{"id":970172,"date":"2026-06-01T06:50:16","date_gmt":"2026-06-01T06:50:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/970172\/"},"modified":"2026-06-01T06:50:16","modified_gmt":"2026-06-01T06:50:16","slug":"les-astronautes-de-liss-voient-le-soleil-se-lever-16-fois-par-jour-pour-que-leur-corps-ne-deraille-pas-il-a-fallu-tricher-avec-la-lumiere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/970172\/","title":{"rendered":"Les astronautes de l&rsquo;ISS voient le soleil se lever 16 fois par jour : pour que leur corps ne d\u00e9raille pas, il a fallu tricher avec la lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Quarante-cinq minutes. C\u2019est la dur\u00e9e d\u2019une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e \u00e0 bord de la Station Spatiale Internationale. L\u00e0-haut, les <a href=\"https:\/\/sciencepost.fr\/le-soleil-n-est-pas-jaune-les-astronautes-qui-le-voient-depuis-l-espace-le-decrivent-autrement\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">astronautes<\/a> ne re\u00e7oivent pas 12 heures de lumi\u00e8re suivies de 12 heures d\u2019obscurit\u00e9 : ils vivent 45 minutes de soleil, puis 45 minutes de nuit, soit 16 levers et couchers de soleil en l\u2019espace de 24 heures. Le corps humain, forg\u00e9 par des millions d\u2019ann\u00e9es d\u2019\u00e9volution autour d\u2019un cycle unique aube-cr\u00e9puscule, ne sait tout simplement pas quoi faire de cette cadence. La solution ? Mentir \u00e0 l\u2019organisme, avec une sophistication qui frise l\u2019ing\u00e9nieux.<\/p>\n<p style=\"font-weight:700;font-size:1.05em;margin:0 0 0.7em 0;color:#333;\">\u00c0 retenir<\/p>\n<ul style=\"margin:0;padding-left:1.2em;color:#444;\">\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Les astronautes vivent 45 minutes de jour suivies de 45 minutes de nuit, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es 16 fois en 24 heures<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Un syst\u00e8me de lumi\u00e8re LED sur mesure simule une journ\u00e9e terrestre artificielle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la station<\/li>\n<li style=\"margin-bottom:0.4em;\">Le ronflement a presque disparu dans l\u2019espace, r\u00e9v\u00e9lant le r\u00f4le crucial de la gravit\u00e9 dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight:700;margin:0 0 0.5em 0;color:#333;font-size:0.95em;\">Sommaire<\/p>\n<ol style=\"margin:0;padding-left:1.5em;font-size:0.9em;line-height:1.6;\">\n<li><a href=\"#un-tour-de-terre-toutes-les-90-minutes-et-le-chaos-biologiqu\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Un tour de Terre toutes les 90 minutes, et le chaos biologique qui va avec<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#tricher-avec-la-lumiere-le-systeme-led-qui-simule-une-fausse\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Tricher avec la lumi\u00e8re : le syst\u00e8me LED qui simule une fausse journ\u00e9e<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#la-lampe-circadienne-quand-un-studio-danois-embarque-a-bord\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">La lampe circadienne : quand un studio danois embarque \u00e0 bord<\/a><\/li>\n<li><a href=\"#ce-que-l-iss-revele-sur-nos-propres-nuits\" style=\"color:#444;text-decoration:none;\">Ce que l\u2019ISS r\u00e9v\u00e8le sur nos propres nuits<\/a><\/li>\n<\/ol>\n<p>Un tour de Terre toutes les 90 minutes, et le chaos biologique qui va avec<\/p>\n<p>La Station Spatiale Internationale fait le tour de la Terre toutes les 90 minutes, exposant les astronautes \u00e0 16 levers et couchers de soleil par jour. Pour saisir ce que \u00e7a repr\u00e9sente concr\u00e8tement, imaginez traverser des fuseaux horaires \u00e0 la vitesse d\u2019un d\u00e9calage horaire permanent, mais multipli\u00e9 par seize. L\u2019horloge biologique humaine, qui s\u2019est cal\u00e9e sur un seul lever et un seul coucher du soleil par jour depuis environ 2,5 millions d\u2019ann\u00e9es, se retrouve totalement d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e dans cet environnement.<\/p>\n<p>L\u2019obscurit\u00e9 favorise la production de m\u00e9latonine, l\u2019hormone du sommeil, tandis que la lumi\u00e8re l\u2019inhibe en retardant l\u2019endormissement. Quand le soleil se l\u00e8ve et se couche toutes les 45 minutes, le cerveau re\u00e7oit des signaux contradictoires en boucle. Ces variations peuvent entra\u00eener une d\u00e9synchronisation circadienne et par cons\u00e9quent impacter les cycles de sommeil : ce n\u2019est pas du tout le rythme normal pour l\u2019organisme. R\u00e9sultat concret : les astronautes dorment mal, beaucoup moins que pr\u00e9vu.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019une \u00e9tude command\u00e9e par la NASA, les donn\u00e9es de 64 astronautes en navette et 21 \u00e0 bord de l\u2019ISS ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es sur quelque 4 000 nuits pass\u00e9es sur Terre et 4 200 nuits dans l\u2019espace, pendant dix ans. Le bilan est sans appel. Les astronautes dorment en moyenne seulement six heures par nuit, bien en de\u00e7\u00e0 des huit heures et demie recommand\u00e9es. Les trois quarts des membres de l\u2019ISS ont pris au moins une fois un somnif\u00e8re au cours de leur mission. Ce chiffre, publi\u00e9 dans The Lancet Neurology, alarme les chercheurs : la capacit\u00e9 d\u2019un membre d\u2019\u00e9quipage \u00e0 r\u00e9agir de fa\u00e7on optimale \u00e0 un signal d\u2019urgence peut \u00eatre compromise par l\u2019utilisation de m\u00e9dicaments contre l\u2019insomnie.<\/p>\n<p>Tricher avec la lumi\u00e8re : le syst\u00e8me LED qui simule une fausse journ\u00e9e<\/p>\n<p>Pour pr\u00e9server le rythme circadien, la NASA a install\u00e9 un \u00e9clairage sp\u00e9cial qui simule une alternance naturelle entre lumi\u00e8re et obscurit\u00e9. Ce n\u2019est pas une simple variation d\u2019intensit\u00e9 : c\u2019est une ing\u00e9nierie de la perception. La NASA a d\u00e9velopp\u00e9 un syst\u00e8me multi-LED capable de produire des millions de spectres lumineux diff\u00e9rents, organis\u00e9s autour de trois r\u00e9glages : une lumi\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de travail, une lumi\u00e8re bleue enrichie \u00e0 haute intensit\u00e9 pour stimuler la vigilance et d\u00e9caler l\u2019horloge circadienne si n\u00e9cessaire, et un r\u00e9glage pr\u00e9-sommeil appauvri en longueurs d\u2019onde bleues pour calmer le cerveau.<\/p>\n<p>La logique derri\u00e8re ce dispositif est biologique. Des chercheurs ont d\u00e9montr\u00e9 que la lumi\u00e8re bleue \u00e0 un spectre pr\u00e9cis peut r\u00e9duire la production de m\u00e9latonine, l\u2019hormone qui maintient l\u2019horloge interne du corps. Plus de m\u00e9latonine aide \u00e0 dormir ; moins perturbe le rythme circadien. En jouant sur ces longueurs d\u2019onde, les ing\u00e9nieurs reconstituent, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la station, une journ\u00e9e terrestre artificielle que les fen\u00eatres de l\u2019ISS ne peuvent pas offrir.<\/p>\n<p>\u00c0 bord de l\u2019ISS, la journ\u00e9e d\u2019un astronaute est rythm\u00e9e comme une horloge : 15,5 heures d\u2019\u00e9clairage maximal, simulant une journ\u00e9e terrestre, et 8,5 heures dans une quasi-obscurit\u00e9 pour dormir. Les lumi\u00e8res ne s\u2019\u00e9teignent jamais compl\u00e8tement, en cas d\u2019urgence. Et pour \u00e9viter que la lumi\u00e8re naturelle traversant les hublots ne sabote tout ce travail, les astronautes peuvent se bander les yeux lorsqu\u2019ils dorment.<\/p>\n<p>La lampe circadienne : quand un studio danois embarque \u00e0 bord<\/p>\n<p>En juin 2023, un panneau de lumi\u00e8re circadienne con\u00e7u par le cabinet SAGA a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 dans la soute d\u2019un vaisseau SpaceX Dragon \u00e0 destination de l\u2019ISS. Ce dispositif va plus loin que les syst\u00e8mes LED existants. \u00c9quip\u00e9 de sept types diff\u00e9rents de LED pour \u00e9mettre un spectre lumineux sur mesure, le panneau dispose de trois faces \u00e9mettant de la lumi\u00e8re \u00e0 des angles et longueurs d\u2019onde diff\u00e9rents, favorisant l\u2019\u00e9veil ou induisant le sommeil, et s\u2019ajuste automatiquement au planning de sommeil de l\u2019astronaute.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e n\u2019est pas venue d\u2019un laboratoire aseptis\u00e9. SAGA Space Architects a men\u00e9 une mission analogique de 90 jours dans le nord du Groenland pour d\u00e9velopper et tester un prototype du panneau, simulant des levers de soleil naturels, des variations de lumi\u00e8re dans la journ\u00e9e et des couchers apaisants, ce qui a permis de contr\u00f4ler efficacement les rythmes circadiens et d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du sommeil de l\u2019\u00e9quipe.<\/p>\n<p>Ce protocole de conditionnement commence d\u2019ailleurs sur Terre, quelques jours avant le d\u00e9collage, pour permettre une adaptation optimale. La lumi\u00e8re, la temp\u00e9rature, l\u2019air, le son et m\u00eame le taux de dioxyde de carbone sont des param\u00e8tres minutieusement contr\u00f4l\u00e9s pour optimiser la qualit\u00e9 du sommeil. l\u2019astronaute commence \u00e0 \u00ab\u00a0tricher\u00a0\u00bb avec son horloge interne bien avant de quitter l\u2019atmosph\u00e8re.<\/p>\n<p>Ce que l\u2019ISS r\u00e9v\u00e8le sur nos propres nuits<\/p>\n<p>Cette obsession spatiale pour le sommeil n\u2019est pas anodine. Le manque de sommeil a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 une r\u00e9duction de la performance dans de nombreuses \u00e9tudes, et dans un environnement o\u00f9 la moindre erreur peut \u00eatre fatale, cette r\u00e9alit\u00e9 prend une dimension diff\u00e9rente. Le CNES a lanc\u00e9 l\u2019exp\u00e9rience scientifique \u00ab\u00a0Dreams\u00a0\u00bb, qui utilise un bandeau innovant \u00e9quip\u00e9 d\u2019\u00e9lectrodes plac\u00e9es au niveau du front et de la nuque pour enregistrer l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale des astronautes pendant leur sommeil. Le dispositif int\u00e9resse la neurologue Rachel Debs, sp\u00e9cialiste du sommeil au CHU de Toulouse, qui y voit une avanc\u00e9e pour l\u2019enregistrement du sommeil en environnement naturel, moins invasive que les \u00e9lectroenc\u00e9phalogrammes traditionnels.<\/p>\n<p>La station spatiale fonctionne ici comme un laboratoire extr\u00eame o\u00f9 la question du sommeil devient existentielle. Autre d\u00e9couverte inattendue : le ronflement a \u00e9t\u00e9 quasiment \u00e9limin\u00e9 dans l\u2019espace, passant de 17 % du temps de sommeil total \u00e0 moins de 1 %, ce qui constitue la premi\u00e8re d\u00e9monstration directe que la gravit\u00e9 joue un r\u00f4le dominant dans la g\u00e9n\u00e9ration des apn\u00e9es et du ronflement chez des sujets sains. Une information qui, un jour, pourrait transformer la prise en charge de millions de patients sur Terre. La fronti\u00e8re entre m\u00e9decine spatiale et m\u00e9decine terrestre est, finalement, bien plus poreuse qu\u2019on ne l\u2019imagine.<\/p>\n<p class=\"source-link\">Sources\u00a0: <a href=\"https:\/\/saviezvousque.net\/2025\/05\/07\/dormir-dans-lespace-lincroyable-routine-des-astronautes-revelee-par-la-nasa\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">saviezvousque.net<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.tameteo.com\/actualites\/science\/pour-quelle-raison-troublante-la-nasa-oblige-t-elle-ses-astronautes-a-dormir-plus-de-8-heures-sante-science.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener nofollow\">tameteo.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Quarante-cinq minutes. C\u2019est la dur\u00e9e d\u2019une journ\u00e9e ensoleill\u00e9e \u00e0 bord de la Station Spatiale Internationale. L\u00e0-haut, les astronautes&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":970173,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[7],"tags":[13575,1011,27,5340,56,63787,43,40,41,39,279,102301,42,44],"class_list":["post-970172","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-sciences-et-technologies","tag-astronautes","tag-fr","tag-france","tag-iss","tag-push","tag-rythme-circadien","tag-science","tag-science-and-technology","tag-sciences","tag-sciences-et-technologies","tag-sommeil","tag-technologie-spatiale","tag-technologies","tag-technology"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116673526626201901","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/970172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=970172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/970172\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/970173"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=970172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=970172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=970172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}