle de l\u2019\u00c9glise \u00e9tablie.\u00a0\u00ab\u00a0Il ne va pas suffire de dire que \u201cc\u2019\u00e9tait une autre \u00e9poque\u201d, juge-t-elle. Il faudra quelque chose qui puisse se graver dans la m\u00e9moire.\u00a0\u00bb\u00a0\u00c0 ce stade, personne n\u2019entend porter plainte. Mais pour Thierry Oulhen, l\u2019enjeu est ailleurs\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Rendre tout \u00e7a public, c\u2019est une forme de justice, de reconnaissance des violences.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\u00ab\u00a0Quand\u00ab\u00a0Quand j\u2019ai entendu parler de B\u00e9tharram, c\u2019est comme si tout remontait \u00e0 la surface. On avait mis tout&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":96475,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[11,16102,12336,3321,1011,27,12,6270,25,20996,304],"class_list":{"0":"post-96474","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-france","8":"tag-actualites","9":"tag-ecole-privee","10":"tag-eglise","11":"tag-finistere","12":"tag-fr","13":"tag-france","14":"tag-news","15":"tag-notre-dame-de-betharram","16":"tag-republique-francaise","17":"tag-splann","18":"tag-violences-sexistes-et-sexuelles"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/114499835925859027","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/96474","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=96474"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/96474\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/96475"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=96474"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=96474"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=96474"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}