Par

Marie Pomme

Publié le

19 août 2026 à 6h04

« Il faut que je vous parle d’un endroit qui ne protège pas les femmes à Paris » : c’est par cette phrase que Charlotte Lemay commence son témoignage, sur Instagram ; une vidéo qui cumule à ce jour plus d’un million de vues et près de 3 000 commentaires. Elle y raconte comment, lors d’une soirée dans un club sélectif du 16e arrondissement, elle s’est retrouvée face à Yohann Malory, parolier de plusieurs artistes comme M. Pokora, contre qui elle a déposé plainte le 27 octobre 2019 pour agression sexuelle et administration de substances nuisibles, comme le révélait Mediapart en 2021.

Interdiction d’entrer en contact

Elle en informe alors la directrice du club, qui « se rend compte que ce n’est pas lui qui est membre mais son ami. Elle me dit qu’elle ne peut pas virer les membres du club et donc que ce serait à moi de partir si je suis mal à l’aise », poursuit Charlotte Lemay. Après avoir insisté, elle obtient que Yohann Malory soit mis à la porte. Elle souligne néanmoins qu’elle a « longuement insisté ». « Voilà comment on protège les agresseurs et voilà comment on maintient un système », assène-t-elle, amère.

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À ce jour, le parquet a requis un procès contre Yohann Malory, visé par plusieurs plaintes. Sollicité, l’avocat de la jeune femme, Me Yassine Bouzrou, indique être toujours dans l’attente de la date d’audience. « Le contrôle judiciaire de Monsieur Malory est toujours en cours et il est toujours soumis à l’interdiction d’entrer en contact avec les plaignantes », indique-t-il. Alors comment est-il possible qu’il puisse se trouver au même endroit que Charlotte Lemay ?

C’est à lui de s’en aller

« La jeune femme peut se prévaloir du contrôle judiciaire et demander que cet homme sorte », renseigne Me Carine Durrieu Diebolt, avocate en droits des femmes et des enfants victimes de violences. Dans ce cas, « il devra partir pour respecter son interdiction d’entrer en contact », précise la pénaliste, qui représente notamment l’une des plaignantes de Patrick Bruel. Souvent, une zone géographique est prévue pour empêcher tout risque de contact. Mais « il faut savoir que le club, de son côté, peut invoquer le fait qu’il n’est pas nécessairement au courant de tous les faits et qu’il y a la présomption d’innocence », complète Me Carine Durrieu Diebolt.

Dans sa vidéo, Charlotte Lemay détaille son échange avec la directrice de l’établissement : « Je lui ai dit qu’elle prenait le risque que les femmes de ce club puissent être droguées à leur tour ». Ce que rejoint Me Carine Durrieu Diebolt : « C’est un risque qu’encourt l’établissement s’il y avait de nouvelles femmes qui déposaient plainte contre cet homme dans le cadre du club, alors même que celui-ci est au courant qu’il est déjà accusé de faits similaires ». Elle ajoute également que le salon pourrait faire l’objet de poursuites si c’était le cas. Contactée, l’enseigne en question n’a pour l’instant pas répondu à nos sollicitations.

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