L’actrice et réalisatrice française, Andréa Bescond, a été arrêtée ce lundi soir 8 juin, place Vendôme à Paris en marge de la manifestation non autorisée suite à l’affaire Lyhanna. La comédienne a été placée en garde à vue pendant toute la nuit et est sortie à 9 heures ce mardi matin.
« Chères amies, chers amis, je suis sortie de garde à vue. C’était un peu une surprise de se retrouver nez à nez avec ces gros boucliers qui nous poussaient alors que nous faisions un rassemblement non violent depuis deux heures. Quelle étrange réaction de la part des services de police », a réagi Andréa Bescond dans un poste publié sur Instagram.
L’événement était organisé par le collectif Mouv’Enfants et d’autres associations pour réclamer une loi contre la violence envers les mineurs, à la suite du décès de Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte le 4 juin après avoir été portée disparue le 29 mai.
Contacté par BFMTV, le parquet de Paris indique que la réalisatrice a été arrêtée pour outrage et rébellion. Il affirme avoir « donné pour instruction de lever immédiatement ces deux mesures de garde à vue », après en avoir été avisé ce mardi matin.
« Le placement en garde à vue est une décision prise par un officier de police judiciaire. Le parquet doit en être avisé immédiatement, afin de pouvoir en contrôler la régularité, et sous peine de nullité de la mesure de garde à vue », ajoute-t-il.
« Pensées émues pour tous les pédocriminels »
Sur Instagram, Andréa Bescond a déclaré que « tout allait bien ». « J’ai passé la nuit en cellule avec des jeunes filles adorables, deux étaient en garde à vue pour le vol de sushis, deux autres depuis dimanche car elles avaient volé à la Samaritaine », a-t-elle ironisé dans son post.
« Pensées émues pour tous les pédocriminels qui n’ont jamais passé une nuit en garde à vue », a conclu l’actrice.
Contactée par BFMTV après sa garde à vue, elle a indiqué qu’elle se rendrait au théâtre des Mathurins pour l’avant-première d’Antigone dont elle est la metteuse en scène.
Lundi, la préfecture de police de Paris a annoncé interdire la manifestation en hommage à Lyhanna initialement prévue à 19 heures devant le ministère de la Justice, place Vendôme. Les autorités ont indiqué que seul un rassemblement statique pourrait se tenir place Louis Lépine, devant le vieux palais de justice de la capitale.
Cette interdiction se justifiait par la menace terroriste qui reste « très élevée » et « fait porter un effort plus particulier sur la sécurité des bâtiments publics et institutionnels et de leurs abords », a indiqué hier la préfecture de police.
Elle a également estimé que le rassemblement risquait de générer « une importante affluence avec la présence de groupes militants aux opinions antagonistes susceptibles de troubler l’ordre public […] dans un contexte particulièrement sensible lié à l’émoi national suscité par la mort de Lyhanna ».