{"id":971748,"date":"2026-06-01T23:29:37","date_gmt":"2026-06-01T23:29:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/971748\/"},"modified":"2026-06-01T23:29:37","modified_gmt":"2026-06-01T23:29:37","slug":"bordeaux-renonce-a-un-legs-doeuvres-africaines-pour-favoriser-leur-retour-a-leurs-pays-dorigine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/971748\/","title":{"rendered":"Bordeaux renonce \u00e0 un legs d\u2019\u0153uvres africaines pour favoriser leur retour \u00e0 leurs pays d\u2019origine"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">La Ville de Bordeaux vient de refuser un legs de 53 objets originaires du Gabon, du Nigeria et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. Une d\u00e9cision motiv\u00e9e par la volont\u00e9 de permettre leur retour aux pays qui en ont fait la demande, dans le cadre d\u2019une r\u00e9flexion plus large sur la circulation des patrimoines africains et leur conservation. <\/p>\n<p class=\"font-sans\">\n\t\t\tCet article est en acc\u00e8s libre. Pour soutenir Rue89Bordeaux,<br \/>\n\t\t\t<a class=\"underline\" href=\"https:\/\/rue89bordeaux.com\/abonnement\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">abonnez-vous<\/a>.\n\t\t<\/p>\n<p>Walid Salem<\/p>\n<p>Publi\u00e9 le 1 juin 2026\u00a0\u00a0\u00b7\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Imprim\u00e9 le 2 juin 2026 \u00e0 00h49\u00a0\u00a0\u00b7\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\t\t\t\t\t4\u00a0minutes\n<\/p>\n<p>Le conseil municipal de Bordeaux a ent\u00e9rin\u00e9, ce lundi 1er juin, une d\u00e9cision rare : refuser une partie d\u2019un legs de biens culturels africains afin de permettre leur retour dans les pays qui en ont manifest\u00e9 le souhait. Inventori\u00e9 par le mus\u00e9e d\u2019Aquitaine, l\u2019ensemble comprend 64 objets et un lot de bijoux et accessoires touaregs, pour une valeur estim\u00e9e \u00e0 plus de 30 000 euros.<\/p>\n<p>Dans cet ensemble, 53 objets proviennent de sept pays africains : le Gabon, le Nigeria, le Niger, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, le Burkina Faso et le Togo. Ils pourraient rejoindre les collections nationales de ces pays et certains d\u2019entre eux ont d\u00e9j\u00e0 confirm\u00e9 vouloir les r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<p>Ses objets appartenaient \u00e0 Marie-Th\u00e9r\u00e8se Petit, n\u00e9e Deleigne. A son d\u00e9c\u00e8s en 2022, cette ancienne sage-femme bordelaise avait d\u00e9sign\u00e9 la Ville de Bordeaux comme l\u00e9gataire de sa collection d\u2019art africain. A cette \u00e9poque, la municipalit\u00e9 de Pierre Hurmic avait aussit\u00f4t conditionn\u00e9 l\u2019acceptation du legs \u00e0 une consultation pr\u00e9alable du Gabon, dont sont originaires plus de la moiti\u00e9 des objets.<\/p>\n<p>\t\tMoment \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce lundi, lors d\u2019une pr\u00e9sentation des \u0153uvres au Mus\u00e9e d\u2019Aquitaine, le maire actuel Thomas Cazenave a pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab\u00a0cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise en parfaite coop\u00e9ration avec la famille de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Petit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0Le r\u00f4le d\u2019un mus\u00e9e au XXIe si\u00e8cle n\u2019est pas seulement de conserver. Il s\u2019agit de dialoguer, de transmettre, de partager. L\u2019institution doit, plus que jamais, \u00eatre ouverte au monde, ouverte aux autres, attentive aux questions de provenance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Venue avec une d\u00e9l\u00e9gation de son pays, l\u2019ambassadrice d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du Gabon \u00e0 l\u2019Unesco, Bernice Abegue Owono, a salu\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb qui \u00ab\u00a0mat\u00e9rialise non seulement le travail accompli par l\u2019ensemble des partenaires, mais pose les jalons d\u2019une nouvelle \u00e8re dans l\u2019histoire de la coop\u00e9ration patrimoniale entre le Gabon et la France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab\u00a0Ce que la Ville de Bordeaux accomplit aujourd\u2019hui d\u00e9passe la simple application d\u2019un principe juridique : c\u2019est un acte juste. [\u2026] Ces 53 pi\u00e8ces ne sont pas de simples objets d\u2019art. Elles sont porteuses de m\u00e9moire, de liens avec nos anc\u00eatres et de notre identit\u00e9 collective\u00a0\u00bb, a-t-elle ajout\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"792\" height=\"594\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/delegation-gabonaise-2-792x594.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-181858\"  \/> La pr\u00e9sentation d\u2019une partie de la collection au Mus\u00e9e d\u2019Aquitaine Photo\u00a0: WS\/Rue89 Bordeaux<\/p>\n<p>\t\tLe Gabon \u00e0 l\u2019origine de la d\u00e9marche<\/p>\n<p>Le lot gabonais comprend 33 biens culturels, dont plusieurs pi\u00e8ces li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9gion tsogo, peu repr\u00e9sent\u00e9e dans les collections publiques, aussi bien en Afrique qu\u2019en Europe. Sollicit\u00e9 par le mus\u00e9e d\u2019Aquitaine, le mus\u00e9e national des Arts, Rites et Traditions du Gabon, \u00e0 Libreville, a rapidement fait conna\u00eetre son int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Dans un courrier adress\u00e9 \u00e0 Bordeaux en septembre 2023, l\u2019institution gabonaise a exprim\u00e9 son souhait de voir ces objets rejoindre ses collections. Pour les autorit\u00e9s bordelaises, cette demande constitue \u00ab\u00a0une opportunit\u00e9 de retourner ces biens culturels \u00e0 leur pays d\u2019origine\u00a0\u00bb et de contribuer \u00e0 la transmission d\u2019un patrimoine participant \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019identit\u00e9, l\u2019histoire et les traditions culturelles du Gabon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e, le mus\u00e9e d\u2019Aquitaine a \u00e9tendu sa consultation aux six autres \u00c9tats concern\u00e9s par le legs, conform\u00e9ment aux recommandations du minist\u00e8re de la Culture dans le cadre des travaux engag\u00e9s sur la provenance des collections mus\u00e9ales.<\/p>\n<p>Trois \u00c9tats souhaitent r\u00e9cup\u00e9rer leurs biens<\/p>\n<p>Les d\u00e9marches ont permis d\u2019obtenir deux nouvelles r\u00e9ponses favorables. Le Nigeria a demand\u00e9 le retour des treize objets le concernant, tandis que la C\u00f4te d\u2019Ivoire a manifest\u00e9 son int\u00e9r\u00eat pour sept autres pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces sollicitations, la Ville de Bordeaux a choisi de ne pas devenir propri\u00e9taire des biens concern\u00e9s. La d\u00e9lib\u00e9ration soumise au conseil municipal de ce jour a act\u00e9 le refus officiel du legs pour les 53 objets provenant du Gabon, du Nigeria et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, ces biens resteront conserv\u00e9s dans les r\u00e9serves du mus\u00e9e d\u2019Aquitaine pendant une p\u00e9riode de dix-huit mois. Ce d\u00e9lai doit permettre aux autorit\u00e9s des trois pays d\u2019engager les d\u00e9marches juridiques n\u00e9cessaires aupr\u00e8s des ayants droit de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Petit, puis d\u2019organiser le transfert des \u0153uvres \u00e0 leur charge.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"792\" height=\"594\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/delegation-gabonaise-792x594.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-181856\"  \/> La d\u00e9l\u00e9gation gabonaise applaudit la d\u00e9lib\u00e9ration qui vient d\u2019\u00eatre vot\u00e9e au conseil municipal de Bordeaux Photo\u00a0: SB\/Rue89 Bordeaux<\/p>\n<p>Un d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire pour quatre pays<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo, le Burkina Faso, le Togo et le Niger n\u2019ont pas encore r\u00e9pondu. La municipalit\u00e9 leur accorde donc un d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire de deux ans pour se prononcer. Les biens concern\u00e9s repr\u00e9sentent onze objets ainsi qu\u2019un lot de bijoux et accessoires touaregs.<\/p>\n<p>Si aucune demande n\u2019est formul\u00e9e \u00e0 l\u2019issue de cette p\u00e9riode, la Ville pourra alors envisager leur int\u00e9gration d\u00e9finitive aux collections du mus\u00e9e d\u2019Aquitaine, apr\u00e8s avis de la commission scientifique r\u00e9gionale comp\u00e9tente.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision inscrit la Ville de Bordeaux dans <a href=\"https:\/\/rue89bordeaux.com\/2026\/04\/loi-pour-la-restitution-doeuvres-spoliees-au-musee-daquitaine-lenquete-sur-les-provenances-trouve-un-cadre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">le mouvement engag\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es<\/a> autour de la restitution des patrimoines africains conserv\u00e9s en Europe. Plut\u00f4t que d\u2019int\u00e9grer ces objets \u00e0 ses collections, la municipalit\u00e9 fait le choix de permettre leur retour vers les \u00c9tats qui en ont exprim\u00e9 le souhait, consid\u00e9rant qu\u2019ils participent pleinement \u00e0 leur histoire, \u00e0 leur m\u00e9moire et \u00e0 leur h\u00e9ritage culturel.<\/p>\n<p>Un couple marqu\u00e9 par l\u2019Afrique<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Bordeaux en 1922, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Deleigne obtient son dipl\u00f4me de sage-femme en 1943. Avec son \u00e9poux Jacques Petit, chirurgien, elle exerce durant plus de trois d\u00e9cennies en Afrique de l\u2019Ouest et en Afrique centrale, principalement au Togo, au Gabon et au Niger.<\/p>\n<p>Le couple rentre en France en 1982 et s\u2019installe \u00e0 Mouguerre, pr\u00e8s de Bayonne. Jacques Petit d\u00e9c\u00e8de quatre ans plus tard. Marie-Th\u00e9r\u00e8se Petit conservera jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 2022, les objets collect\u00e9s au cours de ces ann\u00e9es pass\u00e9es sur le continent africain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Ville de Bordeaux vient de refuser un legs de 53 objets originaires du Gabon, du Nigeria et&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":971749,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[2817],"tags":[1111,11,1997,9129,251,1777,674,1011,27,21147,12,2219,25],"class_list":["post-971748","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-bordeaux","tag-actu","tag-actualites","tag-bordeaux","tag-colonialisme","tag-culture","tag-eu","tag-europe","tag-fr","tag-france","tag-musee-daquitaine","tag-news","tag-nouvelle-aquitaine","tag-republique-francaise"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@fr\/116677455759343331","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/971748","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=971748"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/971748\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/971749"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=971748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=971748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=971748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}