Par

Marie Pomme

Publié le

16 août 2026 à 14h50

Pourquoi y a-t-il autant de boutiques de mariage à Barbès ? Comme on va à Montparnasse pour manger une bonne crêpe ou à la rue de Lappe pour boire un coup, le quartier du 18e arrondissement de Paris est le repaire des boutiques de mariage en tout genre. Pour comprendre pourquoi, il faut remonter un peu dans le temps.

L’avènement Tati mariage

Précisément, cette histoire commence dans les années 1960 avec le lancement des rayons Tati mariage. L’enseigne de discount, reconnaissable entre mille par son vichy rose, ouvre une boutique dédiée dans les années 1990 sur le boulevard de Rochechouart. On y trouve plus de 60 références de robes de mariée, confectionnées pour moitié à Sentier et pour moitié en Chine. Elles couvrent toutes les tailles, « dans tous les styles et tous les prix (de 59,90 à 300 euros) », comme le mentionne un article de Libération daté de 2004. Il y a aussi pléthore d’accessoires, des dragées à la déco. Chaque année, l’enseigne vendrait 30 000 robes. L’activité mariage contribuerait pour 20 % environ au chiffre d’affaires et tiendrait 10 % de part du marché hexagonal. Alors autour, de nombreuses enseignes liées au mariage se développent.

À deux pas du marché Saint-Pierre

Mais il n’y a pas que cela. Situé à quelques encablures de la halle Saint-Pierre, Barbès profite de la proximité avec ce haut lieu du tissu parisien. On y trouve de nombreux coupons à prix réduit et tout ce qu’il faut pour la couture.

Après avoir atteint son faîte avec l’ouverture d’une boutique à New York, Tati fait face à des difficultés financières et, après plusieurs rachats, l’enseigne est contrainte de fermer définitivement en 2021. Mais nombreux sont ceux qui se souviennent du magasin. « En 1975, mon fils devait être garçon d’honneur à un mariage. Nous sommes allés chez Tati. Un pantalon, un gilet sans manches, une chemise avec des froufrous, un nœud papillon et des chaussures… Le tout pour 80 francs », écrit Antoine sur X. Même souvenir pour Michel qui « débarquait de la province » avec son amoureuse : « On était fauchés, on était ravis d’avoir ce magasin, c’est là qu’on s’est offert la robe de mariage de ma petite femme », écrit-il sur Facebook.

Si Tati a aujourd’hui disparu, les magasins qui s’y sont greffés, eux, perpétuent cet héritage.

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