Notre Mona Lisa. Impossible aujourd’hui d’imaginer le musée du Louvre sans son œuvre phare. Pourtant, il y a 115 ans, jour pour jour, la Joconde fut dérobée. Et c’est justement ce vol spectaculaire qui allait propulser le tableau de Léonard de Vinci sous les projecteurs et contribuer à en faire l’œuvre d’art mondialement célèbre que nous connaissons aujourd’hui.

Pour comprendre ce phénomène, retour à l’été 1911. Lundi 21 août, le Louvre est fermé au public. Les salles sont désertes, baignées dans le calme d’un matin d’été. Rien ne laisse présager ce qui va se jouer dans les prochaines minutes. Trois hommes parviennent à s’introduire dans le musée, vêtus comme des employés d’entretien. Ils sortent d’un local, avancent dans les couloirs et se dirigent vers la Joconde. En quelques secondes, le tableau est décroché, retiré de son cadre et dissimulé sous leurs blouses. Tout s’est déroulé sans accroc. Le vol semble presque parfait. Ils prennent alors le chemin de la sortie. Quelques pas encore… quand soudain, une porte verrouillée leur barre le passage. Le plan risque de tourner court. Mais un plombier présent sur place leur vient alors involontairement en aide en leur ouvrant la porte. Quelques minutes plus tard, les voilà dehors, la Joconde sous le bras. À 7h47, ils montent à bord d’un train au départ de Paris. Au milieu des voyageurs, personne ne se doute que trois hommes viennent de quitter la capitale avec l’un des tableaux les plus précieux du monde. Une journée entière plus tard, l’alarme est enfin donnée : quatre crochets nus marquent l’endroit où la Joconde était encore accrochée la veille.

Mona Lisa retrouvée à Florence, là où tout a commencé

Petit bond dans le temps : 1913, deux ans après le vol. Alors que la Joconde est toujours introuvable, un homme pousse la porte d’un marchand d’art florentin pour lui vendre un tableau. Le marchand examine l’œuvre… puis comprend immédiatement de quoi il s’agit. Il alerte les autorités. L’homme arrêté s’appelle Vincenzo Peruggia, un ancien employé du Louvre, peintre en bâtiment et homme à tout faire. Après deux années de mystère, la Joconde vient enfin de refaire surface.

Le tableau de la Joconde expos au muse du Louvre.

Le tableau de la Joconde exposé au musée du Louvre.

VCG/Getty Images

Pendant deux ans, le mystère a fait le tour du monde, transformant peu à peu la Joconde en une véritable célébrité internationale. Peinte entre 1503 et 1519, elle serait probablement le portrait de Lisa Gherardini, l’épouse d’un riche marchand florentin. Pour Peruggia, le tableau devait pourtant n’être qu’une œuvre de la Renaissance parmi tant d’autres. Mais face à l’ampleur du scandale, il comprend rapidement que la Joconde est devenue bien trop célèbre pour être écoulée discrètement. Il la garde alors cachée dans une malle, attendant que la frénésie médiatique retombe pour prendre le risque de la sortir de sa cachette.

Quelques mois plus tard, le coupable est libéré de prison, alors même que l’affaire, qualifiée de « vol le plus colossal des temps modernes », n’a pas encore eu le temps de retomber. La Joconde, elle, finit par retrouver sa place au Louvre, désormais mieux protégée…

Mais cette sécurité renforcée ne vaudra pas pour tout le musée. En 2025, l’histoire se répète. Nouveaux voleurs, nouveau déguisement, même musée. Cette fois, ce ne sont pas trois hommes vêtus en employés d’entretien, mais deux hommes déguisés en ouvriers du bâtiment qui s’introduisent au Louvre et repartent avec des bijoux de la collection royale française. Plus d’un siècle après le casse de la Joconde, les cibles ont changé mais une chose demeure : les trésors du Louvre n’ont jamais cessé de susciter les convoitises.