Par

Pierre Boissonnat

Publié le

18 août 2026 à 5h46

Alors qu’un peu partout en France et notamment dans l’Eure, l’été est marqué par les incendies, la réserve communale de sécurité civile des Trois Lacs, entre Les Andelys et Gaillon, a décidé de s’équiper en conséquence. En ce début du mois d’août, les 25 bénévoles se sont dotés d’un fourgon avec une motopompe, une cuve de 1 000 litres et une lance à incendie. « Il s’agit de la cuve qu’utilisent les employés communaux pour entretenir les espaces verts à laquelle nous avons ajouté une lance et une pompe », précise Philippe Clippe, adjoint au maire et coordinateur de la réserve.

« On a fait ce choix après l’incendie qui est survenu à Venables dans la soirée du 11 juillet », poursuit-il. Ce soir-là, alors que la réserve, créée en 2021, devait assurer la sécurité lors de la soirée cochon grillé, elle a finalement été appelée en renfort par les pompiers qui luttent contre un feu de chaume.

« Ils avaient trois engins pour contenir le feu et éviter qu’il ne se propage à la lisière d’un bois. Les pompiers nous ont demandé de débiter à la tronçonneuse les arbres brûlés pour éviter un nouveau départ de feu. »

Philippe Clippe, adjoint au maire et coordinateur de la réserve des Trois Lacs.

Jean-Pierre Lelong, autre bénévole de la réserve, présent ce jour-là, ajoute : « Ce n’était pas évident d’intervenir alors que le feu était toujours actif. On s’est dit qu’il valait mieux se préparer si cela venait à se reproduire. » 

Terrain propice aux incendies

De fait, la réserve communale peut être appelée à soutenir l’action des forces de l’ordre ou, parfois, à être les premiers sur les lieux en cas d’incendie sur les 36 km² des Trois Lacs – commune la plus étendue du canton de Gaillon – composée pour un tiers de terres agricoles, un autre de forêts, et un dernier d’habitations. « On a un terrain propice aux incendies et une surface très importante à couvrir ».

La transformation de la cuve communale en fourgon d’intervention a semblé être une réponse adaptée à peu de frais au risque d’incendies.

Mercredi 5 août, une partie des membres de la réserve a eu droit à une initiation au maniement de l’engin. « On compte dans nos rangs quelques pompiers à la retraite. C’est l’un d’entre eux qui nous a fait la démonstration. Il nous a aussi appris à nous brancher sur les bornes incendie », indique Philippe Clippe.

Avant d’ajouter dans un sourire : « Le plus compliqué c’est de se souvenir de la manœuvre pour actionner la motopompe. On prépare un mémo en images » qui restera dans le camion avec des masques de protection en cas d’incendie. 

Former les bénévoles

Dans la bonne humeur, les 16 bénévoles présents ce jour-là ont ensuite appris à gérer le jet d’eau.

« On a été agréablement surpris par le nombre de réservistes présents. Tous ceux qui n’étaient pas en vacances ont répondu à l’appel. Les nombreux incendies, en Gironde notamment, qui ont fait l’actualité ont sans doute incité les gens à participer »,

Philippe Clippe.

Ce dernier prévoit de nouvelles formations dans les prochaines semaines pour les aoûtiens. « On fera sans doute aussi des remises à niveau au fur et à mesure ».

En plus de ce premier camion, stationné à Bernières-sur-Seine, point central de la commune, la réserve dispose aussi du pick-up d’un des membres sur lequel ce dernier a installé deux cuves et une lance. « On travaille aussi pour retaper une autre remorque avec une cuve de 1 000 litres », ajoute le coordinateur de la réserve qui recherche toujours de nouveaux membres. Tout est bon pour se préparer à faire face aux flammes. « On a aussi de bons rapports avec les agriculteurs de la commune qui sont prêts à nous aider en cas d’incendie. » 

Pour continuer à s’équiper, « il est toujours possible de faire des dons par le biais de l’amicale », ajoute Jean-Pierre Lelong qui conclut en rigolant : « Peut-être qu’un jour, on aura de quoi se payer un hélicoptère bombardier d’eau. »

En attendant d’avoir à mettre en œuvre ces nouveaux moyens d’intervention, les bénévoles de la réserve continuent de faire de la prévention sur la commune traversée par la RD 135. « Vu comme c’est sec, il suffit d’un rien pour que cela s’enflamme. Alors on rappelle aux habitants ou aux gens de passage qu’il ne faut pas jeter leurs mégots ou des déchets le long de la route », informe Philippe Clippe. En tout état de cause, la réserve est parée si un nouvel incendie d’ampleur se déclare aux Trois Lacs.

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